18.11.2009
Science et politique, de Darwin à nos jours
Les scientifiques d’une société propagent ses idéologies et participent à leur construction.
Charles Darwin était un riche bourgeois.
Il fréquentait Adam Smith et Herbert Spencer, prophètes du capitalisme.
Ces derniers lui ont sans doute fait exagérer, un temps au moins, le rôle de la compétition dans l’histoire de la vie.
A l’opposé, des communistes prenaient la sélection naturelle comme argument pour la lutte des classes !
Pourtant, Darwin n’a pas rencontré Karl Marx, comme l’imagine une excellente fiction théâtrale romande !
Il évitait les récupérations politiques, religieuses et les conflits, même si sa théorie ruinait le fondamentalisme chrétien.
La science occidentale idolâtre Darwin, mais s’inspire plus de Spencer que de la prudence du grand naturaliste.
Elle fait l’apologie de la compétition et du court terme, provoquant un énorme gâchis de moyens et de talents.
Elle pratique le culte de l’argent et même la spéculation : l’université de Lausanne a perdu ses économies en bourse l’an passé !
Cette science néo - libérale recourt à la propagande, quand ce n’est pas à la publicité mensongère.
Elle méprise souvent les subalternes, les femmes et les étudiants, considérés comme de la « chair à canon ».
De jeunes docteurs, aujourd’hui, se font détruire leur vie privée par de courts contrats qui les baladent à travers le monde…
Ils passent par la case chômage, selon les moyens et les besoins temporaires des laboratoires.
Comme ils doivent envier Charles Darwin qui a travaillé à son goût, chez lui, pendant des décennies, grâce à la fortune familiale !
RSR1 18-11-2009
09:47 Publié dans rsr.ch | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science, politique, darwin, spencer, marx, université
21.10.2009
Quand elles pètent les plombs…
J’ai parfois eu de l’admiration pour l’habileté ou le courage de nos conseillères fédérales.
Raison de plus pour ne pas les épargner quand elles disjonctent !
Un coup d’œil à droite d’abord :
Madame Leuthard pleure les 5000 emplois que ferait perdre, selon elle, l’abandon de l’exportation d’armes de guerre suisses.
Qu’est-ce que 5000 emplois à côté des centaines de milliers perdus par les délocalisations des patrons et les banquiers ?
Qui n’ont pas l’air de la bouleverser…
Comment son parti, prétendu chrétien, soutient-il ce commerce de mort, anecdotique pour notre économie ?
Vous me direz que les prêtres bénissent les armées et les canons ?
Eh bien, c’est votre problème, à vous les croyants !
Un regard vers la pseudo – gauche, ensuite :
Madame Calmy – Rey nous relance le projet d’un mandat présidentiel de quatre ans ?
Regretterait-elle de ne pas avoir l’époustouflant Mr Merz trois ans de plus, comme image fulgurante de la confédération ?
Ou bien que l’inénarrable Monsieur Couchepin ne l’ait pas fait rire quatre fois plus longtemps ?
A moins que le retour à l’hypermonarchie héréditaire en France voisine ne lui donne des envies ?
La personnalisation du pouvoir est le plus grand échec des démocraties bourgeoises.
Elles ont ainsi porté au pouvoir les pires dictateurs et les plus grands falsificateurs de la politique.
Il est plus facile de choisir des dirigeants à leur bonne tête, souvent relookée, plutôt qu’en choisissant parmi leurs projets.
Mais ne nous étonnons pas quand la tête du politicien conduit à n’importe quoi, sans rapport avec son étiquette et ses promesses.
C’est une excellente chose que ce pays ne soit pas représenté par une seule tête durable…
RSR1 21-10-2009
09:45 Publié dans rsr.ch | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, emploi, exportations d'armes, mandat présidentiel, conseil fédéral, personnalisation du pouvoir
14.10.2009
La propagande coule le débat politique !
Les campagnes électorales et leurs résultats, à Genève comme ailleurs, deviennent inquiétants.
Les votes se font de plus en plus à la tête du client.
Une propagande et des slogans simplistes remplacent les débats d’idées et les choix politiques.
Des leaders dotés d’images personnelles fortes, sinon franchement machos, semblent essentiels.
Usurper le drapeau national pour un usage partisan fonctionne bien, à Genève comme en France.
A condition, toutefois, de ne pas le souiller, comme l’a fait bêtement l’UDC.
La politique rejoint le nationalisme sportif, ses drapeaux et la pipolisation de ses stars.
Faire peur avec les frontaliers, le climat ou l’apocalypse écologique marche fort.
Communiquer avec de bonnes têtes et des slogans naïfs a souri aux Verts.
Par contre, avoir des programmes détaillés ou des idées à débattre est très contre productif et a pénalisé les vieux partis.
Bref, on reconnaît l’influence des médias de masse qui ne cessent de zapper, de saucissonner tout message de pubs, d’annonces et autres coupures.
Et qui rejettent souvent tout ce qui appelle une pensée cohérente.
L’incapacité à se concentrer et à réfléchir ou bien leurs tendances grégaires sont souvent reprochées aux jeunes.
Ici, elles frappent des adultes qui, il est vrai, sont d’anciens jeunes !
Ont-ils oublié de grandir en vieillissant, ou bien sont-ils aussi des victimes de la décérébration médiatique ?
Avec du recul, on a l’impression que la propagande a battu l’intelligence : Pavlov 5 buts, Piaget zéro !
RSR1 14-10-2009
12:45 Publié dans rsr.ch | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : propagande, populisme, démagogie, débat, politique, démocratie
23.03.2009
La gueule de l’autre
Nous commençons seulement à décoder les mécanismes par lesquels notre cerveau perçoit et interprète les traits physiques et les expressions du visage de nos interlocuteurs. Ou comment il les traduit en termes d’émotions et de fiabilité des messages transmis et construit la réaction qu’ils suscitent.
Il serait temps, quand tout le commerce et toute la politique passent par une personnalisation et une communication non – verbale qui éloignent chacun de toute prise de décision rationnelle et conforme à ses intérêts et choix personnels !
Obao ou Obama, même combat ! Il n’est plus question de choisir entre des alternatives politiques ou des programmes, dont, de toute façon, aucun politicien ne maîtrise plus la complexité. La politique médiatisée d’aujourd’hui consiste à choisir une option par la confiance aveugle que l’on fait au visage qui vend le produit, en fonction d’un jugement esthétique, d’une identification plus ou moins fallacieuse, d’obscurs objets de désirs et d’évaluations intuitives de la fiabilité des messages. Le marketing politique, comme la pub, fait tout pour détourner l’intérêt du consommateur des propriétés réelles du produit. On affronte le compétiteur – il ne s’agit même plus d’un ennemi ou d’un adversaire ! – à coup de messages subliminaires de connivence, de stimulations esthétiques et sexuelles et d’emballage médiatique.
Dans ces affrontements, toute vision politique est perdue et le résultat est aléatoire en termes techniques ou moraux. Plus rien n’a d’importance : un bon maquillage dissimule aussi bien les rictus déments de Sarko et son néo- lepénisme que le mysticisme prophétique de Bernadette Ségo ou ce que fera vraiment Obaobama, s’il en a l’occasion …
In Siné Hebdo N° 10
08:35 Publié dans dédé siné | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : communication, politique, visage, confiance

