13/12/2015

Amis médecins, tremblez : le Psikopat vous fait la fête !

01 copie.jpgPresque rien ne vous sera épargné : ni l'exercice illégal de votre Art, ni vos escroqueries alternatives et parallèles, ni votre fréquent amour de l'argent, ni vos erreurs dramatiques aux conséquences inhumaines !

Bouclé au lendemain des attentats un numéro au dossier très fort vous concerne, dans lequel on a juste reporté le pire (à de prochaines "tambouilles"), pour épargner les nerfs des urgentistes, déjà bien atteints d'avoir fait au mieux dans l'horreur...

Ne vous réjouissez pas trop, ce n'est que partie remise par la faute de l'actualité...

Mais, comme qui aime bien châtie bien, vous ne vous en sentirez que plus aimés, du moins ceux qui le méritent et qui ont gardé le sens de l'humour !

24/04/2013

François Jacob : souvenirs personnels

Pour l’étudiant que j’étais du temps de son prix Nobel, François Jacob était un monstre sacré que l’on pouvait apercevoir de loin, noyé dans la foule, lors d’une conférence prestigieuse. C’était surtout l’auteur de La logique du vivant, l’un des livres qui m’ont le plus marqué dans ma quête sur l’histoire de la vie et la nature humaine. J’y retrouvais le hasard et la contingence, rencontrés lors de mes études de biologie, qui relativisent le rôle de la sélection naturelle, mais surtout l’idée du « bricolage évolutif » qui fait que les êtres vivants ne sont pas des prototypes parfaits issus des dernières technologies apparues dans l’histoire de la vie, mais sont des assemblages de bric et de broc de caractères nouveaux et de vieilles combines archaïques, conservées indéfiniment parce qu’elles permettent aux lignées qui les portent de satisfaire les deux conditions de la sélection naturelle : survivre assez pour procréer et procréer assez pour survivre.

Et puis, après pas mal de recherches et une grande exposition réalisée grâce à de nombreux collègues du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, je publie un essai*. Quels ne furent pas mon bonheur et ma stupéfaction de découvrir, en première page du Monde une recension élogieuse de mon livre signé du prix Nobel ! Ce fût aussi l’occasion de le rencontrer, moins dans ses bureaux à l’Institut Pasteur ou au Collège de France, que dans les médias, puis à titre privé, longtemps après, par suite de contingences. La plus passionnante de nos interactions fût la préparation et l’enregistrement d’un débat télévisé d’une heure sur l’évolution, pour une chaîne de télévision de qualité mais relativement confidentielle. La préparation avait été minutieuse, de son fait, mais deux différences de sensibilités apparaissaient. D’une part, suite à un long combat gagné contre les vieux biologistes de l’université, il se battait encore pour la reconnaissance de la biologie moléculaire. Pour moi, elle avait, à juste titre mais parfois excessivement, conquis le devant de la scène. D’autre part lui, le « bricoleur de l’évolution », était encore très « sélectionniste », bien que moins que feu son compère Monod. Bien qu’amoureux des colibacilles, puis des souris, François Jacob connaissait bien mieux la génétique humaine que la plupart de ses collègues médecins et maîtrisait la biologie évolutive qu’ils ignorent souvent. Sinon, nous étions d’accord sur les conséquences philosophiques de l’état de la biologie, ainsi que sur de nombreuses issues idéologiques et politiques qui nous firent nous rencontrer souvent dans des instances et débats discutant d’éthique biomédicale ou de lutte contre le racisme. Il est vrai que nous n’avons jamais parlé d’armées et de guerres ensemble, des thèmes sur lesquels nous ne risquions pas de tomber d’accord…

 

Vous trouverez ailleurs de nombreux éloges et historiques de sa vie et de sa carrière remarquable. Ils portent sans doute moins que ces souvenirs personnels sur certaines de ses qualités, rares à ce niveau et à l’âge qu’il a atteint : un sens de l’écoute  et une attention très critique, la rigueur intellectuelle, bien sûr, mais aussi un grand sens de l’humour, souvent féroce. J’ai peut-être eu de la chance, mais je me souviens de lui presque toujours souriant ou riant. Même quand il me demandait, parfois avec une certaine insistance, comment il se faisait que sa fille, éditrice, « n’avait pas encore réussi à m’arracher un bouquin », contrairement à la plupart de ses collègues et amis. La réponse était évidente : les affinités et empathies ne sont pas plus héréditaires que les talents, selon un thème qui nous était cher et commun ! Mais la courtoisie, tant vers elle que vers lui, ne me permettait guère de le préciser… Il faut dire aussi qu’être enfant d’un personnage aussi prestigieux, célèbre et énergique n’est pas facile et que la médiatisation et les responsabilités aussi lourdes que celles qu’il a assumées pendant sa longue carrière ne facilitent pas les vies familiales…

 

*Le sexe et l’innovation, éd. du Seuil.

 

20/10/2011

Claude Briot a même rencontré Dieu à Lumbini !

Physiquement, Claude a l'air d'un archéologue ou d'un missionnaire issu de nos montagnes ; mais sec, non bedonnant. Sinon, chauve devant mais chevelu derrière, parfois barbu, faux timide. Avec un sourire toujours amusé, sinon ironique, qui se transforme à l'occasion en rire carrément satanique. Ça tombe bien, il est au moins aussi mécréant que votre chroniqueur énervant ! En fait, il est médecin et court le monde dans tout les sens depuis des décennies, avec un attrait, de plus en plus marqué au fil du temps, pour les endroits où tout va mal et où ses compétences sont les plus directement utiles. Depuis quinze ans il a travaillé pour diverses associations humanitaires au Nigéria, à Haïti et dans beaucoup d'autres endroits où vous ne partiriez pas, en général, pour les vacances. Mais cela s'est parfois mal passé : le gaillard est franc et direct. Il ne supporte pas plus les détournements de fonds que l'incompétence ou l'administrationnite paralysante invasive de beaucoup d'ONG. Du coup, il a décidé de fonder sa propre association pour son dernier coup de cœur : au Népal, loin de tout, là où il a l'impression de vraiment pouvoir faire quelque chose. Il m'a envoyé une longue description de la vie quotidienne à  Lumbini, ville du bout du monde, que je vous résume ci - dessous avec son accord.

 

« Dans les échoppes, des vendeurs de médicaments s'improvisent médecins. Un homme coud chemise ou pantalon. Un autre lave et repasse pour quelques roupies ... pas de mère Denis ! Au Tea shop, Rakesh, ado, ne connaît pas son âge. Il lave les verres, sert du matin au soir, dort sur place, fait gardien. Il mange à sa faim et sait compter ; lire c'est autre chose...

De nombreux népalais ne vont pas à l'école. Malgré la scolarité obligatoire, renforcée par les maoïstes du gouvernement.

Des efforts sont  réalisés pour les garçons, un peu pour  les filles. La fille de la campagne est  promise au mariage dès huit, dix ans.

Des enfants rejoignent des monastères bouddhiques, quittant leurs parents pour revenir moines confirmés cinq à six ans après. Une fierté, un déchirement, mais la certitude d'une vie protégée.

Le dispensaire est là, manque de tout. Une association fournit le minimum, dans l'urgence : nourrissons, enfants, diabète fréquent, non traité.

Et Dieu ... ?

Chez le photographe, qui me faisait des images pour des documents officiels, un vietnamien me demande d'où je viens. On sympathise et il m'invite au monastère vietnamien, dont il est Maître fondateur. C'est cet homme obstiné qui fait reprendre vie à Lumbini et fait venir des bouddhistes d'autres pays. Aidé par des membres de l'ONU, il considère comme un signe divin...la présence de grues ! Il protège ces oiseaux des paysans qui aiment leurs œufs. Il m'offre un livre où j'apprends qu'il a servi de médiateur entre maoïstes et gouvernement pour la paix actuelle au Népal. Ici, c'est le docteur Lam...

Mais, pour l'état civil c'est Huyen DIEU ! »

 

Ce n'est pas tous les jours que je ferai de la propagande pour des associations humanitaires après ce que j'ai vu, ici ou là, faire le pire en prétendant faire le meilleur. Mais Claude Briot, je l'ai accompagné pendant des semaines sur le terrain, ne comptant ni son temps, ni sa peine, ni pour Dieu, ni pour le fric. Simplement parce que notre mécréant ne supporte pas l'idée que des gens, et en particulier des enfants, souffrent quand il y peut quelque chose. Aussi, si vous aimez le Népal ou si vous voulez en savoir plus, je vous conseille vivement un tour sur le site tout neuf, encore en rodage, de son association, dont vous découvrirez l'histoire, l'action ... et évidemment les besoins urgents ! Et pour une fois, je vous promets que des dons éventuels seront utilisés au mieux...

Adresse mail :lumbini.asso@orange.fr

Blog : http://associationlumbini.blogspot.com/

 

In Le Courrier du 12-10-2011

 

 

 

 

 

12:54 Publié dans Actualités permanentes | Tags : humanitaire, népal, médecine, éducation, bouddhisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

20/04/2009

Soigner ou manipuler ?

Croire à sa guérison et à l’efficacité d’un traitement est important pour vaincre de nombreuses maladies, surtout dans les sociétés bobos.
C’est même souvent suffisant ! Ce qui explique le succès des « médecines » alternatives, douces ou exotiques, ainsi que des sorciers, homéopathes, ostéopathes, mages et autres charlatans : l’effet placébo guérit, selon la maladie, de 0 à 100% des patients.
Les vrais médecins utilisent aussi l’effet placébo, en donnant à des patients des produits sans effet sur le mal dont ils souffrent, mais qui servent d’appui, par suggestion d’efficacité, aux promesses de guérison.
En principe, le placébo devrait être un comprimé de glucose ou autre support neutre mimant un traitement classique.
Une enquête américaine dévoile une pratique bien différente : la moitié des médecins déclarent utiliser des placébos. Mais 13% utilisent des antibiotiques et autant des sédatifs, qu’ils devraient réserver aux cas pertinents, 41% des anti – douleurs, créant souvent des sensations agréables provisoires, 30% des comprimés sucrés ou salés, 38% des vitamines.
Bref, un quart prescrivent inapproprié ou néfaste, plus de la moitié manipulent, peu ou plus, les perceptions des patients.
C’est discutable aux niveaux médical, éthique et simplement moral !
On aimerait une enquête semblable en Suisse et en Europe, ou mieux : une étude des pratiques réelles des médecins, pas de leurs déclarations via internet …
Nul doute que, pour l’incontournable utilisation des placébos, nos médecins, scientistes et pressés, ont beaucoup à apprendre de mes potes féticheurs du Sénégal oriental, experts en "médicaments impressionnants" et paroles qui guérissent.
Surtout s’ils veulent nous délivrer des imposteurs qui leur broutent réputation et honoraires !

In Siné Hebdo N° 14

09:31 Publié dans dédé siné | Tags : placébos, médecine, éthique, psychosomatique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |