07/01/2019

QUATRE ANS !

Honoré, c’était le plus discret, mais pas le moins talentueux, ni le moins cultivé. Si discret qu’il a souvent été oublié dans la liste des victimes et même dans les dessins évoquant le massacre à Paris, le 7 janvier 2015, d’une douzaine de dessinateurs, journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo par des fanatiques religieux. Honoré était un homme curieux de tout, même des sciences qui n’étaient pas la première priorité du journal. Lorsque j’échappais au débat joyeux ou tumultueux sur je ne sais quel thème politique d’actualité, je le voyais souvent se pencher vers moi, derrière sa moustache et du haut de sa longue silhouette. Il me demandait alors une précision sur ma dernière chronique, ou l’explication d’une actualité scientifique confuse. C’était une personne d’une rare douceur, dépourvue d’agressivité, aussi timide qu’empathique. Quand il illustrait un texte, il en sortait l’essentiel, pour motiver à la lecture, renvoyant le sens, du dessin au texte et réciproquement. Son style noir et blanc, simili gravure, était reconnaissable entre mille. Je ne suis pas près d’oublier la fresque d’objets ethnographiques aux têtes de politiciens français qui avait illustré un de mes articles dénonçant le projet de Chirac et Jospin de fermer le Musée de l’Homme à Paris. Le seul nuage, dans mes relations avec Honoré, ce fut lors de notre dernière rencontre, à un salon du livre parisien où j’avais durement critiqué son patron d’alors, dont les méfaits m’avaient fait quitter le journal. Je n’ai jamais su ce qu’Honoré pensait vraiment du personnage en question, mais il est sûr qu’il ne supportait pas la forme de mon propos. Intelligent, humble et allergique à toute violence, Honoré était un chic bonhomme et un très grand dessinateur, trop souvent oublié.

Cabu et Wolinski, c’étaient, avec Cavanna et Willem, les monuments historiques du journal, et surtout les modèles de presque tous les dessinateurs. Tout les opposait, sauf le talent et l’aisance dans la médiatisation, quitte à de nombreux compromis, en particulier côté Cabu. Il se rattrapait par la dynamique de son trait fabuleux et sa rage anti-militaires-curés-juges-flics-beaufs. Tout en appréciant son très grand talent, j’avais plus d’affinités pour « Wolin » et son côté jouisseur et romantique, observateur amusé du quotidien et de toutes les faiblesses humaines, maniant l’auto- dérision comme pas un.

Bernard Maris était, à l’époque, l’autre universitaire en fonction au journal. Nous partagions la redoutable particularité d’exercer critique et satire à l’égard de nos confrères principaux et de dénoncer les offenses faites à la connaissance par les politiques et la société, en particulier par d’autres « chers collègues ». Ça crée des liens, même si nos origines et nos disciplines, entre économie et génétique, ne nous prédisposaient pas à beaucoup nous rencontrer. Oncle Bernard se battait inlassablement, autant sur les ondes qu’à l’écrit et dans ses enseignements, contre la religion du marché tout puissant et le fascisme thatchero- reaganien du « il n’y a pas d’alternative possible ». Moi, j’argumentais, aussi rationnel que possible, contre les tenants, principalement anglo-saxons et colonisés européens, du « tout est génétique, tout est fatalité ». Qui est l’héritage de millénaires de préjugés héréditaristes et tellement contraires à ce que la recherche découvre aujourd’hui. Avec Bernard, nous avons essayé d’introduire dans l’esprit de nos lecteurs le doute, seule attitude possible de la science face aux certitudes des imbéciles politiques et médiatiques. Pas facile !

Tignous et Charb étaient mes meilleurs complices, mes meilleurs amis dans la place, aussi différents que possible l’un de l’autre, tant par leurs immenses talents que par leurs comportements professionnels et personnels. Tignous était un génie du dessin et de l’humour, fonctionnait à l’intuition, avec une vivacité et un sens de la répartie inouïs. Il était aussi généreux et affectueux qu’extraverti. Souvent, par l’auto- dérision, il provoquait des fous-rires mémorables. Dans n’importe quel sujet, il trouvait le détail critique qui ferait rire et penser, quitte à provoquer une gêne qu’il estimait créative. Au contraire, Charb était un intellectuel et militant réfléchi, qui analysait tout dans le détail et était capable de résumer en un dessin un article difficile, extrayant l’essentiel sans dissuader, pour autant, de le lire. Charb était aussi pessimiste que Tignous était plein de joie de vivre. Les deux m'étaient très proches, même si la gestion du journal m’avait éloigné de Charb, bien malgré nous, les derniers temps.

 C’étaient mes collègues, c’étaient mes amis. Talentueux, drôles, intelligents. Défenseurs inconditionnels de la liberté de penser, dessiner, écrire. Passionnés par les problèmes humains et les politiques qui les conditionnent. Ennemis définitifs de tous les totalitarismes et de toutes les censures. Fondamentalement bienveillants tant qu’ils n’étaient pas révoltés par l’obscurantisme ou l’inacceptable. Hostiles à toute violence physique, jusqu’à celle qui les a réduits en bouillie, au fusil d’assaut, voici déjà quatre ans. Parce que des religieux fanatiques et prosélytes ne toléraient pas leur regard critique des textes prétendument sacrés, par lesquels on manipule les foules et les damnés de la terre pour en faire des intolérants, des lyncheurs et des terroristes manipulés. Parce qu’ils analysaient rationnellement les mythes absurdes et contradictoires qui alimentent les guerres, la misère, la destruction de nos libertés et de notre cadre de vie.

La facilité de communiquer par internet les a exposé à des dangers venus des pires théocraties du bout du monde, celles qui mutilent les enfants, oppriment les femmes, torturent et assassinent les athées, les blogueurs et les journalistes. Le tout au nom du Coran, de la Bible, de la Torah ou d’autres théologies improbables. Des textes antiques, marqués des préjugés ignobles et des pratiques violentes de leurs temps, où emprisonner arbitrairement, torturer, mutiler, assassiner pour délit d’opinion ou pour une pratique honnête de la science était quotidien.

Ce n’étaient que quelques journalistes parmi les innombrables victimes des obscurantismes religieux et autres violences politiques humaines. Mais ils symbolisaient notre liberté de penser et notre joie de vivre, dans un espace géographique des droits humains qui ne cesse, depuis, de se réduire sous les assauts des prêtres, des tyrans et des fanatiques.

 

                                                 Dédé-la-science

 

A lire Charlie Hebdo No spécial « Le retour des anti-lumières » du 5/1/2019, mais aussi l’historique dernier des Psikopat No 314 et Siné Mensuel No 82

11/07/2017

Sciences et lectures d'été

Nous vivons dans un monde désorganisé par la médiatisation de n’importe quoi et l’incitation permanente à la paresse intellectuelle. Pourquoi se fatiguer à observer, comprendre, déduire pour aboutir à des incertitudes quand les marchands, les prêtres, les politiques, les charlatans et les astrologues vous proposent des « vérités » toutes faites, que l’on peut répéter avec l’arrogance dont on est capable, sans avoir à se justifier par autre chose qu’un vu à la télé, lu sur internet ou entendu en rumeur prioritaire ? Si le citoyen de base avait une formation critique élémentaire en philosophie, histoire et sciences, aucune publicité commerciale n’aurait le moindre effet, aucune religion « révélée » ne réussirait à conserver ses paroissiens. Les partis politiques contrôlés par l’argent privé perdraient leurs électeurs, les médecines parallèles leurs victimes, tandis que les jeux d’argent disparaîtraient.

Nous en sommes bien loin quand les dirigeants des plus grands pays du monde, à l’exception d’une partie de l’Europe et, dans une certaine mesure, de la Chine, s’opposent à des conclusions scientifiques consensuelles au nom de dogmes financiers, religieux, pseudo-économiques ou politiques. Au point, dans les cas, extrêmes comme celui de la Turquie ou des USA, de démembrer ou restreindre un enseignement scientifique existant pour laisser libre cours aux intolérances fondamentalistes. Cf. Science en danger dans le Courrier du 4/7 passé.

La plupart des chercheurs en sciences, la tête dans le guidon, n’ont pas encore réalisé à quel point leur activité indépendante se restreint et est menacée par la conjonction des intérêts privés à court terme, des prescriptions religieuses et politiques, des superstitions et des sarcasmes des pires médias. Laquelle tend à faire passer les connaissances scientifiques au mieux comme incompréhensibles et ennuyeuses, au pire comme inappropriées, relatives ou blasphématoires. L’arrogance positiviste des scientifiques ou pseudo-scientifiques médiatisés n’arrange rien à l’impopularité actuelle de la profession. Paradoxalement, la grande force de la science est la modestie de ses propositions et sa réfutabilité, bref l’aptitude à douter de soi. Mais cela devient une faiblesse dans les médias où le temps est court et où l’invective l’emporte à tous les coups sur la réflexion. Où l’autocritique, au lieu d’être perçue comme signe d’honnêteté est traitée comme preuve d’incompétence ou d’ignorance. Ce qui explique aussi que des scientifiques et pseudo-scientifiques parmi les moins rigoureux et les plus péremptoires squattent les écrans et les ondes.

Charlie au labo.jpgPour sortir un peu de ce marécage, je vous recommande vivement « Charlie au labo », qui regroupe les meilleures chroniques d’Antonio Fischetti dans le journal du même nom, aux Editions Belin, magnifiquement illustrées par les dessins hilarants de Loïc Faujour. Vous y verrez que les résultats sciences peuvent être parfois simples, compréhensibles pour tous, intéressants ou drôles, et que l’autocritique de la science n’est ni un aveu, ni un suicide, mais sa grande force face à tous les irrationnels qui l'attaquent. Vous vous méfierez seulement de quelques dérives liées à la sensiblerie animalière de l’auteur et à son indulgence coupable pour la psychanalyse…

 

couv299.jpgParmi les parutions régulières remarquables disponibles en numéros doubles d’été, ne manquez pas le Psikopat « spécial bricolage », qui vous rappelera avec humour moulte drames familiaux, ni un Siné Mensuel plein de jeux intelligents, de dessins et de nouvelles que vous ne lirez pas ailleurs...

 

 

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02/08/2016

Petite correspondance

Reçue depuis peu :

 « Votre article paru le 20 juillet dans la Tribune de Genève sous "Lu sur les blog" m'a inspiré les lignes suivantes:

Votre manière de banaliser le terrorisme islamisme en la comparant aux morts de la route n'est ni plus moins qu'une manœuvre pour rendre acceptable ces assassinats de masse aux yeux des débiles qui ne font pas la différence entre un attentat et un accident.  Est-ce à dessein que vous contribuez par votre prose à grossir leur rangs? En un mot comme un cent vous êtes en première ligne dans l'armée des idiots utiles de l'Islam le plus rétrograde.

Que diriez-vous d'un groupe ou d'une personne qui utiliserait une dialectique comparable à la votre pour mettre en relation le nombre des migrants morts dans des naufrages en Méditerranée (10 000) à la surmortalité des personnes âgées attribuée à la grippe l'hiver 2015 en France (10 000 ?!)... Par exemple en citant Chateaubriand qui a dit que la vieillesse est un naufrage?

Vous y êtes?!  C'est exactement ce que je pense de vous.

Jean Marc Berthoud »

 En résumé, avec délicatesse, mon correspondant parle, à mon sujet, de :

 « Votre manière de banaliser le terrorisme islamisme (sic)…

 …rendre acceptable ces assassinats de masse…

 …vous êtes en première ligne dans l'armée des idiots utiles de l'Islam le plus rétrograde. »

 Me traite de "débile" et conclue :

 « …la vieillesse est un naufrage?

Vous y êtes?!  C'est exactement ce que je pense de vous. »

 

Ma réponse aux trois premières accusations est simple : relisez-donc ci-dessous, je n’ai jamais écrit cela !

Le refus de la banalisation des morts routières évitables n’implique, en rien, la banalisation du terrorisme que je dénonce sans ambigüité du début à la fin. Par ailleurs, j’accepte volontiers ma débilité comme mon idiotie – le handicap n’est pas un crime !

Mais me prêter une complaisance vis-à-vis de l’Islam radical est faire peu de cas de ce que je ne cesse d’écrire contre toutes les religions et leurs prosélytismes, médiatiques et militaires, passés ou présents.

Cela dit, répondre au dernier point m’est difficile : il y a, au moins, entre 3 et 8 Jean-Marc Berthoud en Suisse !

Le plus folklorique et le plus bruyant est un hurluberlu créationniste, porte parole des fous de Dieu étasuniens, croisé un jour à Lausanne. Il a rencontré Dieu à la gare de Neuchâtel et le recycle jusque dans les radios de l’extrême droite française…

Si c’est lui qui m’écrit, il est bien placé pour parler de naufrage sénile : il a trois ans de plus que moi !

 

22/03/2016

A afficher à l'entrée des lieux de culte...

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06/05/2015

Ni dieux, ni prophètes !

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      J'en veux un petit peu à Bob Siné d'épargner les bouddhistes qui massacrent les hindous à Sri Lanka et les musulmans en Birmanie et puis les hindouistes qui massacrent les musulmans en Inde, et puis tous les autres qui, eux aussi, tuent, oppriment, terrorisent, empêchent de penser et de respirer au nom de surnaturels imaginaires inventés par des prophètes allumés ou sordides et diffusés par des prêtres menteurs, intéressés et malveillants. Mais je comprends que les impératifs techniques de la mise en page de cette splendide image l'aient contraint à se limiter à ceux qui font des dégâts terribles près de chez nous depuis deux ou trois millénaires de croisades, de djihads et de génocides variés jusqu'à ces derniers jours ! Et si vous saviez tout ce que vous réserve ce splendide numéro...

Dans ce genre de conviction, vous ne pouvez pas manquer le livre posthume de Charb : "Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes" (Ed. les Echappées) dans lequel il dénonce ceux qui effacent le vrai crime du racisme contre des individus et des communautés, souvent peu religieux, pour tout ramener à des religions en compétition qui surfent dans les médias en jouant sur des victimisations particulières. Il n'y a aucun lieu de décliner le racisme en islamophobie, cathophobie, antisémitisme ou bouddhophobie quand il s'agit simplement d'affirmer que personne ne doit être maltraité du fait de l'origine de ses ancêtres, ni pour ce qu'il pense ou ce qu'il vit tant qu'il ne pourrit pas la vie des autres avec ! J'avais jadis proposé de remplacer racisme, trop lié au physique, par "autrisme" tant hostilité et agressions peuvent s'appuyer sur n'importe quel critère biologique, culturel ou économique. Bien sûr, à l'origine de ces racismes- autrismes, il y a les pouvoirs qui les flattent, qui s'en servent ou qui les tolèrent en fermant les yeux sur le pire. Eh bien figurez-vous que Le Pouvoir, 275-01.jpgc'est justement le thème du dossier du dernier Psikopat, que vous devrez toujours aller chercher à l'étranger puisque Naville et autres ne vous jugent pas dignes de le trouver en Helvétie ! Vous y passerez sûrement d'aussi bons moments que dans l'avant dernier Charlie Hebdo où Luz et Coco, en particulier, se sont formidablement déchaînés contre les cathos et où Riss fait un portrait très émouvant de notre regretté Bernard Maris, l'un des rares économistes crédibles en ces temps de fondamentalisme néo-libéral.

Lisez-vite tant qu'il pleut, pour passer à autre chose quand le soleil revient !

20/01/2010

Vigousse, jusqu’au bout !

La critique du « Dieu vous bénisse ! » des vœux de Doris Leutard m’a valu une quantité inhabituelle de retours.

Merci pour les encouragements, majoritaires !

En négligeant deux courriels injurieux, d’autres auditeurs expriment un malentendu.

A dissiper !

La présidente peut bénir en privé, mais c’est inapproprié dans le cadre de sa fonction.

Ce n’est pas attaquer une religion que de le dire !

Quand elle fait un tel faux pas, c’est le devoir des chroniqueurs et des bouffons de la critiquer et d’en faire rire…

Refuser la bénédiction confédérale ou la créature dans la constitution n’est pas rejeter le christianisme.

Pas plus que refuser de nouveaux minarets n’opprime les musulmans…

C’est remettre les religions dans la liberté d’une sphère privée protégée et empêcher l’une ou l’autre d’en abuser.

Quant au rire, c’est un devoir démocratique dans la bouillie consensuelle des compromissions politiques :

Les socialistes plus verts que les Verts, les Verts plus réactionnaires que la droite, la droite parfois plus ouverte que la gauche…

Mieux vaut en rire, si l’on ne veut pas se ramollir et si l’on veut rester vigousse, pas seulement tous les vendredis !

Car le rire est le meilleur traitement de la peur qu’il détourne :

le rire, l’auto - dérision, l’humour permettent d’échapper au pire.

Je les ai retrouvés chez les plus pauvres, dans les situations les plus désespérées.

Jusqu’à ce mourant proche, réveillé il y a quinze jours par une infirmière maladroite:

« je vous ai réveillé, monsieur ?

- ­Oui, …méchamment ! »

dit-il, avec un dernier clin d’œil et une ébauche de dernier sourire !

Vigousse jusqu’au bout !

 

RSR1 20-01-2010

 

09:43 Publié dans rsr.ch | Tags : rire, religions, vigousse, humour, libertés, laïcité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/11/2009

Comment les chimpanzés deviennent cons…*

Une expérience mentale, proposée par Olivier Durin dans un traité de programmation**, circule illustrée sur internet. Elle en dit long sur les origines des cultes et des traditions.

 

Cinq chimpanzés enfermés dans une pièce convoitent des bananes au sommet d’un escabeau. Mais, dès que l’un d’entre eux monte un échelon, tout le monde reçoit une douche glacée. Au bout de peu de temps, quiconque tente l’ascension se fait attaquer par les autres et doit renoncer. Et l’interdiction continue, même si l’on retire le dispositif répressif. Si l’on remplace un fondateur par un naïf jamais douché, les attaques des autres suffisent à le dissuader de monter vers les bananes et il sera ensuite le premier à réprimer ceux qui s’avancent vers les bananes. On peut ainsi remplacer tous les anciens par des naïfs jamais douchés : la tradition, maintenue par répression, leur interdit les bananes en haut de l’escabeau.

Cette fable n’explique pas seulement qu’aucune cause actuelle n’est à l’origine de la plupart des traditions sociales, culturelles ou religieuses. Sociologues et ethnologues ne trouvent presque jamais d’explication rationnelle, ni même d’histoire factuelle des usages. Partout à travers le monde, la réponse la plus fréquente à la question « Pourquoi faites-vous cela ? » est « Parce que nos parents l’on appris de leurs parents et que chez nous on a toujours fait comme cela, et c’est donc bien de faire comme cela ! ».

Il est dès lors facile de révérer les dieux que personne n’a jamais vus et de se soumettre aux prêtres, gourous et politiciens qui les invoquent. Et l’on ne s’étonne pas de la persistance des rituels les plus cons, de la répression de la sexualité, du radotage des prières, du cannibalisme eucharistique, du découpage d’un morceau de bite des garçons ou du clitoris des filles, sous prétexte que l’on a toujours fait comme cela !

L’humanité a encore pas mal de chemin mental à faire pour monter chercher toutes les bananes et les partager équitablement …

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* Hommage à François Cavanna et à son immortel « Et le singe devint con ! », le titre que j’aurais voulu avoir trouvé, raté !

 

**http://olivier.durin.free.fr/essences%20de%20la%20programmation.php

 

In Siné Hebdo No 53

 

 

 

 

22:33 Publié dans dédé siné | Tags : culture, traditions, expérience mentale, ethnologie, religions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |