18/07/2016

Les « bons » et les mauvais terrorismes

Nul doute que l’attaque au camion de Nice est l’un des actes les plus cruels et « inhumains » qui puisse se concevoir. Rien n’excuse celui qui l’a commis et ses éventuels commanditaires, quelques soient leurs raisons. Cela dit, la comparaison s’impose avec d’autres sources de malheurs, comparables par leurs victimes et peut-être évitables. Pour rester dans le pays atteint, j’ai pensé tout de suite au nombre de victimes d’accidents de la route, en France, pour les longs week-ends, comme celui de la Pentecôte. Le bilan en morts est du même ordre de grandeur que l’horreur niçoise et il est plus élevé par le nombre des blessés. Les conditions de souffrance et de survie sont comparables, les enfants et autres victimes innocentes sont aussi présents. Et chacun admet que ces violences routières et autoroutières insupportables reviennent plusieurs fois chaque année, avec la régularité du Père Noël et de l’Escalade ! Aggravées parfois par l’alcoolisation illégale, mais chronique, des conducteurs, que ce soit pour cause de tradition locale vigneronne ou de rituels de restaurants ou de boîtes de nuit. Pourtant, les responsables du « terrorisme routier » sont bien mieux connus que ceux des attentats djihadistes. Les fabricants et vendeurs de véhicules construits pour des circuits, ou manifestement pour violer les lois de la circulation en vigueur, leur marketing agressif pour la puissance et la sur-motorisation, ainsi que les « clubs » de promotion routière viennent en tête. Aidés par les spectacles « sportifs » motorisés qui n’hésitent pas à faire la promotion conjointe de l’alcoolisme. Ce type de terroristes, qui fait bien plus de victimes chez nous que le djihadisme, bénéficie d’une indulgence totale, grâce à un lobby puissant du patronat, auquel aucun politique ne s’attaquera, à moins d’être suicidaire.

Et puis, dans un autre genre, les marchands d’avions, de tanks et d’armes variées, qui alimentent des guerres inefficaces en Irak et en Syrie, tuent des centaines de milliers d’innocents et en jettent des millions sur les routes. Ils restent néanmoins des commerçants aussi « respectables » que ceux qui affament des pays entiers, en spéculant à Chicago sur les récoltes, ou à Genève sur le pétrole. Tandis que, dans notre indifférence, les polices et armées maritimes de méditerranée ou de Mayotte laissent se noyer bien plus de pauvres gens sur leurs bateaux de la mort que le maudit camion n’a fait de victimes. Bien sûr, ce n’est pas sous les caméras et les projecteurs de la Promenade des anglais !

Le vieil économiste réactionnaire qu’était Alfred Sauvy avait, il y a très longtemps, fait une « étude sur le coût de la vie humaine ». En fait, celui de la mort pour les assurances. Il était déjà évident que cette « valeur » était très hétérogène, dans un seul pays, selon les régions et les catégories sociales. A l’échelle mondiale, elle varie, comme les revenus, de rien à infiniment trop. Et l’inégalité la plus scandaleuse est celle qui n’attribue ni émotion, ni intérêt à l’enfant qui meurt en Syrie, au Sud Soudan ou en Méditerranée, alors que l’on éprouve l’émotion et l’indignation qui conviennent pour les victimes innocentes médiatisées.

27/01/2010

Bagnoles : en finir avec le trop !

Le courage politique est chose rare !
Les jeunes Verts, à l’opposé des vieux et autres néo – libéraux, veulent interdire les automobiles aberrantes. Bravo !
Même si leur initiative a peu de chances face au lobby importateur.
Ce dernier veut une prime à la casse, c’est-à-dire à la surconsommation et au gaspillage…
Et des importations inutiles qui plombent notre balance commerciale.
Saluons Genève, qui veut un centre-ville plus vivant et humain, débarrassé des voitures de convenance !
Mais cela reste à faire !
Il faut expliquer aux intoxiqués du moteur qu’un véhicule est un moyen de transport, pas un lieu de vie.
Que l’on est beaucoup mieux ailleurs pour écouter de la musique, regarder les paysages ou téléphoner !
Même pour rouler des mécaniques ou draguer :
on est mieux au parc ou au bistrot les mains libres que coincé dans un embouteillage !
Le problème de l’automobile vient d’une publicité aussi belle que menteuse.
Une pub qui fait croire aux gens que le look de leur bagnole, à défaut de bijoux ou de réputation, rehausse leur statut.
Qui fait croire que l’on est en sécurité dans une des principales causes de décès et d’infirmités permanentes de nos sociétés.
Et qui débine au passage les services publics de transport plus sûrs, souvent plus agréables et plus efficaces.
Le tout pour rendre nécessaires des véhicules que beaucoup pourraient utiliser moins ou pas du tout.
Les crises pétrolières mettront une fin brutale à l’idéologie du tout – bagnole, par une augmentation insupportable des coûts.
Nos concitoyens doivent réaliser que l’on peut souvent vivre mieux sans et réserver la voiture à l’exception qui fait le luxe !

RSR1 27-01.2010

13:39 Publié dans rsr.ch | Tags : automobile, crise pétrolière, consommation, gaspillage, société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |