10/07/2016

Cauchemar !

Dans une grande ville française, pas loin d'ici. Des hurlements et des bruits insupportables, une circulation folle d'accélérations et de coups de freins intempestifs. Des gens, hors de tout contrôle, risquant leurs vies pour brandir des drapeaux et hurler n'importe quoi, assis à l'extérieur, sur les portières des véhicules. Des motards sans casques slalomant à des vitesses insensées entre des files de voitures en folie. Du bleu, blanc, rouge partout : prise de pouvoir par le front national ? Non bien sûr ! Juste un avant-goût avec cette autre sommet de l'irresponsabilité et de la bêtise humaine que concentrent les ballons ronds. L'excitation guerrière derrière des drapeaux avec son potentiel de haine, de violences et de destructions. L'état de perte de contrôle qui permet de décérébrer les foules pour recruter des milices fascistes ou nazies, les pousser à casser, lyncher, tuer n'importe qui, pour n'importe quoi, sur un ordre venu d'on ne sait où...

Je me réveille: Carouge l'été. Luxe, calme et volupté, comme dit Sempé ! Plus loin, il y a bien plein de drapeaux aux fenêtres, mais de toutes les couleurs. Trop de fanatismes tue le fanatisme... On a concentré les cinglés du foot derrière des barrières à Plainpalais et on a la chance d'avoir perdu vite. Ça limite l'alcoolisme et les dégâts !

On va pouvoir choisir entre le Rhône et le lac pour se baigner. Normalement je préfère le Rhône, sa fraîcheur, son courant. Mais c'est le second et dernier jour de la Nuit de la science, alors ce sera le lac et sa perle, avant d'aller travailler un peu au calme, pour la culture et le plaisir, loin de toutes les violences des foules fanatisées et motorisées...

13/02/2016

Vernets : trouffions, béton, NON !

     Ainsi, non contente d’avoir pollué et enlaidi un bel espace genevois aux Vernets, l’armée de clowns de la confédération voudrait qu’on lui mette un autre terrain à disposition pour polluer et enlaidir ailleurs, aux frais des contribuables locaux. Lesquels votent de plus en plus pour la suppression de ladite armée et refusent, chaque fois qu’ils peuvent, ses gadgets coûteux. Vengeance tardive des lobbies de marchands de canons alémaniques et de leurs relais populistes ? Des politiciens, dont on attendait mieux, tentent de nous expliquer que c’est une affaire superbe qui va résoudre la crise du logement en bétonnant une des dernières zones encore aérées du secteur Carouge-Acacias-La Praille. On ne sait trop comment les répartir entre ceux qui sont vendus aux lobbies de bétonneurs et au culte de la croissance, au mépris de la qualité de la vie, et quelques naïfs qui espèrent qu’une action locale et limitée résoudra une « crise » dûment organisée par des spéculateurs et des régies qui en tirent un maximum de profits.

      Genève avait le privilège d’être une petite ville entourée de villages. La qualité de vie résistait déjà mal à une automobilisation absurde à son échelle. Mais la volonté de croissance à tout prix – pour quoi faire ? – passe par des cadeaux fiscaux à des entreprises étrangères qui coûtent beaucoup indirectement et rapportent peu, puisqu’elles ne sont là que pour optimiser leur fiscalité. Ce qui revient à faire un médiocre transfert entre les impôts du contribuable local et les budgets cantonaux, tout en aggravant le problème du logement par l’arrivée de demandeurs plus prospères que ce contribuable. En tant que Carougeois, je ne décolère pas de voir qu’un de nos magistrat se réjouit de voir croître d’un tiers la population du « village », qui en est de moins en moins un ! Il n’était déjà plus possible de manger le midi dans les bons bistrots envahis de costumes cravates parlant un anglais médiocre depuis l’installation locale des sièges de très grandes banques ; des bistrots dont les prix ont souvent pris l'ascenseur en conséquence. Si l’on bétonne les Vernets comme le veulent nos élus, la croissance de la population ne manquera pas d’entraîner mécaniquement la décroissance de la qualité de la vie. On finira presque par regretter la caserne, ses rotations de véhicules absurdes et les meutes de trouffions alémaniques titubant la bière à la main… Au moins, il restait quelques arbres et quelques herbes au milieu !

10/03/2015

Femmes et cerveau

Après la "Journée des femmes", dimanche dernier, l'Université de Genève nous propose, la semaine prochaine, la

"SEMAINE DU CERVEAU".

Aurait-on ménagé cet écart dans le temps pour éviter toute confusion ?

Trève de plaisanterie ! La Semaine du Cerveau est une manifestation remarquable qui, chaque année, nous offre une série de conférences, débats, expositions qui nous apprennent chaque fois un peu plus sur notre vie quotidienne, notre corps, son fonctionnement ordinaire et ses maladies. Si vous avez le temps, tous les jours du 16 au 20 mars, détails sur www.semaineducerveau.ch et programme ci-joint Programme_SDC_2015.pdf

Sinon, comment ne pas vous signaler, dans le cadre de la défense de la presse satirique et non-décérébrée, le nouveau Psikopat avec son dossier "Nos amis les cons", vaste programme ! aurait précisé, en son temps le Général de Gaulle ! On attend toujours qu'un distributeur romand ne nous condamne plus à aller l'acheter à l'étranger, ce Psikopat...

Et puis, presque sur le même sujet, la couverture d'un remarquable No 40 de Siné Mensuel, avec juste une petite erreur sur l' "Humanitude" que je corrige, ce jeudi, dans Le Courrier...

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31/10/2014

Inauguration du MEG : cherchez "Charlie" Steve Bourget !

Aujourd'hui même, Genève s'apprête à ouvrir en grande pompe son musée d'ethnographie, somptueusement et coûteusement rénové aux frais du contribuable. Il paraît que l'opération architecturale est magnifique, que les espaces d'exposition multipliés sont remarquables et l'on s'apprête à fêter comme il convient ceux qui travaillent depuis quatre ans à ce grand projet : ce n'est pas tous les jours que l'on rénove ou que l'on ouvre un musée ! Parmi les clous d'une ouverture en fanfare, une exposition Mochica de trésors péruviens anciens, en première mondiale. Voici qui nous sort du provincialisme !

On s'attend donc à voir sur le pont Mr Steve Bourget, proche collaborateur du directeur, spécialiste en art précolombien, responsable du département Amériques et enseignant en archéologie à l'Institut Forel de l'Université. Mais ce Monsieur, qui devait organiser un débat ce mardi au Cercle Genevois d'Archéologie semble avoir disparu sans prévenir, sans doute débordé par l'inauguration de ce soir...

Le petit Vigousse, journal satirique illustré souvent bien informé, témoignait vendredi dernier (No208, 24 octobre p 5, article de Jean-Luc Wenger) d'une rumeur selon laquelle un "cadre éminent" du MEG, d'identité non précisée (sans doute, selon la formule, "connue de la rédaction") serait compromis dans une affaire d'objets volés, retrouvés par la police à son domicile ou par d'autres dans son bureau.

Il a été beaucoup reproché à d'actuels responsables du MEG d'être ou d'avoir été très liés au milieu local des collectionneurs et commerçants en antiquités et art exotiques, qui ont parfois des interprétations très personnelles des lois et des conventions internationales sur les acquisitions, exportations et importations de biens culturels. Ceux-là même qui avaient fait échouer, avec des méthodes "musclées", un précédent projet bien plus scientifique. Sans doute pour contrebalancer cette fâcheuse réputation, le directeur actuel se prétend irréprochable sur le sujet, allant jusqu'à co-présider la commission d'éthique des musées genevois. Une belle réaction, mais qui pourrait être mal partie ! On lui souhaite quand même une belle inauguration et, s'il s'avérait que Vigousse n'a pas complètement tort, il sera toujours temps de consacrer les beaux espaces du MEG à un projet culturel et scientifique intéressant pour tous, plutôt qu'aux intérêts esthétisants et intéressés de quelques privilégiés...

PS : je pensais trouver dans notre Julie un démenti scandalisé des insinuations de Vigousse - depuis une semaine, il y avait le temps - ou bien une enquête plus approfondie les confirmant. Mais je n'y trouve que des éloges du projet et de l'exposition péruvienne, sans mention de Steve Bourget qui, conservateur du département Amériques et spécialiste de la culture impliquée, me semble devoir être cité. J'ai peut-être mal cherché... Mais où est donc passé ce Charlie ?

11/12/2013

De Mandela à la xénophobie municipale

 

Quel bonheur de voir les dirigeants les plus crapuleux, les plus belliqueux et les plus racistes du monde, les mains humblement croisées devant les testicules ou sous les ovaires, rendre hommage à l’homme au poing levé, faiseur de paix et de réconciliation, vainqueur de l’apartheid sans guerre civile. Celui que l’on n’a sorti que depuis si peu de temps des listes de terroristes communistes de la confédération et de ses maîtres étasuniens…

J’ai raconté ailleurs à quel point Mandela avait employé une méthode non-standard, mais a posteriori aussi rationnelle qu’efficace pour vaincre et convaincre ses partisans comme ses pires ennemis. http://avisdexperts.ch/videos/view/2090/1

 

Mais si, en Afrique du sud, il reste à vaincre autant la violence, les inégalités, la corruption et le SIDA que le capitalisme, la plus grande victoire contre le racisme depuis les abolitions de l’esclavage est acquise ! Chapeau Madiba ! Ou plutôt casquette de supporter raciste Springbock. L’important n’est pas l’outil, mais ce que l’on en fait…

 

Chez nous, l’apartheid est social, politique, ethnique et … honteux. C’est la volonté des populistes xénophobes de tenir les étrangers dehors et d’envoyer les immigrés chez eux ou au diable. Ou celle de leurs alliés extrémistes libéraux d’avoir des salariés soumis au plus bas prix, ici ou ailleurs, pour maximiser leurs profits. Cherchez la contradiction ! Les uns veulent verrouiller les frontières et demanderont demain la construction d’une grande muraille de Suisse sur le modèle du rideau de fer, de la Palestine occupée ou du Rio Grande, tandis que les autres sont fans de la libre circulation sélective qui baisse jusqu’à la misère le coût du travail pour maximiser les gains des actionnaires et des dirigeants.

 

Comme prendre directement des mesures xénophobes ne passe pas toujours bien, même à droite, l’étrange coalition libéro-populiste a choisi, localement, l’arme budgétaire pour s’attaquer, à la Ville, à toutes les mesures sociales en faveur des étrangers, des jeunes et des vieux pauvres, et, tant qu’à faire, des petits efforts faits pour rendre la Ville plus humaine et plus respectueuse de son environnement et de la nature. Pour cela on propose la suppression de deux services municipaux, ce qui coule plus ou moins soixante dix associations avec un impact négatif sur presque toute la population, pour ne pas parler des quarante neuf employés à supprimer qui gèrent l’ensemble avec dévouement et des engagements internationaux bafoués (plus dans Le Courrier ce vendredi).

 

Il est temps de remettre les pendules à l’heure sur l’immigration : sans les immigrants, la Suisse et l’Europe, en vieillissement démographique extrême et répugnant aux basses besognes mal payées s’arrêteraient du jour au lendemain ! L’immigration est nécessaire et l’important c’est qu’elle soit et soit perçue comme un bien, et pas un mal, qu’elle se fasse autant que possible dans l’ordre et la dignité. Pour approfondir le sujet, rien de mieux que l’excellent entretien d’Hervé Le Bras dans le dernier Siné Mensuel (lire "Suisse" à chaque fois qu’il dit "France", c’est pareil, sur ce sujet du moins) et l’humour du dossier Immigration et intégration du dernier Psikopat…

 

L’humour et la détermination, deux armes suprêmes d’un certain Mandela !

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24/11/2013

Ville de Genève : terrorisme au Municipal !

Le budget de la ville est équilibré, elle est prospère, propre, bien gérée, malgré la crise partout autour et la circulation de multiples personnes venues du monde entier, pour leur travail dans les organisations internationales, les affaires ou le tourisme parce que l’on y vit bien. Le lac est calme, hormis un coup de bise noire de temps en temps, mais on a l’habitude !

Quelle folie furieuse et subite pousse donc, d’un coup, une faction de la commission des finances du Municipal à exiger, en urgence par un simple amendement - un pavé dans le lac ! - la suppression de deux services importants de la ville, la rupture des nombreux engagements locaux et internationaux qu’ils ont pris, et la mise à pied, subite, de leurs 49 employés ?

L’explication est dans la nature des services visés et la symbolique de leur suppression. La ville est assourdie sans cesse par des constructions de parkings pour les voitures qui l’étouffent, d’immeubles commerciaux et par des grands travaux pharaoniques qui ne font la fortune que des promoteurs-spéculateurs et pourrissent notre quotidien. Les deux services que l’on veut supprimer ont pour fonction la définition d’un projet d’urbanisme orienté vers la qualité de vie des habitants, le renforcement des liens sociaux et de la cohérence sociale, une relation équilibrée et non invasive à la nature, un projet qui se veut « durable » et non à la mode comme l’entend trop souvent ce mot galvaudé. Il s’agit en effet du Service de l’action communautaire et des espaces de quartier et du Service Agenda 21 – Ville durable. Bref deux services dont les multiples actions sont orientées vers la réflexion sur le cadre de vie et son aménagement, les relations entre la ville, l’environnement et la qualité de la vie, l’équité et l’harmonie des relations sociales entre les composantes de la société, qu’il s’agisse des femmes et des hommes, des anciens et des nouveaux résidents.

Cette mesure n’est acceptable ni dans le fond, ni dans la forme. Au niveau de la forme, il s’agit d’une gesticulation prétextée par une urgence financière inexistante, puisque tout va bien dans un budget équilibré. Et l’on supprimerait sans réfléchir, d’un trait de plume, les seuls services chargés de penser l’aménagement urbain en fonction de projets définis avec les habitants, soucieux avant tout de leur qualité de vie et de résoudre les problèmes les plus urgents de respect des droits humains et de cohésion sociale ? Sur le fond, il s’agit simplement, après la débâcle des libéraux aux élections cantonales, de montrer qu’il n’y a pas que les populistes qui sont capables de casser du fonctionnaire et de prendre, en catastrophe, des mesures démagogiques injustifiables.

Vous trouverez joints les argumentaires plus précis des opposants à cet attentat administratif, une pétition et un courrier aux élus, ainsi que leurs adresses électroniques.

Si ces ces propositions de coupes arbitraires vous choquent et vous inquiètent, plusieurs manières de réagir:
- en venant manifester avec nous lundi prochain à 16h30 au 2 rue de l'Hôtel de Ville, devant les canons,  avant la séance du Conseil municipal qui débutera à 17h.
- en signant le document "nonauxcoupes" et en l'envoyant à l'adresse 

reveillez.vous.le.25@gmail.com

 idéalement le 25 novembre avant 12h.
- si vous êtes directement concernés par ces coupes comme partenaire ou bénéficiaire des prestations délivrées par les services menacés, vous pouvez également envoyer une lettre signée, dans l'idéal, au nom d'un regroupement ou d'une association, aux membres du conseil municipal. Vous pouvez utiliser le modèle "lettre type pour CM" ci-joint. Veuillez également trouver ci-joint la liste des adresses mail des membres du Conseil municipal.

Nonauxcoupesbl.pdf

Lettre-type pour le CM bl.pdf

ADRESSESCM.pdf

14/12/2011

Attaque neutraliste sur Genève !

C'est ce jeudi après midi que ça se passe au grand auditoire A 300 de la Faculté des sciences 30 quai Ansermet, de 13h30 à 18h !

Quatre des meilleurs spécialistes helvètes et internationaux vont expliquer et discuter le meilleur et l'actualité d'une des avancées qui ont révolutionné les théories de l'évolution des espèces au cours du siècle passé. Ce sous les impulsions successives en simplifiant, coté théorie, de Gustave Malécot généticien, mathématicien, théologien protestant, français, puis, vingt ans plus tard, côté théorie et pratique, de Motoo Kimura, mathématicien, généticien, amateurs d'orchidées, japonais.

Bien sûr, la théorie neutraliste de l'évolution moléculaire, c'est plus compliqué que le foot, parce que c'est beaucoup de mathématiques difficiles, de génétique pas simple et de biochimie passablement gratinée !

Mais on essaiera quand même de vous expliquer en quoi elle a donné lieu à des affrontements idéologiques et à des retombées philosophiques importantes et a changé, pour ceux qui l'acceptent, nos représentations du monde vivant et de l'histoire de la vie.

Alors, pour les biologistes et les courageux anglophones - tout en anglais, hélas ! -, à demain !

Détails sur l'affiche

Symposium_Neutral_Theory_2011.pdf

17:35 Publié dans Science | Tags : évolution, neutralisme, conférence, genève, histoire des sciences, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/10/2011

Déchets verts

Ainsi l'inénarable Drahusak, dont même la ville ne veut plus, trouve un job dans le privé ! Cela prouve, une fois de plus, que le privé est bien peu regardant et très myope dans ses recrutements : le public ne fonctionne pas si mal que GHI, le Matin et les autres corbeaux de la presse d'extrême droite ont tenté de nous le faire croire en tirant à boulets bleus sur notre ex-mairesse. Ce n'est pas que j'approuve la chère Sandrine de s'être associée au recyclage éphèmère du "porte flingue de Mugny" - la rumeur prétend que, jadis, il décrivait ainsi sa fonction ! Mais que Maudet soi-même, avec un regard pathétique, ait dû expliquer qu'il s'agissait d'une décision collective en dit long sur le peu de scrupules de la presse poubelle à vérifier ses sources quand la consigne est de faire la peau à quelqu'un-une...

Au fait, que devient ledit Mugny ? A l'heure où les oiseaux sauvages envahissent les parcs et jardins, lui aurait-on trouvé une fonction discrète d'épouvantail municipal ? (ou privé, pour ne pas faire scandale...)

Trève de plaisanteries ! Les jeunes verts font la seule chose intéressante de ces campagnes électorales en dénonçant sans relâche l'inéquité des financements des partis : comment voulez-vous que les électeurs choisissent librement entre des idées assénées au marteau-piqueur par des médias gouvernés par l'argent et des campagnes d'affichage dont les moyens varient de rien à tout ? La prétendue démocratie bourgeoise n'est qu'une mauvaise caricature de la démocratie - tout court, puisque l'histoire nous interdit d'écrire populaire, et c'est dommage ! Cela dit, en bons verts, leurs djeunes font les choses à moitié et à contretemps  puisqu'ils ne se sont qu'à moitié dénudés et ont attendu le refroisissement saisonnier pour le faire... Allez les JV, contre l'immoralité du financement des partis, ça vaut la peine de retirer aussi le bas !

Que fait la police ?

Vous le saurez, mieux que jamais grâce au dossier de ce mois du Psikopat01 - copie.jpg !

Et tant qu'on est dans les mensuels, n'oubliez-pas Siné mensuel qui ne parle pas que de l'avorton de l'Elysée puisque, avec une complice, je vous y raconte comment les macaques jouent en bourse...

sine-mensuel-2-une.jpgEt puis, ce mois-ci toujours, Drosophile sort une admirable numéro sur la chimie du vivant : eh oui, la vie c'est de la chimie, des gènes et des atomes, contrairement à ce que la désinformation new age voudrait nous faire croire.

Mais le sujet est assez important pour que j'y revienne en détail sous peu...

09:24 Publié dans Genève | Tags : politique, genève, recyclage, médias, verts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/08/2011

Genève doit cesser de croître !

Il existe des faits arithmétiques et sociologiques simples en écologie scientifique que les politiciens néo - libéraux (comprendre la droite ET la gauche parlementaire) semblent ignorer. En particulier les gouvernants Verts que les écologistes de base ont eu l'imprudence de propulser au pouvoir.

Toute population vit dans un environnement dont les ressources et les modes de vie définissent les possibilités de peuplement, ce que l'on appelle la « capacité de soutien » en jargon. Bien sûr, pour les humains, cultures et modes de vie font que les possibilités démographiques du même kilomètre carré seront d'un demi chasseur paléolithique ou fermier australien, de vingt agriculteurs traditionnels ou de milliers d'habitants à Shanghai.

Mais le minimum de survie des néo - urbanisés des pays du sud n'est pas l'ambition de nos concitoyens qui ont le goût des espaces verts, aussi naturels que possible, d'une agriculture locale « de paysage », même si elle a cessé de contribuer à une part appréciable de notre subsistance, et de paysages, villageois ou urbains, agréables à vivre pour leurs habitants.

Or, sous prétexte de crise du logement, la majorité des politiciens au pouvoir envisage la construction de tours et la surélévation des immeubles en ville, le remplacement des villas par des immeubles chaque fois que possible et le déclassement de terres agricoles pour de nouveaux bétonnages. Avec, à chaque opération, des coûts croissants qui excluent les très mal logés des nouveaux logements, même lorsqu'il s'agit de logements dits sociaux dont Mark Müller ne voudrait pas !

Mais ces beaux messieurs oublient de signer leur responsabilité dans cette crise du logement, à savoir leur politique de croissance économique et financière à tout prix ou les incitations fiscales ineptes qui attirent ici des quantités d'entreprises et de gens qui n'ont rien à y faire. Des arrivants dont la présence provoque la crise, en particulier quand leurs ressources sont très supérieures à celles des indigènes.

En particulier, le monde anglo - saxon des entreprises de banque et de finances, celui des grands trafics mondiaux de matières premières  et bien d'autres, attirés par des privilèges douteux qu'ils ne trouvent pas ailleurs, débarquent avec leurs collaborateurs exigeants, non intégrés et riches, et recrutent peu sur place. Certes, ils paient des impôts - sans doute moins qu'ailleurs - ce qui réjouit notre grand argentier Vert. Mais les électeurs écolos de base de David Hiller l'ont-ils élu pour voir s'installer dans les meilleurs quartiers et dans des logements qui leur sont inaccessibles des gestionnaires ou employés de Hedge funds méprisants, en costume cravate et qui n'ont pas l'intention d'apprendre un traître mot de la langue locale ? Souhaitent - ils vraiment cinquante mille habitants de plus (10%) dans le canton, que l'on rase les champs et les villas pour des immeubles et des tours, pour ne pas parler du cauchemar automobile aggravé par ces immigrants choisis  très motorisés ?

Pourtant, ces gouvernants Verts qui se comportent aujourd'hui comme les pires des libéraux - radicaux - bétonneurs ont été élus sur des programmes de sirènes chantant le respect de la nature et de la biodiversité, la convivialité urbaine et champêtre, la vie à l'échelle humaine ... Pas pour poursuivre et aggraver l'urbanisation sauvage et irresponsable en cours !

Genève, comme bien d'autres, sacrifie la qualité de vie de la plupart à l'enrichissement d'une minorité cupide et de plus en plus importée. Celle - ci est attirée par la déréglementation ou l'argent trop facile et pas par une qualité de vie qu'elle se moque de détruire... pour les autres. Il est temps de sanctionner cette politique stupide et que le canton devienne moins attractif pour les indésirables, sous peine de l'offrir aux populistes xénophobes !

In Le Courrier du 21.7.2011

 

 

25/05/2011

Actualités permanentes

Marre de Federer, marre des people, des bagnoles, du foot, des DSKonneries et du tsunami de pub qui obstruent toutes les fenêtres d'information des médias politiquement corrects.

Et si les journaux qui coulent étaient, avec les blogs et parfois la rue, les derniers sanctuaires de la liberté d'expression ?

Aussi, quand le Courrier, malgré ou à cause de son lourd passé, m'a proposé d'écrire ce qui me passait par la tête, sous entendu dans les limites confortables de la loi, j'ai tout de suite accepté et jusqu'ici ça marche ; mieux qu'ailleurs où j'ai parfois trouvé des censeurs et des rewriteurs perfides insoupçonnés - je ne dirai pas où, j'y ai encore plein de copains !

Ce serait dommage de ne pas en faire profiter les amis blogueurs et lecteurs de la Tribune...

Vous retrouverez donc ici, de temps en temps, irrégulièrement et dûment référencé, avec la bénédiction de la rubrique Regards du Courrier, ce que vous y aurez peut-être raté.

Et la compétition ?

Eh bien on l'emm... !

Peut-être que certains journaux, s'ils se soutenaient au lieu de se tirer dans les pattes se porteraient mieux !

Car, comme le soulignait Kropotkine contre les darwinistes sociaux (et comme le rappelle Drosophile dont j'ai déjà parlé), la coopération des différents est au moins aussi répandue dans la nature que leur compétition.

Si l'on essayait un peu cela partout au lieu de croire les impostures néo-libérales ?

Comme amuse-gueule, voici donc la profession de non-foi qui a inauguré ces Actualités permanentes

 

Mais qu'est-ce que je fais ici ?

Amis lecteurs, bonjour ! Ennemis aussi...

Vous devenez rares et c'est en partie ce qui m'amène parmi vous. La presse écrite décline, victime de l'audiovisuel et d'internet, de la désaffection des peuples pour l'écrit aussi. La berlusconisation des médias romands laisse peu de place à un journal payant indépendant, financé par des lecteurs et auteurs militants. C'est donc un défi à relever... En plus, je ne cache pas mon plaisir méphitique d'agnostique militant et de scientifique satirique à poser mon étron dans des colonnes qui furent financées par le Vatican, puis polluées par Patrice Mugny, sinistre fossoyeur de la culture en Ville de Genève ! Plaisir mesquin, mais pas bien méchant...

Le Courrier a changé, donc ! Depuis longtemps on y lit, dès les premières pages, ce que l'on ne trouve pas, ou seulement bien caché, dans les produits du grand monopole romand de la presse : une information pluraliste où l'état du monde n'est pas enfoui sous la pub, la promotion, le people, le sport, l'astrologie et les chiens écrasés. Une brèche dans l'assommoir médiatique des citoyens, par laquelle il faut s'infiltrer. Le Courrier ne va pas très bien, mais c'est une garantie d'indépendance : ce sera difficile d'y contrôler, par exemple mes écrits, par l'argent ! Si vous me retrouvez ici, c'est la preuve qu'il y règne une rare liberté d'expression, connue dans d'autres vies au Temps (à ma stupeur, mais il s'agissait de science, donc objective et neutre pour la droite réactionnaire !), puis surtout à Siné Hebdo, sur la RSR, à Vigousse, au Psikopat et sur internet...

Une motivation essentielle de cette chronique est de trier parmi le débordement d'informations et de pseudo actualité qui nous submerge. Nous sommes assaillis d'informations parasites qui empêchent de voir l'état du monde ou les faits qui nous concernent. Propulser dans les médias des non-événements comme les ragnagnas de Britney Spear, les bobos de Federer ou les chapeaux de la Couine d'Angleterre relève d'une manipulation, d'une désinformation calculée, qui offense l'intelligence et porte gravement atteinte à l'information. Comme le disait l'abominable Patrick Le Lay, un temps directeur de TF1, son métier consistait à vendre du cerveau disponible à Coca-Cola. Mais le monde de Coca-Cola ne se contente pas de profits : il contrôle ce que l'on fait de lui en coachant les politiques soumis à l'argent électoral et surveille ce que l'on dit de lui. L'image de marque, c'est fondamental quand on vend à des troupeaux de consommateurs contrôlés, de plus en plus serré, par les marques, les modes et l'addiction aux mondes virtuels débiles bricolés entre Hollywood et les réseaux sociaux.

Alors ces « Actualités permanentes » auront pour but de récupérer des faits que cette propagande capitaliste masque par son enfumage crétinisant. En les choisissant pour représenter quelques idées durables rescapées des poubelles éphémères de l'actualité...

 

 

12:17 Publié dans Actualités permanentes | Tags : le courrier, dédé-la-science, genève, médias romands, actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/04/2011

Goudiry - Genève

Me revoici ! Avec quelques doutes...

Ce blog a été presque aussi fréquenté pendant un mois d'absence que quand j'y écris régulièrement !

A cela, deux interprétations possibles : soit on y passe par hasard, et mes provocations ne servent pas à grand chose ; soit j'aurais réussi à y laisser des textes qui intéressent certains en dehors de toute actualité éphémère. Bref, à laisser ici quelques « actualités permanentes », dignes d'intérêt quelques mois ou quelques années après, loin des pages chaudes saturées de non événements qui détournent le lecteur des quotidiens des vrais problèmes dont on souhaite l'écarter.

« Actualités permanentes », c'est justement le titre que j'ai choisi pour une nouvelle chronique dans « Le Courrier », sympathique petit journal en faillite qui après avoir été papiste, curé rouge et khmer vert semble devenir libertaire puisqu'il m'a demandé, ainsi qu'à quelques autres fortes têtes, de déranger un peu. Une évolution de bon sens et dans le bon sens ! En ce qui me concerne, c'est tous les quinze jours le mercredi, numéro deux demain, qui ne fera pas plaisir à tout le monde. Merci à Edipresse de m'aider ici à soutenir un confrère méritant, plombé par les difficultés de l'indépendance et de la crise de la presse écrite...

Je reviens donc de Goudiry - ou Goudiri, les deux s'écrivent - petite ville peuhle du Sénégal oriental, dans le Boundou et, pour son « développement - malheur », sur la voie ferrée et la route Dakar - Bamako. Avec les événements de Côte d'Ivoire, tout le trafic d'import export des pays du Sahel qui passait par le port d'Abidjan est reporté, en grande partie sur Dakar, d'où il est acheminé par la route vers le Mali, le Niger, le Burkina et même le nord de la Côte d'Ivoire et du Nigéria. Quotidiennement des centaines d'énormes camions, dans des états très variables, passent ou stationnent à Goudiry pour réparation ou ravitaillement. Avec leurs chauffeurs et passagers très prospères par rapport à la pauvreté locale.

Vous imaginez les conséquences en matière de déstructuration sociale et de santé...

J'ai donc quitté la pollution et les embouteillages de camions de Goudiry pour les embouteillages et la pollution des 4x4 bobos de Genève, aggravés par la chaleur précoce et une multitude ahurissante de chantiers qui transforment cette ville en chantier à la chinoise. Quand je pense que c'est au nom de l'amélioration de la qualité de la vie que l'on nous inflige presque partout des marteaux - piqueurs et des fermetures de voies désordonnées. La conjonction de la fièvre entrepreneuriale, et sans doute du financement des partis gouvernant, nous vaut une dégradation permanente de la qualité de vie dont nous pourrions jouir dans cette cité plutôt heureuse.

Et ce n'est pas le ci - devant Mark Muller, premier communiant coincé à la veste sur l'épaule quand il veut avoir l'air cool, qui risque d'améliorer ça avec ses projets mégalos de « down - town la Praille » ou, dernière salve de propagande électorale (désespoir ?) de pont sur la rade. Non seulement ses projets sont aussi irréalistes et ruineux que rejetés par le peuple, mais ce triste sbire voudrait se faire passer pour celui qui fait alors que, à ce jour, c'est plutôt celui qui fait semblant !

Au moins, à Goudiry, il n'y a pas de rade et il y a autant de surfaces disponibles que l'on veut ! Pas besoin de construire des ponts, ni des gratte - ciel et l'on entend encore les oiseaux entre deux camions ou à l'écart de la route...

Mon ami Thiedel Diallo, le maire, vous salue bien !

 

 

20/09/2010

Genève : à vendre ?

Le Courrier dénonçait le samedi 11/9 la mainmise de la Fondation Gandur sur le projet d'extension du Musée d'Art et d'histoire de Genève.

Samuel Schellenberg y expliquait comment une donation, assortie d'une convention déloyale, laisserait au privé la maîtrise du musée.

Ceci rappelle, sous une forme différente, ce qui se passe au Musée d'Ethnographie de Genève, autre projet nauséabond qui fait l'objet d'une votation en cours et dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises récemment ici.

Et puis, comment ne pas songer à l'initiative dite « Genève plage pour tous », qui consiste à en éloigner ceux qui ne pourraient pas payer !

Qu'y a-t-il de commun entre ces trois affaires ?

A chaque fois, un milliardaire vaudois, indigène ou kazakh tente de prendre le contrôle d'une institution publique genevoise gérée par un magistrat Vert.

Les motivations sont différentes, entre celui qui veut squatter un musée et celui qui veut investir dans le luxe le long de la rade.

Mais il s'agit toujours de piloter par le pouvoir d'une fortune personnelle ce qui devrait l'être par une politique démocratique et ses conseillers.

On s'étonne que ce soit des gouvernements municipal et cantonal à majorités élues à gauche qui veuillent ainsi privatiser !

Mais c'est une vieille tradition des magistrats de la "gauche" bourgeoise de gouverner à droite, par électoralisme puéril ...

Dans le cas du musée d'Art et d'histoire, le magistrat Vert est plus sensible aux sirènes de l'argent qu'aux convictions de ses électeurs.

Une initiative populaire viendra sans doute bloquer ce projet inacceptable, où le municipal se tire une balle dans le pied.

Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des pays où le dernier mot est au pouvoir plutôt qu'au peuple...

Mais les préparatifs de ces mauvais coups coûtent cher, et surtout retardent les bons projets alternatifs, que l'on attend toujours !

 

20-09-2010

 

 

14:16 Publié dans Genève | Tags : musées, genève, meg, mah, genève plage, milliardaires, privatisation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

15/09/2010

Tu le sens, mon gros pic de testostérone ?

Chers Auditeurs,

Vous vous éveillez en cette aube automnale.

Si la nuit fût bonne, vous sortez du sommeil dans la bonne humeur.

Mais bientôt, un petit creux, peut-être renforcé par des odeurs de boulangerie ou de café, va vous diriger vers la cuisine.

A moins qu'un autre désir ne prenne le pas, chez vous, ou celui qui partage votre couche...

C'est que vers neuf heures, un pic d'hormone mâle met les hommes en rut, si tout va bien ; plus encore si la laronne fait l'occasion !

Après des détails omis sur cette antenne, votre journée reprend, rythmée, cadencée par les appétits et les désirs.

Jusqu'à l'endormissement final, quand la fatigue et le système nerveux mettent votre corps en veilleuse.

Comprendre comment notre corps gère son emploi du temps au rythme des jours et des besoins est une grande question de biologie.

Les travaux d'Ueli Schiebler et son équipe, à l'Université de Genève, explorent ces mécanismes compliqués.

Pour faire simple, notre corps dispose d'une horloge centrale qui perçoit le temps externe par les variations de lumière...

Et puis de micro - horloges cellulaires, à sa périphérie, coordonnées par la première.

Mais comment les habitudes alimentaires créent-elles leurs propres rythmes, plus ou moins décalés de ceux de la nature ?

Une enzyme, connue pour d'autres fonctions, s'active au niveau du foie en période de jeûne et déclenche les gènes qui guident l'appétit.

Je vous souhaite donc un excellent café - croissants ou tartines.

Quant aux auditrices qui voudraient optimiser les hommages qui leur sont dus, je leur conseille d'attendre encore un tout petit peu ...

 

RSR1 15-09-2010

 

 

08:30 Publié dans rsr.ch | Tags : rythmes, éveil, sommeil, faim, recherche, université, genève, testostérone, désir, horloges | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/09/2010

Des tire-fesses pour les pédales molles ?

L'air de Genève est souvent irrespirable à cause des embouteillages de 4x4 et autres sur - motorisés.

Le chômage local reste préoccupant.

Mais les gouvernants ne pensent qu'à réduire l'indemnisation des ayant droit.

Des employeurs imposent des cadences inhumaines et suppriment les derniers droits des travailleurs.

Au nom de la « liberté » de travailler en nocturne ou le dimanche !

Les riches sont toujours plus riches aux dépens de pauvres toujours plus pauvres.

Pendant ce temps, à quoi rêve, dans le rétrograde GHI en plus, Rémy Pagani, conseiller administratif dit d'extrême gauche de Calvin City ?

A installer des remonte-pentes pour bicyclettes !

Une première mondiale, un seul fournisseur...
Evidemment, à l'âge de Rémy, la masse musculaire et les mollets fondent. Genève n'est pas le plat pays... surtout quand on fréquente la vieille ville !

Mais ses alliés Verts ont fait subventionner l'achat de vélos électriques.

Au profit de quelques commerçants, sans doute reconnaissants...

Et puis ils développent - merci pour une fois ! - les transports en commun...

Alors c'est quoi, cette histoire de tire-fesses pour pédales molles ?

Je vais vous le dire, entre nous !

Genève a de plus en plus de mal à faire suisse.

En période de réchauffement climatique, pas question d'installer des pistes à l'air libre !

Alors, avec des remonte-pentes, même sans neige et sans skieurs, on passera peut-être inaperçus parmi les confédérés...

Le futur programme révolutionnaire de Rémy est prévisible :

- cors des Alpes dans toutes les fanfares

- géraniums obligatoires à tous les balcons

Rouges, bien sûr !

 

RSR1 01-09-2010

 

 

 

18:02 Publié dans rsr.ch | Tags : genève, suisse, gauche, vélos, bicyclette, tire-fesses | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/09/2010

Cent millions pour un Musée bonzaï dans un parking à Genève : NON !

Le projet de nouveau Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) est hideux, minable, scandaleusement cher, destructeur d'espaces verts et ne réalisera en rien ce que l'on nous promet.

La ville va voter, au sujet de trente arbres adultes détruits par le projet « Nouveau MEG ». Après une campagne grotesque pour prétendre qu'il s'agissait de Tilleuls « tueurs et dangereux » les promoteurs du projet prétendent les remplacer par deux fois plus d'arbres sympathiques.

Comment font-ils pour planter des arbres sur une dalle de béton ?

Regardez les dessins et maquettes de la propagande en couleur qui inonde boîtes aux lettres et journaux : on y voit des pelouses avec des bosses et des arbustes légers au milieu des bosses : les « arbres » seront donc en pots. On prétend remplacer trente tilleuls adultes par soixante bonsaïs, que l'on pourra toujours oublier, lorsqu'on aura dépassé le budget, à la réalisation.

Les bonsaïs, ça fait ethno, mais les promoteurs et les responsables du MEG se f... des électeurs !

Regardez maintenant les maquettes et plans : vu de la rue des Maraîchers, rien n'a changé : on retrouve l'ancienne école Carl Vogt dans toute sa laideur. Vu de Carl Vogt, la même, mais, devant, le mini - jardin à bonsaïs et, de chaque côté, deux nouvelles ailes hétérogènes et hideuses qui laissent penser que la commission d'urbanisme avait picolé ou fumé grave le jour où elle a laissé passer cela ! Les deux bâtiments abritent l'accueil et un bistrot, essentiels dans un musée à Genève !

Mais où est donc le musée ?

Une coupe nous montre, sous les bâtiments, un immense secteur rose : c'est le parking ! Eh bien non, figurez-vous, c'est le musée !

Mais où est donc le parking ?? Là, la réponse est claire, il n'y en a pas : pas besoin!

Dans ce projet « Vert », tout le monde se déplace à pied ou en vélo !

Vous me direz que la propagande nous annonce cent mille visiteurs par an, dont plein d'étrangers, dans un secteur très embouteillé ? Mais c'est bien connu, français et saoudiens visitent Genève en vélo ! Et puis, je vous rassure tout de suite : vu le projet muséographique, tristement copié sur le Musée du Quai Branly à Paris (plus de 500 millions de nos francs), la fréquentation sera un bide et les seuls embouteillages seront dus au bistrot, s'il ouvre le soir et est bien géré...

L'argument majeur du projet est l'agrandissement des espaces de présentation des collections, pour en montrer plus, en gros de 700 à 2000 m2, qui permettrait de présenter « dix fois plus d'objets ». Ce qui appelle plusieurs commentaires.

D'abord, deux mille mètres carrés est une surface d'exposition ridiculement faible pour un musée présentant des collections du monde entier. Ses homologues européens ou nord américains exposent souvent sur plus de dix mille.

Ensuite, si l'on multiplie la surface par trois et la quantité d'objets exposés par dix, cela signifie que l'on va accumuler trois fois plus d'objets dans les mêmes surfaces. Ce qui est à l'opposé de toutes les tendances de la muséographie moderne et que l'on n'a vu, ces dernières décennies, que dans une hideuse présentation des collections Barbier - Muller au Musée d'Art et d'Histoire ou dans les « accumulations » scandaleuses par lesquelles le sculpteur - collectionneur Arman traduit, sur la Côte d'Azur, son mépris pour ses confrères africains anonymes. Au dix-neuvième siècle, les musées cherchaient à présenter toute leur collection au public. C'est rapidement devenu impossible vue la croissance des collections et les musées à collection d'aujourd'hui présentent rarement plus de un à cinq pour cent de leurs réserves à la fois. Ce qui impose d'avoir un programme d'exposition qui est forcément un programme d'idées et d'avoir des espaces de réserve de capacité beaucoup plus grande que les surfaces d'exposition.

Mais où sont donc les réserves du nouveau MEG ??

Et bien figurez-vous qu'il n'y en a pas sur place ! Donc, il va falloir, soit en construire sur un futur nouveau budget, mais où et à quel prix ? Soit laisser indéfiniment l'essentiel des collections au Port - Franc, pas loin des entrepôts hors douane douteux des marchands d'art. A quel coût aussi ?

Quant aux idées, Boris Wastiau, directeur du MEG, venu du musée colonial de Tervuren en Belgique et ex - collaborateur zélé du Musée et de la Fondation Barbier - Muller, nous en propose d'intéressantes dans l'éditorial d'un tract largement distribué à la population ces derniers jours :

« ...les souvenirs de vacances sont encore frais dans nos mémoires. ... Ces voyages...sont autant d'occasions de rassembler des objets, des images, des documents que nous exposons ensuite d'une manière ou d'une autre dans nos intérieurs !

Le rôle d'un musée d'ethnographie est en quelque sorte un prolongement de cette faculté que nous avons tous. ... »

Bref, le nouveau MEG va prolonger la collection d'objets folkloriques des souks et l'art d'aéroports que vous ramenez de vacances, exposez dans le salon et reléguez au fond du jardin ou aux toilettes quand ils sont trop poussiéreux ou trop moches !

Quel programme ! C'est évidemment avec ça que l'on va séduire les universités suisses à qui l'on veut enseigner (si l'on en croît le luxueux numéro spécial votation de Totem, revue du MEG). Ce sont ces souvenirs suisses qui vont passionner les centaines de milliers de touristes étrangers et autres visiteurs attendus. Quant aux scolaires, ils se traîneront devant cette redite du pire des vacances en famille, cherchant à cacher dans la foule le natel, la console ou les câlins avec lesquels ils vivent leur vraie vie !

Alors, la bonne question est la suivante : pourquoi le conseil municipal a-t-il voté, presque à l'unanimité, un projet aussi lamentable ? Pourquoi les partis politiques locaux le soutiennent-ils à l'unanimité ? Pourquoi des personnalités politiques réputées pour leur franc parler prennent-elles la plume pour le défendre ?

Dans le Totem - Pravda électoral, la plume lasse de mon ami Louis Necker, ancien directeur du MEG, pendant longtemps, nous fournit un élément de réponse : la ville et le peuple ont déjà retoqué deux excellents projets de « nouveau MEG ». Celui du « Chemin de l'Impératrice » ouvrait à tous les espaces nécessaires dans les meilleures conditions. Celui de « l'Esplanade des mondes », à la place Sturm, faisait, du point de vue muséographie, comme du point de vue scientifique, ce que le parking à bonsaï de Carl Vogt n'aura pas les moyens de faire.

Mais est-ce parce que l'on a coulé deux beaux projets à la suite de campagnes de presse mensongères qu'il faut en laisser passer un troisième nul et inapproprié ?

La vraie raison de cette belle unanimité est ailleurs : le pouvoir de l'argent et les réseaux d'intérêts financiers. Dans cette affaire, personne, ou presque, n'ose parler des relations entre ethnographie, archéologie, et commerce, licite ou illicite, de l'art exotique. La vieille ville offre rue Calvin un luxueux Musée privé Barbier Muller, très peu fréquenté malgré la qualité des objets présentés et des campagnes d'affichage qui devraient être ruineuses. La collection Barbier Muller est une des plus importantes collections archéologiques et ethnographiques au monde. Elle réunit des objets rares et précieux, mais qui font aujourd'hui l'objet de revendications, souvent légitimes, des pays d'origine des objets. Beaucoup de ces objets patrimoniaux ont été réunis, dans des conditions liées à la colonisation ou à la pauvreté, avant l'existence de lois étrangères interdisant leur commerce. Certains autres, après... Depuis quelques années et l'intensification des revendications, le patron du Musée vend beaucoup ses collections, en particulier, il y a peu et cher, au Musée du Quai Branly à Paris.

Si nous nous reportons à nouveau à l'éditorial de Boris Wastiau dans le tract du MEG, nous lisons que le MEG « a, pour mission première d'acquérir, de conserver, de présenter et de valoriser des objets témoins de la diversité et de la créativité des civilisations. »

Sachant que Monsieur Barbier Muller a souvent critiqué la Ville et l'Etat qui ne lui achetaient pas ses remarquables collections, ne doutons pas que son (ancien ?) collaborateur, avec un tel programme, soit prêt à être un bon client ! Avec quel argent ? Celui des contribuables, au delà du budget actuel, sans doute...

Cela, tout le monde politique le sait, personne n'en parle. C'est que, entre l'immobilier, la presse payante et gratuite, et une Fondation très généreuse à l'égard de ses obligés, il est souvent difficile, sinon dangereux de critiquer...

Les trente tilleuls de Carl Vogt sont - ils les derniers défenseurs de la science et de la culture face au pouvoir de l'argent à Genève ? Amis de la ville, sauvez-les : votez NON !

 

12:57 Publié dans Genève | Tags : genève, meg, musée d'ethnographie, votation, tilleuls, art exotique, collections, argent, pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |