02/07/2009

Vive le sport !


Un tumulte d’hélicoptères en rase-mottes aurait pu faire croire à un tournage de la guerre du Viet Nam.
La ville était bouclée, ses habitants cloîtrés, ou bien chassés par les envahisseurs et la police.
Ç’ aurait pu être tournage d’un film écolo vu du ciel, style Home, bilan carbone maximum.
Mais non !
C’était le championnat de Belgique de cyclisme qui pourrissait le week - end d’une charmante bourgade.
Une armada de 4x4 et de caravanes géantes avait amené quelques montures de « mobilité douce ».
Quelques dizaines de drogués faisaient dix sept fois un circuit de rats en cage entre des dizaines de kilomètres de barrières.
D’énormes camions, avant et après, installaient puis retiraient le tout, ainsi que des dizaines de tribunes et de tentes pour manger gras et boire beaucoup.
Accoutrés de T shirts de leurs idoles, les supporteurs s’alcoolisaient du matin au soir.
Les canettes et les bacs à frites polluaient les rues et les jardins du parcours.
Un animateur, avec cent mots de vocabulaire, demandait son « projet » au champion local, médaille de bronze la fois d’avant.
Devinez la réponse !
En une demi heure, on a dit trois fois la gloire du drapeau tricolore « le plus beau du monde » !
Pour une fois, les bleu – blanc - rouge ont trouvé leurs maîtres en matière de crétinisme nationaliste !
Les sages, du village, étaient partis.
Les autres, bloqués, regardaient souvent la course … à la télé.
Le lendemain, parmi les détritus, les commerçants pleuraient la recette du week end, les clients n’ayant pas pu accéder aux magasins…
Vive le sport !

RSR1 01-07-2009

19:18 Publié dans rsr.ch | Tags : sport, cyclisme, pollution, bruit, nationalisme, abus, libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

29/06/2009

Obama : des idées sans gènes !

« Mais c’est [ma propre histoire d’Américain] qui a gravé dans mes gènes l’idée que cette nation est bien plus que la somme de ses individus, que, tous autant que nous sommes, nous ne faisons qu’un. »
Après l’histoire méphitique du candidat Sarko qui pensait la pédophilie et la délinquance génétiquement programmées, cet extrait du beau discours du 18 mars 2008 à Philadelphie du futur président - élu étasunien contient deux propositions inquiétantes. Contrairement à Sarko, dont l’action a confirmé l’abrutissement idéologique et le cynisme, nous laisserons au beau Barack la présomption d’innocence trompée, mais :
- il est idiot de proposer qu’une histoire « grave une idée » dans des gènes. Seuls des mutations, des virus ou des bricolages génétiques changent l’ADN. Par ailleurs, nos moins de trente mille gènes de chimpanzés ou de souris n’ont pas les moyens de gérer une pensée abstraite.
-  certes il était en pleine campagne électorale au pays du « tout génétique » et en pleine exacerbation patriotarde. Mais on espère, vu l’argumentation qui précédait sur ses origines et la diversité étasunienne, que Barackounet pensait, aussi fort qu’il ne le disait pas, que sa démonstration s’appliquait à la planète entière et pas à la seule redoutable nation qu’il est censé diriger sous peu.
Car, pour que la formidable puissance symbolique de son élection ne conduise pas à une aussi formidable déception locale et internationale, il faudrait qu’il évite, dans son action, le pire des Etats-Unis : la croyance en un destin programmé et le mépris des autres. Pas évident !
Rêvons ! Il en est encore temps …

Siné Hebdo N°19 (7 janvier 2009)

09:12 Publié dans dédé siné | Tags : obama, gènes, idées, nationalisme, destin | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13/03/2009

National - écologisme

Depuis trois milliards d’années les continents changent de formes, de dimensions et de climats. Au hasard de ces variations, plantes et animaux parcourent le monde et de nouvelles espèces remplacent les anciennes.
Les humains accélèrent cette « mondialisation de la nature » en déplaçant des espèces, par intérêt, par curiosité ou fortuitement (les rats, les cafards et bien d’autres).
Certaines expansions sont désastreuses et méritent d’être contrôlées, pour des raisons économiques, médicales ou scientifiques. Par exemple si une plante envahissante provoque des allergies graves ou si un prédateur introduit, comme la grenouille taureau, décime les espèces locales.
Mais on est perplexe quand de prétendus écologistes veulent « éradiquer » – c’est leur vocabulaire ! – toute espèce importée, souvent depuis longtemps, ou celles arrivées d’elles-mêmes dans leur « terroir », avec une haine comparable à celle que d’autres vouent aux immigrés.
L’idéal d’une nature nationale ou locale dont il faudrait conserver de prétendus équilibres contre les attaques d’espèces introduites ou envahissantes est aussi aberrant que les idéaux de pureté ethnique ou culturelle de l’extrême droite qui l’inspirent.
Les « épurateurs écologiques» partagent manifestement les jouissances nauséabondes des chasseurs viandards de CPNT quand ils flinguent, entre autres, les beaux ibis sacrés introduits par accident en Bretagne. Ils cumulent une méconnaissance accablante de l’histoire de la vie avec le conservatisme réactionnaire qui empuantit si souvent la prétendue « écologie politique »…

In Siné Hebdo N° 9

08:17 Publié dans dédé siné | Tags : écologie, espèces, envahisseurs, nationalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |