26/02/2011

Elections consternation et printemps festif

Il y a des fois où je me réjouis autant de ne pas être électeur en ville de Genève, aux municipales, que de ne pas prendre part à la bouffonnerie présidentielle française.

Au Sarkoland, des médias gouvernés par l'argent essaient de nous faire croire que leurs serviteurs Strauss-Kahn et Sarko représentent deux options différentes, alors que, selon une citation célèbre, ce sont "bonnet blanc et blanc bonnet":  tous deux esclaves de leurs financiers, relais fidèles du gouvernement raciste israélien et des lobbies étasuniens, prêts aux pires compromis avec les pires dictateurs, pourvu que cela préserve les "intérêts économiques" nationaux et internationaux qui leurs sont chers ou qui les ont nominés. La démocratie n'est évidemment pas soluble dans un tel cocktail de monopoles médiatiques et de pognon. La démocratie suppose que les citoyens soient informés équitablement et, entre autres en France, ils sont souvent majoritairement désinformés.

En ville de Genève, il y a plus de (mauvais) choix possibles pour la magistrature. Mais si l'on refuse les populistes et la droite néo-libérale soumise à l'internationale financière, la "gauche", jusqu'ici dominante, n'est guère convaincante : côté pseudo gauche d'abord, les socialistes présentent de bons candidats, mais qui sont presque à gauche, à l'opposé d'un parti qui a osé envoyer la rétrograde Simonetta Sommaruga au Conseil Fédéral. Les verts restent réactionnaires et présenteraient soit une inconnue qui va faire un bide, soit un candidat de cauchemar : vous avez détesté Mugny ? Vous pourriez haïr Drahusak : le chien de son ex-maître moins les dernières ruines de la culture ! Je me souviendrai toujours de son discours d'inauguration de l'exposition sur le mathématicien Euler au Musée d'Histoire des sciences où il remplaçait le magistrat porté pâle en dernière minute : "Je ne sais pas qui était Euler, mais...". En politique, il faudrait instaurer un premis de conduire et des contrôles périodiques... Reste la vraie gauche éclatée entre d'un côté le sexisme et les remonte pente à vélo de Pagani et de l'autre les généreuses propositions d'anonymes improbables et inéligibles. Les socialos en biffant leur parti ? Bref, la révolution n'est pas pour demain et on est content de voter ailleurs, même si ça pourrait être pire : en Lybie ou en Côte d'Ivoire par exemple.

Tout ceci nous promet une fin d'hiver et un printemps fort répétitifs et ennuyeux !

Aussi, je vous conseille vivement l'évasion dans les fêtes et la nature dès le retour des beaux jours.

Avec une occasion extraordinaire de rires, de rock pas prise de tête, de films, de débats, de spectacles, de dessins de presse et de politique différente à Dax début juin : un bon entartage collectif,c'est ce qu'il nous faudrait au bout du lac !

progsatiradax.pdf

02/08/2009

La fête du commandant

Des villages d’Afrique de l’Ouest se transforment, le temps d’une fête où l’on rit beaucoup, en caricatures d’administrations kafkaïennes. On ne fait plus un pas dans les rues sans être interpellé par des policiers corrompus, un percepteur avide, des gendarmes intransigeants, des militaires incontrôlés ou des instituteurs répressifs. Chaque fois, il faut présenter des papiers, payer, en piécettes ou noix de cola, parcourir une succession de « bureaux » pour remplir des formulaires ridicules, fournir des preuves de tout et son contraire pour obtenir des permis de séjour, de passage, de sortie, de respiration, d’importation de lunettes ou d’exportation de chaussures… Il faut aussi se montrer docile, sous peine de sombrer dans le ridicule, ou d’être « emprisonné ». Le tout se termine, bien sûr, par des agapes bien arrosées, de la musique et des danses.
Ce type de carnaval administratif remonte à l’époque des commandants de cercles coloniaux d’avant l’indépendance. Quand des militaires français régnaient par l’arbitraire et la violence à travers une administration cauchemardesque. On y voit aussi des groupes d’écoliers chantant ou récitant des textes style « en passant par la Lorraine » ou « nos ancêtres les gaulois », symboliques des programmes scolaires coloniaux.
A part quelques comiques ou groupes de chanteurs, plus personne, chez nous, ne dénonce par l’humour les excès, pourtant croissants des bureaucraties. Pourtant les sujets ne manquent pas : méfaits des énarques, servilité des médias, pressions sur la justice, liquidation des services publics et détournements au profit des riches et des mafias …

In Siné Hebdo N° 25

20:58 Publié dans dédé siné | Tags : administration, fête, afrique, colonisation, bureaucratie, arbitraire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |