19/04/2013

L'archange m'a visité et épitaphé !

Recevoir des lettres d'injures et de menaces quand on écrit ce que je pense des religions, de la politique et de la droite plus ou moins extrême est banal. Mais ce que j'ai écrit sur Thatcher - note précédente - m'a valu le plus original et délicat des commentaires du genre. A en juger par le style pas très chébran (il conclut, cf ci-dessous, en me disant "merde" après m'avoir traité de "grand con") et le fait qu'il n'a pas trouvé d'astuce pour passer outre le fait que les commentaires soient fermés, il s'agit apparemment d'un monsieur d'un âge certain, méritant peut-être un certain respect, on sait jamais ! Dans une longue prose que je vous épargne, notre senior en colère insinue qu'être contre Thatcher, c'est être pour les généraux tortionnaires argentins. Genre les ennemis de nos ennemis sont nos amis, ce qui prouve qu'il en est resté aux oppositions selon Lévi-Strauss et n'a pas encore réalisé - c'est sans doute trop tard ! - la multi-dimensionnalité du monde, en général, et en politique en particulier. Ce n'est pas parce que Thatcher s'est retrouvée opposée aux tortionnaires de Videla pour une querelle territoriale où d'ailleurs l'Angleterre a tous les torts (les quelques centaines de résidents anglais des Malouines n'ont rien d'une population aborigène ayant des droits sur la terre) que Calamity Margaret n'est pas, comme eux, une hypernationaliste d'extrême droite et sans scrupules pour avoir envoyé de jeunes anglais à la boucherie, sans parler des jeunes argentins, sans doute inexistants à ses yeux !

Je traite le papy d'archange parce qu'il signe anonymement et courageusement "Gabriel C." (non, je ne ferai l'hypothèse grossière qu'il aurait sans doute faite sur la suite du C.. s'il avait été mien !), mais parce que c'est aussi un poète, ce que je respecte encore plus, même si ses vers ne me sont pas particulièrement favorables...

Papy Gabriel, je vais te décevoir : ton mail m'a fait plaisir et le temps passé à versifier me touche plus que le sens des mots. Les hommages des amis sont difficiles à distinguer des flatteries. Mais ceux des ennemis sont une véritable reconnaissance, bien plus objective !

 

 

 Fin de la prose et vers de l'archange :

"...j'irai déposer l'épitaphe qui suit sur votre tombe:

Le professeur André Langaney, toute sa vie,
Sans rémission, fut un grand con.
Et si volaient tous ceux affligés par ce don,
Il aurait assurément été chef d’escadrille.

Dédé se prenait pour un puits de science
Sans jamais réaliser un seul instant
Contre toutes les marées et tous les vents,
Qu’il n’était que vanité, mépris et suffisance.

Car enfin, à prendre les autres pour des imbéciles,
Il n’a mis finalement en évidence,
Que sa propre vacuité et son intellectuelle indigence,
Des qualités aussi stériles que débiles.

La moralité de sa triste vie,
Toute professorale fut-elle
Est que sa pensée ne fut empreinte que de bagatelles,
De triste vanité, niaiserie et forfanterie.

Et dans l'au-delà, on ne peut que lui souhaiter
De rencontrer des esprits plus élevés
Que le sien, qui, mazette,
Se traînait au niveau des pâquerettes.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Professeur, mes salutations affligées et méprisantes. Et puis, pour en ajouter une couche, je vous dis merde.

Gabriel."

14/06/2011

Maboul ... de cristal !

L'avenir comme si vous y étiez...

Si vous êtes spécialiste du passé, les gens vous interrogent souvent sur l'avenir. Algébriquement c'est logique : le côté positif du temps vaut bien le côté révolu, pas toujours négatif. Côté information, c'est délicat : le passé est certain, même si on ne le connaît pas, tandis que le futur est inconnu ET indéterminé. Ce que l'on en dit avec bon sens se limite à des impossibilités et des probabilités liées au passé et à l'état présent du monde : le soleil se lèvera probablement demain. Pourtant, religieux et politiques promettent délices et apocalypses avec aplomb, au delà des évidences que chacun sait.

Beaucoup d'espèces animales, territoriales et prédatrices comme nous, ont acquis des dents, des becs, des griffes et des venins qui tuent leurs proies et leurs rivaux. Nous seuls avons développé et utilisons massivement des machines à tuer nos semblables « proprement », contournant par la technique ce qui inhibe l'agression chez les autres animaux. Comme le commerce d'armes et le « maintien de l'ordre » capitaliste sont deux mamelles de Sainte Economie, aucun doute : quoiqu'en disent les palabres onusiens, l'avenir sera très violent.

D'autant qu'une minorité immonde des sept milliards et plus que nous seront gaspille la plus grande partie des ressources dont les autres manquent. Exemple en images dans des métropoles du sud : les très grands hôtels ont des piscines, des golfs arrosés et souvent des chasses d'eau qui fuient, tandis que la distribution d'eau est limitée à peu d'heures par jour pour la plupart des rares foyers voisins qui ont la chance d'avoir l'eau courante.

Je voyais hier l'image d'un ex - aviateur, décoré jadis pour ses brillants bombardements du Viet Nam, admirateur de Kissinger et aujourd'hui propriétaire heureux, fier et sans scrupules d'un grand domaine viticole en Californie. Nul doute qu'à l'heure du partage de l'eau, du pétrole, des aliments et des matières premières, lui et ses semblables maîtres du monde bombarderont à nouveau plutôt que de réduire trains de vie et gaspillages obscènes.

Les guerres de l'eau, du pétrole, des surfaces cultivables et des minerais rares sont en cours. Religions et vieux différents locaux ne sont que prétextes pour armer les uns contre les autres, quand les puissants y gagnent. L'angélisme n'y peut mais ! Obama n'arrêtera pas les guerres du pétrole ou des pipe - lines en Irak, au Soudan ou en Afghanistan ; au mieux retardera-t-il les prochaines en Iran, Nigéria, ou au Venezuela ? Les bonnes âmes qui, comme moi, évitent de gaspiller par réflexe moral, ne retarderont pas les crises du pétrole ou de l'eau en cours. La grande question est de savoir combien de temps les détenteurs de nombreux missiles nucléaires résisteront à la tentation de les utiliser pour être favoris dans le partage des décombres.

Vision sombre de l'avenir ? Certes, mais comme cela je ne risque que de bonnes surprises ! En attendant, profitez du réchauffement climatique, du printemps et des odeurs - derniers lilas, premières cerises - sous les rayons de cette machine thermonucléaire géante qui nous approvisionne gratuitement en lumière et énergie depuis le haut du ciel...

 

Le Courrier, Actualités permanentes, 27-4-2011

 

14/04/2010

Vrais problèmes : on pourrait mieux faire…

Les vrais problèmes en matière de ressources, santé et prospective nous sont souvent masqués.

Un milliard d’humains ne mangent pas à leur faim, trois fois plus ont une vie très précaire.

La terre pourrait les nourrir tous.

Le problème c’est la répartition des produits, pas de financer cinq cent petits producteurs de café bio pour les bobos !

La surpêche industrielle menace toutes les ressources de la mer par un gaspillage insensé. Comment la freiner ?

On n’arrive même pas à empêcher les japonais d’exterminer les thons et les baleines, qui leur manqueront demain…

On nous gave avec le réchauffement climatique, la montée des eaux et les générations futures.

Mais c’est aujourd’hui que la folie automobile pourrit la vie et que la pollution augmente mortalité et maladies graves dans les villes.

Peu importe ! Les secteurs automobile et pétrolier font d’immenses profits à court terme…

Demain, les guerres du pétrole parties d’Irak et d’Afghanistan mettront le monde à feu et à sang.

Quelle marché pour nos fabricants d’armes et ces trafiquants qui aiment tant notre discrétion et nos paysages !

Les compagnies pharmaceutiques veulent faire payer les malades et non les guérir. Elles ne s’intéressent qu’aux riches.

D’où des choix aberrants sur le sida et les grippes, bénis par l’OMS, et suivis avec zèle par les gouvernements du nord.

Pour le paludisme, les diarrhées et la rougeole qui tuent les enfants du sud, on attend que les parents puissent payer !

A ces questions, des réponses simples et humaines seraient possibles…

… en maîtrisant les égoïsmes, les nationalismes et l’addiction à l’argent des puissants.

Bref s’il y avait une gestion responsable de la société des nations… Rêvons !

RSR1 14-04-2010

11:34 Publié dans rsr.ch | Tags : vrais problèmes, faim, pêche, automobiles, guerre, armes, santé, grippe, mortalité infantile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |