11/07/2017

Sciences et lectures d'été

Nous vivons dans un monde désorganisé par la médiatisation de n’importe quoi et l’incitation permanente à la paresse intellectuelle. Pourquoi se fatiguer à observer, comprendre, déduire pour aboutir à des incertitudes quand les marchands, les prêtres, les politiques, les charlatans et les astrologues vous proposent des « vérités » toutes faites, que l’on peut répéter avec l’arrogance dont on est capable, sans avoir à se justifier par autre chose qu’un vu à la télé, lu sur internet ou entendu en rumeur prioritaire ? Si le citoyen de base avait une formation critique élémentaire en philosophie, histoire et sciences, aucune publicité commerciale n’aurait le moindre effet, aucune religion « révélée » ne réussirait à conserver ses paroissiens. Les partis politiques contrôlés par l’argent privé perdraient leurs électeurs, les médecines parallèles leurs victimes, tandis que les jeux d’argent disparaîtraient.

Nous en sommes bien loin quand les dirigeants des plus grands pays du monde, à l’exception d’une partie de l’Europe et, dans une certaine mesure, de la Chine, s’opposent à des conclusions scientifiques consensuelles au nom de dogmes financiers, religieux, pseudo-économiques ou politiques. Au point, dans les cas, extrêmes comme celui de la Turquie ou des USA, de démembrer ou restreindre un enseignement scientifique existant pour laisser libre cours aux intolérances fondamentalistes. Cf. Science en danger dans le Courrier du 4/7 passé.

La plupart des chercheurs en sciences, la tête dans le guidon, n’ont pas encore réalisé à quel point leur activité indépendante se restreint et est menacée par la conjonction des intérêts privés à court terme, des prescriptions religieuses et politiques, des superstitions et des sarcasmes des pires médias. Laquelle tend à faire passer les connaissances scientifiques au mieux comme incompréhensibles et ennuyeuses, au pire comme inappropriées, relatives ou blasphématoires. L’arrogance positiviste des scientifiques ou pseudo-scientifiques médiatisés n’arrange rien à l’impopularité actuelle de la profession. Paradoxalement, la grande force de la science est la modestie de ses propositions et sa réfutabilité, bref l’aptitude à douter de soi. Mais cela devient une faiblesse dans les médias où le temps est court et où l’invective l’emporte à tous les coups sur la réflexion. Où l’autocritique, au lieu d’être perçue comme signe d’honnêteté est traitée comme preuve d’incompétence ou d’ignorance. Ce qui explique aussi que des scientifiques et pseudo-scientifiques parmi les moins rigoureux et les plus péremptoires squattent les écrans et les ondes.

Charlie au labo.jpgPour sortir un peu de ce marécage, je vous recommande vivement « Charlie au labo », qui regroupe les meilleures chroniques d’Antonio Fischetti dans le journal du même nom, aux Editions Belin, magnifiquement illustrées par les dessins hilarants de Loïc Faujour. Vous y verrez que les résultats sciences peuvent être parfois simples, compréhensibles pour tous, intéressants ou drôles, et que l’autocritique de la science n’est ni un aveu, ni un suicide, mais sa grande force face à tous les irrationnels qui l'attaquent. Vous vous méfierez seulement de quelques dérives liées à la sensiblerie animalière de l’auteur et à son indulgence coupable pour la psychanalyse…

 

couv299.jpgParmi les parutions régulières remarquables disponibles en numéros doubles d’été, ne manquez pas le Psikopat « spécial bricolage », qui vous rappelera avec humour moulte drames familiaux, ni un Siné Mensuel plein de jeux intelligents, de dessins et de nouvelles que vous ne lirez pas ailleurs...

 

 

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22/04/2014

Pensées à varier !

J'ai attendu un peu pour vous parler du TRES REMARQUABLE numéro d'avril du Psikopat sur l'Education Nationale, Titanic français qui a trouvé ses icebergs entre les réactionnaires et les socio-néo-libéraux. Sorti début avril, vous auriez pu le prendre pour un poisson alors que, sous son plumage d'humour et de BD's, vous y trouverez un ramage philosophique et éducatif majeur et délicat. Il vous reste quelques jours pour vous le procurer avant la parution de son successeur...

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Sachez quand même que, si vous venez, par exemple, du Valais à Genève en train en lisant ce type de littérature, vous risquez de vous faire tabasser par des tarés, comme ce pauvre lecteur de Fluide glacial dont la Tribune a relaté l'Odyssée. Mais les humoristes sont généreux et Yan Lindingre, boss de FG a décidé de glorifier cette victime de la liberté de lire et de penser en le couvrant de cadeaux et d'abonnements. Il va être glorifié comme lecteur de l'année. Bientôt, certains vont se faire tabasser exprès dans les trains dans l'espoir de récupérer les soixante dix vierges (euh...) de nos rédactions !

A propos de Fluide glacial, j'aggrave leur cas avec une nouvelle rubrique, "C'est fou la science !". Avec la redoutable complicité de "Terreur Graphique", dès le No de mai...    

En tout cas, merci à la Tribune d'avoir dénoncé comme il se doit cet odieux attentat ferroviaire et signalé le comportement de gentleman du réd-chef. Les plus élégants ne sont pas toujours ceux qu'on croit...

Notre ami Cuénod, le plouc chez les bobos, s'est pascalement éclaté à propos du prétendu ressuscité (drôle d'orthographe !) de la semaine. Foi de papyrus (le surnom de Poutine en Crimée)! Il aurait été marié à la divine (autrement) et volage Marie Madeleine. L'intérêt principal de la chose, c'est de montrer comment les églises ont choisi leurs sources parmi des infinités possibles, les ont découpées et rewritées selon leur besoins, et ont "canonisé" quatre Goodbooks, parmi tant d'autres contradictoires, pour faire croire à leurs salades. Comme elles ont "canonisé" des papes de l'Inquisition et veulent en faire autant pour leurs successeurs les plus rétrogrades... Pour ça, comme pour le divorce, faudrait qu'elles apprennent à "décanoniser", mais, contrairement aux sciences, elles ne reconnaissent jamais leurs erreurs...

Moi, ce qui me plaît, à Pâques, c'est l'oeuf. Mais attention, pas n'importe lequel ! Surtout le premier oeuf, issu de la première fécondation du monde vivant, et auquel nous devons toute l'histoire de la biodiversité. Je raconte ça dans Le Courrier, jeudi prochain... Tellement plus important et lourd de conséquences que les ébats éventuels des peoples, style petit Jésus !

 

 

17/12/2013

Education sexuelle : une initiative stupide et rétrograde !

Au sortir d’une émission « En ligne directe » sur la RTS, on peut avoir envie de préciser ce que l’on n’a pas eu le temps de dire dans un débat dont on n’était qu’une composante mineure.

Les initiants qui voudraient supprimer l’éducation sexuelle à l’école pour les « petits » (moins de 12 ans, pour eux, c’est petit !) prennent soin de préciser que c’est aux familles de faire le travail. Il faudrait, en tout et pour tout, qu’elles préviennent des abus et informent, plus tard, des dangers des maladies sexuellement transmissibles. Ce programme en dit long sur les compétences et la philosophie des initiants, pour ne pas parler de leurs orientations politiques bien peu masquées.

 

D’abord, la plupart des abus sexuels sur les enfants sont le fait de membres de la famille, quand ce n’est avec leur consentement. Confier la prévention des abus aux familles, c’est confier la sécurité aux violeurs potentiels les plus probables.

 

Ensuite, dans notre pays de grands timides, une forte proportion de parents sont assez coincés pour ne pas oser aborder de tels sujets avec leurs enfants, éventuellement au prétexte – parfois fondé - qu’ils en savent déjà autant, sinon plus qu’eux ! Ce qui peut être le cas « grâce » à la pornographie qui s’étale chez les marchands de journaux, dans les quotidiens et hebdos, à la télé, ou à laquelle on accède en trois clics sur internet.

 

Tout ceci fait que si l’initiative passait, l’éventuelle information, familiale ou autre, serait souvent restreinte aux aspects négatifs de la sexualité : risques d’agression, maladie, risque de grossesse. Elle serait évidemment complétée par les découvertes individuelles du porno dans des médias à disposition, ce qui achèverait de donner de l’amour et de la sexualité une image répugnante d’activités dégoûtantes et dangereuses. Bonjour l’épanouissement des petits ! On prépare une nouvelle génération de curés, entre autres, qui pourront assouvir leur avidité de pureté… dans la pédophilie peut-être ?

 

Et figurez-vous que nos bons initiants ne supportent pas que l’on parle de masturbation à des moins de douze ans, alors que tripoter ses organes vient naturellement bien avant et que ça n’a jamais rendu sourd ! Il importe donc de faire comprendre que, tout seul, il n’y a pas de raison grave de s’y refuser, si ça aide à s’endormir, mais qu’il vaut mieux éviter d’en faire une addiction, comme pour la télé et les jeux vidéo.

 

Bien sûr, on cite toujours les caricatures d’éducation sexuelle (qui peuvent être aussi bien le fait de familles qu’à l’école, d’ailleurs) quand des intervenants incompétents improvisent à partir de représentations ou d’un langage inappropriés, ou quand ils utilisent des « sex- boxes » vues à Bâle. Celles-ci n’appartiennent pas à la culture démo-chrétienne, udéciste ou stauférienne, c’est certain ! Cela pause le problème de savoir qui fait quoi, les instituteurs et les profs du cycle pouvant être aussi mauvais que des parents s’ils n’ont pas été formés pour, s’ils n’ont pas envie de le faire ou s’ils n’ont pas résolu leurs propres problèmes. Quant aux intervenants extérieurs, s’ils n’ont pas été formés de manière interdisciplinaire entre psychologie, biologie et para- médical, ils peuvent simplement ne pas savoir parler à des enfants.

 

Pour avoir souvent pratiqué ce genre d’information avec des groupes scolaires reçus à la demande de leurs enseignants et/ou de leurs parents, je connais bien la difficulté de répondre aux nombreuses questions des enfants, en évitant le personnel dans des entretiens collectifs et les dérives hors sujets que certains tentent parfois – rarement ! - d’induire. Je sais aussi que les questions des enfants et ados ont deux sujets principaux : se rassurer sur leur « normalité » et savoir comment gérer une relation sentimentale. Contrairement à la mienne, les générations actuelles savent en général déjà tout très jeunes des anatomies, des tuyauteries et des variantes érotiques. Elles cherchent beaucoup plus des informations sur les sentiments et les relations.

 

Il est évident que des parents malins, bien dans leur corps et leur tête, peuvent, s’ils ont de très bons rapports avec leurs enfants et adolescents, être les meilleurs « éducateurs sexuels » possibles. Mais la plupart des enfants et ados refusent d’aborder de tels sujets avec leurs parents et se « forment » sur le tas, entre pairs, souvent à partir des plus délurés, autodidactes du porno. C’est pour cela que l’Etat, à l’école et par des intervenants judicieusement formés et évalués, a un devoir de redresser la barre pour aider à donner, à ceux qui en ont besoin (ça ne peut pas faire de mal aux autres !), une image positive de la vie sentimentale et sexuelle, tout en les mettant en garde contre ses dangers, qu’il s’agisse des abus intra- familiaux ou intra-communautaires, des maladies ou des grossesses non désirées ultra précoces qui se comptent par centaines de milliers aux Etats Unis où les familles et les sectes ont tout contrôle sur l’éducation, pour le malheur de nombreux enfants.

 

De toute manière, dans les pratiques actuelles, les temps d’intervention à l’école sont très insuffisants pour peser bien lourd en face des vies familiale et avec les pairs, qui restent, pour le meilleur ou pour le pire, les premières sources du savoir de chacun-chacune. Aussi, leurs urgences sont de montrer que l’on peut en parler sans honte et de manière positive, qu’il faut savoir aussi se protéger des abus comme des pathologies, sans pour autant se gâcher la vie. Ce qui mériterait nettement plus de quatre heures par an et des intervenants bien formés et évalués.

 

27/06/2013

L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

Un club un peu fermé et très élitiste décide de consacrer un numéro de sa revue "L'Archicube" au thème, pour eux nombriliste, "Mérite et excellence", plutôt envahissant dans nos sociétés de compétition.

Oh surprise, ils me demandent d'écrire là-dessus !

Voici donc ce que ça a donné, un peu à contrepied de ce qu'y ont écrit un général, un évêque, un président et trois ratons-laveurs... (référence en bas du texte)





L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

 

Vivre pour quoi ?

Le prophète de la sociobiologie, Edward O. Wilson, commence l’un de ses pires ouvrages (réf.3) par une remarque triviale, mais importante :

« L’espèce (humaine) n’a pas de but en soi. »

Ce n’est pas la peine d’en lire plus, mais on peut partir de là pour parler des buts réels ou supposés des êtres vivants, humains compris !

 

La sélection naturelle n’a pas de but

Dans la nature, rien de rationnel n’assigne une finalité à notre existence ; ni à celle de n’importe quelle autre espèce. Pourtant nous choisissons, en général, de continuer à vivre, et essayons de prolonger nos sociétés, nos populations, nos cultures au delà de nos vies. Nos comportements individuels sont guidés, comme ceux d’autres animaux, par des centres nerveux qui poussent à l’action, l’orientent ou l’inhibent. Ils en analysent les effets sous forme de plaisir et de douleur, de récompenses et de punitions. Mémorisées, ces informations affectives modifient les motivations ultérieures face à des situations semblables de l’environnement. Ainsi, entre motivations « innées », « instinctives », internes et apprentissages par essai-erreur, gérés par le système récompense-punition, les animaux remplissent les deux conditions nécessaires de la sélection naturelle : survivre et procréer. Les espèces qui y faillirent une seule fois ne sont pas parvenues jusqu’à nous. N’observant que des espèces qui ont survécu, au moins un certain temps, nous avons a posteriori l’impression qu’elles, ou leurs membres, avaient un but, un projet : celui de durer dans le temps. Il s’agit, bien sûr, d’un biais d’observation !

 

Transmission, apprentissage, tradition

Les espèces sociales utilisent l’interaction entre parent et enfant ou entre pairs, pour d’autres types d’apprentissage, à partir de l’expérience des générations précédentes. L’élevage des jeunes par une mère, un père, un couple ou une communauté est l’occasion d’apprentissage par récompenses-punitions pratiquées par les congénères. Ce qui transmet des traditions par des processus de renforcement, positif ou négatif, et produit des variations de répertoires de comportements entre populations d’une même espèce, même si elles ont des patrimoines génétiques semblables et vivent dans des milieux identiques. Ces traditions, que beaucoup de biologistes n’hésitent plus à qualifier de « culturelles », malgré la réprobation des sciences humaines, portent aussi bien sur l’exploitation des ressources du milieu que sur des variations locales des interactions entre les individus ou entre les sexes.

L’apprentissage par imitation entre jeunes et parents ou pairs semblait l’apanage des vertébrés à sang chaud – certains oiseaux et surtout des mammifères. Mais la découverte des neurones miroirs, par lesquels un animal perçoit le comportement d’un autre, ses conséquences et y accorde le sien, fournit un mécanisme qui, s’il est général, explique la transmission horizontale de savoir-faire et de traditions comportementales (la transmission « horizontale » par les pairs est opposée à la transmission « verticale » selon les généalogies). Des systèmes de neurones miroirs, ou équivalents, sont nécessaires pour régir les comportements synchronisés des animaux, qu’il s’agisse de pariades sexuelles, de déplacements en bancs ou en vols ordonnés des poissons ou des oiseaux, du tango argentin, de ballets ou de jeu d’orchestre.

 

L’inné, l’acquis, l’appris

L’apprentissage par répression-récompense, et plus encore par imitation, permet une modification bien plus rapide des comportements d’une population que la transmission verticale par le patrimoine génétique, l’essai-erreur dans l’environnement et la sélection naturelle. Il permet d’adapter bien plus vite les populations qui le pratiquent à des changements rapides du milieu. Mais il comporte un risque important d’échec par une seule interruption, toujours possible, de l’apprentissage, bien moins fiable que la transmission génétique. Quand des comportements appris conditionnent la survie d’une population, l’apprentissage doit être « sécurisé », en particulier pour les comportements de fuite, alimentaires ou de reproduction. Par exemple, les éthologistes ont montré que, chez des oiseaux et, de façon moins stéréotypée et réversible, chez des mammifères, l’« objet maternel » et le futur « objet sexuel », définissant les comportements filiaux et reproducteurs à venir d’un individu, sont appris pendant deux périodes sensibles successives. Les canetons identifient à vie l’objet maternel treize heures après l’éclosion de l’œuf pendant une heure de temps qui se passe habituellement sous la mère couveuse. Chez les mammifères, la période sensible est plus longue et plus floue, mais se passe normalement auprès d’une mère allaitante. Quant à l’objet sexuel, qui conditionnera les futurs comportements, il est aussi appris par une « empreinte » post natale, plus tardive. L’une comme l’autre de ces empreintes peut être détournée au profit d’objets maternels aberrants (robot plastique ou poule pour des canetons, Konrad Lorenz pour des oies, soigneurs pour des mammifères) ou d’objets sexuels ne permettant pas la procréation (modèle en plastique sonorisé pour des poussins mâles, individus de même sexe ou d’espèces différentes). Si les conditions de la vie sauvage permettent rarement la répétition de tels détournements – la sélection naturelle veille ! -, la captivité provoque souvent des « erreurs » d’empreinte compromettant la survie, la procréation ou les futurs comportements maternels. Par exemple dans le cas fréquent où des soigneurs humains sont objets d’empreintes inappropriées.

L’expérience des grands singes captifs, en particulier de l’orang-outan Wattana (élevée avec des bonobos, elle avait appris leurs mœurs !) montre que leurs comportements sexuels sont appris, au-delà de l’empreinte, et suivent des traditions de leurs espèces ou de ceux avec qui ils sont élevés (réf.2). Des traditions culturelles flexibles et non des réponses stéréotypées à des contraintes génétiques ou physiologiques innées, contrairement à une opinion trop répandue. Ce qui amorce ce que l’on observe chez les humains : une indétermination biologique des orientations et des comportements sexuels, hors peut-être de rares cas, et leur détermination par l’éducation, la culture, l’histoire de la vie de chacun –chacune et ses contingences. Ce point de vue n’est pas l’opinion dominante dans le monde anglo-saxon, où tradition « héréditariste » et opportunisme judiciaire ont, en particulier, conduit à des publications contradictoires présentant de prétendues « preuves » d’une détermination innée – génétique pour les uns, physiologique pour les autres - de l’orientation sexuelle humaine.

 

 

Les cultures

L’absence de projet inné de l’espèce humaine et de ses proches parentes animales impose la régulation par l’apprentissage des comportements de survie et de procréation. Chez les humains parvenus jusqu’à nous, éducation et culture ont assuré ces conditions, ainsi que celle de la reproduction de la culture. Les sociétés traditionnelles assuraient, tant bien que mal, la survie jusqu’à la procréation et la procréation, en général en contrôlant la sexualité. En plus, elles assuraient la reproduction de leurs cultures. Les systèmes politiques et religieux les plus fréquents sont souvent basés sur un pari démographique et sur le prosélytisme, bienveillant, contraint ou guerrier, quitte à perdre une partie de la population.

Les prescriptions culturelles, à travers leurs justifications mythologiques ou idéologiques, vont bien plus loin, dans le détail, qu’il n’est nécessaire au maintien de la population et à la poursuite de la civilisation. Elles manifestent souvent une intransigeance totale vis à vis de variantes équivalentes, qu’il s’agisse de traditions de déguisement improbables ou d’activités cultuelles insolites, dont l’effet sur la reproduction et la transmission n’a rien d’évident. Ce qui débouche, au mieux sur des compétitions permanentes, au pire sur des guerres. L’histoire et l’actualité nous saturent d’exemples ! Il en résulte, dans les cultures dominantes, un culte de l’hégémonie et de la compétition que leurs adhérents appliquent souvent en tout contexte, même inapproprié. A l’intérieur de la même population on oppose, on classe, on hiérarchise les sexes, les genres, les classes sociales, les élèves, les professions, les régions, les villes, les artistes, les clubs sportifs, les écoles, les hôpitaux,… comme si tout problème, tout choix relevait de la compétition. Partout, on veut des « meilleurs », décrétés meilleurs parce que proclamés tels. Bref, on reprend la version Spencer de la théorie de la sélection naturelle : la survie des plus aptes, qui sont les plus aptes parce qu’ils ont survécu, et l’élimination des autres… Imparable tautologie qui néglige ce que l’on sait de la sélection naturelle : la condition de survie est une condition de seuil minimal d’aptitude, pas d’optimisation de celle-ci ; la condition de procréation l’emporte sur elle, le plus souvent ; et les meilleurs reproducteurs, « gagnants » de la fécondité différentielle, ne sont pas une élite (parfois le contraire, comme le notait Malthus !). Surtout, d’autres facteurs que la sélection sont plus importants dans l’évolution des populations peu nombreuses de grands primates, humaines ou non (migrations, dérive génétique, hasards de la recombinaison génétique, contingences de l’histoire et de l’évolution culturelle).

 

Un peu d’histoire des sciences et de politique

La théorie de la sélection « naturelle » fût prise comme argument en faveur de doctrines politiques à la fin du 19ème siècle. Le marxisme stalinien en fit, comme de la génétique, une « science bourgeoise », un épouvantail ; mais Engels et Marx y avaient cherché la justification de la lutte des classes. Dans l’entourage de Charles Darwin, outre son ami Herbert Spencer, Francis Galton, son cousin, et Léonard Darwin, son fils, furent les promoteurs du « darwinisme social », qui voulait améliorer l’espèce humaine par la sélection et donna naissance au mouvement eugéniste. Pour son bien-être futur, ce mouvement voulait changer l’humanité, comme les espèces domestiques, par le choix des reproducteurs et, dans ses formes dures, par l’élimination des prétendus inaptes ou peu performants. La génétique, balbutiante et mal comprise par la plupart, était aux premières loges du projet. Les laboratoires anglo-saxons et allemands s’intitulaient indifféremment laboratoire d’eugénique ou de génétique, si ce n’était les deux à la fois, comme le célèbre laboratoire de Cold Spring Harbor, fondé par Charles Davenport à New York. Un fondateur qui, avec la fondation Rockefeller, fût plus tard l’inspirateur du Kaiser Wilhelm Institut d’anthropologie et eugénique nazi, où s’illustrèrent Eugen Fischer, Otmar von Verschuer et Josef Mengele. Soixante mille personnes furent stérilisées aux Etats Unis sur des critères allant jusqu’à la misère sociale ou l’alcoolisme des parents, autant dans la petite Suède, « état-providence » ! Bien sûr, ce n’était que de l’eugénisme tiède : ces bienfaiteurs de l’humanité laissaient l’eugénisme fort – génocide, solution finale et choix des reproducteurs - à leurs amis nazis.

 

Les idéologies d’aujourd’hui : un lourd passé

La fin de la deuxième guerre mondiale fit classer l’eugénisme dans le camp du mal, sans extirper ses présupposés idéologiques, ni surtout les idées qu’il véhiculait. Ce n’est pas un hasard si James Watson, prix Nobel un peu usurpé pour la double hélice, et un temps successeur de Davenport à la direction de Cold Spring Harbor, s’est illustré par des déclarations sur les noirs rappelant la ségrégation raciale ou les écrits de Murray et Herrnstein, conseillers de Reagan. Ces derniers réactualisèrent les études falsifiées de Jensen sur les « comparaisons raciales d’intelligence ». Un beau monde qui fit partie du Pioneer Fund (qui, depuis l’entre deux guerres « promeut le développement de la race blanche » aux USA) et/ou de l’extrême droite du parti républicain.

 

L’héréditarisme

L’idéologie héréditariste, qui sous tendait l’eugénisme, vient de loin : elle veut que qualités et défauts humains soient transmis inflexiblement des parents aux enfants. Elle a produit les théories du « sang bleu » et de l’élitisme aristocratique, encore en vogue aujourd’hui. C’était un alibi imparable pour justifier les ségrégations sociales et l’endogamie des élites, le refus des « mésalliances ». La découverte par Weismann, en 1896, des conséquences de la recombinaison génétique, qui casse la transmission des parents aux enfants de manière aléatoire, aurait dû y mettre fin. Mais les élites concernées se crispèrent sur le succès de la reproduction sociale par la création d’un système éducatif à plusieurs vitesses, dont les établissements les plus performants étaient inaccessibles aux autres. C’est dans ce système que nous vivons encore aujourd’hui, malgré la recomposition des élites et des coups médiatiques douteux, comme « les banlieues à Sciences Po », qui, avec l’ENA, aura du mal à pratiquer démocratie et promotion sociale. L’archicube Bourdieu n’est plus là, mais ses travaux restent d’actualité quand la ségrégation sociale va de la famille, la crèche, l’école maternelle à l’ENS.

Le capitalisme sauvage a imposé l’héritage des biens fonciers et des outils de production, s’inspirant des castes de l’ancien régime où l’on héritait terres, locaux, techniques et savoirs -faire par voie généalogique. Ces pratiques ne sont plus à l’ordre du jour, hors cas marginaux, en période de révolutions technologiques. Mais nous vivons sous les lois qu’elles ont inspirées. Un héréditarisme culturel, tout aussi fallacieux, double donc l’héréditarisme biologique. Ce dernier se traduit dans le monde anglo-saxon, par la recherche de « causes génétiques » à tous les comportements animaux et humains. On invente les gènes de l’intelligence, le chromosome du crime ou des rabbins Cohen, les gènes de l’homosexualité ou de  l’infidélité conjugale. Rien ne nous est épargné dans les autoproclamées « meilleures revues scientifiques internationales », avec pour points communs des erreurs d’échantillonnage et des interprétations statistiques falsifiées. Ces résultats spectaculaires, souvent en couverture au mois de juillet, ne sont guère reproduits, mais courent dans la société, propulsés par des communiqués de presse et des pseudo sciences comme la « sociobiologie » et la « psychologie évolutionniste ». Pour faire court, celles-ci se résument à un principe « ultra darwiniste », aussi faux que simple : tout comportement observé dans la nature n’existe que parce qu’il maximise le succès reproducteur des gènes de son porteur, qui le déterminent. Allez donc rechercher l’optimisation du succès reproducteur dans l’insémination « en trolleybus » de petits insectes comme les machilis ou dans l’homosexualité humaine !

 

Les systèmes éducatifs

Le projet révolutionnaire de l’égalité des chances n’a cessé d’être remis en question et détourné, y compris par Jules Ferry ! Quand Alfred Binet, au début du siècle précédent, imagine un test pour détecter en deux heures, plutôt qu’en une année d’échec, les élèves incapables, dans l’état, de suivre l’instruction publique obligatoire, c’est pour leur apporter l’assistance qui leur fera rattraper le peloton. Mais les grands savants de Stanford s’en emparent peu après, le bricolent pour que les résultats se répartissent selon une courbe de Gauss et s’intéressent à l’autre queue de la distribution, artificiellement créée, où ils voient l’« élite ». Ou bien à la moyenne, qui permettra les comparaisons raciales que l’on sait, aux Etats Unis de la ségrégation raciale. Et la pratique confirme cette obsession : on investit presque tout dans la formation d’élites, le moins possible dans celle des masses et quasi rien dans celle des handicapés sociaux ou physiques. La science est derrière pour appuyer cela. Une interprétation aberrante de Malthus prétend qu’il faut limiter la reproduction du peuple et encourager celle des élites (dans la version intégrale de l’Essai sur le principe de population, Malthus veut comprendre les mécanismes par lesquels Dieu nous entraîne vers la catastrophe du Jugement dernier et la résurrection des morts. Loin de lui l’idée de s’opposer à la volonté du Seigneur pour le bien de ses paroissiens, comme le lui font dire, de façon absurde, les exégèses « malthusiennes » !).

Les tests de QI sont basés sur des performances très dépendantes de la culture et de ses énormes variations, selon les classes sociales et le sexe en particulier. L’intelligence est proclamée « génétique à 80% », rumeur basée, à la fois sur une interprétation idiote de la notion d’héritabilité et sur une mesure de corrélations de QI dans un grand échantillon de jumeaux monozygotiques étudiés et publiés par Sir Cyril Burt et une collaboratrice. Une enquête minutieuse de Leon Kamin (réf 1) a montré que l’échantillon improbable en question n’a jamais existé, pas plus que la collaboratrice qui était censée avoir fait le travail ! Comme il est bien évident que l’intelligence ne peut bien se développer que dans un cerveau en bon état et dans un milieu favorable, je me rallie de longue date à la formule du regretté Jean-Michel Goux, pour qui il était évident que l’intelligence, pour peu que l’on puisse la définir, est « 100% génétique et 100% due au milieu ! ». Prétendre mesurer la part de ces « composantes » en interaction permanente est dépourvu de sens, même si une analyse de variance ou un coefficient de corrélation mal compris peuvent en donner l’illusion mathématique à des esprits déconnectés du réel…

 

Excellence, élitisme, mérite et éducation

L’alibi de l’élitisme est de reconnaître et former les meilleurs pour les mettre aux commandes pour le plus grand bien de tous. Comme si les compétences techniques se doublaient d’altruisme ! Dans le système  fermé et endogame que représente l’enseignement de qualité dans le monde néolibéral, on exclut le plus grand nombre, de fait ou en probabilité, des chances d’y être intégré. Ce ne sont pas de rares exceptions, quelques « partis de rien », qui masquent l’héritabilité accablante, en France, du passage par les « très grandes » écoles, en Angleterre ou aux Etats Unis par les universités les plus prestigieuses et les plus chères. On se prive de la plus grande partie du recrutement potentiel, donc de la possibilité de trouver « les plus aptes », en admettant que le concept ait un sens. Dans un système où l’argent conditionne tout, la monomanie de l’élite et de l’excellence conduit à tout classer, les humains comme les projets, selon des échelles linéaires uniques, en négligeant la complexité et les dimensions multiples des critères d’évaluation ; à déclarer excellents ceux que les relations, la médiatisation, la propagande et les magouilles ont placés sur le dessus de la pile. Et à ne pas recruter ou financer la masse des autres. Depuis Sarkozy et successeur, et leurs exigences d’excellence et de compétitivité partout, les recrutements et les budgets de la recherche fondamentale, hors quelques niches protégées et quelques projets « excellents » se sont effondrés, ou bien ont été réorientés vers la recherche en entreprise. Sur laquelle il serait vain de prendre une position générale, mais qui fonctionne parfois de bien étrange façon, eu égard à ses objectifs déclarés.

Il en résulte que les promus de notre système d’éducation et de recherche n’ont pas souvent mérité leurs promotions et que la plupart des méritants sont tenus à la porte, pour cause de ségrégation sociale, dès le plus jeune âge.

Le plus étonnant, c’est que ce système marche encore un peu, mais au prix fort et pour des résultats médiocres !

 

Références

 

Leon Kamin (1974) The Science and Politics of IQ, LEA, Potomac.

André Langaney (2012) Ainsi va la vie, éd Sang de la terre, Paris.

Edward O. Wilson (1979 ) On Human Nature, Harvard Univ. Press.

 

in L'archicube n°14 - 01-06-2013   "Mérite et excellence"

28/11/2011

Défi science : le Conseil d'Etat irresponsable !

 

Psiko 237 Impérialisme US 01.jpgD'abord, une info qui n'a rien à voir : la parution d'un délicat dossier sur l'impérialisme américain, plus d'actualité que jamais, dans le Psikopat du mois à venir. Et j'anticipe vos protestations : ce n'est pas à moi mais aux kiosquiers et à leurs chefs qu'il faut vous plaindre si vous ne trouvez pas le Psiko en Suisse romande. Et comme râler est souvent peu efficace, vous feriez mieux de vous abonner : c'est comme cela que l'on fait vivre les journaux qui ne servent pas la soupe aux commerciaux et aux impérialistes !!

Bon, on en revient à notre sujet local du jour : l'idée débile de restreindre encore l'enseignement des sciences au Cycle d'orientation genevois dans une société où l'absence de formation scientifique de base devient un handicap grave dans la vie quotidienne...

Nous sommes cernés par des réalités relevant de la science et de la technique. Pas un pas sans traverser des ondes d'antennes radio ou téléphoniques, des nuages de pollen avec traces d'OGM, des gaz d'échappement, sinon des retombées d'isotopes venant de Fukushima ou Tchernobyl.

Certes, ce n'est plus la vie du paléolithique, où il fallait déjà connaître les racines comestibles ou toxiques et les mœurs des lapins, des mammouths et des merles quand on avait faim.

Mais l'accumulation des connaissances et des techniques rend chaque jour ce monde plus compliqué et exige des décisions politiques éclairées.

En démocratie bourgeoise, le peuple souverain est censé décider, surtout chez nous où il a droit de référendum, au moins en dernier recours.

Mais comment décider si l'on n'y comprend que couic ?

Comment voter sur le nucléaire si l'on ne sait pas ce que sont un atome ou une radiation ? Si l'on ne sait pas que nous sommes constitués de particules et provoquons des rayonnements à chaque geste ? Comment voter sur les OGM, si l'on ne sait pas ce qu'est un gène ou une mutation ? Si l'on ignore qu'un humain, un animal ou une plante sont faits de molécules fabriquées par des gènes qui mutent au fil de radiations... même à trou-du-cul la campagne !

Faut-il se fier à l'avis des autres, comme aux confesseurs de jadis ? Faire confiance, à la tête du client, au politique ou au journaliste. A Charles Beer et son air triste de communiant innocent ? A Decaillet, bon élève énergique et sans nuances, ou à Leutard, qui semble propre et en ordre ? Est-ce que ça garantit de bonnes décisions sur l'énergie, la liberté d'expression ou l'éducation ? Bien sûr que non !

La seule solution démocratique, c'est donc d'apprendre avant de voter, en particulier à l'école, pendant le tronc commun, primaire et secondaire, au cycle d'orientation, en particulier.

Or justement, en matière d'enseignement au cycle, le Conseil d'Etat vient de renier les engagements du susdit Charles Beer pour 8% d'horaires scientifiques, en petits groupes pour mieux comprendre. Il a opté pour 6%, soit deux fois moins que les autres pays de l'OCDE où 12% ne sont déjà pas trop ! Vous me direz que la tendance est la même dans presque tout l'Occident. Ce n'est pas une raison pour être résigné et faire des économies sordides dans notre pays plein de pognon.

Car il n'est pas besoin de chercher loin pour trouver l'origine d'une décision aussi aberrante : supprimer des heures, et des heures qui coûtent plus cher que d'autres en salaires et en matériel, c'est faire de petites économies au profit du budget du grand argentier Vert. C'est casser l'investissement à long terme - pas rentable en politique ! - pour faire des « économies » qui pourraient peut-être satisfaire les exigences des financiers néolibéraux qui contrôlent tout. Tandis qu'ailleurs on se craint pas de se livrer à d'énormes investissements grotesques dans de grands travaux inutiles, des cadeaux de fait au patronat ou de soutenir les errements de l'art contemporain. Du point de vue des Verts, pas de problème : leur propagande grossière centrée sur les grands problèmes à dimensions scientifiques passe mieux si le public n'y comprend rien et vote à l'émotion plutôt qu'en connaissance de cause. Et les socialistes, qui devraient être de gauche et intransigeants sur l'éducation et la préparation de l'avenir ? Il en reste peut-être un ou deux, mais sûrement pas au Conseil d'Etat...

Si vous ne voulez pas que Beer et Hiler continuent à renvoyer nos enfants au paléolithique, je vous conseille la pétition ci -dessous contre cette forfaiture.

 

http://www.petitionenligne.ch/petition/donnons-les-moyens...

In Le Courrier du 23-11-2011

 

 

09:43 Publié dans éducation | Tags : cycle d'orientation, programme, sciences, vie quotidienne, démocratie, education | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

20/10/2011

Claude Briot a même rencontré Dieu à Lumbini !

Physiquement, Claude a l'air d'un archéologue ou d'un missionnaire issu de nos montagnes ; mais sec, non bedonnant. Sinon, chauve devant mais chevelu derrière, parfois barbu, faux timide. Avec un sourire toujours amusé, sinon ironique, qui se transforme à l'occasion en rire carrément satanique. Ça tombe bien, il est au moins aussi mécréant que votre chroniqueur énervant ! En fait, il est médecin et court le monde dans tout les sens depuis des décennies, avec un attrait, de plus en plus marqué au fil du temps, pour les endroits où tout va mal et où ses compétences sont les plus directement utiles. Depuis quinze ans il a travaillé pour diverses associations humanitaires au Nigéria, à Haïti et dans beaucoup d'autres endroits où vous ne partiriez pas, en général, pour les vacances. Mais cela s'est parfois mal passé : le gaillard est franc et direct. Il ne supporte pas plus les détournements de fonds que l'incompétence ou l'administrationnite paralysante invasive de beaucoup d'ONG. Du coup, il a décidé de fonder sa propre association pour son dernier coup de cœur : au Népal, loin de tout, là où il a l'impression de vraiment pouvoir faire quelque chose. Il m'a envoyé une longue description de la vie quotidienne à  Lumbini, ville du bout du monde, que je vous résume ci - dessous avec son accord.

 

« Dans les échoppes, des vendeurs de médicaments s'improvisent médecins. Un homme coud chemise ou pantalon. Un autre lave et repasse pour quelques roupies ... pas de mère Denis ! Au Tea shop, Rakesh, ado, ne connaît pas son âge. Il lave les verres, sert du matin au soir, dort sur place, fait gardien. Il mange à sa faim et sait compter ; lire c'est autre chose...

De nombreux népalais ne vont pas à l'école. Malgré la scolarité obligatoire, renforcée par les maoïstes du gouvernement.

Des efforts sont  réalisés pour les garçons, un peu pour  les filles. La fille de la campagne est  promise au mariage dès huit, dix ans.

Des enfants rejoignent des monastères bouddhiques, quittant leurs parents pour revenir moines confirmés cinq à six ans après. Une fierté, un déchirement, mais la certitude d'une vie protégée.

Le dispensaire est là, manque de tout. Une association fournit le minimum, dans l'urgence : nourrissons, enfants, diabète fréquent, non traité.

Et Dieu ... ?

Chez le photographe, qui me faisait des images pour des documents officiels, un vietnamien me demande d'où je viens. On sympathise et il m'invite au monastère vietnamien, dont il est Maître fondateur. C'est cet homme obstiné qui fait reprendre vie à Lumbini et fait venir des bouddhistes d'autres pays. Aidé par des membres de l'ONU, il considère comme un signe divin...la présence de grues ! Il protège ces oiseaux des paysans qui aiment leurs œufs. Il m'offre un livre où j'apprends qu'il a servi de médiateur entre maoïstes et gouvernement pour la paix actuelle au Népal. Ici, c'est le docteur Lam...

Mais, pour l'état civil c'est Huyen DIEU ! »

 

Ce n'est pas tous les jours que je ferai de la propagande pour des associations humanitaires après ce que j'ai vu, ici ou là, faire le pire en prétendant faire le meilleur. Mais Claude Briot, je l'ai accompagné pendant des semaines sur le terrain, ne comptant ni son temps, ni sa peine, ni pour Dieu, ni pour le fric. Simplement parce que notre mécréant ne supporte pas l'idée que des gens, et en particulier des enfants, souffrent quand il y peut quelque chose. Aussi, si vous aimez le Népal ou si vous voulez en savoir plus, je vous conseille vivement un tour sur le site tout neuf, encore en rodage, de son association, dont vous découvrirez l'histoire, l'action ... et évidemment les besoins urgents ! Et pour une fois, je vous promets que des dons éventuels seront utilisés au mieux...

Adresse mail :lumbini.asso@orange.fr

Blog : http://associationlumbini.blogspot.com/

 

In Le Courrier du 12-10-2011

 

 

 

 

 

12:54 Publié dans Actualités permanentes | Tags : humanitaire, népal, médecine, éducation, bouddhisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/07/2011

Les jeux de guerre, le stand de tir, la détention d'arme

Aucune société civilisée ne devrait accepter la perspective qu'un individu puisse tuer un grand nombre de personnes par une action prévisible et susceptible d'être prévenue.

Dans le sinistre événement norvégien, des millions de commentaires, dans tous les sens, omettent les trois éléments les plus significatifs rendus publics dès les premières dépêches faisant un portrait du tueur :

-      il possédait légalement une arme capable de ce massacre et était autorisé à se promener avec

-      il fréquentait un stand de tir, d'où l'autorisation

-      c'était un passionné de deux de ces jeux vidéo où l'on passe son temps, de manière de plus en plus réaliste, à tirer sur des humains ou des êtres humanoïdes

Il est insensé que des particuliers puissent détenir légalement, chez eux ou sur la voie publique, des armes de guerre, ou « de jeu », permettant un tel massacre. L'article de la constitution étatsunienne qui protège cette « liberté » est un article félon qui méprise le droit de chacun de ne pas risquer d'être tué par n'importe qui, pour n'importe quoi. Cela joue aussi, bien sûr, pour nos foutus fusils militaires à la maison...

Les stands de tir sont certainement un mal nécessaire pour les professionnels susceptibles de faire usage d'armes. Le tir « sportif » peut être toléré. Mais ceux qui s'y livrent ne devraient en aucun cas être autorisés à en sortir des armes ou à les détenir hors des stands.

Enfin et surtout, nos magasins débordent de jeux vidéo addictifs - les plus violents en théorie interdits aux mineurs, mais en pratique, vérifiez à quoi jouent vos gosses ! On y passe son temps à tuer, tirer le plus possible, le plus vite possible, exploser, massacrer, détruire. Etonnez-vous que parmi des enfants ou des adultes passant des heures, si ce n'est des nuits entières à ce genre de loisirs, un, de temps en temps, n'ait envie de passer à l'action pour de vrai. Pas besoin du moindre prétexte politique ou psychiatrique ! Beaucoup de frustration, de n'importe quelle origine suffira...

La culture étatsunienne a fait un mythe positif de la barbarie de ses origines et glorifie sans cesse l'usage de la violence, depuis la National Riffle Association jusqu'aux films et jeux de guerre les plus débiles. Rien ne nous oblige à l'importer et à en laisser inonder les chambres de nos enfants et les cours des écoles, ni à permettre aux détraqués de continuer à jouer à la guerre, à balles réelles, dans les stands de tir...

La sécurité des citoyens passe avant les abus de la « liberté du commerce » !

 

23:27 Publié dans société | Tags : armes, stand de tir, éducation, jeux vidéo, sécurité, liberté, etats unis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13/02/2011

Religion belge

Les Belges n'ont plus de gouvernement, mais ils sont toujours là ! Ça complique certaines choses, ça en simplifie d'autres !

Bientôt, ils n'auront peut-être plus d'église - voir ci-dessous !

Merci à notre ami Noël Godin, dit l'Entarteur et à sa bande de joyeux anars d'avoir commis un remarquable attentat pâtissier contre cette crapule réactionnaire de Zemmour, fer de lance du racisme israélo-sarkozyste.

Un émule local avait aussi, il y a peu, entarté notre Vigousseux Barrigues au Sputnik à Genève. Eh bien figurez-vous que Thierry, il s'est marré et il a mangé la crème... tandis que Zemmour, je vous conseille d'aller voir sur le net, en coupant le son si vous avez de jeunes enfants que vous voulez bien élever ! Car au point de vue grossièreté, il vaut bien son mentor de l'Elysée ! L'extrême droite est volontiers plus grossière que le peuple, sans avoir les mêmes excuses en matière d'éducation...

J'en viens à mon document exclusif du jour qui est la transcription méticuleuse et hilarante par une charmante jeune maman du récit que son fils lui a fait de son dernier cours de religion à l'école secondaire Saint X en Belgique profonde. Ça se passe de commentaire et ça prouve que tout n'est pas perdu dans la lutte de la science contre tous les obscurantismes religieux ! Par pitié pour une prof, même de religion, et pour la sécurité de mes informateurs, j'ai dû anonymiser ce compte rendu et l'établissement en question.

Ce qui ne m'empêche pas de remercier fort chaleureusement mon précieux informateur et sa délicieuse maman pour leur récit de ce grand moment théologique et philosophique !

"Dialogue

Madame de religion (traduction du belge : La prof de religion) nous expliquait un peu la bible et tout et aussi le rapport qu'il y avait entre le film qu'on avait regardé pour introduire la bible (Roméo et Juliette)(sic !) et puis la bible. Donc elle nous a fait un paragraphe avec l'histoire d'Abraham, elle nous expliquait la bible, les chrétiens et Jésus et surtout elle amenait chaque fois à son « icône ». C'était un tableau avec trois anges assis à une table et un siège libre. Et elle nous expliquait que le siège libre c'était une place pour celui qui regardait le tableau et que les trois personnages c'était Dieu. Enfin on pensait que les trois personnages c'était Dieu. Mais en fait un des trois personnages c'était Jésus et un autre c'était Dieu. Et donc il y avait Dieu mais un élève a demandé qui était le troisième personnage. Et Madame a répondu :

- Le troisième personnage c'est une des apparences de Dieu.

- Alors ça veut dire que Dieu se réincarne en plusieurs personnages ? a demandé un autre élève.

Et la prof a répondu : Non, Dieu ne se réincarne pas. Il a plusieurs apparences. Et là un autre élève a répondu : - oui c'est ce qu'on dit. Il peut se réincarner en n'importe qui. Et là la prof a dit non il ne se réincarne pas et elle s'est empressée de changer de sujet. Pour nous expliquer que Jésus était à la fois Dieu et l'homme. Qu'il était un homme fils de Dieu.

- Mais alors Jésus c'est un demi-dieu a demandé Nicolas ? (Nicolas et moi nous sommes à fond dans la mythologie grecque alors les demi-dieux, fils-filles de Zeus et d'une humaine, on connaît ! Il y a Persée, Thésée, Héraclès, les Amazones... )

­­- Non, Jésus n'est pas un demi-dieu, a repris la prof. C'est à la fois l'homme et Dieu.

- Donc si c'est le fils de Dieu, peut-être qu'il a un peu plus de Dieu, donc c'est un trois-quarts de Dieu

- Non j'ai répondu. Puisque c'est à la fois Dieu et l'homme en une seule personne c'est un 2/1 de Dieu

- Donc a répondu un autre élève ça fait Dieu et Jésus en un seul morceau

- Non a répondu la professeure de religion. Jésus c'est d'une part l'homme et d'une part Dieu. Il peut devenir Dieu s'il veut et il peut devenir un homme s'il veut.

Puis là un autre élève, Louis, qui était en morale en sixième,  a demandé ce qui prouvait que Dieu existait. Alors là la prof de religion a répondu qu'il n'y avait aucune preuve et que les chrétiens croyaient en Dieu. Là, a ramené un autre élève, qui est-ce qu'il y avait avant Dieu, et qui étaient ses parents ? La prof de religion a répondu qu'il n'avait pas de parents, qu'il était l'éternité, qu'il était là depuis l'éternité et qu'il serait toujours là pour l'éternité. Alors là j'ai dit : mais Dieu a bien dû arriver à un moment ou à un autre, non ? Il y a eu un moment où il n'y avait rien et puis il est arrivé

- Non, Dieu a toujours été là, et il a créé l'homme, l'univers, la terre...

- Mais Madame, c'est le big bang qui a créé l'univers !

- Oui a répondu la prof. Pour les scientifiques c'est le big bang mais pour les chrétiens c'est Dieu. Là, un autre élève, qui voulait mettre tout le monde d'accord et faire plaisir à la prof, a dit que peut-être que c'est Dieu qui a créé l'univers, mais que son surnom, c'était « big bang » ?

- Non, a répondu la prof de religion. Pour certains c'est Dieu qui a créé la terre, pour d'autres c'est le big bang. Mais pas les deux à la fois.

- Mais, Madame, a repris un élève. Moi je ne suis pas croyant. J'étais en morale l'année dernière...

- Mais je ne vous oblige pas à croire en Dieu et en Jésus. Mais pour les chrétiens la bible est une très belle histoire.... Et patati et patata, elle ne voulait pas nous donner de conseils, mais quand même les chrétiens... bref elle essayait de nous dire qu'être chrétien c'est mieux.

- Mais en fait Dieu il n'y a aucune preuve qu'il a existé a encore répété un élève. Et là la prof a tapé du pied, s'est pris la tête entre les mains, a pété un câble, a mis l'élève qui avait dit ça dehors et a mis au moins 5 minutes pour se calmer."

 

 

10/01/2011

Benoit über alles !

Le double héritier de l'Inquisition et du nazisme a encore frappé !

On va confier l'éducation sexuelle des enfants aux familles intégristes coincées et aux bonnes sœurs névrosées sous l'autorité des curés pédophiles ...

Permettez au mécréant de service de se réjouir de l'actualité papale et de ricaner sataniquement des derniers soubresauts grotesques de la religion qui a ruiné les civilisations européennes !

Amis laïques de tous les pays, unissons-nous autour de l'éducation sexuelle à l'école publique, pour la liberté et la dignité de nos femmes, la santé mentale et l'épanouissement affectif et sexuel de nos enfants !

 

21:12 Publié dans Politique | Tags : pape, sexe, éducation, inquisition, nazisme, religion, laïcité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

19/05/2010

Fric et pub religieux contre enseignement des sciences

Je voudrais dire la stupeur d’amis professeurs de l’enseignement secondaire.

Dans la société du succès sans peine, ils enseignent des sciences passionnantes, mais difficiles.

Dont la biologie, qui n’a de sens que par sa synthèse moderne : la théorie de l’évolution.

Une théorie incomplète, provisoire, laissant place au doute et aux réfutations sérieuses, comme toute théorie scientifique.

Une théorie qui figure dans les programmes scolaires parce que c’est le seul état de la science, en biologie, aujourd’hui.

Or, d’immenses affiches niant l’évolution ont annoncé partout des conférences d’un militant islamiste turc.

Au Centre international de conférences de Genève et au Palais Beaulieu, à Lausanne, pour ne pas parler de Zürich.

Le graphisme anti – évolutionniste est mensonger et explicite.

Il renvoie à des sites internet fondamentalistes.

Qui enseignent que l’évolution, c’est du terrorisme communiste, sioniste et maçonnique, la seule science étant la création d’Allah.

Adnan Oktar, dit Harun Yahya, utilise une énorme fortune, d’origine inconnue, pour répandre son fanatisme religieux à travers le monde.

L’argent lui ouvre les portes de nos lieux les plus prestigieux pour des prêches débiles qualifiés de conférences scientifiques.

Il couvre nos murs de propagande attaquant notre éducation scientifique, notre démocratie et notre liberté de pensée.

La publicité malmène déjà notre santé et notre qualité de vie en vendant la malbouffe, la surconsommation et le culte de l’argent.

Elle se met aujourd’hui au service d’un obscurantiste islamiste.

Pourquoi pas Al Qaïda, Blackwater ou le Mossad demain?

S’ils payent assez…

RSR1 19-05-2010

23/12/2009

« Pas besoin filles ! »

C’était le premier jour des vacances.

Les garçons avaient décidé une « bonne surprise ».

Joyeusement, ils mirent fin à la première grasse matinée tant attendue des parents… par un café au lit.

Lequel fût suivi d’un repas de crêpes dans une cuisine pulvérisée de farine et de pâte collante !

Alors que l’on se répandait en compliments sur la si bonne idée des chers petits, la sonnette tinta.

C’était Hanna, charmante voisine venue, il y a longtemps, d’une lointaine république, jadis soviétique.

L’ainé faisait justement sauter une crêpe, à peu près dans la poêle.

Alors Hanna, de son fort accent et d’un ton hilare, proclama :

« Pas besoin filles ! »

Il nous fallut un moment pour décrypter le concentré de sexisme intériorisé de cet aphorisme, pourtant féminin.

Cinquante ans de communisme égalitariste n’avaient pas convaincu Hanna – la - rouge que les garçons peuvent faire les crêpes !

Mais la façon de l’exprimer, et de féliciter lesdits garçons, consistait à dénigrer les filles, supposées inutiles de ce fait !

Je voudrais dédier cette histoire de Noël à toutes les mères Noël qui se défoncent à faire les courses, le ménage, la bouffe et la vaisselle.

Tout en torchant les mômes et réconfortant les vieux…

Le tout pendant que des pères Noël, bière à la main, hurlent devant le hockey ou la dernière défaite de Servette en foot !

Je salue aussi mes compères qui participent autrement qu’en débouchant les bouteilles comme s’il s’agissait d’un exploit :

Après deux mille ans de religions sexistes et une éducation par Hanna et ses copines, nous avons quand même un certain mérite…

Joyeux Noël à toutes et à tous !

RSR1 23-12-2009

13:01 Publié dans rsr.ch | Tags : enfants, parents, noël, sexisme, éducation, crêpes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

26/11/2009

Leur éducation n’est pas à vendre !

Cette chronique vous est offerte par la Radio Suisse Romande, la Première.

Elle n’est pas sponseurisée.

Elle sera, pendant une minute trente, libérée de toute publicité commerciale.

C’est une entreprise de service public.

Ses prestations sont un dû pour ceux qui paye une redevance pour écouter la radio.

Goûtez - la bien, car les services publics sont en voie d’extinction, presque partout !

Les droits des citoyens sont en régression : droit de recevoir du courrier n’importe où, ou bien de parler à un être humain aux guichets.

Quand les services publics ne sont plus assurés par les états, on privatise.

Arrivent alors des mercenaires et des actionnaires qui n’ont aucun souci des droits humains ou du service public.

Sinon des milices policières irresponsables, comme dans les Amériques. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là.

Pour le moment, la pire menace, chez nous, concerne le droit à l’éducation pour tous.

Ce droit allait de soi pour la génération des grands parents actuels.

Les étudiants de toute la Suisse commencent à manifester au cri de

« Notre éducation n’est pas à vendre ! ».

La volonté d’augmenter les taxes universitaires, qui vient des partis de droite, a pour objectif de transformer les entreprises publiques à apprendre en entreprises privées à fric.

Il est temps que les universitaires qui ne s’associent pas à ce coup bas contre la démocratie s’expriment.

Et qu’ils disent clairement que l’objectif de l’enseignement est de trouver les meilleurs pour tous les emplois parmi tout le monde.

Et non de tout offrir aux moins mauvais de ceux dont les parents peuvent payer, et rien aux autres !

 

RSR 1 25-11-2009

12:14 Publié dans rsr.ch | Tags : éducation, université, service public, démocratie, droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

16/09/2009

Parlez-vous Romanglish ?

Il est des jours où la forme de l’information finit par vous excéder plus que le fond.

Nos quotidiens se posaient, à propos des difficultés de la Compagnie Générale de Navigation, la question suivante :

« Après Swissair, la CGN risque-t-elle un grounding ? »

Un lecteur ironise en suggérant de remplacer grounding, mal compris comme crash d’un avion, par sinking, c’est à dire naufrage.

L’auteur du titre sait, sans doute, que grounding désigne les avions cloués au sol et non ceux qui sont tombés.

En ce sens, les bateaux de la CGN peuvent aussi bien être cloués au sol et privés de navigation que les avions privés de vol.

Le problème n’est pas là !

Le but d’un article de journal est d’être compris par ses lecteurs, en commençant par les titres, qui doivent être clairs.

Quel snobisme conduit certains à nous gaver d’anglais, parfois approximatif, et incompréhensible pour beaucoup ?

Faudra-t-il demain un diplôme d’anglais pour comprendre les titres de la Tribune ou du Matin - Dimanche ?

Les anglo - terroristes imposent aujourd’hui l’enseignement de la biologie en anglais dans les universités.

D’autres veulent la physique en anglais dès le Collège.

Avec pour conséquence d’ajouter aux difficultés d’apprentissage des sciences celles dues à la mauvaise maîtrise de la langue, par les enseignants et les enseignés.

On peut pourtant être un très bon biologiste ou un très bon physicien sans parler l’anglais, si on le lit assez bien.

La situation rappelle les colonies ou les régions linguistiques où l’on était puni, autrefois, si l’on parlait sa langue à l’école …

Et le pire de ce colonialisme culturel est celui de toutes les oppressions : elles finissent par être intériorisées par leurs propres victimes !

RSR 1 16-09-2009

11:11 Publié dans rsr.ch | Tags : romand, langue, journaux, anglais, sciences, éducation, pédagogie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/07/2009

Science pour tous !

Dieu peut-il tuer la science ? C’était la question de la Radio Suisse Romande pour le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin. Ceci pour évoquer les offensives des sectes de tout poil contre l’enseignement de la biologie dans les écoles. Car, comme nos inspecteurs généraux de l’éducation nationale, leurs homologues suisses paniquent devant les gamins qui brandissent la bible, le coran ou le kama soutra et expliquent que les profs qui racontent l’histoire de la vie seront transformés en merguez ou en crapauds tandis qu’ils recevront soixante dix vierges ou le droit de prier pour l’éternité (je préférerais les vierges, mais soixante dix, c’est beaucoup !).
Face à moi, un allumé créationniste qui veut surtout vendre son bouquin, un gentil petit sous - pape qui représente mal le führer du Vatican et une théologienne anti – pape, alliée de circonstance contre les hypocrisies biblico - cathologiques.
Et Dédé – le démon de rappeler que le but de la science est de mettre d’accord, si possible, des gens de cultures et d’origines différentes sur l’état du monde qui nous entoure et sur le peu que nous savons de nous mêmes. Que la science n’est pas une théologie et n’a pas à être complète et à avoir réponse à tout. Qu’elle est plus forte de ses doutes que de ses certitudes. Que nos bonnes questions sont plus sérieuses que leurs mauvaises réponses. Et que s’ils veulent croire que nous serons transformés en merguez ou en cafards après la mort, ou bien qu’un baba-cool a fait des miracles il y a deux millénaires, c’est leur problème, mais que ce n’est pas une raison pour l’infliger aux gamins et nous briser les couilles !

In Siné Hebdo N° 24

23:14 Publié dans dédé siné | Tags : dieu, darwin, science, théologie, éducation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

29/04/2009

L’anticipation du Zizi sexuel

Les apprentissages de comportements sont souvent anticipés, lents et progressifs.
Ils doivent souvent commencer bien avant que l’animal ou l’humain puisse mettre en œuvre le comportement dont il s’agit.
C’est vrai pour le chant du Pinson mâle, appris par les jeunes au nid, pendant une « période sensible », alors qu’ils ne peuvent pas chanter.
C’est aussi le cas des sons du français ou du chinois qui ne sont bien produits par l’adulte que si l’enfant les a enregistrés très tôt.
En matière sexuelle, c’est souvent pendant l’enfance que les animaux, avant le moindre comportement, apprennent à reconnaître leurs futurs objets d’attachement.
Ce qui fait croire aux crétins que l’orientation sexuelle est biologique, ou innée, sinon génétique.
Alors qu’il s’agit, très probablement d’un apprentissage anticipé, ce qu’on appelle une « empreinte » en éthologie.
Une auditrice me demande ce que je pense de l’expo Zizi sexuel, de Zep et Hélène Bruller.
Eh bien j’en pense énormément de bien !
D’abord parce qu’elle est fort bien conçue et réalisée, parce qu’elle prend son public comme il faut, bien avant l’âge des passages à l’acte.
Ensuite parce qu’elle est très ludique, utilise les langages des gamins et fait une large part à ce qui les préoccupe le plus : sentiments, émotions, regard des autres.
Aucun sujet n’y est évité et les questions sont abordées, sans se fixer sur la tuyauterie génitale ou sur des discours moralisateurs déplacés.
Bref, nos savants pédagogues et didacticiens devraient en prendre de la graine, et il conviendrait de la pérenniser sous une forme ou sous une autre, parce qu’elle répond à un besoin crucial …

RSR1  29-04-2009

10:21 Publié dans rsr.ch | Tags : zizi sexuel, apprentissage, éducation, exposition, pédagogie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |