16/09/2009

Parlez-vous Romanglish ?

Il est des jours où la forme de l’information finit par vous excéder plus que le fond.

Nos quotidiens se posaient, à propos des difficultés de la Compagnie Générale de Navigation, la question suivante :

« Après Swissair, la CGN risque-t-elle un grounding ? »

Un lecteur ironise en suggérant de remplacer grounding, mal compris comme crash d’un avion, par sinking, c’est à dire naufrage.

L’auteur du titre sait, sans doute, que grounding désigne les avions cloués au sol et non ceux qui sont tombés.

En ce sens, les bateaux de la CGN peuvent aussi bien être cloués au sol et privés de navigation que les avions privés de vol.

Le problème n’est pas là !

Le but d’un article de journal est d’être compris par ses lecteurs, en commençant par les titres, qui doivent être clairs.

Quel snobisme conduit certains à nous gaver d’anglais, parfois approximatif, et incompréhensible pour beaucoup ?

Faudra-t-il demain un diplôme d’anglais pour comprendre les titres de la Tribune ou du Matin - Dimanche ?

Les anglo - terroristes imposent aujourd’hui l’enseignement de la biologie en anglais dans les universités.

D’autres veulent la physique en anglais dès le Collège.

Avec pour conséquence d’ajouter aux difficultés d’apprentissage des sciences celles dues à la mauvaise maîtrise de la langue, par les enseignants et les enseignés.

On peut pourtant être un très bon biologiste ou un très bon physicien sans parler l’anglais, si on le lit assez bien.

La situation rappelle les colonies ou les régions linguistiques où l’on était puni, autrefois, si l’on parlait sa langue à l’école …

Et le pire de ce colonialisme culturel est celui de toutes les oppressions : elles finissent par être intériorisées par leurs propres victimes !

RSR 1 16-09-2009

11:11 Publié dans rsr.ch | Tags : romand, langue, journaux, anglais, sciences, éducation, pédagogie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

29/04/2009

L’anticipation du Zizi sexuel

Les apprentissages de comportements sont souvent anticipés, lents et progressifs.
Ils doivent souvent commencer bien avant que l’animal ou l’humain puisse mettre en œuvre le comportement dont il s’agit.
C’est vrai pour le chant du Pinson mâle, appris par les jeunes au nid, pendant une « période sensible », alors qu’ils ne peuvent pas chanter.
C’est aussi le cas des sons du français ou du chinois qui ne sont bien produits par l’adulte que si l’enfant les a enregistrés très tôt.
En matière sexuelle, c’est souvent pendant l’enfance que les animaux, avant le moindre comportement, apprennent à reconnaître leurs futurs objets d’attachement.
Ce qui fait croire aux crétins que l’orientation sexuelle est biologique, ou innée, sinon génétique.
Alors qu’il s’agit, très probablement d’un apprentissage anticipé, ce qu’on appelle une « empreinte » en éthologie.
Une auditrice me demande ce que je pense de l’expo Zizi sexuel, de Zep et Hélène Bruller.
Eh bien j’en pense énormément de bien !
D’abord parce qu’elle est fort bien conçue et réalisée, parce qu’elle prend son public comme il faut, bien avant l’âge des passages à l’acte.
Ensuite parce qu’elle est très ludique, utilise les langages des gamins et fait une large part à ce qui les préoccupe le plus : sentiments, émotions, regard des autres.
Aucun sujet n’y est évité et les questions sont abordées, sans se fixer sur la tuyauterie génitale ou sur des discours moralisateurs déplacés.
Bref, nos savants pédagogues et didacticiens devraient en prendre de la graine, et il conviendrait de la pérenniser sous une forme ou sous une autre, parce qu’elle répond à un besoin crucial …

RSR1  29-04-2009

10:21 Publié dans rsr.ch | Tags : zizi sexuel, apprentissage, éducation, exposition, pédagogie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |