27/07/2011

Les jeux de guerre, le stand de tir, la détention d'arme

Aucune société civilisée ne devrait accepter la perspective qu'un individu puisse tuer un grand nombre de personnes par une action prévisible et susceptible d'être prévenue.

Dans le sinistre événement norvégien, des millions de commentaires, dans tous les sens, omettent les trois éléments les plus significatifs rendus publics dès les premières dépêches faisant un portrait du tueur :

-      il possédait légalement une arme capable de ce massacre et était autorisé à se promener avec

-      il fréquentait un stand de tir, d'où l'autorisation

-      c'était un passionné de deux de ces jeux vidéo où l'on passe son temps, de manière de plus en plus réaliste, à tirer sur des humains ou des êtres humanoïdes

Il est insensé que des particuliers puissent détenir légalement, chez eux ou sur la voie publique, des armes de guerre, ou « de jeu », permettant un tel massacre. L'article de la constitution étatsunienne qui protège cette « liberté » est un article félon qui méprise le droit de chacun de ne pas risquer d'être tué par n'importe qui, pour n'importe quoi. Cela joue aussi, bien sûr, pour nos foutus fusils militaires à la maison...

Les stands de tir sont certainement un mal nécessaire pour les professionnels susceptibles de faire usage d'armes. Le tir « sportif » peut être toléré. Mais ceux qui s'y livrent ne devraient en aucun cas être autorisés à en sortir des armes ou à les détenir hors des stands.

Enfin et surtout, nos magasins débordent de jeux vidéo addictifs - les plus violents en théorie interdits aux mineurs, mais en pratique, vérifiez à quoi jouent vos gosses ! On y passe son temps à tuer, tirer le plus possible, le plus vite possible, exploser, massacrer, détruire. Etonnez-vous que parmi des enfants ou des adultes passant des heures, si ce n'est des nuits entières à ce genre de loisirs, un, de temps en temps, n'ait envie de passer à l'action pour de vrai. Pas besoin du moindre prétexte politique ou psychiatrique ! Beaucoup de frustration, de n'importe quelle origine suffira...

La culture étatsunienne a fait un mythe positif de la barbarie de ses origines et glorifie sans cesse l'usage de la violence, depuis la National Riffle Association jusqu'aux films et jeux de guerre les plus débiles. Rien ne nous oblige à l'importer et à en laisser inonder les chambres de nos enfants et les cours des écoles, ni à permettre aux détraqués de continuer à jouer à la guerre, à balles réelles, dans les stands de tir...

La sécurité des citoyens passe avant les abus de la « liberté du commerce » !

 

23:27 Publié dans société | Tags : armes, stand de tir, éducation, jeux vidéo, sécurité, liberté, etats unis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/06/2011

Maboul ... de cristal !

L'avenir comme si vous y étiez...

Si vous êtes spécialiste du passé, les gens vous interrogent souvent sur l'avenir. Algébriquement c'est logique : le côté positif du temps vaut bien le côté révolu, pas toujours négatif. Côté information, c'est délicat : le passé est certain, même si on ne le connaît pas, tandis que le futur est inconnu ET indéterminé. Ce que l'on en dit avec bon sens se limite à des impossibilités et des probabilités liées au passé et à l'état présent du monde : le soleil se lèvera probablement demain. Pourtant, religieux et politiques promettent délices et apocalypses avec aplomb, au delà des évidences que chacun sait.

Beaucoup d'espèces animales, territoriales et prédatrices comme nous, ont acquis des dents, des becs, des griffes et des venins qui tuent leurs proies et leurs rivaux. Nous seuls avons développé et utilisons massivement des machines à tuer nos semblables « proprement », contournant par la technique ce qui inhibe l'agression chez les autres animaux. Comme le commerce d'armes et le « maintien de l'ordre » capitaliste sont deux mamelles de Sainte Economie, aucun doute : quoiqu'en disent les palabres onusiens, l'avenir sera très violent.

D'autant qu'une minorité immonde des sept milliards et plus que nous seront gaspille la plus grande partie des ressources dont les autres manquent. Exemple en images dans des métropoles du sud : les très grands hôtels ont des piscines, des golfs arrosés et souvent des chasses d'eau qui fuient, tandis que la distribution d'eau est limitée à peu d'heures par jour pour la plupart des rares foyers voisins qui ont la chance d'avoir l'eau courante.

Je voyais hier l'image d'un ex - aviateur, décoré jadis pour ses brillants bombardements du Viet Nam, admirateur de Kissinger et aujourd'hui propriétaire heureux, fier et sans scrupules d'un grand domaine viticole en Californie. Nul doute qu'à l'heure du partage de l'eau, du pétrole, des aliments et des matières premières, lui et ses semblables maîtres du monde bombarderont à nouveau plutôt que de réduire trains de vie et gaspillages obscènes.

Les guerres de l'eau, du pétrole, des surfaces cultivables et des minerais rares sont en cours. Religions et vieux différents locaux ne sont que prétextes pour armer les uns contre les autres, quand les puissants y gagnent. L'angélisme n'y peut mais ! Obama n'arrêtera pas les guerres du pétrole ou des pipe - lines en Irak, au Soudan ou en Afghanistan ; au mieux retardera-t-il les prochaines en Iran, Nigéria, ou au Venezuela ? Les bonnes âmes qui, comme moi, évitent de gaspiller par réflexe moral, ne retarderont pas les crises du pétrole ou de l'eau en cours. La grande question est de savoir combien de temps les détenteurs de nombreux missiles nucléaires résisteront à la tentation de les utiliser pour être favoris dans le partage des décombres.

Vision sombre de l'avenir ? Certes, mais comme cela je ne risque que de bonnes surprises ! En attendant, profitez du réchauffement climatique, du printemps et des odeurs - derniers lilas, premières cerises - sous les rayons de cette machine thermonucléaire géante qui nous approvisionne gratuitement en lumière et énergie depuis le haut du ciel...

 

Le Courrier, Actualités permanentes, 27-4-2011

 

14/04/2010

Vrais problèmes : on pourrait mieux faire…

Les vrais problèmes en matière de ressources, santé et prospective nous sont souvent masqués.

Un milliard d’humains ne mangent pas à leur faim, trois fois plus ont une vie très précaire.

La terre pourrait les nourrir tous.

Le problème c’est la répartition des produits, pas de financer cinq cent petits producteurs de café bio pour les bobos !

La surpêche industrielle menace toutes les ressources de la mer par un gaspillage insensé. Comment la freiner ?

On n’arrive même pas à empêcher les japonais d’exterminer les thons et les baleines, qui leur manqueront demain…

On nous gave avec le réchauffement climatique, la montée des eaux et les générations futures.

Mais c’est aujourd’hui que la folie automobile pourrit la vie et que la pollution augmente mortalité et maladies graves dans les villes.

Peu importe ! Les secteurs automobile et pétrolier font d’immenses profits à court terme…

Demain, les guerres du pétrole parties d’Irak et d’Afghanistan mettront le monde à feu et à sang.

Quelle marché pour nos fabricants d’armes et ces trafiquants qui aiment tant notre discrétion et nos paysages !

Les compagnies pharmaceutiques veulent faire payer les malades et non les guérir. Elles ne s’intéressent qu’aux riches.

D’où des choix aberrants sur le sida et les grippes, bénis par l’OMS, et suivis avec zèle par les gouvernements du nord.

Pour le paludisme, les diarrhées et la rougeole qui tuent les enfants du sud, on attend que les parents puissent payer !

A ces questions, des réponses simples et humaines seraient possibles…

… en maîtrisant les égoïsmes, les nationalismes et l’addiction à l’argent des puissants.

Bref s’il y avait une gestion responsable de la société des nations… Rêvons !

RSR1 14-04-2010

11:34 Publié dans rsr.ch | Tags : vrais problèmes, faim, pêche, automobiles, guerre, armes, santé, grippe, mortalité infantile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

03/02/2010

« Et si la Suisse ne servait plus à rien ? »*

Ceux qui regardent au-delà de nos frontières ont senti une dégradation récente de l’image de la Suisse.

Le sympathique pays des montres et du chocolat faisait envie : paix, luxe et qualité de la vie !

Y travailler, y avoir un chalet pour ses vieux jours étaient des rêves pour beaucoup.

Stars et maffieux se disputaient les villas et résidences somptueuses, où ils résident souvent plus que Johnny.

Certes, cette qualité de vie devait beaucoup au secret bancaire et autres lois sur l’argent.

Mais il n’y avait guère que Jean Ziegler pour s’en plaindre !

D’un coup, les médias du monde se mettent à dénoncer ces pratiques financières, les courtages honteux, les trafics d’armes.

Ils clament que nos ports francs abritent des entreprises de trafic et de recel d’art bénies par nos autorités.

Plus étonnant : ces attaques ne viennent ni de Cuba, ni de l’extrême gauche.

Elles viennent du monde anglo-saxon, prophète de la finance sauvage ou de chez tatie Angela, pas très gauchiste…

Et même des sbires du micro Amin Dada gaulois !

Bref, de tous ceux dont les proches exploitent nos dérégulations…

Un livre de Ian Hamel, journaliste au Matin Dimanche, paru off-shore, pose la bonne question dès son titre :

« Et si la Suisse ne servait plus à rien ? »* …

… ne servait plus à rien au monde du crime capitaliste, devenu trop visible au bord du lac, ou même à Zoug.

Mais je ne partage pas le pessimisme de l’auteur :

La crise du monde de l’argent frappe bien en premier chez nous, où il est religion d’état, loin devant Jésus.

Mais ce peut être une bonne occasion de poutser.

Propre et en ordre ? On aime bien ici !

RSR1 03-02-2010

* Collection « A dire vrai », éd. Larousse, Paris.

12:17 Publié dans rsr.ch | Tags : suisse, banque, secret, courtage, armes, trafics, réputation, port-franc | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |