23/12/2011

Vive Noël, neutre et païen !

 

Noël est une grande fête païenne. Dans son jeune temps, Claude Lévi-Strauss, dont je n'aimais pas beaucoup les écrits ni la mondanité parisienne, avait écrit un remarquable article sur le mythe païen du père Noël, lié au solstice d'hiver, que les églises chrétiennes ont, en vain, cherché à éradiquer. Puis, ont récupéré de mille manières, du Saint Nicolas belge au Jésus palestinien, en bricolant les calendriers, maquillant l'histoire et les faits et en inventant n'importe quoi, comme tous les prêtres de toutes les religions savent si bien faire.

Ils sont tout juste débordés par la propagande marketting de Sainte consommation, Sainte Pub et Saint Marketting, qui abrutissent les gamins par des jeux électroniques de guerre et de poupées immondes, et les parents par la propagande pour les drogues légales, les sports cons et les partis racistes.

L'année prochaine, je vous propose un réveillon harengs-patates-gros rouge qui tache, avec fumette sur le balcon de mes futurs quatre pieds de chanvre carougeois légaux pour ceux qui aiment - en ce qui me concerne, je déteste !

Mais cette année, désolé, je n'ai pas le temps : j'ai encore des courses à faire pour ne pas passer pour un père indigne !

On détaillera tout ça une autre fois...

PS : il semble que tout le monde n'ait pas tout compris de mon trop court billet concernant l'évolution, le neutralisme, la sélection et les idéologies. Faute de temps, je vous renvoie à :

http://www.lecourrier.ch/dur_d_etre_neutre_en_evolution_m...

 

18/11/2009

Science et politique, de Darwin à nos jours

Les scientifiques d’une société propagent ses idéologies et participent à leur construction.

Charles Darwin était un riche bourgeois.

Il fréquentait Adam Smith et Herbert Spencer, prophètes du capitalisme.

Ces derniers lui ont sans doute fait exagérer, un temps au moins, le rôle de la compétition dans l’histoire de la vie.

A l’opposé, des communistes prenaient la sélection naturelle comme argument pour la lutte des classes !

Pourtant, Darwin n’a pas rencontré Karl Marx, comme l’imagine une excellente fiction théâtrale romande !

Il évitait les récupérations politiques, religieuses et les conflits, même si sa théorie ruinait le fondamentalisme chrétien.

La science occidentale idolâtre Darwin, mais s’inspire plus de Spencer que de la prudence du grand naturaliste.

Elle fait l’apologie de la compétition et du court terme, provoquant un énorme gâchis de moyens et de talents.

Elle pratique le culte de l’argent et même la spéculation : l’université de Lausanne a perdu ses économies en bourse l’an passé !

Cette science néo - libérale recourt à la propagande, quand ce n’est pas à la publicité mensongère.

Elle méprise souvent les subalternes, les femmes et les étudiants, considérés comme de la « chair à canon ».

De jeunes docteurs, aujourd’hui, se font détruire leur vie privée par de courts contrats qui les baladent à travers le monde…

Ils passent par la case chômage, selon les moyens et les besoins temporaires des laboratoires.

Comme ils doivent envier Charles Darwin qui a travaillé à son goût, chez lui, pendant des décennies, grâce à la fortune familiale !

RSR1 18-11-2009

09:47 Publié dans rsr.ch | Tags : science, politique, darwin, spencer, marx, université | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

04/11/2009

Darwin en vrai : la modestie de la science face aux abus des religions

Les pays épris de sciences, dont Genève et la Suisse, célébrent, la semaine prochaine, l’anniversaire de "l’Origine des espèces..." de Charles Darwin.

L’originalité de ce livre a été soulignée par les ennemis religieux de l’auteur, qui y rassemblait surtout des faits et des idées déjà connus.

Sa démonstration montre que l’histoire de la vie est un processus matériel dans lequel aucune explication surnaturelle n’est nécessaire.

Sélection naturelle, continuité des lignages, histoire des milieux et contingence, ce que Buffon qualifiait de « causes actuelles », explique ce que nous savons de l’histoire de la terre.

Il n’est pas étonnant que les excités fondamentalistes diabolisent, encore aujourd’hui, le paisible naturaliste malade de Down.

Ni que ses supporteurs excessifs créent un mythe religieux autour de celui qui avait montré que les dieux n’aident pas à comprendre la vie.

Le Muséum de Genève nous donne l’occasion de revenir à des textes originaux importants ou méconnus de Darwin par des lectures, suivies de débats.

On y découvre un Charles Darwin curieux de tout ce qui fait la vie quotidienne et se posant plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

L’Académie suisse des sciences naturelle et l’Université de Genève, avec la complicité de François et Jean-David Rochaix, nous offrent deux pièces de théâtre, suivies de débats animés par des chercheurs.

On y montre la réalité humaine attachante et les interrogations du grand homme.

Pour cela, les auteurs utilisent un mélange subtil de réalisme historique et de fiction, souvent drôle, sinon délirante.

Comme la supposée rencontre avec Karl Marx.

Des occasions à ne pas manquer par ces longues soirées d’hiver…

RSR1 04-11-2009

Ne pas manquer les lectures débats au Muséum d’histoire naturelle de Genève, à Malagnou http://www.ville-ge.ch/mhng/anima_2009_darwin.php

Ni « Darwin en finit avec les Cirripèdes » et « La confession de Darwin » à Uni Bastions www.darwin2009.net

17:19 Publié dans rsr.ch | Tags : darwin, évolution, lecture, théatre, religion, science, marx | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/07/2009

Science pour tous !

Dieu peut-il tuer la science ? C’était la question de la Radio Suisse Romande pour le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin. Ceci pour évoquer les offensives des sectes de tout poil contre l’enseignement de la biologie dans les écoles. Car, comme nos inspecteurs généraux de l’éducation nationale, leurs homologues suisses paniquent devant les gamins qui brandissent la bible, le coran ou le kama soutra et expliquent que les profs qui racontent l’histoire de la vie seront transformés en merguez ou en crapauds tandis qu’ils recevront soixante dix vierges ou le droit de prier pour l’éternité (je préférerais les vierges, mais soixante dix, c’est beaucoup !).
Face à moi, un allumé créationniste qui veut surtout vendre son bouquin, un gentil petit sous - pape qui représente mal le führer du Vatican et une théologienne anti – pape, alliée de circonstance contre les hypocrisies biblico - cathologiques.
Et Dédé – le démon de rappeler que le but de la science est de mettre d’accord, si possible, des gens de cultures et d’origines différentes sur l’état du monde qui nous entoure et sur le peu que nous savons de nous mêmes. Que la science n’est pas une théologie et n’a pas à être complète et à avoir réponse à tout. Qu’elle est plus forte de ses doutes que de ses certitudes. Que nos bonnes questions sont plus sérieuses que leurs mauvaises réponses. Et que s’ils veulent croire que nous serons transformés en merguez ou en cafards après la mort, ou bien qu’un baba-cool a fait des miracles il y a deux millénaires, c’est leur problème, mais que ce n’est pas une raison pour l’infliger aux gamins et nous briser les couilles !

In Siné Hebdo N° 24

23:14 Publié dans dédé siné | Tags : dieu, darwin, science, théologie, éducation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

26/04/2009

Darwin : sacré Charlot !

En 2009, pour le bicentenaire de sa naissance, collègues et médias vous gavent avec un culte indécent de la personnalité de Charles Darwin, tandis que les religieux le traiteront de communiste et d’imposteur.
J'ai préféré vous vacciner !
Les penseurs et naturalistes savaient, au siècle des lumières, que l’histoire de la vie avait duré très longtemps. Buffon avait proposé comme « hypothèse absurde » (pour cause de répression religieuse) que les espèces vivantes se transforment et soient issues les unes des autres. Lamarck, grâce à la fenêtre de liberté entre révolution et répression, avait écrit, en 1801 que la durée de l’histoire du globe - des millions d’années – était presque infinie, que les espèces vivantes, humains compris, formaient une seule généalogie, depuis les formes de vie les plus simples, sans doute issues du monde minéral.
Cinquante ans plus tard, Darwin a d’abord fait admettre l’essentiel, que d’autres avaient écrit, sans convaincre, avant sa naissance. Surtout il a proposé, s’inspirant de Malthus et des pratiques agricoles, la théorie de la sélection naturelle. Enfin, il a réalisé (discrètement à cause de sa femme bigote), que la nature et les humains n’ont pas besoin de dieux pour vivre l’histoire contingente qui est la leur et se comporter comme ils le font. Ce qui explique la haine des religions, qui préfèrent le discréditer sur la forme plutôt que révéler le fond.
A part ça Darwin, homme de son temps, croyait encore plus que Lamarck à l’hérédité biologique de l’acquis (qu’on arrête avec l’histoire des Girafes, tout est faux !), n’avait pas lu Mendel et ne comprenait rien à la génétique, ni à plein de choses sur l’évolution découvertes depuis. Il a écrit des horreurs racistes bien de son temps et, s’il est légitime de lui rendre un hommage mérité, évitons de le traiter comme, en d’autres temps, Mao, Mugabe ou … Sarko !

In Siné Hebdo N° 18 (décembre 2008)

23:38 Publié dans dédé siné | Tags : darwin, culte de la personnalité, religion, lamarck, hérédité de l'acquis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |