13/02/2016

Vernets : trouffions, béton, NON !

     Ainsi, non contente d’avoir pollué et enlaidi un bel espace genevois aux Vernets, l’armée de clowns de la confédération voudrait qu’on lui mette un autre terrain à disposition pour polluer et enlaidir ailleurs, aux frais des contribuables locaux. Lesquels votent de plus en plus pour la suppression de ladite armée et refusent, chaque fois qu’ils peuvent, ses gadgets coûteux. Vengeance tardive des lobbies de marchands de canons alémaniques et de leurs relais populistes ? Des politiciens, dont on attendait mieux, tentent de nous expliquer que c’est une affaire superbe qui va résoudre la crise du logement en bétonnant une des dernières zones encore aérées du secteur Carouge-Acacias-La Praille. On ne sait trop comment les répartir entre ceux qui sont vendus aux lobbies de bétonneurs et au culte de la croissance, au mépris de la qualité de la vie, et quelques naïfs qui espèrent qu’une action locale et limitée résoudra une « crise » dûment organisée par des spéculateurs et des régies qui en tirent un maximum de profits.

      Genève avait le privilège d’être une petite ville entourée de villages. La qualité de vie résistait déjà mal à une automobilisation absurde à son échelle. Mais la volonté de croissance à tout prix – pour quoi faire ? – passe par des cadeaux fiscaux à des entreprises étrangères qui coûtent beaucoup indirectement et rapportent peu, puisqu’elles ne sont là que pour optimiser leur fiscalité. Ce qui revient à faire un médiocre transfert entre les impôts du contribuable local et les budgets cantonaux, tout en aggravant le problème du logement par l’arrivée de demandeurs plus prospères que ce contribuable. En tant que Carougeois, je ne décolère pas de voir qu’un de nos magistrat se réjouit de voir croître d’un tiers la population du « village », qui en est de moins en moins un ! Il n’était déjà plus possible de manger le midi dans les bons bistrots envahis de costumes cravates parlant un anglais médiocre depuis l’installation locale des sièges de très grandes banques ; des bistrots dont les prix ont souvent pris l'ascenseur en conséquence. Si l’on bétonne les Vernets comme le veulent nos élus, la croissance de la population ne manquera pas d’entraîner mécaniquement la décroissance de la qualité de la vie. On finira presque par regretter la caserne, ses rotations de véhicules absurdes et les meutes de trouffions alémaniques titubant la bière à la main… Au moins, il restait quelques arbres et quelques herbes au milieu !

11/04/2014

Gripen Uber Alles !

Pour moi, cépa la tsécurité des tas de ferrailles zuédoises, y passent au dsu dma tête aux zeures de bureau, pilotés par des schaffouzois, des vaudois ou des tessinois qui font des big bangs entre des binje drinks et des gangs bangs !

Alors, Ueli-le-Terrible, c’est vraiment pas la peine de nous ruiner avec tes coucous en solde, qui donnent même pas l’heure, et dont le nom même évoque qu’ils se « gripenraient » à la première tentative d’utilisation, d’entraînement ou de démonstration, au prix de beaucoup de dégâts, beaucoup d’argent et surtout de vies humaines plus précieuses que tout le reste !

On en a marre, Ueli, de tes bouffonneries fédérales avec nos économies ! Vas-donc préparer la prochaine votation débile de ton parti de nazes, avec le soutien de cette droite molle qui vous suit, faute de savoir vous précéder !

Nous, notre sécurité, c’est de ne voir dans le ciel, à travers les arbres et le minimum de pollution, que les oiseaux, les papillons, les insectes, ainsi que le soleil, la lune et les étoiles, comme en bateau à voile… chantait Charles Trenet !

18:36 Publié dans Economie, Humour, la politique, autrement, Politique, Résistance, société, Suisse | Tags : gripen, maurer, votation, armée, avions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

31/08/2013

UNIFORMES GROTESQUES

Je prenais le tram à Carouge, vers dix huit heures, habillé de saison : T'shirt, pantalon de toile, nu- pieds. Normal en été quoi ! Soudain, je me retrouve cerné de zombis : costards anthracite de mauvaise qualité, froissé au bas du dos, chemises se relâchant après un jour de guichet, cravates "note de couleur" mauve pisseux pour les originaux, nœud bleu de travers pour la plupart. La piétaille d'UBS et de Pictet singeait ses dirigeants qui, eux, ne prennent pas le tram. Qualité de l'étoffe ou du cuir en moins... On comprend pourquoi ces milieux, comme les politiques qui leur obéissent, tiennent tant à la conscription et au service militaire. L'armée, après tout, ce n'est pas très cher pour conditionner une génération à s'habiller uniformément mal et à obéir aveuglément aux ordres les plus aberrants, surtout si c'est surtout payé, à prix d'or et de Gripen, par ces imbéciles de petits contribuables ! Dans ces conditions, on devrait demander aux banques et  au patronat de financer l'armée, comme organisme de formation professionnelle de leur personnel, et dispenser de service militaire quiconque ne se destine pas à une carrière de bon à tout faire en uniforme au service du grand capital...

Bon, vous avez compris, je ne suis pas pour l'armée et encore moins pour la conscription et c'est vraiment désintéressé parce que je ne suis plus concerné. J'ai donné bien d'autres arguments, et des plus graves, dans Le Courrier de jeudi dernier. Vous les retrouverez sur le mode sérieux à :

http://www.lecourrier.ch/dede

Les choses n'ont pas changé depuis Albert Einstein, Brassens, Ferré ou Renaud. Nos idées non plus ! Alors il reste à renouveler la façon de les présenter jusqu'à la victoire sur la stupidité galonnée et les exploiteurs néo- lib !

17/03/2012

La Syrie, la Corée du nord, la Chine, Genève.

 

Les genevois avaient la liberté de penser, le droit de manifester et le droit de voter sur n'importe quoi, à condition d'être assez nombreux pour en décider. Les chinois ont peut-être la liberté de penser, mais pas celle de dire ce qu'ils pensent, encore moins de manifester. Les coréens du nord n'ont sans doute même pas la liberté de penser dans le flot de propagande où leurs dirigeants les font vivre. Les syriens, en forte minorité si ce n'est en majorité, prennent le droit de penser, manifestent et voudraient sans doute voter, mais se font tuer pour cela.

Et voici que les genevois votent pour qu'on leur retire, de fait, le droit de manifester ! Certes, des militaires fascistes ne veulent pas envoyer des Grippens surarmés sur cinq bobets qui se souviennent, avec drapeaux, du premier mai ou des tueries d'ouvriers du passé. Les policiers citoyens genevois  massacrent et torturent peu ou pas ! Non, la propagande néolibérale choisit les armes qu'elle maîtrise, le fric et les médias, pour cogner sur les organisateurs de manifestations. Ceux-ci devraient endosser par avance la responsabilité d'actes imprévisibles qu'ils n'ont ni désirés, ni commandés et qu'ils désapprouvent presque toujours ! Bref, la justice condamnerait en aveugle n'importe qui pour n'importe quoi fait par des tiers et fusillerait le compte en banque de ses otages organisateurs déclarés. L'état leur demanderait d'assurer un service d'ordre qui est sa responsabilité et les pandores n'auraient qu'à admirer, les bras croisés !

Syriens et chinois seraient stupéfaits qu'un peuple puisse voter pour se priver du droit de manifester sous l'effet d'une propagande prétendue opposée, mais aussi surréaliste et efficace que celle de Kim Il Sung !

Les débordements et la casse dans les manifestations sont rarement le fait d'organisateurs qui en sont les premières victimes. Il suffit  de regarder dans les pays voisins où l'on manifeste beaucoup et nombreux pour savoir que les dégâts en queue ou en périphérie de cortège des manifestations sont le fait de commandos d'extrême droite ou de délinquants organisées, quand ce ne sont pas des policiers en civil provoquant pour le pouvoir ! Tous ceux-là ont vite disparu quand les forces de l'ordre officielles arrivent, comme les carabiniers et coffrent brutalement des manifestants innocents ou le passant qui ne sait pas que la voie publique peut être dangereuse...

Espérons que le Conseil fédéral saura préserver une liberté constitutionnelle essentielle malgré la stupidité du vote des citoyens...

 

02:05 Publié dans Genève | Tags : manifestations, libertés, votation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

23/09/2010

MEG et « libre opinion » massacrés à la tronçonneuse !

Voici un cas de censure maladroite et mesquine de votre Julie !

Vous savez que les habitants de la ville votent actuellement et jusqu'à ce week-end pour ou contre la délibération du conseil municipal attribuant un crédit pour la rénovation du Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) ... et la suppression d'un espace vert. Si vous ne le savez pas, vous retrouverez facilement plusieurs billets sur ce blog expliquant pourquoi, au delà de la juste cause des arbres défendus par cette votation, je trouve le projet de rénovation du MEG scientifiquement aberrant, architecturalement désastreux, pédagogiquement nul et par dessus tout ruineux pour un résultat lamentable.

La semaine passée, on me demande courtoisement de rédiger une libre opinion  « contre » dans votre Julie, face à une libre opinion « pour » de Monsieur Jean-Paul Barbier Müller. Ce que je fais en suivant rigoureusement les consignes, en particulier concernant la longueur du texte.

Ces textes sont parus samedi passé, mais j'ai eu la surprise - puisque personne ne m'en a prévenu ! - de trouver un certain nombre de remaniements dans le mien. Pour en témoigner, je vous livre ci-dessous le fichier exact que j'avais envoyé, où j'ai juste mis en gras ce qui avait été changé, que je vais commenter ici :

 

-       le titre énergique « Musée massacré à la tronçonneuse ! » a été remplacé par un pâle « Non aux petits ethnographes » , sans point d'exclamation. Cela peut se comprendre dans la mesure où le principe était un débat oui - non et où c'était fidèle à l'esprit du texte. Mais on aurait pu me demander mon avis, en particulier parce que cela supprimait l'allusion au massacre des arbres qui a permis la votation. C'est un problème récurrent que dans les journaux : au prétexte de respect de la maquette et de politique de communication, des individus prétentieux se permettent de faire ce qu'ils appellent avec mépris « la titraille », c'est - à - dire de changer tous les titres d'articles sans consulter les auteurs. Or le titre est un élément essentiel de l'article qu'il est censé résumer et promouvoir. Souvent le lecteur ne lit que lui et ne va pas plus loin. Certes peu d'auteurs font de bons titres ! Il n'empêche que ce serait les respecter que de leur soumettre ces « meilleurs » titres avant parution, ce sont eux qui les signent. L'urgence des bouclages est un mauvais prétexte !

-       une parenthèse a été rajoutée !                                                                                                                                              (récemment dans le cadre de la codirection d'un catalogue d'exposition)

Elle précise, en la minimisant, une collaboration du directeur du MEG, nommé par Patrice Mugny et Boris Drahusak, avec le musée privé Barbier-Müller. Ajouter une phrase à une libre opinion, comme si elle venait de l'auteur et sans le prévenir, est, encore une fois, un procédé qui peut se discuter, même si la phrase en question est exacte, dans la mesure où elle limite la portée du texte et prépare la modification suivante...

-       les phrases suivantes ont été carrément supprimées :

« Ce qui doit réjouir son (ancien ?) patron, Monsieur Barbier - Müller, qui espère, depuis longtemps, vendre à Genève les remarquables et fort coûteuses collections familiales. Du moins ce qui reste après de bonnes affaires avec le discuté Musée du Quai Branly à Paris et quelques autres. Avec quel argent ? »

Il s'agissait pourtant d'un élément essentiel du débat. Le directeur du musée annonce une politique d'acquisition de collections pour laquelle il n'a pas de budget conséquent. Le contribuable peut donc s'attendre à de juteuses demandes de crédits au Département de Affaires Culturelles que convoite Monsieur Drahusak pour succéder à Monsieur Mugny. Par ailleurs, Monsieur Barbier - Müller, qui, ce n'est pas un mystère, vend ses remarquables collections, a souvent critiqué dans la presse, les medias ou des exposés publics, le MEG qui voulait « construire un écrin alors qu'il n'avait pas de bijoux » et la ville, ou le canton, dont les budgets de la culture auraient dû servir à acheter « des » collections. Manifestement, il ne fallait pas faire remarquer que la politique annoncée risquait de coûter beaucoup plus cher que le budget déjà scandaleux de l'agrandissement du musée et ses dépassements prévisibles. Ni surtout que le défenseur principal du projet pourrait, éventuellement, avoir des intérêts privés dans de futures acquisitions proposées par un directeur qui fût un de ses collaborateurs...

-       enfin la chute du texte a été amputée de la partie en gras ci-dessous et la signature de l'adresse de ce blog où l'on retrouve plusieurs billets développant mes arguments :

« Au delà des arbres, ce projet tronçonnerait la culture et les budgets, style Patrice Mugny - Boris Drahusak ! »

Il s'agissait ici de rappeler que c'est un magistrat Vert et son directeur et candidat successeur Vert, réputés pour leurs méthodes brutales de « Khmers Verts », tous deux supposés de gauche par leurs électeurs, qui sont à l'origine de la nomination de l'étrange directeur du MEG et de ce projet ruineux et destructeur d'un espace vert. Ainsi que d'une politique qui plaît tant à mon prestigieux opposant, marchand et détenteur d'une des plus belles collections du monde, star de l'immobilier et de la finance genevoise ... et grand ami d'Edipresse !

 

Que la rédaction de la Tribune, journal d'Edipresse, ne veuille pas contrarier Monsieur Barbier - Müller et ses obligés du MEG peut se comprendre. Qu'elle propose à un opposant notoire une libre opinion « à égalité » avec l'intéressé est tout à sa gloire et souligne son aspiration déterminée à une façade démocratique. Qu'elle change un texte de façon critique sans consulter celui qui le signe n'est pas très courtois, ni malin à une époque où les blogs et autres médias permettent de la prendre la main dans le sac...

Cela dit, c'est sans rancœur, ni méchanceté, que je l'évoque ici, dans la mesure où, par rapport à ce qui se passe ailleurs et jusque dans les pays frontaliers, c'est déjà très bien d'avoir été publié, même après un peu de chirurgie éditoriale contrainte et peu esthétique !

 

 

Annexe : texte original envoyé, parties changées, dans l'article paru, soulignées en gras :

 

Musée massacré à la tronçonneuse !

Le souverain de la ville de Genève vote sur l'initiative contre la délibération du conseil municipal qui attribue un fort crédit pour l'agrandissement minimal en sous-sol du Musée d'Ethnographie.

Ceci au prix de la destruction d'un espace vert planté de grands arbres, remplacé par une dalle de béton. Pour masquer cet attentat contre la qualité de la vie, on planterait, sur le béton, une sorte de jardin de bonsaïs et fontaines. Les promoteurs se vantent de planter plus d'arbres (nains) qu'ils n'en abattent (de vénérables !). Les électeurs apprécieront à quel point on se moque d'eux !

Au delà des arbres, examinons un projet qu'il serait grave de rejeter s'il devait remplir une fonction essentielle.

Dans la Genève Internationale, le Musée d'Ethnographie aurait pu devenir LE lieu de rencontre des civilisations et des cultures du monde, lieu de retrouvaille de ses origines pour les visiteurs, les résidents d'origines étrangères et des scolaires, lieu d'initiation aux autres pour les autochtones appelés à découvrir le monde et ses ambassadeurs parmi nous. C'était le projet Esplanade des mondes, un musée des civilisations comme il en existe d'excellents et très fréquentés à Québec, Mexico, aux Etats-Unis et ailleurs. Une campagne de dénigrement l'a fait échouer.

Aujourd'hui, on nous propose un musée d'objets anciens, de souvenirs de voyages genevois, parce que, comme l'écrit le directeur Boris Wastiau dans un tract, quand nous voyageons, « nous sommes tous de petits ethnographes » ! Le Musée d'Ethnographie de Genève, fondé par Eugène Pittard, immense anthropologue, est tombé entre les mains d'un auto - proclamé « petit ethnographe » venu d'un musée colonial belge et collaborateur du musée privé Barbier - MüllerXXXXX... Dans son programme, centré sur la collection comme dans un musée du XIXème siècle, l'acquisition est au premier rang. Ce qui doit réjouir son (ancien ?) patron, Monsieur Barbier - Müller qui espère, depuis longtemps, vendre à Genève les remarquables et fort coûteuses collections familiales. Du moins ce qui reste après de bonnes affaires avec le discuté Musée du Quai Branly à Paris et quelques autres. Avec quel argent ?

Comme le budget prévu est englouti par le musée parking souterrain, le contribuable peut prévoir qu'au delà des cent millions de la réalisation après les habituels dépassements, on lui demandera de fortes rallonges comme crédits d'acquisition ou bien pour installer - où ? - les nécessaires réserves, inexistantes dans les plans.

Genève a déjà un musée d'objets ethnographiques dont les prestigieuses collections attirent un public confidentiel de riches collectionneurs, acheteurs et amateurs éclairés. Comment le conseil administratif et le conseil municipal ont-ils pu voter de faire du musée d'Eugène Pittard un Musée Barbier - Müller bis, tellement plus pauvre et plus laid que l'original de la rue Calvin ?

Au delà des arbres, ce projet tronçonnerait la culture et les budgets, style Patrice Mugny - Boris Drahusak !

 

André Langaney

http://www.alanganey.blog.tdg.ch/

 

(2980 signes, espaces compris + titre et signature)

 

 

 

01/09/2010

Cent millions pour un Musée bonzaï dans un parking à Genève : NON !

Le projet de nouveau Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) est hideux, minable, scandaleusement cher, destructeur d'espaces verts et ne réalisera en rien ce que l'on nous promet.

La ville va voter, au sujet de trente arbres adultes détruits par le projet « Nouveau MEG ». Après une campagne grotesque pour prétendre qu'il s'agissait de Tilleuls « tueurs et dangereux » les promoteurs du projet prétendent les remplacer par deux fois plus d'arbres sympathiques.

Comment font-ils pour planter des arbres sur une dalle de béton ?

Regardez les dessins et maquettes de la propagande en couleur qui inonde boîtes aux lettres et journaux : on y voit des pelouses avec des bosses et des arbustes légers au milieu des bosses : les « arbres » seront donc en pots. On prétend remplacer trente tilleuls adultes par soixante bonsaïs, que l'on pourra toujours oublier, lorsqu'on aura dépassé le budget, à la réalisation.

Les bonsaïs, ça fait ethno, mais les promoteurs et les responsables du MEG se f... des électeurs !

Regardez maintenant les maquettes et plans : vu de la rue des Maraîchers, rien n'a changé : on retrouve l'ancienne école Carl Vogt dans toute sa laideur. Vu de Carl Vogt, la même, mais, devant, le mini - jardin à bonsaïs et, de chaque côté, deux nouvelles ailes hétérogènes et hideuses qui laissent penser que la commission d'urbanisme avait picolé ou fumé grave le jour où elle a laissé passer cela ! Les deux bâtiments abritent l'accueil et un bistrot, essentiels dans un musée à Genève !

Mais où est donc le musée ?

Une coupe nous montre, sous les bâtiments, un immense secteur rose : c'est le parking ! Eh bien non, figurez-vous, c'est le musée !

Mais où est donc le parking ?? Là, la réponse est claire, il n'y en a pas : pas besoin!

Dans ce projet « Vert », tout le monde se déplace à pied ou en vélo !

Vous me direz que la propagande nous annonce cent mille visiteurs par an, dont plein d'étrangers, dans un secteur très embouteillé ? Mais c'est bien connu, français et saoudiens visitent Genève en vélo ! Et puis, je vous rassure tout de suite : vu le projet muséographique, tristement copié sur le Musée du Quai Branly à Paris (plus de 500 millions de nos francs), la fréquentation sera un bide et les seuls embouteillages seront dus au bistrot, s'il ouvre le soir et est bien géré...

L'argument majeur du projet est l'agrandissement des espaces de présentation des collections, pour en montrer plus, en gros de 700 à 2000 m2, qui permettrait de présenter « dix fois plus d'objets ». Ce qui appelle plusieurs commentaires.

D'abord, deux mille mètres carrés est une surface d'exposition ridiculement faible pour un musée présentant des collections du monde entier. Ses homologues européens ou nord américains exposent souvent sur plus de dix mille.

Ensuite, si l'on multiplie la surface par trois et la quantité d'objets exposés par dix, cela signifie que l'on va accumuler trois fois plus d'objets dans les mêmes surfaces. Ce qui est à l'opposé de toutes les tendances de la muséographie moderne et que l'on n'a vu, ces dernières décennies, que dans une hideuse présentation des collections Barbier - Muller au Musée d'Art et d'Histoire ou dans les « accumulations » scandaleuses par lesquelles le sculpteur - collectionneur Arman traduit, sur la Côte d'Azur, son mépris pour ses confrères africains anonymes. Au dix-neuvième siècle, les musées cherchaient à présenter toute leur collection au public. C'est rapidement devenu impossible vue la croissance des collections et les musées à collection d'aujourd'hui présentent rarement plus de un à cinq pour cent de leurs réserves à la fois. Ce qui impose d'avoir un programme d'exposition qui est forcément un programme d'idées et d'avoir des espaces de réserve de capacité beaucoup plus grande que les surfaces d'exposition.

Mais où sont donc les réserves du nouveau MEG ??

Et bien figurez-vous qu'il n'y en a pas sur place ! Donc, il va falloir, soit en construire sur un futur nouveau budget, mais où et à quel prix ? Soit laisser indéfiniment l'essentiel des collections au Port - Franc, pas loin des entrepôts hors douane douteux des marchands d'art. A quel coût aussi ?

Quant aux idées, Boris Wastiau, directeur du MEG, venu du musée colonial de Tervuren en Belgique et ex - collaborateur zélé du Musée et de la Fondation Barbier - Muller, nous en propose d'intéressantes dans l'éditorial d'un tract largement distribué à la population ces derniers jours :

« ...les souvenirs de vacances sont encore frais dans nos mémoires. ... Ces voyages...sont autant d'occasions de rassembler des objets, des images, des documents que nous exposons ensuite d'une manière ou d'une autre dans nos intérieurs !

Le rôle d'un musée d'ethnographie est en quelque sorte un prolongement de cette faculté que nous avons tous. ... »

Bref, le nouveau MEG va prolonger la collection d'objets folkloriques des souks et l'art d'aéroports que vous ramenez de vacances, exposez dans le salon et reléguez au fond du jardin ou aux toilettes quand ils sont trop poussiéreux ou trop moches !

Quel programme ! C'est évidemment avec ça que l'on va séduire les universités suisses à qui l'on veut enseigner (si l'on en croît le luxueux numéro spécial votation de Totem, revue du MEG). Ce sont ces souvenirs suisses qui vont passionner les centaines de milliers de touristes étrangers et autres visiteurs attendus. Quant aux scolaires, ils se traîneront devant cette redite du pire des vacances en famille, cherchant à cacher dans la foule le natel, la console ou les câlins avec lesquels ils vivent leur vraie vie !

Alors, la bonne question est la suivante : pourquoi le conseil municipal a-t-il voté, presque à l'unanimité, un projet aussi lamentable ? Pourquoi les partis politiques locaux le soutiennent-ils à l'unanimité ? Pourquoi des personnalités politiques réputées pour leur franc parler prennent-elles la plume pour le défendre ?

Dans le Totem - Pravda électoral, la plume lasse de mon ami Louis Necker, ancien directeur du MEG, pendant longtemps, nous fournit un élément de réponse : la ville et le peuple ont déjà retoqué deux excellents projets de « nouveau MEG ». Celui du « Chemin de l'Impératrice » ouvrait à tous les espaces nécessaires dans les meilleures conditions. Celui de « l'Esplanade des mondes », à la place Sturm, faisait, du point de vue muséographie, comme du point de vue scientifique, ce que le parking à bonsaï de Carl Vogt n'aura pas les moyens de faire.

Mais est-ce parce que l'on a coulé deux beaux projets à la suite de campagnes de presse mensongères qu'il faut en laisser passer un troisième nul et inapproprié ?

La vraie raison de cette belle unanimité est ailleurs : le pouvoir de l'argent et les réseaux d'intérêts financiers. Dans cette affaire, personne, ou presque, n'ose parler des relations entre ethnographie, archéologie, et commerce, licite ou illicite, de l'art exotique. La vieille ville offre rue Calvin un luxueux Musée privé Barbier Muller, très peu fréquenté malgré la qualité des objets présentés et des campagnes d'affichage qui devraient être ruineuses. La collection Barbier Muller est une des plus importantes collections archéologiques et ethnographiques au monde. Elle réunit des objets rares et précieux, mais qui font aujourd'hui l'objet de revendications, souvent légitimes, des pays d'origine des objets. Beaucoup de ces objets patrimoniaux ont été réunis, dans des conditions liées à la colonisation ou à la pauvreté, avant l'existence de lois étrangères interdisant leur commerce. Certains autres, après... Depuis quelques années et l'intensification des revendications, le patron du Musée vend beaucoup ses collections, en particulier, il y a peu et cher, au Musée du Quai Branly à Paris.

Si nous nous reportons à nouveau à l'éditorial de Boris Wastiau dans le tract du MEG, nous lisons que le MEG « a, pour mission première d'acquérir, de conserver, de présenter et de valoriser des objets témoins de la diversité et de la créativité des civilisations. »

Sachant que Monsieur Barbier Muller a souvent critiqué la Ville et l'Etat qui ne lui achetaient pas ses remarquables collections, ne doutons pas que son (ancien ?) collaborateur, avec un tel programme, soit prêt à être un bon client ! Avec quel argent ? Celui des contribuables, au delà du budget actuel, sans doute...

Cela, tout le monde politique le sait, personne n'en parle. C'est que, entre l'immobilier, la presse payante et gratuite, et une Fondation très généreuse à l'égard de ses obligés, il est souvent difficile, sinon dangereux de critiquer...

Les trente tilleuls de Carl Vogt sont - ils les derniers défenseurs de la science et de la culture face au pouvoir de l'argent à Genève ? Amis de la ville, sauvez-les : votez NON !

 

12:57 Publié dans Genève | Tags : genève, meg, musée d'ethnographie, votation, tilleuls, art exotique, collections, argent, pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

31/07/2010

Espace vert contre sabordage culturel : NON au MEG colonial !

Thierry Piguet, conseiller municipal sympathique a publié, commentaires fermés, un billet défendant l'abominable projet de rénovation du Musée d'Ethnographie de Genève qui 1) détruit un espace vert rare et apprécié de tout son quartier 2) est dépourvu de toute composante humaniste et généreuse vis à vis des pays d'origine des biens culturels exposés ou des pays d'origine des immigrés 3) confirme la main mise sur le MEG des amis et collaborateurs des marchands de soi - disant "art primitif" 4) n'est qu'une pâle imitation du monstrueux musée du Quai Branly à Paris, dont le but explicite était de renforcer le marché local de l'"Art premier", comprendre le trafic des patrimoines culturels archéologiques et ethnographiques.

Comme Thierry Piguet encourage à des commentaires sur son blog, j'ai essayé de placer le commentaire ci -dessous sous le billet voisin. Mais comme ce débat est important à quelques semaines d'une votation qui interviendra sous peu, je le livre à toutes et à tous ici.

 

Mon pauvre Thierry Piguet !

 

Les commentaires étant fermés à votre billet MEG, je les déplace ici.

Je n'ose croire que vous soyez complice de l'opération qui a consisté à remettre le MEG à un collaborateur "scientifique" du trafic d'art exotique, venu d’un musée colonial belge, et à une fondation privée qui joue à la science en surface et au commerce trouble dans nos illustres ports francs. Votre allié, le sinistre magistrat qui pratique la politique de la terre brûlée dans la culture genevoise et vire systématiquement les gens compétents des institutions culturelles de la ville va manger dans la main des spéculateurs du marché de l'art et de l'immobilier.

C'est lui, selon vous, qui va remettre l'action culturelle de la ville sur les rails qu'il lui a, lui même, fait quitter ?

Cela fait longtemps que les socialistes genevois couchent avec les verts pour des raisons bassement électorales. Ils sont donc bien placés pour savoir qu'ils se font souffler leur électorat par quelques dirigeants démagos et sans scrupules. Lesquels n'hésitent pas à fricoter, à l'ombre, avec les pires représentants du système néo – libéral.

Vous me direz que ça fait très longtemps que le rêve du PS est de gérer le grand capital avec un doigt de vaseline, pour faire un peu moins mal au peuple !

Ce qui leur a valu l'excellent qualificatif de "sociaux - traîtres" de la part des staliniens d'autrefois.

Quand même, Thierry : révisez votre MEG et documentez-vous !

Le projet de la place Sturm avait un excellent contenu scientifique et s'affichait hostile à tous les trafic de biens culturels. C'est pour cela qu'il a été sabordé par une campagne mensongère lancée par des marchands, dont un gros actionnaire de vos quotidiens. Auquel depuis, l'étonnant Mugny a confié le MEG par amis et collaborateurs interposés.

Le projet actuel, anti-scientifique comme le sinistre Musée du Quai Branly à Paris, veut d’abord valoriser la spéculation sur les commerces et trafics de patrimoines nationaux des pays pauvres. Ainsi que des collections privées souvent acquises dans des conditions déloyales ou illégales par rapport aux sociétés et pays d'origine. Ceci pour ne pas parler des prises de positions explicitement racistes de certains de leurs détenteurs.

En enterrant le MEG au sens propre, puisqu'on fabrique des catacombes d’ « art premier », il ne détruit pas seulement un bel espace vert en surface, mais il offre une vitrine ignoble aux nostalgiques de l'ère coloniale.

Voilà Thierry, ce que vous défendez et dont nous aurons peut-être l'occasion de débattre bientôt.

Vous ayant lu, je ne pense pas que vous allez tenter de nous faire le coup des "tilleuls tueurs étrangers" que certains de vos collègues verts et le directeur du MEG ont lamentablement tenté.

Je pense que vous souhaitez un MEG Musée des civilisations et du respect des autres cultures dans ce qu'elles ont de respectable.

C'est ce que nous voulions faire avec le magistrat (vert!) précédent, Alain Vaissade et toute l'équipe qui, après l'année de la diversité en 1995 et la magnifique et célèbre exposition "Tous parents, tous différents" de Ninian Hubert van Blijenburgh, avait conçu le projet de la place Sturm. Tous les scientifiques et directeurs de Musée de l'époque étaient derrière.

C'était évidemment intolérable pour les commerçants et collectionneurs privés de biens culturels.

Allons Thierry ! Vous n'êtes pas, comme votre allié Mugny, la marionnette de ces gens-là...

Ne vous laissez pas manipuler plus longtemps par ce monde qui n’est pas le vôtre !

 

Cordialement,

 

André Langaney

23/02/2010

Rubrique des humains écrasés et des avocats cantonaux pour animaux

" Une vingtaine d’habitants ont dû être évacués, ainsi que trois chiens, dont deux ont dû être envoyés chez le vétérinaire. Un poste médical … a pris en charge 15 personnes … intoxiquées…"

 

Ce compte-rendu de l’incendie des tours de Carouge dans un quotidien m’a stupéfait :

La visite au vétérinaire de deux cadors sur trois passait avant l’intoxication de quinze humains sur vingt !

Nous votons pour offrir, ou non, vingt six très chers avocats – un par canton ! - aux animaux : revenons au bon sens !

Aimer les animaux est humain et je déteste les voir souffrir.

Mais la souffrance est la chose la plus naturelle qui soit.

Il faut bien méconnaître notre monde pour prétendre l’éliminer !

La douleur est utile : elle avertit des dangers.

Un animal ou un humain qui ne la ressent pas se détruit très vite.

Ensuite, les animaux, par leur mode de vie et leurs représentations du monde ne sauraient respecter nos lois.

Un pêcheur fût poursuivi outre Sarine pour avoir fait souffrir le brochet qu’il capturait.

Lequel brochet ne risquait pas de scrupules face aux gardons qu’il déchirait de ses dents redoutables !

Lois et institutions doivent donner des priorités dans nos émotions, surtout quand tant de nos semblables souffrent.

Elles doivent prendre en compte ce qu’est la nature.
Les persécutions malsaines des animaux sont poursuivies par les procureurs, qui pourraient parfois faire plus ou moins !

Un avocat des animaux ne servirait à rien, sinon à faire rire un peu plus des petits problèmes de nos petits cantons !

Allez ! Ce n’est pas tous les jours que je serai d’accord avec le très rétrograde procureur Zappelli … à bientôt !

23:21 Publié dans comme des bêtes ! | Tags : votation, avocat des animaux, douleur, nature, lois, pêcheurs, procureurs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |