13/02/2016

Vernets : trouffions, béton, NON !

     Ainsi, non contente d’avoir pollué et enlaidi un bel espace genevois aux Vernets, l’armée de clowns de la confédération voudrait qu’on lui mette un autre terrain à disposition pour polluer et enlaidir ailleurs, aux frais des contribuables locaux. Lesquels votent de plus en plus pour la suppression de ladite armée et refusent, chaque fois qu’ils peuvent, ses gadgets coûteux. Vengeance tardive des lobbies de marchands de canons alémaniques et de leurs relais populistes ? Des politiciens, dont on attendait mieux, tentent de nous expliquer que c’est une affaire superbe qui va résoudre la crise du logement en bétonnant une des dernières zones encore aérées du secteur Carouge-Acacias-La Praille. On ne sait trop comment les répartir entre ceux qui sont vendus aux lobbies de bétonneurs et au culte de la croissance, au mépris de la qualité de la vie, et quelques naïfs qui espèrent qu’une action locale et limitée résoudra une « crise » dûment organisée par des spéculateurs et des régies qui en tirent un maximum de profits.

      Genève avait le privilège d’être une petite ville entourée de villages. La qualité de vie résistait déjà mal à une automobilisation absurde à son échelle. Mais la volonté de croissance à tout prix – pour quoi faire ? – passe par des cadeaux fiscaux à des entreprises étrangères qui coûtent beaucoup indirectement et rapportent peu, puisqu’elles ne sont là que pour optimiser leur fiscalité. Ce qui revient à faire un médiocre transfert entre les impôts du contribuable local et les budgets cantonaux, tout en aggravant le problème du logement par l’arrivée de demandeurs plus prospères que ce contribuable. En tant que Carougeois, je ne décolère pas de voir qu’un de nos magistrat se réjouit de voir croître d’un tiers la population du « village », qui en est de moins en moins un ! Il n’était déjà plus possible de manger le midi dans les bons bistrots envahis de costumes cravates parlant un anglais médiocre depuis l’installation locale des sièges de très grandes banques ; des bistrots dont les prix ont souvent pris l'ascenseur en conséquence. Si l’on bétonne les Vernets comme le veulent nos élus, la croissance de la population ne manquera pas d’entraîner mécaniquement la décroissance de la qualité de la vie. On finira presque par regretter la caserne, ses rotations de véhicules absurdes et les meutes de trouffions alémaniques titubant la bière à la main… Au moins, il restait quelques arbres et quelques herbes au milieu !

12/04/2011

Goudiry - Genève

Me revoici ! Avec quelques doutes...

Ce blog a été presque aussi fréquenté pendant un mois d'absence que quand j'y écris régulièrement !

A cela, deux interprétations possibles : soit on y passe par hasard, et mes provocations ne servent pas à grand chose ; soit j'aurais réussi à y laisser des textes qui intéressent certains en dehors de toute actualité éphémère. Bref, à laisser ici quelques « actualités permanentes », dignes d'intérêt quelques mois ou quelques années après, loin des pages chaudes saturées de non événements qui détournent le lecteur des quotidiens des vrais problèmes dont on souhaite l'écarter.

« Actualités permanentes », c'est justement le titre que j'ai choisi pour une nouvelle chronique dans « Le Courrier », sympathique petit journal en faillite qui après avoir été papiste, curé rouge et khmer vert semble devenir libertaire puisqu'il m'a demandé, ainsi qu'à quelques autres fortes têtes, de déranger un peu. Une évolution de bon sens et dans le bon sens ! En ce qui me concerne, c'est tous les quinze jours le mercredi, numéro deux demain, qui ne fera pas plaisir à tout le monde. Merci à Edipresse de m'aider ici à soutenir un confrère méritant, plombé par les difficultés de l'indépendance et de la crise de la presse écrite...

Je reviens donc de Goudiry - ou Goudiri, les deux s'écrivent - petite ville peuhle du Sénégal oriental, dans le Boundou et, pour son « développement - malheur », sur la voie ferrée et la route Dakar - Bamako. Avec les événements de Côte d'Ivoire, tout le trafic d'import export des pays du Sahel qui passait par le port d'Abidjan est reporté, en grande partie sur Dakar, d'où il est acheminé par la route vers le Mali, le Niger, le Burkina et même le nord de la Côte d'Ivoire et du Nigéria. Quotidiennement des centaines d'énormes camions, dans des états très variables, passent ou stationnent à Goudiry pour réparation ou ravitaillement. Avec leurs chauffeurs et passagers très prospères par rapport à la pauvreté locale.

Vous imaginez les conséquences en matière de déstructuration sociale et de santé...

J'ai donc quitté la pollution et les embouteillages de camions de Goudiry pour les embouteillages et la pollution des 4x4 bobos de Genève, aggravés par la chaleur précoce et une multitude ahurissante de chantiers qui transforment cette ville en chantier à la chinoise. Quand je pense que c'est au nom de l'amélioration de la qualité de la vie que l'on nous inflige presque partout des marteaux - piqueurs et des fermetures de voies désordonnées. La conjonction de la fièvre entrepreneuriale, et sans doute du financement des partis gouvernant, nous vaut une dégradation permanente de la qualité de vie dont nous pourrions jouir dans cette cité plutôt heureuse.

Et ce n'est pas le ci - devant Mark Muller, premier communiant coincé à la veste sur l'épaule quand il veut avoir l'air cool, qui risque d'améliorer ça avec ses projets mégalos de « down - town la Praille » ou, dernière salve de propagande électorale (désespoir ?) de pont sur la rade. Non seulement ses projets sont aussi irréalistes et ruineux que rejetés par le peuple, mais ce triste sbire voudrait se faire passer pour celui qui fait alors que, à ce jour, c'est plutôt celui qui fait semblant !

Au moins, à Goudiry, il n'y a pas de rade et il y a autant de surfaces disponibles que l'on veut ! Pas besoin de construire des ponts, ni des gratte - ciel et l'on entend encore les oiseaux entre deux camions ou à l'écart de la route...

Mon ami Thiedel Diallo, le maire, vous salue bien !

 

 

21/02/2010

Saint Valentin : Faites l’amour, pas les magasins !

J’ai bien aimé cette affiche sauvage qui ramène au bon sens et rappelle que les avides du commerce nous pourrissent la vie.

On ne peut faire un pas, avoir une activité, même privée, sans être agressé par une publicité.

Pas d’événement, de concert sans avoir l’attention détournée.

La cupidité des marchands et leur propagande ne souffrent d’aucun scrupule et ne sont pas contenues par des lois dérisoires.

La société capitaliste ne respecte pas la vie privée dans les espaces publics et ne cesse de la violer les espaces privés.

La chienlit publicitaire s’introduit chez vous clandestinement par les images et les sons, par les câbles, les fils, les ondes.

Elle pollue le moindre emballage, parasite les émissions, même publiques, squatte vos boîtes à lettre, noie votre courrier.

Le bon sens, plus que le réchauffement climatique, suggère de modifier nos comportements, de limiter les gaspillages.

En particulier de ce qui est précieux, non renouvelable, cher ou difficile à produire, comme la nourriture, l’énergie, les imprimés.

Mais les profiteurs de la surconsommation n’en ont rien à faire !

La pub préconise, dès l’enfance, des aliments et des boissons menant à l’addiction, parce que trop sucrés ou trop salés.

Les restaurants servent des portions excessives.

La pub prêche la surconsommation d’alcool, de tabac et la motorisation tous azimuts.

Il n’est certes pas question de dicter des comportements d’hygiène de vie à nos contemporains.

Mais il est temps qu’ils se rendent compte que la publicité est la principale cause de surmortalité de nos jours…

Et bien sûr la première atteinte à nos libertés individuelles !

RSR1 16-02-2010