29/10/2011
La vie, c'est chimie !
A l'heure où la démagogie verte, prétendue abusivement de gauche, a commencé à faire long feu aux élections fédérales, il est temps de sortir des slogans sentimentaux et inexacts pour reparler sérieusement des problèmes politiques liés aux questions d'environnement. Bref, de faire une écologie politique qui respecte autant les connaissances scientifiques que notre cadre de vie.
Mais on ne peut faire cela qu'avec des citoyens assez cultivés pour sortir de la dialectique religieuse du bien et du mal et être ouverts à toutes les argumentations raisonnées concernant les avenirs réellement possibles. Or, depuis des années, la propagande écolo "new age" procède par slogans imbéciles genre La nature c'est bien, La chimie c'est mal, Le soleil c'est bien, Le nucléaire c'est mal, Le poireau bio, même à la Migros, c'est bien, Les tomates OGM, c'est mal, ... Même si la vie n'est qu'affaire de chimie, d'atomes et de recombinaisons génétiques naturelles, si le soleil est une gigantesque machine nucléaire naturelle et si la nature est pleine de poisons, de toxiques chimiques et de multiples dangers plus que naturels.
Bien sûr, si vous rappelez ces évidences dans une quelconque assemblée, vous vous faites traiter d'agent pourri de Monsanto, Areva, Novartis et Firmenich, voire de militariste fanatique, même si vous n'avez jamais cessé de soutenir publiquement le GSSA, de voter contre les avions et l'armée, de dénoncer les usages irresponsables du nucléaire et des OGM et de condamner l'omerta scientifique et le grand banditisme des multinationales...
Alors, pour parler raisonnablement du monde de demain et essayer de trouver des freins à la course à la misère et à la mort de nos sociétés, il faut cesser de parler dans le vide d'économie et d'écologie, et revenir aux fondamentaux : que sont la vie et les humains, où vont la démographie, les consommations et les ressources, comment diriger pour mieux partager.
Et pour, d'abord, dire un peu moins de bêtises sur la vie, tout en s'amusant, je ne saurais trop vous recommander l'excellent No 7 de Drosophile journal de science amusant ET sérieux, courageusement intitulé : "La vie, c'est 100% chimique".
Puisque je suis dans les recommandations, je dois aussi vous signaler le dernier Psikopat et son dossier sur "Les chasseurs" dont la couverture, bien gore, ravira tous les juniors...

18:26 Publié dans éducation | Tags : vie, chimie, nucléaire, enseignement, culture, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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27/09/2011
La fiction de vivre
« Cette histoire est vraie, parce que je l'ai inventée d'un bout à l'autre », clamait Boris Vian.
Comment ne pas souscrire ? La vérité n'est que ce qui traverse, un instant, la conscience de qui parle ou bien écrit. D'ailleurs, ainsi que je le soulignais dans un livre naufragé par l'incompétence éthylique de l'éditeur*, notre vie n'est qu'un récit quotidien, éphémère, mal mémorisé, sans cesse remanié en fonction des approximations de nos sens et des embardées de nos émotions. La réalité et la vérité dont les beaux esprits se drapent sont l'illusion des inconscients. Ou, au mieux, un consensus provisoire entre pratiquants d'une même culture. Tout, dans un discours « rationnel » sur le monde pousse vers le gouffre du relativisme culturel absolu dans lequel sombra Paul Feyerabend** sur la fin de sa vie : toutes les cultures se vaudraient, aucune philosophie ne serait supérieure à aucune autre... Pour caricaturer, l'alchimie vaudrait bien la chimie, l'astrologie, l'astronomie, tout ne serait qu'une question de point de vue et l'occidental actuel n'aurait aucune raison d'être préféré à l'exotique ou au médiéval !
Contre cette approche séduisante, mais bien naïve, de la « démocratie » et de l'égalité des cultures, deux arguments se dressent. Le premier est celui de l'histoire qui fait naître, se transformer et disparaître les sociétés, leurs lois, leurs rites et leurs croyances. Face à l'histoire, les traits culturels et les cultures se maintiennent ou disparaissent. Certains peuvent paraître géniaux et disparaître, d'autres débiles et se répandre, ce sont les derniers qui l'emportent au bilan de la sélection naturelle. Vous pouvez aimer autant les quatuors à corde croates du moyen âge que Lady Gaga. Mais vous avez provisoirement perdu... Et puis la nécessité du choix individuel fait que le temps décide, contre qui ne décide pas,.
Dans nos sociétés revenues à l'oral par l'audio-visuel, les bons conteurs tendent à l'emporter sur les bons travailleurs, que ce soit dans le discours politique, dont on ne parlera pas ici, ou dans le discours scientifique. Le triomphe médiatique des « docu - fictions » sur les documentaires illustre bien cette tendance de notre société de l'esbroufe capitaliste où le clinquant de l'emballage a plus d'effet que la qualité du contenu. C'est désolant pour qui travaille le contenu, mais ce n'est guère étonnant pour qui connaît le rôle des émotions dans la communication...
Les religions racontent des mondes de fiction dont les vies éternelles, les miracles et les résurrections sont des offenses à l'intelligence la plus élémentaire et dont le minimum de logique des sciences ne conserve rien, hors l'histoire des avatars culturels. D'outre tombe, Feyerabend malade et vieillissant nous souffle que cette science n'était qu'un mythe de plus. J'en retiens que la science est certes une fiction que je construis sans cesse. Mais sa méthode me semble, bien appliquée, produire des consensus plus larges que ceux des arbitraires culturels locaux. Une fiction de plus ?
*Le sauvage central
** Relire Contre la méthode, de Paul Fayerabend, Le Seuil, Paris.
In Le Courrier du 22-6-2011
15:14 Publié dans Philosophie | Tags : vie, discours, conscience, religion, relativisme, culture, feyerabend | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21/04/2010
Le début de la fin de notre monde ?
Un volcan islandais, au nom imprononçable, remet la science au milieu d’un village social qui voudrait l’ignorer.
Sur notre terre, un équilibre étonnant entre radioactivité et rayonnement solaire a permis la présence de l’eau et la vie.
Chimie, génétique et évolution ont conduit cette vie à des formes improbables, dont nous-mêmes, depuis peu.
Cent mille ans, ce n’est pas assez pour apprécier les changements d’une planète très instable.
Des crises géologiques ont provoqué des bouleversements des milieux et des extinctions de masse des vivants.
Des impacts de comètes ou des éruptions volcaniques, provoquant des « hivers polaires », en seraient les causes.
Les querelles de spécialistes et les gesticulations des « sauveurs de planètes » sont bien dérisoires face au réveil des volcans !
Les éruptions, qui s’enchaînent d’un bout à l’autre du globe, peuvent s’arrêter demain et nous rendre une illusion de stabilité.
Elles peuvent aussi être le départ d’un phénomène gigantesque, qui nous anéantirait.
Tout ceci inspire émerveillement et modestie, à la fois.
Emerveillement que, dans un univers infini et si rude, des conditions si improbables aient fait émerger la pensée.
Modestie parce que, à l’opposé de nos désirs intimes, la mort de notre espèce semble inscrite dans son destin…
Comme celle de chacun d’entre nous !
Que valent, face à un nuage de fumée dont personne ne sait prédire les limites, nos projets familiaux, politiques ou religieux ?
Un peu de fumée, c’est un nouveau pape, souvent consternant…
Beaucoup de fumée, c’est peut-être le début de la fin de notre monde…
Profitez du printemps, en attendant !
RSR1 21-04-2010
15:47 Publié dans rsr.ch | Tags : vie, planète, volcans, crises, géologie, extinctions, fin du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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