06/08/2013

Pourquoi les chats ne sont pas verts ?

C'est la question amusante posée par un ou une cher-chère auditeur-trice de la RTS et que l'on m'a fait suivre sous cette forme : 


Pourquoi ne voyons-nous pas d'animaux (par exemple des chats) avec des poils de couleur verte? Alors qu'à priori cela pourrait leur donner un avantage lorsqu'ils chassent dans les champs.

Il m'a semblé que cette question posait de vrais problèmes fondamentaux, tant dans le domaine de la biologie que dans ceux de la politique et de la psychologie.

Pourquoi ?

Et bien vous le saurez sous peu, pour peu que la canicule vous laisse l'énergie de cliquer sur :

http://www.rts.ch/decouverte/sciences-et-environnement/animaux-et-plantes/5117248-pourquoi-ne-voyons-nous-pas-d-animaux-par-exemple-des-chats-avec-des-poils-de-couleur-verte-alors-qu-a-priori-cela-pourrait-leur-donner-un-avantage-lorsqu-ils-chassent-dans-les-champs.html



14/10/2010

1) Pourquoi a-t-on l'instinct grégaire?

C'était une question d'un jeune téléspectateur à TSR.découverte.ch et ma réponse :

Les biologistes n'aiment pas trop parler d'instinct, un mot que le langage courant attribue à des situations très différentes et pas toujours de façon très rationnelle.

Il s'agit ici de savoir quelles raisons poussent des animaux ou des humains à se regrouper en certaines occasions ou même à vivre en permanence en groupes plus ou moins nombreux.

Ces raisons sont multiples et très variables, selon les espèces et les circonstances.

Elles s'opposent souvent à de bonnes raisons de vivre dispersés, par exemple pour éviter la compétition pour la nourriture ou les autres ressources, telles que le territoire, pour les espèces qui en ont un.

 

En voici quelques unes, cette liste n'étant certainement pas complète :

 

- vivre en groupes, plus ou moins nombreux, permet de mieux se défendre contre les prédateurs d'autres espèces ou contre des concurrents de la même espèce, chez les poissons, les oiseaux et les mammifères entre autres.

Cela permet aussi une spécialisation de certains dans des fonctions bénéficiant à tous, tels que les "guetteurs" dans certaines troupes de singes, ou les "soldats" ou les "ouvriers" chez les insectes sociaux, ainsi, bien sûr, que dans les sociétés humaines

 

- certains rassemblements ou entassements d'individus servent à lutter contre le froid nocturne (certains singes, jeunes oiseaux,..) ou saisonnier (chauve-souris), ou contre le vent (manchots), ou bien aident à "climatiser" un nid (abeilles)

 

- chasser en groupe est indispensable pour beaucoup de prédateurs s'attaquant à des proies beaucoup plus fortes qu'eux

 

- beaucoup d'animaux grégaires ou sociaux (on dit « grégaires » s'il s'agit de simples rassemblements et « sociaux » s'il existe des structures sociales avec partage des rôles et des tâches) supportent mal la solitude qui peut les mener à la panique ou au stress.

Chez eux, comme chez une majorité d'humains, la présence des autres est gratifiante, récompensée par un sentiment de sécurité, tant que cette présence n'est pas trop proche ou envahissante et qu'elle respecte des espaces privés de taille très variables selon les espèces animales et les cultures humaines, selon les contextes et souvent selon les saisons

 

- beaucoup de rassemblements sont liés à des activités communes nécessitant des partenaires, qu'il s'agisse de sexe, de jeux, de chasse ou de pêche, d'activités sportives ou culturelles chez les humains. Chez nous, le sentiment d'appartenance à un groupe ou à une foule permet une identification à des statuts et des conditions inaccessibles à chacun personnellement, avec tous les dangers que cela comporte en cas d'affrontement de tels groupes ...

 

- ...

 

21/05/2010

Topless !

- Pourquoi les hommes ont-ils des tétons alors même que ce qui est inutile disparaît généralement lors de l'évolution?

Cette question, posée par une jeune femme, m'a été relayée par le site www.tsrdecouverte.ch (Questions à un biologiste) de notre télévision romande. Vous trouverez une version vidéo de la réponse, merveilleusement illustrée par Tanya Chytil, (encore qu'il est question de tétons masculins, mais il faut bien comparer...) sur

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=25;vid=11913134

Mais, comme le dit Tanya, sa grand mère s'oppose formellement à la diffusion de la version topless...

Dommage !

Voici la version originale de ma réponse :

Eh bien justement, Sidonie, c'est une idée fausse de penser que ce qui est "inutile" disparaît systématiquement dans l'évolution.
Cette idée fausse vient de l'application abusive de la "loi de l'usage et du non usage" proposée par Jean Lamark et reprise par Charles Darwin lui-même, 50 ans après.
D'abord, dans leur esprit, la régression des organes inutilisés était lente et progressive, ce qui explique la présence d'organes résiduels atrophiés et non fonctionnels tels que les ébauches de pattes de certains serpents ou certains cétacés. Evidemment, dans cet ordre d'idées, les tétons masculins sont, en général, modestes par rapport à ceux des femmes.
Mais on peut aussi remarquer, avec François Jacob, que la nature "bricole" et que, souvent, un organe, une cellule, une molécule, un gène, sont réutilisés, un jour, dans une fonction différente de leur fonction initiale, ainsi :
- un arc branchial des poissons anciens devient osselet de l'oreille interne chez leurs descendants reptiles mammaliens, puis mammifères. Il leur permettait de respirer, il nous permet d'entendre !
- un cul de sac du tube digestif devient poumon chez certains poissons et chez les vertébrés terrestres. Il leur permettait de digérer, il nous permet de respirer !
Si vous connaissez bien les hommes, Sidonie, vous en aurez certainement remarqué qui ont une extrême sensibilité des tétons, si petits soient ils, ce qui peut être une fonction importante dans l'excitation sexuelle et donc dans l'aspect fécondité de la sélection naturelle. Inutile de vous préciser que c'est une fonction, secondaire peut-être, mais importante aussi des tétons des femmes.
Enfin, je saisis l'occasion de rappeler que la construction de l'organisme d'un mammifère se fait selon un "patron" général où des organes comme seins et tétons vont par une série de paires (il arrive qu'une deuxième paire apparaisse exceptionnellement chez les humains) et que les programmes mâle et femelle, homme et femme, viennent se greffer secondairement sur ce patron unique, au cours du développement de l'embryon, grâce à des gènes que tout le monde possède, mais qui peuvent être inactivés  chez elles et activés chez eux, ou l'inverse. Agissent aussi des hormones sexuelles qui sont les mêmes, mais en proportions différentes selon les sexes.
Il n'est donc pas étonnant que des caractères sexuels puissent être partagés entre les sexes ou ambigus chez certains individus.

08:57 Publié dans Questions à un biologiste TSR.ch | Tags : tétons, seins, science, évolution, sensibilité, érotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |