10/03/2010

Leur CHEZ EUX, c’est CHEZ NOUS !

Voici des enfants qui n’ont pas connu d’autre pays que le nôtre, où ils sont nés ou bien sont venus très jeunes.

Des employeurs bien de chez nous font fortune sur le dos de leurs parents, travailleurs bon marché sans papiers et sans droits.

Lesquels font, souvent dans des conditions indignes, les travaux nécessaires que plus personne d’ici n’accepte de faire.

Il a fallu faire jouer des droits de l’enfant pour les scolariser, souvent après de longues batailles.

Et leurs droits humains s’arrêteraient à l’adolescence ?

Ils devraient alors choisir :

Entre un pays d’origine qu’ils ne connaissent guère et qui parfois ne veut pas d’eux…

Et puis la clandestinité sans droits chez nous, c’est à dire dans le seul chez eux possible.

Leur refuser l’apprentissage et une possibilité d’intégration ou de départ digne, c’est les pousser vers l’oisiveté et la délinquance.

Chacun sait qu’ils ne rentreront plus, parce que certains ont encore intérêt à exploiter leurs parents ou leur semblables.

L’hypocrisie des néo - libéraux et des populistes est indigne.

Ce sont les représentants de ceux qui attirent et exploitent les clandestins qui voudraient expulser ces enfants d’ici.

Ce sont les idolâtres de la famille chez nous qui veulent briser les familles de leurs esclaves.

Ce sont ceux dont les trafics mondialisés ruinent les pays et provoquent les crises qui veulent renforcer l’apartheid du passeport.

Les adolescents vivant ici depuis toujours ont des papiers ou pas selon l’histoire des parents et les fantaisies de la bureaucratie.

Les lois qui ne leur donnent pas une égalité de droits face à leurs inégalités de chances au départ sont de mauvaises lois.

RSR1 10-03-2010

10:36 Publié dans rsr.ch | Tags : enfants, adolescents, immigrés, sans papiers, droits humains, apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

23/12/2009

« Pas besoin filles ! »

C’était le premier jour des vacances.

Les garçons avaient décidé une « bonne surprise ».

Joyeusement, ils mirent fin à la première grasse matinée tant attendue des parents… par un café au lit.

Lequel fût suivi d’un repas de crêpes dans une cuisine pulvérisée de farine et de pâte collante !

Alors que l’on se répandait en compliments sur la si bonne idée des chers petits, la sonnette tinta.

C’était Hanna, charmante voisine venue, il y a longtemps, d’une lointaine république, jadis soviétique.

L’ainé faisait justement sauter une crêpe, à peu près dans la poêle.

Alors Hanna, de son fort accent et d’un ton hilare, proclama :

« Pas besoin filles ! »

Il nous fallut un moment pour décrypter le concentré de sexisme intériorisé de cet aphorisme, pourtant féminin.

Cinquante ans de communisme égalitariste n’avaient pas convaincu Hanna – la - rouge que les garçons peuvent faire les crêpes !

Mais la façon de l’exprimer, et de féliciter lesdits garçons, consistait à dénigrer les filles, supposées inutiles de ce fait !

Je voudrais dédier cette histoire de Noël à toutes les mères Noël qui se défoncent à faire les courses, le ménage, la bouffe et la vaisselle.

Tout en torchant les mômes et réconfortant les vieux…

Le tout pendant que des pères Noël, bière à la main, hurlent devant le hockey ou la dernière défaite de Servette en foot !

Je salue aussi mes compères qui participent autrement qu’en débouchant les bouteilles comme s’il s’agissait d’un exploit :

Après deux mille ans de religions sexistes et une éducation par Hanna et ses copines, nous avons quand même un certain mérite…

Joyeux Noël à toutes et à tous !

RSR1 23-12-2009

13:01 Publié dans rsr.ch | Tags : enfants, parents, noël, sexisme, éducation, crêpes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/07/2009

Insupportables ados !

Les ados sont insupportables, mais ce sont nos enfants !
Le titre du livre d’Etienne Liebig résume tout !
Educateur et chercheur, Etienne Liebig vit avec des adolescents de tous les milieux les depuis trente ans.
Dans un langage, simple et drôle, il raconte les extra terrestres que deviennent nos enfants à la montée des hormones.
Ils sont lourds, menteurs, violents, stupides, pénibles, primaires, incultes, inconscients, et je vous épargne le pire !
L’auteur explique, avec une rare pertinence, pourquoi ils sont ainsi, du moins dans notre société actuelle.
Au premier rang, l’indéfinition et la versatilité de leur statut.
Une fois, on leur demande d’être autonomes, la suivante, sans prévenir, on les traite comme des enfants.
Pour tout ce qui concerne les plaisirs – sexe, sorties, horaires … - on les infantilise…
Mais pour les obligations – scolarité, choix professionnels,…- ils devraient être des adultes responsables !
Une double contrainte inacceptable…
Elle explique en partie leur versatilité, leur hostilité et l’échec de nos pédagogies.
L’OPA des marchands et de la pub sur leur pouvoir d’achat abuse de leur recherche d’identité, d’adaptation sociale et de leur besoin de transgression.
Ces ados ne sont que ce que nous avons été, dans une société qui se cherche, et où il est plus difficile de se trouver.
Etienne Liebig nous offre, aux éditions Michalon, une lecture jubilatoire, plus pertinente que les divagations des psys en été.
Elle vous aidera à regarder avec amour et humour les mollusques que vous trainerez en vacances, 
…Même s’ils sont insupportables…

RSR1 08-07-2009

Réf : Les ados sont insupportables, ... mais ce sont nos enfants ! par Etienne Liébig, éd. Michalon, Paris

13:18 Publié dans rsr.ch | Tags : ados, adolescents, responsabilités, adultes, enfants, amour, humour | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |