26/09/2012

Ainsi va la vie

 


Premier cours demain jeudi matin, nouveaux étudiants, nouveaux questionnements pour le plaisir des uns et de l'autre. Une merveille de n'enseigner qu'à des volontaires et non à des captifs, ce qui les intéresse et qui me passionne aussi. Et la recherche annuelle de toujours chercher à mieux faire passer le message tout en intégrant les derniers échos de la recherche. 

Rentrée littéraire aussi. Alors j'y rajoute mon demi-kilo de déforestation chez un excellent éditeur super écolo : Sang de la Terre. Qui, entre bien d'autres publia les écrits de mon regretté copain François Terrasson. Ça s'appelle "Ainsi va la vie" avec en sous-titre "La science au jour le jour". C'est un bouquin hybride - on fait bien des voitures hybrides, pourquoi pas des bouquins qui permettent de changer de lecture sans changer de volume, ni zapper sur un écran ! Les connaisseurs reconnaîtront dans la première partie une version actualisée de mon "Sauvage central" victime d'une fausse couche éditoriale lors de sa première édition. La seconde partie réunit et commente mes chroniques dans le Temps et surtout comment et pourquoi je suis passé d'une liberté d'écriture quasi-totale à une censure qui conduisit à la fin des chroniques "libres" dans ce journal. Les lecteurs d'Edipresse et de sa suite apprécieront... On devrait le trouver bientôt chez nous. Sinon :

http://www.sangdelaterre.fr/index.php?art=106&th=135

Ainsi va la... Couv.jpeg

Et puis je ne suis pas le seul à écrire !

Un dossier qui ne va pas manquer de faire causer dans le dernier Psikopat, sur le mariage gay. Je pensais détonner en étant contre parce que c'est difficile d'être pour le mariage gay quand on est contre le mariage tout court, ou plutôt contre toute intrusion des administrations, des flics et des juges dans les libres relations entre deux ou plusieurs personnes adultes. Eh bien figurez-vous que j'y suis bien moins isolé que je ne le pensais !

246.jpg

23/09/2010

MEG et « libre opinion » massacrés à la tronçonneuse !

Voici un cas de censure maladroite et mesquine de votre Julie !

Vous savez que les habitants de la ville votent actuellement et jusqu'à ce week-end pour ou contre la délibération du conseil municipal attribuant un crédit pour la rénovation du Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) ... et la suppression d'un espace vert. Si vous ne le savez pas, vous retrouverez facilement plusieurs billets sur ce blog expliquant pourquoi, au delà de la juste cause des arbres défendus par cette votation, je trouve le projet de rénovation du MEG scientifiquement aberrant, architecturalement désastreux, pédagogiquement nul et par dessus tout ruineux pour un résultat lamentable.

La semaine passée, on me demande courtoisement de rédiger une libre opinion  « contre » dans votre Julie, face à une libre opinion « pour » de Monsieur Jean-Paul Barbier Müller. Ce que je fais en suivant rigoureusement les consignes, en particulier concernant la longueur du texte.

Ces textes sont parus samedi passé, mais j'ai eu la surprise - puisque personne ne m'en a prévenu ! - de trouver un certain nombre de remaniements dans le mien. Pour en témoigner, je vous livre ci-dessous le fichier exact que j'avais envoyé, où j'ai juste mis en gras ce qui avait été changé, que je vais commenter ici :

 

-       le titre énergique « Musée massacré à la tronçonneuse ! » a été remplacé par un pâle « Non aux petits ethnographes » , sans point d'exclamation. Cela peut se comprendre dans la mesure où le principe était un débat oui - non et où c'était fidèle à l'esprit du texte. Mais on aurait pu me demander mon avis, en particulier parce que cela supprimait l'allusion au massacre des arbres qui a permis la votation. C'est un problème récurrent que dans les journaux : au prétexte de respect de la maquette et de politique de communication, des individus prétentieux se permettent de faire ce qu'ils appellent avec mépris « la titraille », c'est - à - dire de changer tous les titres d'articles sans consulter les auteurs. Or le titre est un élément essentiel de l'article qu'il est censé résumer et promouvoir. Souvent le lecteur ne lit que lui et ne va pas plus loin. Certes peu d'auteurs font de bons titres ! Il n'empêche que ce serait les respecter que de leur soumettre ces « meilleurs » titres avant parution, ce sont eux qui les signent. L'urgence des bouclages est un mauvais prétexte !

-       une parenthèse a été rajoutée !                                                                                                                                              (récemment dans le cadre de la codirection d'un catalogue d'exposition)

Elle précise, en la minimisant, une collaboration du directeur du MEG, nommé par Patrice Mugny et Boris Drahusak, avec le musée privé Barbier-Müller. Ajouter une phrase à une libre opinion, comme si elle venait de l'auteur et sans le prévenir, est, encore une fois, un procédé qui peut se discuter, même si la phrase en question est exacte, dans la mesure où elle limite la portée du texte et prépare la modification suivante...

-       les phrases suivantes ont été carrément supprimées :

« Ce qui doit réjouir son (ancien ?) patron, Monsieur Barbier - Müller, qui espère, depuis longtemps, vendre à Genève les remarquables et fort coûteuses collections familiales. Du moins ce qui reste après de bonnes affaires avec le discuté Musée du Quai Branly à Paris et quelques autres. Avec quel argent ? »

Il s'agissait pourtant d'un élément essentiel du débat. Le directeur du musée annonce une politique d'acquisition de collections pour laquelle il n'a pas de budget conséquent. Le contribuable peut donc s'attendre à de juteuses demandes de crédits au Département de Affaires Culturelles que convoite Monsieur Drahusak pour succéder à Monsieur Mugny. Par ailleurs, Monsieur Barbier - Müller, qui, ce n'est pas un mystère, vend ses remarquables collections, a souvent critiqué dans la presse, les medias ou des exposés publics, le MEG qui voulait « construire un écrin alors qu'il n'avait pas de bijoux » et la ville, ou le canton, dont les budgets de la culture auraient dû servir à acheter « des » collections. Manifestement, il ne fallait pas faire remarquer que la politique annoncée risquait de coûter beaucoup plus cher que le budget déjà scandaleux de l'agrandissement du musée et ses dépassements prévisibles. Ni surtout que le défenseur principal du projet pourrait, éventuellement, avoir des intérêts privés dans de futures acquisitions proposées par un directeur qui fût un de ses collaborateurs...

-       enfin la chute du texte a été amputée de la partie en gras ci-dessous et la signature de l'adresse de ce blog où l'on retrouve plusieurs billets développant mes arguments :

« Au delà des arbres, ce projet tronçonnerait la culture et les budgets, style Patrice Mugny - Boris Drahusak ! »

Il s'agissait ici de rappeler que c'est un magistrat Vert et son directeur et candidat successeur Vert, réputés pour leurs méthodes brutales de « Khmers Verts », tous deux supposés de gauche par leurs électeurs, qui sont à l'origine de la nomination de l'étrange directeur du MEG et de ce projet ruineux et destructeur d'un espace vert. Ainsi que d'une politique qui plaît tant à mon prestigieux opposant, marchand et détenteur d'une des plus belles collections du monde, star de l'immobilier et de la finance genevoise ... et grand ami d'Edipresse !

 

Que la rédaction de la Tribune, journal d'Edipresse, ne veuille pas contrarier Monsieur Barbier - Müller et ses obligés du MEG peut se comprendre. Qu'elle propose à un opposant notoire une libre opinion « à égalité » avec l'intéressé est tout à sa gloire et souligne son aspiration déterminée à une façade démocratique. Qu'elle change un texte de façon critique sans consulter celui qui le signe n'est pas très courtois, ni malin à une époque où les blogs et autres médias permettent de la prendre la main dans le sac...

Cela dit, c'est sans rancœur, ni méchanceté, que je l'évoque ici, dans la mesure où, par rapport à ce qui se passe ailleurs et jusque dans les pays frontaliers, c'est déjà très bien d'avoir été publié, même après un peu de chirurgie éditoriale contrainte et peu esthétique !

 

 

Annexe : texte original envoyé, parties changées, dans l'article paru, soulignées en gras :

 

Musée massacré à la tronçonneuse !

Le souverain de la ville de Genève vote sur l'initiative contre la délibération du conseil municipal qui attribue un fort crédit pour l'agrandissement minimal en sous-sol du Musée d'Ethnographie.

Ceci au prix de la destruction d'un espace vert planté de grands arbres, remplacé par une dalle de béton. Pour masquer cet attentat contre la qualité de la vie, on planterait, sur le béton, une sorte de jardin de bonsaïs et fontaines. Les promoteurs se vantent de planter plus d'arbres (nains) qu'ils n'en abattent (de vénérables !). Les électeurs apprécieront à quel point on se moque d'eux !

Au delà des arbres, examinons un projet qu'il serait grave de rejeter s'il devait remplir une fonction essentielle.

Dans la Genève Internationale, le Musée d'Ethnographie aurait pu devenir LE lieu de rencontre des civilisations et des cultures du monde, lieu de retrouvaille de ses origines pour les visiteurs, les résidents d'origines étrangères et des scolaires, lieu d'initiation aux autres pour les autochtones appelés à découvrir le monde et ses ambassadeurs parmi nous. C'était le projet Esplanade des mondes, un musée des civilisations comme il en existe d'excellents et très fréquentés à Québec, Mexico, aux Etats-Unis et ailleurs. Une campagne de dénigrement l'a fait échouer.

Aujourd'hui, on nous propose un musée d'objets anciens, de souvenirs de voyages genevois, parce que, comme l'écrit le directeur Boris Wastiau dans un tract, quand nous voyageons, « nous sommes tous de petits ethnographes » ! Le Musée d'Ethnographie de Genève, fondé par Eugène Pittard, immense anthropologue, est tombé entre les mains d'un auto - proclamé « petit ethnographe » venu d'un musée colonial belge et collaborateur du musée privé Barbier - MüllerXXXXX... Dans son programme, centré sur la collection comme dans un musée du XIXème siècle, l'acquisition est au premier rang. Ce qui doit réjouir son (ancien ?) patron, Monsieur Barbier - Müller qui espère, depuis longtemps, vendre à Genève les remarquables et fort coûteuses collections familiales. Du moins ce qui reste après de bonnes affaires avec le discuté Musée du Quai Branly à Paris et quelques autres. Avec quel argent ?

Comme le budget prévu est englouti par le musée parking souterrain, le contribuable peut prévoir qu'au delà des cent millions de la réalisation après les habituels dépassements, on lui demandera de fortes rallonges comme crédits d'acquisition ou bien pour installer - où ? - les nécessaires réserves, inexistantes dans les plans.

Genève a déjà un musée d'objets ethnographiques dont les prestigieuses collections attirent un public confidentiel de riches collectionneurs, acheteurs et amateurs éclairés. Comment le conseil administratif et le conseil municipal ont-ils pu voter de faire du musée d'Eugène Pittard un Musée Barbier - Müller bis, tellement plus pauvre et plus laid que l'original de la rue Calvin ?

Au delà des arbres, ce projet tronçonnerait la culture et les budgets, style Patrice Mugny - Boris Drahusak !

 

André Langaney

http://www.alanganey.blog.tdg.ch/

 

(2980 signes, espaces compris + titre et signature)

 

 

 

08/04/2009

Du rire à la haine, en passant par la censure …

Je ne défendrai pas tous les jours quelqu’un comme Silvio Berlusconi …
Il avait dit, en riant, qu’Obama était plus jeune, plus beau et plus bronzé que lui, ce qui est factuel et peu contestable !
Pourtant, des commentateurs vertueux, silencieux sur ses magouilles, s’en sont indignés et ont parlé de gaffe.
Ce n’est plus du politiquement correct, c’est de la censure !
Une censure idiote sur une évidence dont le principal intéressé, Obama, est fier, à juste titre…
Le même Obama, sans doute fatigué, a dit en riant dans une émission de télévision décontractée et tardive, qu’il avait fait une performance sportive de jeux paralympiques.
Ce n’était pas habile dans le pays du politiquement correct et ce fût un tollé outre Atlantique.
Mais des handicapés pratiquant l’humour francophone auraient été les premiers à en rire.
Car, tant qu’il est bienveillant, l’humour permet de rire de tout, avec tout le monde, et constitue le meilleur remède contre les censeurs.
Ou bien contre paternalistes racistes qui croient que les handicapés ou les noirs ont moins le sens de l’humour que les autres.
La limite acceptable est évidemment dépassée quand on prétend faire rire en incitant à la haine, comme Dieudonné ou le Pen.
A fortiori quand on provoque à la haine sans faire rire comme ce rappeur misogyne et violent à qui je ne ferai pas de publicité.
Mais le politiquement correct mène aussi à la censure.
Par exemple quand on accuse d’antisémitisme tous ceux, dont de nombreux juifs, à qui la politique d’Israël donne la nausée.

RSR1 08-04-2009

09:22 Publié dans rsr.ch | Tags : rire, haine, censure, racisme, obama, berlusconi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |