14/01/2012

La France... de AAA à Ha Ha Ha !

Voici que les vaniteux coqs gaulois se retrouvent plumés comme des grecs par ces courroies de transmission de la mafia spéculatrice que sont les agences de notation. Vous savez, Standard et les pauvres, puisque le standard, dans ce monde de pourris, c'est d'être riche !

Alors si vous voulez savoir comment on en arrive là dans un pays riche, il faut vous précipiter pour voir le film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat « Les nouveaux chiens de garde », qui vient de sortir à Paris et risque de ne pas rester longtemps en salles, malgré les queues à l'entrée. S'inspirant des prémonitoires Chiens de garde de Paul Nizan et des Nouveaux chiens de garde de Serge Halimi, le film raconte, de manière aussi hilarante que pathétique, la berlusconisation de la France, depuis de Gaulle jusqu'à Sarko, en passant par Mitterrand. On y montre comment une vingtaine de journalistes vedettes, présentateurs de journaux télé ou radio, directeurs de journaux et magazines, prétendus experts ou philosophes, travaillent à la botte de moins de dix discrets grands patrons et de leurs marionnettes politiques. On montre, sur des images d'archives, avec peu de commentaires de vrais experts jamais médiatisés, comment ces crapules, qui se font passer pour objectives et neutres, manipulent et fabriquent une opinion piégée par la pensée unique néolibérale ou les faits divers exagérés qui font peur et comment elles stigmatisent les banlieues, les pauvres et les immigrés, au grand profit de Marine Sarkozy et Nicolas Le Pen.

Même les gens de droite qui veulent se faire leur opinion s'esclaffent devant la gestuelle de soumission des présentateurs face aux patrons et politiciens dominants ou en entendant un économiste star promettre que tout s'arrangera juste avant la crise et prétendre avoir tout prévu après. Déjà évoqué dans des films peu diffusés de Pierre Carles, le « dîner du siècle » réunit, dans un grand restaurant de la place de la Concorde à Paris, tous les derniers mercredi du mois, ce lobby de journalistes et prétendus experts des médias, des politiques « importants » et surtout leurs patrons propriétaires des médias. Des surtitres des images à l'entrée de ce huis clos montrent très explicitement la dépendance des uns des autres à travers les situations d'administrateurs et les « ménages »* qui récompensent les fidélités sans failles.

Ce serait un lieu idéal pour les prochaines manifestations d'indignés : des cohortes de cars de CRS sont déjà fidèles au rendez-vous...

Cerise sur le gâteau, les imposteurs dénoncés se sont précipités dans les médias où ils sévissent pour faire la peau au film, ce que les auteurs utilisent fort judicieusement dans le générique de fin, gag à ne pas manquer par un retrait précoce ! Ne les croyez pas et, en attendant une improbable et confidentielle diffusion en Suisse romande, profitez d'un saut à Paris pour aller passer un très bon moment. Bien sûr, un travail semblable reste à faire en Suisse, avant qu'il ne devienne impossible...

______________________________________________________________________________________________________________________________ *prestations serviles surpayées et souvent peu déontologiques

 

30/12/2011

Top news : la Suisse reste la Suisse !

 

Puisque notre webmaster voulait notre classement des principales nouvelles 2011, voici mon top 3 :


1) La Suisse est toujours la Suisse !

En témoigne ce No1 des « Top.news » du site tdg.ch il y a peu :

ATS | 27.12.2011 | 09:43

Le canton du Jura secoué par un tremblement de terre

http://www.tdg.ch/print/node/397878

Un tremblement de terre a été enregistré ce matin dans le village de Bellelay (BE), à 11 kilomètres au sud-ouest de Delémont. Le séisme de magnitude 3 sur lʼéchelle de Richter est cependant passé inaperçu dans la région. A la clinique de Bellelay, aucun employé ne lʼa ressenti. Aucun dégât nʼa été constaté par les polices cantonales jurassienne et bernoise. ...

En Suisse, les séismes résultent de la collision entre les plaques tectoniques européenne et africaine. Ces chocs sont notamment à lʼorigine des Alpes. Lʼactivité sismique peut être qualifiée de moyenne en Suisse.

Ouf ! Heureusement qu'on avait les polices cantonales jurassienne et bernoise. Et puis qu'on n'a pas rendu les plaques !

 


2) Les indignés mettent la chienlit du monde sur la place publique :

Financiers et spéculateurs sans scrupules, multinationales maffieuses, politiques et banquiers pourris, gouvernements racistes et cyniques, armées, justices et polices corrompues, médias muselés et/ou serviles, abrutissement programmé des citoyens et en particulier des jeunes, travail, économies, solidarités et protections sociales sabordées par le néolibéralisme sauvage, ...

Ce n'est pas pour cela que grand chose va se résoudre bientôt, mais, au moins, on sait de plus en plus à quoi et à qui on doit faire face.


3) Pour positiver un peu : on va peut-être avoir un peu moins froid l'hiver...

 

23/12/2011

Vive Noël, neutre et païen !

 

Noël est une grande fête païenne. Dans son jeune temps, Claude Lévi-Strauss, dont je n'aimais pas beaucoup les écrits ni la mondanité parisienne, avait écrit un remarquable article sur le mythe païen du père Noël, lié au solstice d'hiver, que les églises chrétiennes ont, en vain, cherché à éradiquer. Puis, ont récupéré de mille manières, du Saint Nicolas belge au Jésus palestinien, en bricolant les calendriers, maquillant l'histoire et les faits et en inventant n'importe quoi, comme tous les prêtres de toutes les religions savent si bien faire.

Ils sont tout juste débordés par la propagande marketting de Sainte consommation, Sainte Pub et Saint Marketting, qui abrutissent les gamins par des jeux électroniques de guerre et de poupées immondes, et les parents par la propagande pour les drogues légales, les sports cons et les partis racistes.

L'année prochaine, je vous propose un réveillon harengs-patates-gros rouge qui tache, avec fumette sur le balcon de mes futurs quatre pieds de chanvre carougeois légaux pour ceux qui aiment - en ce qui me concerne, je déteste !

Mais cette année, désolé, je n'ai pas le temps : j'ai encore des courses à faire pour ne pas passer pour un père indigne !

On détaillera tout ça une autre fois...

PS : il semble que tout le monde n'ait pas tout compris de mon trop court billet concernant l'évolution, le neutralisme, la sélection et les idéologies. Faute de temps, je vous renvoie à :

http://www.lecourrier.ch/dur_d_etre_neutre_en_evolution_m...

 

05/09/2011

« Sociobiologie », « psychologie évolutionnaire » … : des pseudo – sciences attaquent les universités !

Newton pratiquait l'astrologie et Wallace, co - découvreur oublié de la sélection naturelle, le spiritisme. L'interprétation rationnelle de phénomènes naturels n'était pas une garantie contre des égarements de la pensée dans d'autres domaines ! Beaucoup de nos contemporains y voient un égarement de précurseurs. Ou bien les premiers effets de la spécialisation imposée par un volume des connaissances qui dépasse les capacités de chacun. Contrairement à l'injonction de Boris Vian, on ne saurait, en sciences, être un spécialiste de tout !

La sagesse et l'histoire des sciences commandent une autre attitude quand la spécialisation de chacun croît et quand la recherche fait appel à des connaissances d'origines diverses, en partie mal maîtrisées par les chercheurs. Les pseudo - sciences ont donc, comme jadis l'astrologie, l'alchimie ou le spiritisme, des perspectives de développement croissantes. Plus encore si elles se masquent d'un arsenal technologique plus obscur que le latin des médecins de Molière et communiquent mieux que les vrais scientifiques.

La « sociobiologie » et son avatar humain, la psychologie dite évolutionnaire ou évolutionniste sont de bons exemples. Derrière une façade de bon sens et des concepts intuitifs peu rigoureux, mais accessibles à tous, elles cachent des fondements inexacts et réfutés par des connaissances établies mais trop difficiles pour qui n'a pas fait d'études spécialisées.

L'idée de départ est simple et peu discutable : les sociétés animales, humaines comprises, sont composées d'êtres vivants soumis aux lois de la sélection naturelle : survivre et procréer. Une organisation sociale ou un comportement qui compromet survie ou reproduction sera éliminé. Mais les sociobiologistes pratiquent la même dérive idéologique que les faux héritiers de Darwin, fondateurs du « darwinisme social » au 19ème siècle. Ils en déduisent que les sociétés et les comportements, en compétition permanente, tendraient vers une « optimisation » de leurs performances, les meilleurs, les plus « adaptés » balayant les autres. Cette croyance mystique dans un perfectionnement continuel, une optimisation de « l'adaptation » et la réalisation de « stratégies évolutives stables » est contraire à tout ce que les sciences de l'évolution et de la nature nous ont appris après Darwin. Si les sociétés doivent, comme les espèces, respecter les nécessités de la sélection naturelle pour durer (si elles se suicident comme l'Ordre du Temple solaire ou ne font plus d'enfants ou de disciples, elles disparaissent !), elles sont aussi soumises aux hasard des mutations, de la procréation et aux contingences de l'histoire. Et ce rôle de l'histoire, du hasard et des contingences est d'autant plus important que les populations sont peu nombreuses. Chez des insectes ou crustacés qui se comptent par centaines de milliards, produisent beaucoup de descendants (dont la plupart sont éliminés), sélection et compétition peuvent produire des formes et des comportements qui nous semblent parfaits. Chez des grands singes ou des humains préhistoriques qui se comptaient seulement par milliers, se reproduisaient peu et survivaient souvent, des calculs simples montrent que les effets du hasard, des contingences et de l'histoire l'emportent sur ceux de la sélection qui se réduit à l'élimination de l'impossible. Ainsi, de nouvelles mutations favorables sont, le plus souvent éliminées, tandis que, partant de la même origine, des populations séparées ont des histoires divergentes, des modes de subsistance, des sociétés et des cultures diverses, loin de tout optimum ou des stratégies évolutives stables rêvées ou calculées par les bigots de la sociobiologie ou de la psychologie prétendue évolutive.

Ce n'est pas un hasard que ces aberrations sévissent surtout en zoologie et dans des sciences sociales où l'on ne connaît rien des recherches sur les mécanismes de l'évolution après Darwin. Ni qu'elles viennent d'un monde anglo - saxon dont l'idéologie néolibérale est l'héritière sans ruptures de la féodalité et du capitalisme sauvage du 19ème siècle...

In le Courrier du 31-8-2011