11/07/2017

Sciences et lectures d'été

Nous vivons dans un monde désorganisé par la médiatisation de n’importe quoi et l’incitation permanente à la paresse intellectuelle. Pourquoi se fatiguer à observer, comprendre, déduire pour aboutir à des incertitudes quand les marchands, les prêtres, les politiques, les charlatans et les astrologues vous proposent des « vérités » toutes faites, que l’on peut répéter avec l’arrogance dont on est capable, sans avoir à se justifier par autre chose qu’un vu à la télé, lu sur internet ou entendu en rumeur prioritaire ? Si le citoyen de base avait une formation critique élémentaire en philosophie, histoire et sciences, aucune publicité commerciale n’aurait le moindre effet, aucune religion « révélée » ne réussirait à conserver ses paroissiens. Les partis politiques contrôlés par l’argent privé perdraient leurs électeurs, les médecines parallèles leurs victimes, tandis que les jeux d’argent disparaîtraient.

Nous en sommes bien loin quand les dirigeants des plus grands pays du monde, à l’exception d’une partie de l’Europe et, dans une certaine mesure, de la Chine, s’opposent à des conclusions scientifiques consensuelles au nom de dogmes financiers, religieux, pseudo-économiques ou politiques. Au point, dans les cas, extrêmes comme celui de la Turquie ou des USA, de démembrer ou restreindre un enseignement scientifique existant pour laisser libre cours aux intolérances fondamentalistes. Cf. Science en danger dans le Courrier du 4/7 passé.

La plupart des chercheurs en sciences, la tête dans le guidon, n’ont pas encore réalisé à quel point leur activité indépendante se restreint et est menacée par la conjonction des intérêts privés à court terme, des prescriptions religieuses et politiques, des superstitions et des sarcasmes des pires médias. Laquelle tend à faire passer les connaissances scientifiques au mieux comme incompréhensibles et ennuyeuses, au pire comme inappropriées, relatives ou blasphématoires. L’arrogance positiviste des scientifiques ou pseudo-scientifiques médiatisés n’arrange rien à l’impopularité actuelle de la profession. Paradoxalement, la grande force de la science est la modestie de ses propositions et sa réfutabilité, bref l’aptitude à douter de soi. Mais cela devient une faiblesse dans les médias où le temps est court et où l’invective l’emporte à tous les coups sur la réflexion. Où l’autocritique, au lieu d’être perçue comme signe d’honnêteté est traitée comme preuve d’incompétence ou d’ignorance. Ce qui explique aussi que des scientifiques et pseudo-scientifiques parmi les moins rigoureux et les plus péremptoires squattent les écrans et les ondes.

Charlie au labo.jpgPour sortir un peu de ce marécage, je vous recommande vivement « Charlie au labo », qui regroupe les meilleures chroniques d’Antonio Fischetti dans le journal du même nom, aux Editions Belin, magnifiquement illustrées par les dessins hilarants de Loïc Faujour. Vous y verrez que les résultats sciences peuvent être parfois simples, compréhensibles pour tous, intéressants ou drôles, et que l’autocritique de la science n’est ni un aveu, ni un suicide, mais sa grande force face à tous les irrationnels qui l'attaquent. Vous vous méfierez seulement de quelques dérives liées à la sensiblerie animalière de l’auteur et à son indulgence coupable pour la psychanalyse…

 

couv299.jpgParmi les parutions régulières remarquables disponibles en numéros doubles d’été, ne manquez pas le Psikopat « spécial bricolage », qui vous rappelera avec humour moulte drames familiaux, ni un Siné Mensuel plein de jeux intelligents, de dessins et de nouvelles que vous ne lirez pas ailleurs...

 

 

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05/04/2017

Pas d’immunité religieuse !

La magnifique saillie (« pas d’immunité ouvrière ! ») du camarade Philippe Poutou, représentant du Nouveau Parti Anticapitaliste dans la consternante élection présidentielle française, a fait mouche. La preuve, c’est quasiment la seule chose que le site de la Julie – qui, jusqu’à ce jour, ne brillait pas dans la lutte anticapitaliste…- a retenue de plus de trois heures de débats entre une demi douzaine de psychopathes graves de l’ambition politique et quelques personnages de la vie réelle. Parmi ces derniers, deux militants sans illusions ni ambition, poussés par leur base à faire semblant pour diffuser des idées occultées par les médias. Si la formule de Poutou a fait mouche, c’est parce qu’elle dénonce, en trois mots, les privilèges, la corruption et l’impunité, totale ou relative, non seulement des gouvernants et des parlementaires, mais aussi des riches, des puissants et des paranoïaques de l’argent qui s’approprient tout ce qui passe, que ce soit les ressources naturelles ou l’argent des contribuables.

Mais, pire encore que l’appropriation impunie du bien commun, la confiscation permanente de l’information et de « la vérité » par les médias soumis à l’argent et/ou au politique n’est exposée à aucun contrôle, ni aucune sanction. Qu’il s’agisse du financement des partis libéraux par les complexes industriels ou financiers, du rachat de la presse, de l’audiovisuel et d’internet par des milliardaires fraudeurs fiscaux, ou bien des vérités Trumpeuses sur le climat. Qui paye la pub, la propagande, et leur diffusion, bricole sa vérité qui écrasera les autres au rouleau compresseur !

Le problème est qu’en journalisme, comme en science, la définition de la vérité ne va pas de soi. En science, le problème théorique est à peu près résolu parce que la partie éclairée des professionnels admet qu’il n’existe de « vérités » et de théories que réfutables et provisoires, destinées à être remplacées un jour par d’autres, plus efficaces pour représenter l’état du monde ou pour agir sur lui. Mais cette philosophie des sciences est inconnue ou incomprise hors des milieux concernés, et même de nombreux scientifiques qui continuent à chercher des vérités définitives et absolues.

Le phénomène n’est pas nouveau puisque, depuis plus de six millénaires, des prêtres imposent des « vérités alternatives » - contradictoires et incompatibles entre les différents cultes - basées sur des « faits alternatifs » d’origine douteuse, souvent réfutables ou réfutés. Que chacun ait le droit de croire aux miracles des évangiles, du coran ou du talmud est une chose. Que des gens puissent vouloir imposer aux autres, fût-ce leurs enfants, ce genre de « vérités révélées », non réfutables, est un crime contre l’intelligence humaine ! La plupart des prêtres en sont coupables depuis les débuts de leurs cultes et ils bénéficient d’une immunité scandaleuse ! Le problème n’est pas seulement la transformation de l’eau en pinard (à laquelle on aimerait croire !) ou l’ascension balistique du grand Jésus ressuscité. Il survient quand les illuminés qui croient à ces stupidités ou les diffusent veulent faire la loi et imposer leurs lubies aux autres. Quand des islamistes, au nom de ce qui est écrit dans leur coran, tuent les « apostats » ou les « coupables » d’adultère. Quand des barbares sionistes volent les terres et réinventent l’apartheid. Quand des cinglés évangélistes ou « manif pour tous » sont prêts à tuer des personnels de santé et veulent faire changer la loi, pour empêcher des femmes de faire ce qu’elles veulent de leur ventre et son contenu. Ou quand un pape, prétendu progressiste par abus, dit parler au nom d’un milliard de paroissiens pour imposer à toute l’humanité et à sa majorité féminine une vision de l’embryon humain précoce qui ne correspond en rien à l’état des connaissances scientifiques actuelles. Mais le même pape n’a toujours rien contre le racket des paroissiens pauvres et ne refuse pas plus les dons des riches que DAESH les pétro- dollars… Il faut bien vivre bien, on est infaillible et pourquoi mettre fin à deux millénaires d’immunité papale !

Le lien que je faisais ci-dessus entre science et journalisme est que les deux professions ont pour ambition de faire émerger et diffuser un état évolutif des connaissances, indépendant des faits alternatifs assénés par les religieux, les publicitaires et les propagandistes de tout poil. Les deux professions ont fait et font encore l’objet des pires persécutions depuis qu’elles existent. L’actuel répit relatif dont ont bénéficié les scientifiques en occident prend fin avec l’arrivée au pouvoir d’énergumènes amateurs de faits alternatifs comme Trump, Poutine, Netanyahu ou Erdogan, pour n'en citer que quelques uns. Qu’il s’agisse de religion ou de politique, l’immunité des puissants est la source des pires atteintes aux droits humains et aux libertés de tous…

PS : plus dans Le Courrier mardi prochain.

21/11/2016

Sarko remplacé par son caniche ?

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Difficile de faire plus  mortel pour la démocratie que ces primaires, si bien résumées par notre Mix en couverture de Siné Mensuel de ce mois !

On vous explique que les frouzes de droite, mais pas seulement, se sont débarrassés de celui qui, abandonnant la politique, va se retrouver au tribunal ou émigré pour la deuxième fois (ça, ce serait une juste revanche de l'immigration!).

Mais pour être remplacé par celui qui, pendant cinq ans a été l'exécutant soumis des plus basses besognes électorales, financières et anti-sociales?

Lequel serait vierge de toute connivence ou dissimulation dans les magouilles financières, la corruption liée aux contrats ou les financements occultes ?

Il est vrai que l'invisible Fillon se présente comme vrai représentant de la vraie droite française, archaïque, cravatée, coincée dans la manif pour tous et autres bondieuseries. Qui ne se compromet pas avec des pseudo chanteuses qui posent nues et couchent avec tout Saint Germain des prés. Et que son programme va bien au delà des timidités du Front National mariné et vendu aux homosexuels : en particulier dans les cadeaux au patronat qu'il émerveille et dans la guerre à la fonction publique qu'il veut Trumper...

C'est à se demander si certains, audit FN, comme certains imbéciles socialistes (pléonasme!), n'auraient pas imaginé que remplacer Sarko par son caniche ne produirait pas le candidat le plus facile à déconsidérer et à battre au deuxième tour ?

Allons, ne nous laissons pas aller aux théories complotistes et laissons les frouzes préparer la résistance après ces élections-trahisons, plus que jamais !

france,primaires,élection,sarkozy,juppé,fillon,cnpfPour les y aider, Siné Mensuel, déjà mentionné et le Psikopat, spécial décadence, leur apporteront, comme à nous, la bonne humeur nécessaire!

09/11/2016

THE WORST IS ALWAYS POSSIBLE …

TRUMPETTES DE LA RENOMMEE …

US’KIM JUNG UN !

C’EST EN FAISANT N’IMPORTE QUOI…

L’AMERIQUE RASE POUTINE GRATIS !

THE WORST IS ALWAYS POSSIBLE …

 ...

Difficile de choisir un titre parmi l’infini des possibles après le non événement de la nuit dernière. Il se confirme en effet que les Etats-Unis sont un pays sexiste, raciste, violent, manipulé par l’argent et le lobby des armes. Et que leur autoproclamée démocratie électorale, par la prétendue volonté d’un peuple manipulé par les propagandes, n’arrête pas de tirer sur ce peuple au fusil d’assaut… en vente libre bien sûr !

Le premier titre, copié sur le si regretté Brassens et en même temps – paradoxe ! – sur les Claudettes de Claude François, évoque d’éventuelles « Trumpettes » qui, comme dans Brassens, sont sûrement « bien mal embouchées » aujourd’hui. Ce qui est certain, même si je ne connais pas les dernières statistiques sur le sexe des votants là-bas, c’est qu’il a fallu un énorme soutien de femmes, sinon une majorité d’entre les électrices pour parvenir à ce résultat. Les machos y verront l’efficacité de leur soumission et le rejet du modèle féministe ; la presse people l’effet de la jalousie ! Je pense plutôt qu’il s’agit d’un effet pervers de ce type d’élection : les multiples conséquences impliquées par le choix d’une personne ne constituent pas un programme et masquent aux électrices, comme aux électeurs en général, ce qui va contre leurs intérêts. C’est ainsi que l’on fait voter les femmes contre les féministes, les immigrés contre les étrangers, les travailleurs pour les actionnaires ou les pauvres pour les lois en faveur des riches.

Le deuxième titre est un constat d’échec de la « démocratie ». Il ne fait aucun doute qu’il existe, aux Etats-Unis, des milliers de citoyen-ne-s, plus intelligent-e-s, plus compétent-e-s, plus cultivé-e-s, plus empathiques, plus sincères, plus efficaces et en meilleure forme physique que l’énergumène élu et la mère Clinton. Comment a-t-il pu s’établir un système d’élection, dans un des plus grands pays du monde, qui ne retient, comme choix possible, que ces deux zouaves ? Les monarchies Kim, Assad & Cie ne font guère pire…

Le troisième titre, que l’on pourrait compléter en « c’est en faisant n’importe quoi que l’on élit n’importe qui ! » est évidemment une paraphrase de Rémi Gaillard – www.nimportequi.com - « c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ! ». Je vous conseille de le visiter pour vous remonter le moral, si jamais il est atteint. Il vous reste alors un petit espoir : souvenez-vous avec quelle discrétion le très totalitaire Vatican avait rattrapé son erreur électorale, le pape Jean-Paul 1er, paraît-il empathique vis-à-vis de la théologie de la libération, rappelé au ciel après un mois de règne, ou comment Kennedy y a rejoint Marilyn… Trump peut encore démissionner quand il s’apercevra que président étasunien, c’est un boulot de m….! Ou bien être liquidé, plus ou moins proprement, par un drone du lobby militaro- commercial, après ses premières décisions économiques…

Le quatrième titre interroge le fait que Poutine et son « amie » Marine Le Pen ont, de loin, gagné cette élection contre Wall Street, l’Europe et les autres lobbies criminels de la finance et du commerce, mais avec celui de l’armement. Ce serait trop long et pas de ma compétence d’analyser tout ça ici, mais c’est une piste. En fait, ce titre était surtout une magnifique occasion de calembour douteux…

Le dernier titre n’est que la traduction de la première partie de ma devise favorite, qui se termine, en français, par… « ..., MAIS JAMAIS CERTAIN ! ». L’occasion de considérer les quelques avantages improbables de l’élection d’un malade mental archaïque à la présidence d’un des pays voyous surarmés de cette planète. Cette élection ne fait que confirmer la proposition du sinistre mais clairvoyant Goebbels, propagandiste en chef d’Hitler, qui avait à peu près écrit (traduction non garantie), avant la seconde guerre mondiale : « Donnez moi la propagande, et quelque soit le régime <…>, j’emmènerai le peuple où vous voudrez ! ». Le peuple américain a effectivement été mené n’importe où en croyant que choisir entre deux nazes, soutenus par des masses d’argent et des lobbies, lui permettait d’agir sur son sort, alors que, comme l’exprimait si bien un clown politicien disparu (Georges Marchais, longtemps secrétaire général du parti communiste français), les étasuniens n’avaient à choisir qu’entre « blanc bonnet et bonnet blanc ». Peut-être réaliseront-elles et ils que, comme les trumpettes, ils se font emboucher ! Certes, après W Bush, on n’imaginais pas pire, parce qu’on oubliait Amin Dada, Bokassa et Jules César. On avait tort, puisque le pire est toujours possible ! Mais, maintenant que l’on va avoir Trump, on ne peut plus avoir que de bonnes surprises, si l’on pratique le pessimisme heuristique que je recommande : LE PIRE N’EST JAMAIS CERTAIN !

PS qui me vient à la relecture : avez-vous remarqué l'amusante symétrie entre :

"nine/eleven" et "eleven/nine"?

18/07/2016

Les « bons » et les mauvais terrorismes

Nul doute que l’attaque au camion de Nice est l’un des actes les plus cruels et « inhumains » qui puisse se concevoir. Rien n’excuse celui qui l’a commis et ses éventuels commanditaires, quelques soient leurs raisons. Cela dit, la comparaison s’impose avec d’autres sources de malheurs, comparables par leurs victimes et peut-être évitables. Pour rester dans le pays atteint, j’ai pensé tout de suite au nombre de victimes d’accidents de la route, en France, pour les longs week-ends, comme celui de la Pentecôte. Le bilan en morts est du même ordre de grandeur que l’horreur niçoise et il est plus élevé par le nombre des blessés. Les conditions de souffrance et de survie sont comparables, les enfants et autres victimes innocentes sont aussi présents. Et chacun admet que ces violences routières et autoroutières insupportables reviennent plusieurs fois chaque année, avec la régularité du Père Noël et de l’Escalade ! Aggravées parfois par l’alcoolisation illégale, mais chronique, des conducteurs, que ce soit pour cause de tradition locale vigneronne ou de rituels de restaurants ou de boîtes de nuit. Pourtant, les responsables du « terrorisme routier » sont bien mieux connus que ceux des attentats djihadistes. Les fabricants et vendeurs de véhicules construits pour des circuits, ou manifestement pour violer les lois de la circulation en vigueur, leur marketing agressif pour la puissance et la sur-motorisation, ainsi que les « clubs » de promotion routière viennent en tête. Aidés par les spectacles « sportifs » motorisés qui n’hésitent pas à faire la promotion conjointe de l’alcoolisme. Ce type de terroristes, qui fait bien plus de victimes chez nous que le djihadisme, bénéficie d’une indulgence totale, grâce à un lobby puissant du patronat, auquel aucun politique ne s’attaquera, à moins d’être suicidaire.

Et puis, dans un autre genre, les marchands d’avions, de tanks et d’armes variées, qui alimentent des guerres inefficaces en Irak et en Syrie, tuent des centaines de milliers d’innocents et en jettent des millions sur les routes. Ils restent néanmoins des commerçants aussi « respectables » que ceux qui affament des pays entiers, en spéculant à Chicago sur les récoltes, ou à Genève sur le pétrole. Tandis que, dans notre indifférence, les polices et armées maritimes de méditerranée ou de Mayotte laissent se noyer bien plus de pauvres gens sur leurs bateaux de la mort que le maudit camion n’a fait de victimes. Bien sûr, ce n’est pas sous les caméras et les projecteurs de la Promenade des anglais !

Le vieil économiste réactionnaire qu’était Alfred Sauvy avait, il y a très longtemps, fait une « étude sur le coût de la vie humaine ». En fait, celui de la mort pour les assurances. Il était déjà évident que cette « valeur » était très hétérogène, dans un seul pays, selon les régions et les catégories sociales. A l’échelle mondiale, elle varie, comme les revenus, de rien à infiniment trop. Et l’inégalité la plus scandaleuse est celle qui n’attribue ni émotion, ni intérêt à l’enfant qui meurt en Syrie, au Sud Soudan ou en Méditerranée, alors que l’on éprouve l’émotion et l’indignation qui conviennent pour les victimes innocentes médiatisées.

10/07/2016

Cauchemar !

Dans une grande ville française, pas loin d'ici. Des hurlements et des bruits insupportables, une circulation folle d'accélérations et de coups de freins intempestifs. Des gens, hors de tout contrôle, risquant leurs vies pour brandir des drapeaux et hurler n'importe quoi, assis à l'extérieur, sur les portières des véhicules. Des motards sans casques slalomant à des vitesses insensées entre des files de voitures en folie. Du bleu, blanc, rouge partout : prise de pouvoir par le front national ? Non bien sûr ! Juste un avant-goût avec cette autre sommet de l'irresponsabilité et de la bêtise humaine que concentrent les ballons ronds. L'excitation guerrière derrière des drapeaux avec son potentiel de haine, de violences et de destructions. L'état de perte de contrôle qui permet de décérébrer les foules pour recruter des milices fascistes ou nazies, les pousser à casser, lyncher, tuer n'importe qui, pour n'importe quoi, sur un ordre venu d'on ne sait où...

Je me réveille: Carouge l'été. Luxe, calme et volupté, comme dit Sempé ! Plus loin, il y a bien plein de drapeaux aux fenêtres, mais de toutes les couleurs. Trop de fanatismes tue le fanatisme... On a concentré les cinglés du foot derrière des barrières à Plainpalais et on a la chance d'avoir perdu vite. Ça limite l'alcoolisme et les dégâts !

On va pouvoir choisir entre le Rhône et le lac pour se baigner. Normalement je préfère le Rhône, sa fraîcheur, son courant. Mais c'est le second et dernier jour de la Nuit de la science, alors ce sera le lac et sa perle, avant d'aller travailler un peu au calme, pour la culture et le plaisir, loin de toutes les violences des foules fanatisées et motorisées...

31/05/2016

Leçon de désinformation sur Radio France - FIP

FIP, France Inter Paris est une radio nationale française sans publicité, avec une quantité encore supportable de promotions, qui diffuse beaucoup de bonne musique et limite l'information, très répétitive, à quelques minutes par heure. Bref une rareté culturelle à 85% ! Je l'écoutais ce week-end et, n'ayant pour une fois pas baissé le son pour les infos, j'entends à peu près (de mémoire) : "Baisse de popularité des trois protagonistes principaux du conflit sur la loi travail. Le premier ministre Manuel Valls descend à 24% d'opinions favorables, ... le président François Hollande n'en a, lui, que 19%,... quand à Philippe Martinez, patron de la CGT, il compte 67% d'opinions défavorables...". Emballé ! Tous ces gens sont donc également impopulaires ! Mais pourquoi, faisant une comparaison, parle-t-on de popularité dans deux cas et d'impopularité dans le troisième ? Une présentation statistique honnête aurait donné comme résultat, pour les opinions favorables :

Valls 24, Hollande 19, Martinez 33

et pour les opinions défavorables :

Valls 76, Hollande 81, Martinez 67

Ce qui aurait souligné que le leader syndical est bien plus populaire et aussi moins impopulaire dans l'opinion que le président et son premier ministre, laquais inconditionnels du patronat et accoucheurs de ses projets de lois scélérates contre les droits des travailleurs !

Et ceci malgré une propagande odieuse contre les syndicats et leurs leaders sur tous les médias nationaux et privés.

Même sur une petite radio musicale nationale, qui n'est pas censée faire de propagande, mais dont l'information malhonnête cire, bien maladroitement, les bottes du pouvoir !

10/05/2016

Siné massacré

Regardez bien cette couverture, dernière oeuvre de notre ami et maître en humour, Bob Siné. Il nous a quittés la semaine passée, après  avoir anticipé et raconté, jusqu'à la dernière heure, sa triste fin hospitalière, après 87 ans de fureur de vivre.

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Siné le révolté, parce qu'il ne supportait pas les injustices, le cynisme des riches, la misère des pauvres, ni les mensonges des prêtres, des politiques, des militaires, des flics ou des juges corrompus.

Siné ami de ceux qui voulaient changer le monde, Malcom X, Fidel, Ben Bella, Mao,... jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'ils n'allaient plus dans le bon sens.

Siné affectueux, sincère, généreux, conscient de ses erreurs, mais pourfendeur des lamentables imposteurs qui colonisent les médias et ne cessent de courir après les privilèges et l'argent.

Siné, dessinateur de presse et graphiste hors pair, affichiste inspiré et grand maître de l'humour, de l'humour tendre des chats à celui, noir et féroce, de son trait politique.

Siné qui laisse derrière lui une centaine d'amis et collaborateurs bien décidés à continuer le journal mal élevé qui fait mal où ça fait du bien, et des dizaines de milliers de fans décidés, de nuit et de jour, à faire des doigts d'honneur à tous les pouvoirs abusifs, aux patrons félons et aux philosophes de pacotille, à tous les nantis, à tous les racistes, populistes et papistes de tous les pays et de toutes les religions-pièges-à-cons !

En attendant, pour peu de jours avant de se remettre au boulot, on est un peu comme la couverture du dernier Psikopat, avec son dossier sur le cinéma...

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22/03/2016

A afficher à l'entrée des lieux de culte...

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01/03/2016

Salon des assassins à Palexpo !

Comme le titrait la Julie, « sportives » et 4x4 sont les stars du salon de l’auto, dont on encense les bolides, construits et vendus pour violer en permanence le code de la route, polluer bien plus que nécessaire et tuer presque impunément des milliers d’innocents. Car, parmi les drogues dures, la vitesse et l’imprudence automobiles ont la particularité de faire plus de victimes parmi celles et ceux qui ne les pratiquent pas – innocents transportés, conducteurs prudents, cyclistes et autres piétons qui n’ont que le tort d’être là - que parmi les cinglés de la vitesse et de la prise de risques. L’« automobilisme passif » est ainsi pire que le tabagisme passif, en faisant plus de victimes parmi les non-consommateurs que parmi les consommateurs.

Ceci soulève au moins trois problèmes de société fondamentaux :

Le premier est la répression très insuffisante des délits de prise de risque automobile et de la criminalité au volant. Le terrorisme automobile est encore considéré comme anecdotique, voir héroïque sur les réseaux sociaux, alors qu’il tue bien plus, chez nous, que le terrorisme politique.

Le second est l’absence totale de contrôle du politique sur la propagande commerciale en faveur de bolides qui devraient être considérés comme hors la loi, puisque conçus, fabriqués et vendus délibérément pour violer les lois, codes et règlements. Les politiques sont-ils vendus à un lobby automobile criminel ou seulement désuets face à aux dealers de drogue dure mortelle ?

Le troisième est l’incroyable indulgence de la majorité de la population - pour qui la voiture n’est qu’un moyen commode pour se déplacer prudemment ou transporter du matériel - vis-à-vis des crimes des fous de la vitesse, de la frime et des exhibitions routières dangereuses.

Nous avons tous perdu ou failli perdre aujourd’hui trop de membres de nos familles, d’amis, de connaissances, victimes définitives ou handicapées à vie par suite d’accidents provoqués par les hooligans du salon de l’auto. Il serait temps de mettre ces derniers et les dealers d’excès de vitesse de Palexpo hors d’état de nuire !

13/02/2016

Vernets : trouffions, béton, NON !

     Ainsi, non contente d’avoir pollué et enlaidi un bel espace genevois aux Vernets, l’armée de clowns de la confédération voudrait qu’on lui mette un autre terrain à disposition pour polluer et enlaidir ailleurs, aux frais des contribuables locaux. Lesquels votent de plus en plus pour la suppression de ladite armée et refusent, chaque fois qu’ils peuvent, ses gadgets coûteux. Vengeance tardive des lobbies de marchands de canons alémaniques et de leurs relais populistes ? Des politiciens, dont on attendait mieux, tentent de nous expliquer que c’est une affaire superbe qui va résoudre la crise du logement en bétonnant une des dernières zones encore aérées du secteur Carouge-Acacias-La Praille. On ne sait trop comment les répartir entre ceux qui sont vendus aux lobbies de bétonneurs et au culte de la croissance, au mépris de la qualité de la vie, et quelques naïfs qui espèrent qu’une action locale et limitée résoudra une « crise » dûment organisée par des spéculateurs et des régies qui en tirent un maximum de profits.

      Genève avait le privilège d’être une petite ville entourée de villages. La qualité de vie résistait déjà mal à une automobilisation absurde à son échelle. Mais la volonté de croissance à tout prix – pour quoi faire ? – passe par des cadeaux fiscaux à des entreprises étrangères qui coûtent beaucoup indirectement et rapportent peu, puisqu’elles ne sont là que pour optimiser leur fiscalité. Ce qui revient à faire un médiocre transfert entre les impôts du contribuable local et les budgets cantonaux, tout en aggravant le problème du logement par l’arrivée de demandeurs plus prospères que ce contribuable. En tant que Carougeois, je ne décolère pas de voir qu’un de nos magistrat se réjouit de voir croître d’un tiers la population du « village », qui en est de moins en moins un ! Il n’était déjà plus possible de manger le midi dans les bons bistrots envahis de costumes cravates parlant un anglais médiocre depuis l’installation locale des sièges de très grandes banques ; des bistrots dont les prix ont souvent pris l'ascenseur en conséquence. Si l’on bétonne les Vernets comme le veulent nos élus, la croissance de la population ne manquera pas d’entraîner mécaniquement la décroissance de la qualité de la vie. On finira presque par regretter la caserne, ses rotations de véhicules absurdes et les meutes de trouffions alémaniques titubant la bière à la main… Au moins, il restait quelques arbres et quelques herbes au milieu !

06/01/2016

CHARLIE HEBDO VIT, LETTRE A RISS

CharlieHebdo-380x483.jpgMon cher Laurent,

Merci pour ce dessin !

Au moins, le personnage représenté ne vous fera pas de procès puisque, soit il n’existe que dans l’imagination des prophètes, des imbéciles et des manipulés, soit il n’existe pas du tout…

Bien sûr, tout ceux qui se réclament de lui et bafouillent prétendument en son nom ne manqueront de te, de vous poursuivre, à coup d’injures, de mensonges, de procès et éventuellement, faute d’autres arguments, d’armes de guerre.

Le regard mortel de ton assassin qui court toujours décrit tellement bien les sentiments que nous portent les encalottés de tous les cultes. Et le jouet qu’il porte au dos rend dérisoires les armes qui tuent et mutilent directement et collatéralement, des gens innocents de tous les pays. Des armes que nos marchands de canons et politiques de tous bords sont si fiers de vendre partout, quitte à faire passer Obama pour une poule mouillée.

J’aime bien aussi la résonnance entre le rouge du sang et la mention « numéro spécial », seul autre rouge de ton noir et blanc. Ça m’évoque un monde où le sang et la mort deviendraient l’exception, le spécial, et non le quotidien envahissant de l’actualité. Un rêve, quoi…

La diffusion de ce dessin te propulse au rang des grands affichistes, comme Cabu, Charb et Siné. C’est le « coup de poing dans la gueule » que voulaient Cavanna et Choron pour sortir de leur torpeur les anesthésiés de la sensibilité, face aux horreurs du monde. Mais c’est un coup de poing virtuel, qui remet à zéro les circuits du cerveau sans altérer le physique matériel.

Alors, bien sûr, un coup de poing, même virtuel et ajusté par un professionnel, ce n’est pas très précis et cela peut être mal interprété par celui qui le reçoit. Surtout qu’on le reçoit en plusieurs temps : au premier degré, le surréalisme de la situation m’a fait éclater de rire ! Puis, j’ai pensé que tu avais fait très fort en trouvant une surenchère œcuménique aux caricatures de prophètes. Et puis après, je me suis demandé si, finalement, c’était malin de remettre sur le tapis ces dieux fictifs dont on parle déjà trop ! Mais là, j’admets que c’est un réflexe de scientifique et de prof, non pertinent entre dessinateurs et journalistes…

Voilà, Laurent ! Tu sais mieux que moi que l’on peut tout dire et tout penser d’un dessin. Il échappe à son auteur, tant par sa composante inconsciente que par les réactions et les interprétations sans limites de ceux qui le regardent ou l’analysent. Un bon dessin fait exploser la liberté de penser qui est si menacée aujourd’hui. Une explosion plus pacifique et moins dangereuse que celles des bombes, américaines ou coréennes, nucléaires ou pas. D’ailleurs, Bob Siné nous honore aussi aujourd’hui (voir ci-dessous) d’une explosion pacifique contre ceux qui menacent nos libertés de penser, dessiner, écrire…

Toutes mes amitiés aux survivants, qu’ils continuent ou passent à autre chose.

Je t’embrasse, Dédé

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03/01/2016

LEGION D'HORREUR !

Ainsi Hollande, le national - qui n'aime pas les bi pour peloter les électeurs du Front du même nom - et socialiste - on frémit historiquement du rapprochement ! - va décorer nos potes assassinés voici un an de la médaille qui a distingué tant de criminels de guerre des armées coloniales, tortionnaires en Algérie, généraux putschistes à qui on l'a rendue, marchands de canons et de bombardiers, crapules maffieuses de la finance et de la politique, ainsi que, par hasard, quelques honnêtes citoyens plus ou moins méritants. Depuis que Sartre et quelques courageux l'DSCN0161.jpgavaient refusée, il parait qu'il fallait la demander pour l'obtenir. Là, avec les morts, on est sûr qu'ils se conduiront bien, qu'ils ne la renverront pas à la figure de  l'accrocheur ou ne s'en serviront pas pour la clowner comme les postiches de Choron et Cavanna sur la couverture de l'excellent Schnock No 17. Parce que, quand même, attribuer le ruban rouge de l'armée et de la magouille frouze à Cabu, qui n'a cessé de conchier les militaires, les flics et les prêtres ou à Tignous, Honoré ou Charb, qui n'en faisaient et pensaient pas moins, c'est quand même violer leur mémoire et leur pensée d'une manière peu admissible, quoiqu'en pense leurs héritier-e-s ! En témoigne la couverture que Charb m'avait faite pour un petit bouquin que l'éditeur a prestement retiré de la circulation, sans explications, six mois après sa mise en venteCOUV INJUSTICE.jpg : militaire, juge et costard-cravate y passent un sale quart d'heure...

Oui, je sais, Wolinski l'avait - on s'était assez fichu de lui ! - et Bernard Maris, paraît-il, aussi... sans doute discrètement dans sa lointaine province. Mais ils l'avaient acceptée, eux ! Et puis la chaire UNESCO qui va être ouverte au nom de l'économiste qui a crucifié le néo-libéralisme dans toute son oeuvre, c'est quand même autre chose que ces décorations archaïques qui honorent surtout ceux qui les distribuent et la soumission à l'ordre social des récipiendaires. C'est donc odieusement lâche de décorer les morts ! Il faudrait prévoir un refus posthume des décorations. Tiens, proposer une carte et une inscription en fichier : en cas de décès, j'accepte de donner tous mes organes d'abord à la médecine, ensuite à la science, mais je refuse toute légion d'honneur !

29/06/2015

DAESH, le FMI et les grecs

Les volontaires étrangers de DAESH ont choisi de quitter des conditions de vie variables, mais relativement confortables, pour l’enfer de la guerre, de la violence, de la souffrance ou le néant de la mort. Parmi eux, certains font cela par amour, réel ou platonique, d’un partenaire ou d’un gourou. D’autres, suicidaires de toutes façons, choisissent, en moins sympa, une fin à la Pierrot-le-fou. Mais beaucoup ont sans doute été amenés là par une cascade  d’événements sur la pente de la soumission à l’autorité et à la propagande, individuelle ou collective. En cela, la propagande radicale islamiste n’a rien d’original par rapport à celle des armées, des religions, des nationalismes et du marketing « sportif » ou commercial. On fait adhérer le « client » à des slogans, à des théories simples et fausses, à des comportements stéréotypés et irréfléchis, mais gratifiants dans l’immédiat, récompensés dans le réel ou l’imaginaire. On ne demande pas au supporteur de mourir grenades à la main pour son club, ni au geek de décapiter pour soutenir l’iWatch, mais ce n’est qu’une question de degrés d’intensité ! Ce qu’il y a de commun entre tous ces braves gens, c’est la soumission à une autorité intrusive par des conditionnements, par la récompense et la punition, ce qui leur évite toute hésitation avant de passer à l’acte et toute analyse critique des conséquences de l’action qu’ils décident, sur un mode affectif inconscient et trop rapide pour être raisonné-raisonnable.

Quand la dictature de Bruxelles, le FMI, la BCE et autres marionnettes de la finance internationale et des Etats-Unis humilient la Grèce parce qu’elle a été ruinée par les prêts félons qu’ils ont fait à ses dictateurs, militaires fascistes et socio-démocrates pourris, au bénéfice des armateurs, religieux et autres financiers évadés fiscaux, c’est une forme de terrorisme presque aussi violente que les bombes et les décapitations : soumettez-vous, acceptez la misère de l’austérité, ou bien nous faisons tout sauter de votre économie, donc de votre quotidien, nourriture, éducation et confort minimal ! Et que les espagnols, français ou même les allemands pauvres qui sont tentés de jouer à Syriza se tiennent à carreau, s’ils ne veulent pas subir le sort que nous allons vous infliger…

Face à ce terrorisme économique, les grecs vont devoir voter sur des enjeux incroyablement complexes et face à une incertitude majeure. Si voter pour la soumission au reste du monde est la garantie de la poursuite de l’appauvrissement des pauvres et de l’accroissement des inégalités les plus scandaleuses, voter non sera l’assurance d’une récompense sous forme de dignité retrouvée… et de difficultés conduisant sans doute à une situation dont Cuba, la Corée du Nord ou l’Iran sont des exemples concrets. Les grecs avaient inventé une démocratie toute relative en des temps où le reste du monde leur laissait une certaine tranquillité. Sous les pressions terroristes de DAESH ou du FMI, ce « moins mauvais des systèmes politiques » fonctionne de plus en plus mal et ne leur laisse que des choix impossibles…

23/06/2015

SOUS LE PONT, D'AVIGNON...

...pas le classique Pont Saint Benezet qui attire les japonais du monde entier. Non, sous le Pont Edouard Daladier, en hommage au complice de Chamberlain et héros français de la capitulation devant Hitler à Münich. Comme le vieux panneau l'honorant avait disparu, j'ai crû un moment que la municipalité nouvellement socialiste (miracle pontifical en terres UMPFN!) avait décidé de cesser de rendre hommage à celui que beaucoup considèrent plutôt comme un très mauvais, sinon un vrai salopard. Mais figurez vous que, quelques mois après arrivait un nouveau panneau, tout neuf ! On ne débaptise pas comme ça chez les papes...

 

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