09/04/2012

VIVE SINE, A BAS LA LICRA - France !

sine-mensuel-08-home.gifEntre une idée lumineuse de notre Mix et Remix et le talent d'affichiste du patron, Siné Mensuel nous livre une couverture lumineuse, du moins quand l'imprimeur ne la laisse pas baver comme sur certaines livraisons. Le contenu suit, avec une grande interview de Me Thierry Lévy sur l'absurdité du système pénitentiaire actuel. Le bouclage a eu lieu trop tôt, toutefois, pour inclure la 3ème victoire sur le fond de Me Lévy et de Tricaud l'espiègle dans le 3ème procès abusif et scandaleux que la LICRA France a intenté à Siné.

Communiqué_Licra: Siné.pdf

En tant que généticien, anthropologue et attaché aux droits humains, j'avais pour principe de répondre bénévolement, chaque fois que possible, aux demandes de conférences ou de débats des organisations militant contre le racisme, aussi divergentes et divisées qu'elles soient, en particulier du fait de leur récupération par des lobbies économiques ou politiques. J'avais de bonnes relations avec celles du monde francophone, dont la LICRA pour laquelle je suis intervenu souvent, bénévolement, en Suisse et en France.

Malheureusement, la LICRA - France, devenue avant tout depuis longtemps un lobby pro-israélien, a suivi l'évolution vers l'extrême droite du gouvernement d'occupation en Palestine et de l'état sarkozyste.

La LICRA - France  ne cesse, en vain, de poursuivre en justice, notre maître et ami Siné, très critique, comme tous ses collaborateurs, dont des israéliens, des crimes de guerre et de paix de l'armée coloniale en Palestine*. En plus, Siné a eu le « tort » de soutenir Denis Robert, journaliste qui, enquêtant sur l'affaire Clearstream, a révélé les méthodes et des relations de cette entreprise financière « luxembourgeoise », entre autres avec des gouvernants français. Cleartream et Charlie Hebdo, où Siné travaillait alors, partageaient un avocat. Ce qui valut à Siné un licenciement abusif de la part de Philippe Val (ex - dictateur à Charlie Hebdo, promu videur de talents satyriques à France Inter par Sarkozy pour ce fait d'armes). L'hebdo, puis le mensuel Siné ont été créés pour lutter contre ces atteintes à la liberté d'expression des créatures sarkozystes.

Depuis, Denis Robert, malgré des dizaines de procès intentés par Clearstream et d'autres, a été blanchi.

Un tribunal de Lyon, deux cour d'appel, la deuxième après cassation, ont, de même, blanchi Siné des accusations odieuses d'antisémitisme de la LICRA - France. Accusations absurdes quand on connaît, comme il dit, « sa vie, son œuvre, son cul » et surtout son antiracisme viscéral.

La LICRA - France n'avait pas hésité à envoyer au feu BHL, philosophe nul mais mondain qui squatte le lobby politico-médiatique parisien (pour un témoignage consternant et sans rapport avec le sujet), ainsi que son nouveau président, le hargneux avocat Jacubowicz. Ce dernier apparait, en perdant pour la troisième fois sur le fond, comme l'un des plus nuls de la profession...

On peut s'interroger, quand le racisme fait tant de victimes au quotidien, sur ce qui pousse une organisation à vocation antiraciste à investir ses troupes et d'importants moyens financiers dans un combat dépourvu de sens, perdu d'avance s'il y a une justice dans le pays concerné. La réponse est simple : comme Charlie Hebdo sous Val, qui avait pris position contre Siné et comme le lobby politico-médiatique dont elle fait partie, la LICRA - France sert la soupe à Sarkozy et défend la colonisation et l'apartheid instaurés par l'occupant en Palestine. Toutes les méthodes sont bonnes pour essayer de faire taire les opposants et la presse qui dénoncent les forfaitures financières en France ou bien les crimes de guerre et autres malversations occidentales au Proche Orient. En particulier les procès abusifs, gagnés ou perdus, peu importe, intentés pour les faire taire à des journaux, des journalistes ou des particuliers qui n'ont pas les ressources juridiques et financières de la LICRA et de ses puissants amis. Ce détournement de la justice par des riches qui veulent faire taire moins riches qu'eux, en multipliant des procès dépourvus de sens et les frais d'avocats et procédure qui vont avec, est devenu courant de la part des sociétés commerciales et financières pour cacher leurs malversations. De la part d'une organisation qui prétend défendre des droits humains, c'est totalement cynique et honteux.

Je précise que la LICRA Suisse, pour autant que je le sache, semble loin des méthodes scandaleuses de la section parisienne, tout comme les militants et sections locales françaises avec lesquels j'ai encore travaillé récemment pour de bonnes causes. Beaucoup ne semblent pas très heureux de servir de faire-valoir à des pantins parisiens comme BHL ou Jakubowicz.

*Voir par exemple http://www.lecourrier.ch/les_pieds_noirs_d_israel

 

16:48 Publié dans franco-franchouillard | Tags : liberté d'expression, siné, siné mensuel, racisme, palestine, justice, procès | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

18/02/2011

La Ben Alisation de la France, CQFD !

dites-degage-moubarak-et-pas-casse-toi-pauvre-con,M49197.jpgVous aurez tous reconnu sur cette image une des plus délicates citations du micro-président français, amabilité adressée publiquement à un citoyen qui ne lui était pas favorable et voulait s'expliquer.

Et bien figurez-vous que si vous êtes enseignant français vivant au Caire de longue date, marié à une égyptienne et qu'il vous semble amusant ou pertinent de citer le président en défilant avec quelques millions d'autochtones qui demandent le départ d'un ami dictateur du micro-président - qu'ils obtiennent peu après - ceci peut vous valoir une convocation à Paris, une sanction grave et une interdiction de retouner chez vous.

La liberté d'expression des Sarkolandais tend vers ce qu'était, il y a peu, celle des Egyptiens sous Moubarak ou des Tunisiens sous Ben Ali. Ainsi que l'explique fort bien CQFD dans un remarquable éditorial et une couverture de choc de notre joyeux copain Bob Siné !

P01-CQFD-86-rouge.jpg

 

 

 

19:12 Publié dans franco-franchouillard | Tags : liberté d'expression, répression, arbitraire, egypte, tunisie, france | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/10/2010

Je vous souhaite d’autres voix, différentes…

 


 

Chers auditeurs, vous allez me manquer !

Depuis deux ans et demi, j'ai eu le plaisir trouble d'amuser certains, d'énerver les autres, à des heures où j'avoue dormir souvent !

Je ne connais pas les proportions de ces uns et de ces autres, mais, lors de rencontres romandes, deux sortes de retours m'ont comblé.

Parfois : « Merci de l'avoir dit ! »,

Plus souvent : « Je ne suis, bien sûr, pas d'accord avec vous, mais cela vaut la peine d'en parler ! ».

Je ne cherchais pas de consensus, sur l'actualité, autour de positions libertaires, décalées ou provocantes.

En refusant le prêt à penser des agences de presse, les sujets branchés ou pipoles, j'étais à contre-courant.

Parler, à 7 heures du matin, de pattes de mouches japonaises plutôt que du foot, des sottises des Verts ou de l'UDC ne va pas de soi !

Un grand merci aux responsables de la rédaction d'avoir permis cette parole libre à des chroniqueurs aussi imprévisibles !

A des personnes qui, par leur formation et leurs intérêts, voient le monde autrement que la majorité de l'audimat.

Nous étions loin du consensus décérébré que tentent d'organiser les médias muselés par des intérêts financiers ou politiques.

C'était possible parce que nous étions sur une radio publique, dont la rédaction garde une indépendance qui n'existe plus ailleurs.

Pendant une minute trente, nous échappions à la pression des sponsorings et  de la publicité plus ou moins masquée.

Une nouvelle matinale va remplacer celle-ci et je vous souhaite, souvent, d'autres voix différentes.

Un autre très grand merci à toute l'équipe de sa grande patience vis-à-vis de nos incompétences et de mes impertinences.

Excellentes matinales à tous !

 

RSR1 06-10-2010

 

 

23/09/2010

MEG et « libre opinion » massacrés à la tronçonneuse !

Voici un cas de censure maladroite et mesquine de votre Julie !

Vous savez que les habitants de la ville votent actuellement et jusqu'à ce week-end pour ou contre la délibération du conseil municipal attribuant un crédit pour la rénovation du Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) ... et la suppression d'un espace vert. Si vous ne le savez pas, vous retrouverez facilement plusieurs billets sur ce blog expliquant pourquoi, au delà de la juste cause des arbres défendus par cette votation, je trouve le projet de rénovation du MEG scientifiquement aberrant, architecturalement désastreux, pédagogiquement nul et par dessus tout ruineux pour un résultat lamentable.

La semaine passée, on me demande courtoisement de rédiger une libre opinion  « contre » dans votre Julie, face à une libre opinion « pour » de Monsieur Jean-Paul Barbier Müller. Ce que je fais en suivant rigoureusement les consignes, en particulier concernant la longueur du texte.

Ces textes sont parus samedi passé, mais j'ai eu la surprise - puisque personne ne m'en a prévenu ! - de trouver un certain nombre de remaniements dans le mien. Pour en témoigner, je vous livre ci-dessous le fichier exact que j'avais envoyé, où j'ai juste mis en gras ce qui avait été changé, que je vais commenter ici :

 

-       le titre énergique « Musée massacré à la tronçonneuse ! » a été remplacé par un pâle « Non aux petits ethnographes » , sans point d'exclamation. Cela peut se comprendre dans la mesure où le principe était un débat oui - non et où c'était fidèle à l'esprit du texte. Mais on aurait pu me demander mon avis, en particulier parce que cela supprimait l'allusion au massacre des arbres qui a permis la votation. C'est un problème récurrent que dans les journaux : au prétexte de respect de la maquette et de politique de communication, des individus prétentieux se permettent de faire ce qu'ils appellent avec mépris « la titraille », c'est - à - dire de changer tous les titres d'articles sans consulter les auteurs. Or le titre est un élément essentiel de l'article qu'il est censé résumer et promouvoir. Souvent le lecteur ne lit que lui et ne va pas plus loin. Certes peu d'auteurs font de bons titres ! Il n'empêche que ce serait les respecter que de leur soumettre ces « meilleurs » titres avant parution, ce sont eux qui les signent. L'urgence des bouclages est un mauvais prétexte !

-       une parenthèse a été rajoutée !                                                                                                                                              (récemment dans le cadre de la codirection d'un catalogue d'exposition)

Elle précise, en la minimisant, une collaboration du directeur du MEG, nommé par Patrice Mugny et Boris Drahusak, avec le musée privé Barbier-Müller. Ajouter une phrase à une libre opinion, comme si elle venait de l'auteur et sans le prévenir, est, encore une fois, un procédé qui peut se discuter, même si la phrase en question est exacte, dans la mesure où elle limite la portée du texte et prépare la modification suivante...

-       les phrases suivantes ont été carrément supprimées :

« Ce qui doit réjouir son (ancien ?) patron, Monsieur Barbier - Müller, qui espère, depuis longtemps, vendre à Genève les remarquables et fort coûteuses collections familiales. Du moins ce qui reste après de bonnes affaires avec le discuté Musée du Quai Branly à Paris et quelques autres. Avec quel argent ? »

Il s'agissait pourtant d'un élément essentiel du débat. Le directeur du musée annonce une politique d'acquisition de collections pour laquelle il n'a pas de budget conséquent. Le contribuable peut donc s'attendre à de juteuses demandes de crédits au Département de Affaires Culturelles que convoite Monsieur Drahusak pour succéder à Monsieur Mugny. Par ailleurs, Monsieur Barbier - Müller, qui, ce n'est pas un mystère, vend ses remarquables collections, a souvent critiqué dans la presse, les medias ou des exposés publics, le MEG qui voulait « construire un écrin alors qu'il n'avait pas de bijoux » et la ville, ou le canton, dont les budgets de la culture auraient dû servir à acheter « des » collections. Manifestement, il ne fallait pas faire remarquer que la politique annoncée risquait de coûter beaucoup plus cher que le budget déjà scandaleux de l'agrandissement du musée et ses dépassements prévisibles. Ni surtout que le défenseur principal du projet pourrait, éventuellement, avoir des intérêts privés dans de futures acquisitions proposées par un directeur qui fût un de ses collaborateurs...

-       enfin la chute du texte a été amputée de la partie en gras ci-dessous et la signature de l'adresse de ce blog où l'on retrouve plusieurs billets développant mes arguments :

« Au delà des arbres, ce projet tronçonnerait la culture et les budgets, style Patrice Mugny - Boris Drahusak ! »

Il s'agissait ici de rappeler que c'est un magistrat Vert et son directeur et candidat successeur Vert, réputés pour leurs méthodes brutales de « Khmers Verts », tous deux supposés de gauche par leurs électeurs, qui sont à l'origine de la nomination de l'étrange directeur du MEG et de ce projet ruineux et destructeur d'un espace vert. Ainsi que d'une politique qui plaît tant à mon prestigieux opposant, marchand et détenteur d'une des plus belles collections du monde, star de l'immobilier et de la finance genevoise ... et grand ami d'Edipresse !

 

Que la rédaction de la Tribune, journal d'Edipresse, ne veuille pas contrarier Monsieur Barbier - Müller et ses obligés du MEG peut se comprendre. Qu'elle propose à un opposant notoire une libre opinion « à égalité » avec l'intéressé est tout à sa gloire et souligne son aspiration déterminée à une façade démocratique. Qu'elle change un texte de façon critique sans consulter celui qui le signe n'est pas très courtois, ni malin à une époque où les blogs et autres médias permettent de la prendre la main dans le sac...

Cela dit, c'est sans rancœur, ni méchanceté, que je l'évoque ici, dans la mesure où, par rapport à ce qui se passe ailleurs et jusque dans les pays frontaliers, c'est déjà très bien d'avoir été publié, même après un peu de chirurgie éditoriale contrainte et peu esthétique !

 

 

Annexe : texte original envoyé, parties changées, dans l'article paru, soulignées en gras :

 

Musée massacré à la tronçonneuse !

Le souverain de la ville de Genève vote sur l'initiative contre la délibération du conseil municipal qui attribue un fort crédit pour l'agrandissement minimal en sous-sol du Musée d'Ethnographie.

Ceci au prix de la destruction d'un espace vert planté de grands arbres, remplacé par une dalle de béton. Pour masquer cet attentat contre la qualité de la vie, on planterait, sur le béton, une sorte de jardin de bonsaïs et fontaines. Les promoteurs se vantent de planter plus d'arbres (nains) qu'ils n'en abattent (de vénérables !). Les électeurs apprécieront à quel point on se moque d'eux !

Au delà des arbres, examinons un projet qu'il serait grave de rejeter s'il devait remplir une fonction essentielle.

Dans la Genève Internationale, le Musée d'Ethnographie aurait pu devenir LE lieu de rencontre des civilisations et des cultures du monde, lieu de retrouvaille de ses origines pour les visiteurs, les résidents d'origines étrangères et des scolaires, lieu d'initiation aux autres pour les autochtones appelés à découvrir le monde et ses ambassadeurs parmi nous. C'était le projet Esplanade des mondes, un musée des civilisations comme il en existe d'excellents et très fréquentés à Québec, Mexico, aux Etats-Unis et ailleurs. Une campagne de dénigrement l'a fait échouer.

Aujourd'hui, on nous propose un musée d'objets anciens, de souvenirs de voyages genevois, parce que, comme l'écrit le directeur Boris Wastiau dans un tract, quand nous voyageons, « nous sommes tous de petits ethnographes » ! Le Musée d'Ethnographie de Genève, fondé par Eugène Pittard, immense anthropologue, est tombé entre les mains d'un auto - proclamé « petit ethnographe » venu d'un musée colonial belge et collaborateur du musée privé Barbier - MüllerXXXXX... Dans son programme, centré sur la collection comme dans un musée du XIXème siècle, l'acquisition est au premier rang. Ce qui doit réjouir son (ancien ?) patron, Monsieur Barbier - Müller qui espère, depuis longtemps, vendre à Genève les remarquables et fort coûteuses collections familiales. Du moins ce qui reste après de bonnes affaires avec le discuté Musée du Quai Branly à Paris et quelques autres. Avec quel argent ?

Comme le budget prévu est englouti par le musée parking souterrain, le contribuable peut prévoir qu'au delà des cent millions de la réalisation après les habituels dépassements, on lui demandera de fortes rallonges comme crédits d'acquisition ou bien pour installer - où ? - les nécessaires réserves, inexistantes dans les plans.

Genève a déjà un musée d'objets ethnographiques dont les prestigieuses collections attirent un public confidentiel de riches collectionneurs, acheteurs et amateurs éclairés. Comment le conseil administratif et le conseil municipal ont-ils pu voter de faire du musée d'Eugène Pittard un Musée Barbier - Müller bis, tellement plus pauvre et plus laid que l'original de la rue Calvin ?

Au delà des arbres, ce projet tronçonnerait la culture et les budgets, style Patrice Mugny - Boris Drahusak !

 

André Langaney

http://www.alanganey.blog.tdg.ch/

 

(2980 signes, espaces compris + titre et signature)