éducation - Page 3

  • Ciao CAVANNA ! Dédé-la-science est orphelin

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    François, tu charries ! Tu étais déjà dans l'histoire, tu n'avais pas besoin de claquer en plus...

    Toi l'immigré dont l'amour du pays d'immigration et de sa langue ont fait plus pour la culture francophone que tous ces nationalistes merdeux qui agitent des drapeaux et lancent des référendums débiles !

    Toi dont l'humour, la curiosité, la non violence, le culot et la générosité ont fait plus pour toutes les causes perdues que les pleurs et les grincements de dents.

    CAVANNA-1erW.jpgEn me nommant ainsi, par référence au Raymond-la-science de la bande à Bonnot (l'artificier des anars qui saoulait toujours tout le monde par ses discours techniques incompréhensibles), tu m'avertissais clairement que ce qui ne serait pas compris de mes écrits n'aurait aucune valeur, quel que soit ton respect pour "ma science". J'essaie donc de la faire passer, partout où elle ne devrait pas être, à des gens qui n'en ont rien à battre, même parfois en mesurant - difficilement ! - mes gros mots, comme ici sur tdg.ch.

    François, il y a un truc pour lequel je t'en voudrai toujours. En publiant, il y a bien longtemps "Et le singe devint con...", tu m'as piqué le seul titre possible pour un bouquin sérieux sur l'hominisation. Ça m'a dégoûté de l'écrire ! Dommage, on se serait bien marré... Enfin nous, d'autres sans doute moins, mais tant pis pour eux !

    Tu n'existes plus que par nos souvenirs et quelques milliers de pages et dessins admirables, vieux frère. Dommage ! Parce que si tu voyais ce que tous nos potes sont en train de dessiner à ton sujet et tout ce qu'on va picoler en ton honneur, tu partirais d'un éclat de rire éternel...

    Tant pis pour toi, tu n'avais qu'à rester !

                               Ciao Bello !              Ni Dieu, ni Maître !


     

  • SINETHON !

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    Et bien les curés, imams, rabbins, banquiers,notaires, socialistes, bigots, militaires, juges, chasseurs, patrons, parachutistes, toréadors, bonnes soeurs et autres culs-bénis, abrutisseurs et tortionnaires peuvent s'attendre au pire ! En envoyant le patron avec son oxygène dans les naseaux faire la manche sur son scooter à drapeau pirate, Siné Mensuel a recueilli auprès de ses fidèles lecteurs qui ne s'en laissent pas compter de quoi continuer à harceler ces crapules et socio-traîtres au moins jusqu'à l'été prochain.

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    A tout ceux qui nous soutiennent, ce splendide merci du boss et cette couverture qui montre que nous tenons nos engagements :

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    Notez que jouer aux myopathes ou à la Croix- Rouge, pour simplement dire doucement ce que l’on pense au milieu des torrents de désinformation sur les ragnagnas de Nabila ou des éructations populistes de Stauffer, Marine Le Pen ou Décaillet n’est pas vraiment mon truc ! Je préférerais dans mes vœux une société qui veille à l’égalité de traitement des sources d’information intelligentes qui respectent les droits et la dignité de tous les humains, plutôt que de censurer par l’argent tout ce qui ne caresse pas la finance, le conformisme néo-lib-néo-raciste-xénophobe et leurs valets médiatiques dans le sens du poil à gratter. Et qui accorde une juste prime à l’humour délicat, libre et responsable, comme celui de notre Psikopat nouveau-né, à retenir dès demain pour être sexuellement comblé en 2014 !

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  • Education sexuelle : une initiative stupide et rétrograde !

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    Au sortir d’une émission « En ligne directe » sur la RTS, on peut avoir envie de préciser ce que l’on n’a pas eu le temps de dire dans un débat dont on n’était qu’une composante mineure.

    Les initiants qui voudraient supprimer l’éducation sexuelle à l’école pour les « petits » (moins de 12 ans, pour eux, c’est petit !) prennent soin de préciser que c’est aux familles de faire le travail. Il faudrait, en tout et pour tout, qu’elles préviennent des abus et informent, plus tard, des dangers des maladies sexuellement transmissibles. Ce programme en dit long sur les compétences et la philosophie des initiants, pour ne pas parler de leurs orientations politiques bien peu masquées.

     

    D’abord, la plupart des abus sexuels sur les enfants sont le fait de membres de la famille, quand ce n’est avec leur consentement. Confier la prévention des abus aux familles, c’est confier la sécurité aux violeurs potentiels les plus probables.

     

    Ensuite, dans notre pays de grands timides, une forte proportion de parents sont assez coincés pour ne pas oser aborder de tels sujets avec leurs enfants, éventuellement au prétexte – parfois fondé - qu’ils en savent déjà autant, sinon plus qu’eux ! Ce qui peut être le cas « grâce » à la pornographie qui s’étale chez les marchands de journaux, dans les quotidiens et hebdos, à la télé, ou à laquelle on accède en trois clics sur internet.

     

    Tout ceci fait que si l’initiative passait, l’éventuelle information, familiale ou autre, serait souvent restreinte aux aspects négatifs de la sexualité : risques d’agression, maladie, risque de grossesse. Elle serait évidemment complétée par les découvertes individuelles du porno dans des médias à disposition, ce qui achèverait de donner de l’amour et de la sexualité une image répugnante d’activités dégoûtantes et dangereuses. Bonjour l’épanouissement des petits ! On prépare une nouvelle génération de curés, entre autres, qui pourront assouvir leur avidité de pureté… dans la pédophilie peut-être ?

     

    Et figurez-vous que nos bons initiants ne supportent pas que l’on parle de masturbation à des moins de douze ans, alors que tripoter ses organes vient naturellement bien avant et que ça n’a jamais rendu sourd ! Il importe donc de faire comprendre que, tout seul, il n’y a pas de raison grave de s’y refuser, si ça aide à s’endormir, mais qu’il vaut mieux éviter d’en faire une addiction, comme pour la télé et les jeux vidéo.

     

    Bien sûr, on cite toujours les caricatures d’éducation sexuelle (qui peuvent être aussi bien le fait de familles qu’à l’école, d’ailleurs) quand des intervenants incompétents improvisent à partir de représentations ou d’un langage inappropriés, ou quand ils utilisent des « sex- boxes » vues à Bâle. Celles-ci n’appartiennent pas à la culture démo-chrétienne, udéciste ou stauférienne, c’est certain ! Cela pause le problème de savoir qui fait quoi, les instituteurs et les profs du cycle pouvant être aussi mauvais que des parents s’ils n’ont pas été formés pour, s’ils n’ont pas envie de le faire ou s’ils n’ont pas résolu leurs propres problèmes. Quant aux intervenants extérieurs, s’ils n’ont pas été formés de manière interdisciplinaire entre psychologie, biologie et para- médical, ils peuvent simplement ne pas savoir parler à des enfants.

     

    Pour avoir souvent pratiqué ce genre d’information avec des groupes scolaires reçus à la demande de leurs enseignants et/ou de leurs parents, je connais bien la difficulté de répondre aux nombreuses questions des enfants, en évitant le personnel dans des entretiens collectifs et les dérives hors sujets que certains tentent parfois – rarement ! - d’induire. Je sais aussi que les questions des enfants et ados ont deux sujets principaux : se rassurer sur leur « normalité » et savoir comment gérer une relation sentimentale. Contrairement à la mienne, les générations actuelles savent en général déjà tout très jeunes des anatomies, des tuyauteries et des variantes érotiques. Elles cherchent beaucoup plus des informations sur les sentiments et les relations.

     

    Il est évident que des parents malins, bien dans leur corps et leur tête, peuvent, s’ils ont de très bons rapports avec leurs enfants et adolescents, être les meilleurs « éducateurs sexuels » possibles. Mais la plupart des enfants et ados refusent d’aborder de tels sujets avec leurs parents et se « forment » sur le tas, entre pairs, souvent à partir des plus délurés, autodidactes du porno. C’est pour cela que l’Etat, à l’école et par des intervenants judicieusement formés et évalués, a un devoir de redresser la barre pour aider à donner, à ceux qui en ont besoin (ça ne peut pas faire de mal aux autres !), une image positive de la vie sentimentale et sexuelle, tout en les mettant en garde contre ses dangers, qu’il s’agisse des abus intra- familiaux ou intra-communautaires, des maladies ou des grossesses non désirées ultra précoces qui se comptent par centaines de milliers aux Etats Unis où les familles et les sectes ont tout contrôle sur l’éducation, pour le malheur de nombreux enfants.

     

    De toute manière, dans les pratiques actuelles, les temps d’intervention à l’école sont très insuffisants pour peser bien lourd en face des vies familiale et avec les pairs, qui restent, pour le meilleur ou pour le pire, les premières sources du savoir de chacun-chacune. Aussi, leurs urgences sont de montrer que l’on peut en parler sans honte et de manière positive, qu’il faut savoir aussi se protéger des abus comme des pathologies, sans pour autant se gâcher la vie. Ce qui mériterait nettement plus de quatre heures par an et des intervenants bien formés et évalués.

     

  • De Mandela à la xénophobie municipale

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    Quel bonheur de voir les dirigeants les plus crapuleux, les plus belliqueux et les plus racistes du monde, les mains humblement croisées devant les testicules ou sous les ovaires, rendre hommage à l’homme au poing levé, faiseur de paix et de réconciliation, vainqueur de l’apartheid sans guerre civile. Celui que l’on n’a sorti que depuis si peu de temps des listes de terroristes communistes de la confédération et de ses maîtres étasuniens…

    J’ai raconté ailleurs à quel point Mandela avait employé une méthode non-standard, mais a posteriori aussi rationnelle qu’efficace pour vaincre et convaincre ses partisans comme ses pires ennemis. http://avisdexperts.ch/videos/view/2090/1

     

    Mais si, en Afrique du sud, il reste à vaincre autant la violence, les inégalités, la corruption et le SIDA que le capitalisme, la plus grande victoire contre le racisme depuis les abolitions de l’esclavage est acquise ! Chapeau Madiba ! Ou plutôt casquette de supporter raciste Springbock. L’important n’est pas l’outil, mais ce que l’on en fait…

     

    Chez nous, l’apartheid est social, politique, ethnique et … honteux. C’est la volonté des populistes xénophobes de tenir les étrangers dehors et d’envoyer les immigrés chez eux ou au diable. Ou celle de leurs alliés extrémistes libéraux d’avoir des salariés soumis au plus bas prix, ici ou ailleurs, pour maximiser leurs profits. Cherchez la contradiction ! Les uns veulent verrouiller les frontières et demanderont demain la construction d’une grande muraille de Suisse sur le modèle du rideau de fer, de la Palestine occupée ou du Rio Grande, tandis que les autres sont fans de la libre circulation sélective qui baisse jusqu’à la misère le coût du travail pour maximiser les gains des actionnaires et des dirigeants.

     

    Comme prendre directement des mesures xénophobes ne passe pas toujours bien, même à droite, l’étrange coalition libéro-populiste a choisi, localement, l’arme budgétaire pour s’attaquer, à la Ville, à toutes les mesures sociales en faveur des étrangers, des jeunes et des vieux pauvres, et, tant qu’à faire, des petits efforts faits pour rendre la Ville plus humaine et plus respectueuse de son environnement et de la nature. Pour cela on propose la suppression de deux services municipaux, ce qui coule plus ou moins soixante dix associations avec un impact négatif sur presque toute la population, pour ne pas parler des quarante neuf employés à supprimer qui gèrent l’ensemble avec dévouement et des engagements internationaux bafoués (plus dans Le Courrier ce vendredi).

     

    Il est temps de remettre les pendules à l’heure sur l’immigration : sans les immigrants, la Suisse et l’Europe, en vieillissement démographique extrême et répugnant aux basses besognes mal payées s’arrêteraient du jour au lendemain ! L’immigration est nécessaire et l’important c’est qu’elle soit et soit perçue comme un bien, et pas un mal, qu’elle se fasse autant que possible dans l’ordre et la dignité. Pour approfondir le sujet, rien de mieux que l’excellent entretien d’Hervé Le Bras dans le dernier Siné Mensuel (lire "Suisse" à chaque fois qu’il dit "France", c’est pareil, sur ce sujet du moins) et l’humour du dossier Immigration et intégration du dernier Psikopat…

     

    L’humour et la détermination, deux armes suprêmes d’un certain Mandela !

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  • Ville de Genève : terrorisme au Municipal !

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    Le budget de la ville est équilibré, elle est prospère, propre, bien gérée, malgré la crise partout autour et la circulation de multiples personnes venues du monde entier, pour leur travail dans les organisations internationales, les affaires ou le tourisme parce que l’on y vit bien. Le lac est calme, hormis un coup de bise noire de temps en temps, mais on a l’habitude !

    Quelle folie furieuse et subite pousse donc, d’un coup, une faction de la commission des finances du Municipal à exiger, en urgence par un simple amendement - un pavé dans le lac ! - la suppression de deux services importants de la ville, la rupture des nombreux engagements locaux et internationaux qu’ils ont pris, et la mise à pied, subite, de leurs 49 employés ?

    L’explication est dans la nature des services visés et la symbolique de leur suppression. La ville est assourdie sans cesse par des constructions de parkings pour les voitures qui l’étouffent, d’immeubles commerciaux et par des grands travaux pharaoniques qui ne font la fortune que des promoteurs-spéculateurs et pourrissent notre quotidien. Les deux services que l’on veut supprimer ont pour fonction la définition d’un projet d’urbanisme orienté vers la qualité de vie des habitants, le renforcement des liens sociaux et de la cohérence sociale, une relation équilibrée et non invasive à la nature, un projet qui se veut « durable » et non à la mode comme l’entend trop souvent ce mot galvaudé. Il s’agit en effet du Service de l’action communautaire et des espaces de quartier et du Service Agenda 21 – Ville durable. Bref deux services dont les multiples actions sont orientées vers la réflexion sur le cadre de vie et son aménagement, les relations entre la ville, l’environnement et la qualité de la vie, l’équité et l’harmonie des relations sociales entre les composantes de la société, qu’il s’agisse des femmes et des hommes, des anciens et des nouveaux résidents.

    Cette mesure n’est acceptable ni dans le fond, ni dans la forme. Au niveau de la forme, il s’agit d’une gesticulation prétextée par une urgence financière inexistante, puisque tout va bien dans un budget équilibré. Et l’on supprimerait sans réfléchir, d’un trait de plume, les seuls services chargés de penser l’aménagement urbain en fonction de projets définis avec les habitants, soucieux avant tout de leur qualité de vie et de résoudre les problèmes les plus urgents de respect des droits humains et de cohésion sociale ? Sur le fond, il s’agit simplement, après la débâcle des libéraux aux élections cantonales, de montrer qu’il n’y a pas que les populistes qui sont capables de casser du fonctionnaire et de prendre, en catastrophe, des mesures démagogiques injustifiables.

    Vous trouverez joints les argumentaires plus précis des opposants à cet attentat administratif, une pétition et un courrier aux élus, ainsi que leurs adresses électroniques.

    Si ces ces propositions de coupes arbitraires vous choquent et vous inquiètent, plusieurs manières de réagir:
    - en venant manifester avec nous lundi prochain à 16h30 au 2 rue de l'Hôtel de Ville, devant les canons,  avant la séance du Conseil municipal qui débutera à 17h.
    - en signant le document "nonauxcoupes" et en l'envoyant à l'adresse 

    reveillez.vous.le.25@gmail.com

     idéalement le 25 novembre avant 12h.
    - si vous êtes directement concernés par ces coupes comme partenaire ou bénéficiaire des prestations délivrées par les services menacés, vous pouvez également envoyer une lettre signée, dans l'idéal, au nom d'un regroupement ou d'une association, aux membres du conseil municipal. Vous pouvez utiliser le modèle "lettre type pour CM" ci-joint. Veuillez également trouver ci-joint la liste des adresses mail des membres du Conseil municipal.

    Nonauxcoupesbl.pdf

    Lettre-type pour le CM bl.pdf

    ADRESSESCM.pdf

  • LE FRIC ET LA MORT !

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    Cré temps de Toussaint, vindiou ! Aurait juré ma grand'mère normande devant les tempêtes et déluges de saison...

    Bon, on a bon être chez les parpaillots où il n'y a même pas de Toussaint, la soumission locale à l'impérialisme étasunien nous ramène quand même les morts avec la fête des citrouilles et ses zombis qui tournent autour de nos banques et les braqueront peut-être parfois, comme certains déguisés de l'escalade.

    Tiens, justement, les banques, la finance, le fric, le Psikopat du jour des morts en a fait son dossier, en textes profonds et en BD's, 01.jpgcertainement très différents de ceux que vous lisez dans vos journaux locaux, hormis Le Courrier et Vigousse.

    Avec une couverture qui me touche, en tant que plongeur, quand il s'apprête à plonger au milieu des requins à haut de forme et cigares et que sa jolie copine lui dit "Vas-y chéri, demande leur un crédit !"

    Un qui ne demande pas un crédit, mais des dons, c'est notre patron Bob Siné qui s'inspire de l'UMP pour tenter de renflouer les caisses du journal, ainsi que le dessine délicieusement notre copain Jiho. Car la hausse des coûts et la baisse des ventes compromettent l'avenir en 2014 de Siné Mensuel, fleuron de la presse libre, sans pub, ni sponsors. Alors n'hésitez pas, les frouzes qui paient des impôts en particulier, c'est défiscalisé aux 2/3 et c'est pour une bonne cause, pas comme les tripatouillages de la campagne de Sarko :

     

    http://www.sinemensuel.com/faire-un-don-a-sine-mensuel/

     

    Et comme on n'est pas sectaires, on acceptera même les dons des riches, à qui Bob a fait une magnifique couverture pour le No 25 !  sine-mensuel-25-home.jpg

    Jiho_dons-sine-2.jpgEt puis si vous êtes en retard pour vos cadeaux de Toussaint ou d'Halloween, ou en avance pour ceux de Noël ou les étrennes, vous êtes en plein dans le sujet avec le dernier bouquin de Bob, juste sorti des rotatives : son Journal pré-posthume (éd. Le Cherche midi), qui raconte avec un humour décapant et dessinant son agonie chronique ou la chronique de ses agonies. Siné nous fait rigoler de tout, et surtout de la grande faucheuse, ha! Ha! Ha !

     Journal_pre-posthume-_SINE_-9782749132990.html

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  • Au travail, il pleut !

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    Les diplomates fonctionnaires chercheurs du GIEC me font bien rire avec leurs multiples certitudes à 90% ou 95%, basées sur des simulations numériques aux hypothèses invérifiables et leurs communiqués de presse prévoyant des réchauffements de 0,7 à 4°C, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Mais ils savent que les médias, qui vendent la panique qu'ils provoquent, ne mettront que le 2ème chiffre en gros titre d'articles que personne ne lira jusqu'au bout !

    Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de vous dire que le réchauffement n'existe pas et que la civilisation du gaspillage ne prépare pas un avenir nauséabond à nos descendants. La fonte des glaciers et des calottes polaires, le dégel des permafrosts et autres montées locales des eaux sont des problèmes aussi graves que les désertifications et déforestations, qui avancent plus vite ici ou là depuis deux siècles, du fait de l'absence de vision collective et à long terme de l'Homo neoliberalus, un primate borné, ravagé par l'addiction à l'argent facile, même si ce dernier ne vaut plus rien à peine gagné. Non, je voulais juste vous dire tout le mal que je pense du GIEC et des grandes et très coûteuses conférences climatiques par lesquels les gouvernements font semblant de faire quelque chose alors qu'ils ne font que du pipeau. Avec nos prétendues démocraties à alternance, ils ne tireraient que des inconvénients immédiats et aucun bénéfice de la moindre politique de bon sens à long terme, qu'il s'agisse d'éducation ou d'économie ! Entre ça et l'OMS qui lance une campagne internationale de mutilations sexuelles invasives (comprendre circoncisions), au prétexte aussi douteux que mal motivé de lutte contre le SIDA, on réalise que les politiques mondiales peuvent être aussi débiles et potentiellement plus catastrophiques que les politiques nationales...

    Bon, on est passé brutalement du plein été au presque hiver, à peine chaud. Si l'on n'a pas la chance de pouvoir fuir sous les tropiques, il reste à travailler, par exemple en reprenant les cours publics, entre autres à l'uni jeudi prochain !

    Et puis, en attendant la fin des averses, on peut aussi lire, par exemple de la science présentée avec humour et BD's comme dans le dernier "Drosophile"...

    couv12mini-0f802.png ...qui vous raconte tout sur les microbes : autant de bactéries dans votre intestin que de cellules dans tout votre corps, et on ne peut pas vivre sans : ça interpelle, comme disent les psys !

    Et puis, si vous êtes plus politiques, le dernier Psikopat, en cours de parution, s'interroge sur la guerre technologique à distance et la manière dont elle masque ses crimes à leurs auteurs. Le tout avec humour et bandes dessinées, glauques à souhait ! On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde, ...et surtout pas avec notre présidant Maurer, sinon ça gripen, c'est toujours pour la sécurité des faibles femmes...01.jpg

  • UNIFORMES GROTESQUES

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    Je prenais le tram à Carouge, vers dix huit heures, habillé de saison : T'shirt, pantalon de toile, nu- pieds. Normal en été quoi ! Soudain, je me retrouve cerné de zombis : costards anthracite de mauvaise qualité, froissé au bas du dos, chemises se relâchant après un jour de guichet, cravates "note de couleur" mauve pisseux pour les originaux, nœud bleu de travers pour la plupart. La piétaille d'UBS et de Pictet singeait ses dirigeants qui, eux, ne prennent pas le tram. Qualité de l'étoffe ou du cuir en moins... On comprend pourquoi ces milieux, comme les politiques qui leur obéissent, tiennent tant à la conscription et au service militaire. L'armée, après tout, ce n'est pas très cher pour conditionner une génération à s'habiller uniformément mal et à obéir aveuglément aux ordres les plus aberrants, surtout si c'est surtout payé, à prix d'or et de Gripen, par ces imbéciles de petits contribuables ! Dans ces conditions, on devrait demander aux banques et  au patronat de financer l'armée, comme organisme de formation professionnelle de leur personnel, et dispenser de service militaire quiconque ne se destine pas à une carrière de bon à tout faire en uniforme au service du grand capital...

    Bon, vous avez compris, je ne suis pas pour l'armée et encore moins pour la conscription et c'est vraiment désintéressé parce que je ne suis plus concerné. J'ai donné bien d'autres arguments, et des plus graves, dans Le Courrier de jeudi dernier. Vous les retrouverez sur le mode sérieux à :

    http://www.lecourrier.ch/dede

    Les choses n'ont pas changé depuis Albert Einstein, Brassens, Ferré ou Renaud. Nos idées non plus ! Alors il reste à renouveler la façon de les présenter jusqu'à la victoire sur la stupidité galonnée et les exploiteurs néo- lib !

  • Pourquoi les chats ne sont pas verts ?

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    C'est la question amusante posée par un ou une cher-chère auditeur-trice de la RTS et que l'on m'a fait suivre sous cette forme : 


    Pourquoi ne voyons-nous pas d'animaux (par exemple des chats) avec des poils de couleur verte? Alors qu'à priori cela pourrait leur donner un avantage lorsqu'ils chassent dans les champs.

    Il m'a semblé que cette question posait de vrais problèmes fondamentaux, tant dans le domaine de la biologie que dans ceux de la politique et de la psychologie.

    Pourquoi ?

    Et bien vous le saurez sous peu, pour peu que la canicule vous laisse l'énergie de cliquer sur :

    http://www.rts.ch/decouverte/sciences-et-environnement/animaux-et-plantes/5117248-pourquoi-ne-voyons-nous-pas-d-animaux-par-exemple-des-chats-avec-des-poils-de-couleur-verte-alors-qu-a-priori-cela-pourrait-leur-donner-un-avantage-lorsqu-ils-chassent-dans-les-champs.html



  • LE STRIP TEASE DU JOUR !

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  • Voulez-vous jouer avec moi, cet été ?

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    SM22_CouvOK.jpegEt si l’on riait un peu avec le retour d’un soleil tant attendu ?

    Siné mensuel part en vacances à la plage avec, entre les œuvres magistrales de Bob Siné et de notre grand Poussin vacances,humour,lecture,sciences,vin,politique,littérature,dessin de pressede presse, une foule de jeux : l’irrésistible jeu de lois de notre économiste atterré Concialdi, un fabuleux guide des meilleurs pinards et des meilleurs producteurs illustré par le grand chef, le quizz cinéphile de Bouyxou et mon quizz de biologie hilarante, le tout illustré par la crème décapante de nos illustres dessinateurs qui se lâchent, dans leurs pages comme dans les nôtres, et puis des nouvelles aussi inédites que décalées des auteurs que vous lirez rarement ailleurs. Un énorme numéro double, qui vous tiendra en haleine et pliés de rire pendant des heures pour le prix de même pas un hamburger…

    De quoi se retrouver pétant le feu et très méchants à la rentrée !

    Communiqué SM22.pdf



  • L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

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    Un club un peu fermé et très élitiste décide de consacrer un numéro de sa revue "L'Archicube" au thème, pour eux nombriliste, "Mérite et excellence", plutôt envahissant dans nos sociétés de compétition.

    Oh surprise, ils me demandent d'écrire là-dessus !

    Voici donc ce que ça a donné, un peu à contrepied de ce qu'y ont écrit un général, un évêque, un président et trois ratons-laveurs... (référence en bas du texte)





    L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

     

    Vivre pour quoi ?

    Le prophète de la sociobiologie, Edward O. Wilson, commence l’un de ses pires ouvrages (réf.3) par une remarque triviale, mais importante :

    « L’espèce (humaine) n’a pas de but en soi. »

    Ce n’est pas la peine d’en lire plus, mais on peut partir de là pour parler des buts réels ou supposés des êtres vivants, humains compris !

     

    La sélection naturelle n’a pas de but

    Dans la nature, rien de rationnel n’assigne une finalité à notre existence ; ni à celle de n’importe quelle autre espèce. Pourtant nous choisissons, en général, de continuer à vivre, et essayons de prolonger nos sociétés, nos populations, nos cultures au delà de nos vies. Nos comportements individuels sont guidés, comme ceux d’autres animaux, par des centres nerveux qui poussent à l’action, l’orientent ou l’inhibent. Ils en analysent les effets sous forme de plaisir et de douleur, de récompenses et de punitions. Mémorisées, ces informations affectives modifient les motivations ultérieures face à des situations semblables de l’environnement. Ainsi, entre motivations « innées », « instinctives », internes et apprentissages par essai-erreur, gérés par le système récompense-punition, les animaux remplissent les deux conditions nécessaires de la sélection naturelle : survivre et procréer. Les espèces qui y faillirent une seule fois ne sont pas parvenues jusqu’à nous. N’observant que des espèces qui ont survécu, au moins un certain temps, nous avons a posteriori l’impression qu’elles, ou leurs membres, avaient un but, un projet : celui de durer dans le temps. Il s’agit, bien sûr, d’un biais d’observation !

     

    Transmission, apprentissage, tradition

    Les espèces sociales utilisent l’interaction entre parent et enfant ou entre pairs, pour d’autres types d’apprentissage, à partir de l’expérience des générations précédentes. L’élevage des jeunes par une mère, un père, un couple ou une communauté est l’occasion d’apprentissage par récompenses-punitions pratiquées par les congénères. Ce qui transmet des traditions par des processus de renforcement, positif ou négatif, et produit des variations de répertoires de comportements entre populations d’une même espèce, même si elles ont des patrimoines génétiques semblables et vivent dans des milieux identiques. Ces traditions, que beaucoup de biologistes n’hésitent plus à qualifier de « culturelles », malgré la réprobation des sciences humaines, portent aussi bien sur l’exploitation des ressources du milieu que sur des variations locales des interactions entre les individus ou entre les sexes.

    L’apprentissage par imitation entre jeunes et parents ou pairs semblait l’apanage des vertébrés à sang chaud – certains oiseaux et surtout des mammifères. Mais la découverte des neurones miroirs, par lesquels un animal perçoit le comportement d’un autre, ses conséquences et y accorde le sien, fournit un mécanisme qui, s’il est général, explique la transmission horizontale de savoir-faire et de traditions comportementales (la transmission « horizontale » par les pairs est opposée à la transmission « verticale » selon les généalogies). Des systèmes de neurones miroirs, ou équivalents, sont nécessaires pour régir les comportements synchronisés des animaux, qu’il s’agisse de pariades sexuelles, de déplacements en bancs ou en vols ordonnés des poissons ou des oiseaux, du tango argentin, de ballets ou de jeu d’orchestre.

     

    L’inné, l’acquis, l’appris

    L’apprentissage par répression-récompense, et plus encore par imitation, permet une modification bien plus rapide des comportements d’une population que la transmission verticale par le patrimoine génétique, l’essai-erreur dans l’environnement et la sélection naturelle. Il permet d’adapter bien plus vite les populations qui le pratiquent à des changements rapides du milieu. Mais il comporte un risque important d’échec par une seule interruption, toujours possible, de l’apprentissage, bien moins fiable que la transmission génétique. Quand des comportements appris conditionnent la survie d’une population, l’apprentissage doit être « sécurisé », en particulier pour les comportements de fuite, alimentaires ou de reproduction. Par exemple, les éthologistes ont montré que, chez des oiseaux et, de façon moins stéréotypée et réversible, chez des mammifères, l’« objet maternel » et le futur « objet sexuel », définissant les comportements filiaux et reproducteurs à venir d’un individu, sont appris pendant deux périodes sensibles successives. Les canetons identifient à vie l’objet maternel treize heures après l’éclosion de l’œuf pendant une heure de temps qui se passe habituellement sous la mère couveuse. Chez les mammifères, la période sensible est plus longue et plus floue, mais se passe normalement auprès d’une mère allaitante. Quant à l’objet sexuel, qui conditionnera les futurs comportements, il est aussi appris par une « empreinte » post natale, plus tardive. L’une comme l’autre de ces empreintes peut être détournée au profit d’objets maternels aberrants (robot plastique ou poule pour des canetons, Konrad Lorenz pour des oies, soigneurs pour des mammifères) ou d’objets sexuels ne permettant pas la procréation (modèle en plastique sonorisé pour des poussins mâles, individus de même sexe ou d’espèces différentes). Si les conditions de la vie sauvage permettent rarement la répétition de tels détournements – la sélection naturelle veille ! -, la captivité provoque souvent des « erreurs » d’empreinte compromettant la survie, la procréation ou les futurs comportements maternels. Par exemple dans le cas fréquent où des soigneurs humains sont objets d’empreintes inappropriées.

    L’expérience des grands singes captifs, en particulier de l’orang-outan Wattana (élevée avec des bonobos, elle avait appris leurs mœurs !) montre que leurs comportements sexuels sont appris, au-delà de l’empreinte, et suivent des traditions de leurs espèces ou de ceux avec qui ils sont élevés (réf.2). Des traditions culturelles flexibles et non des réponses stéréotypées à des contraintes génétiques ou physiologiques innées, contrairement à une opinion trop répandue. Ce qui amorce ce que l’on observe chez les humains : une indétermination biologique des orientations et des comportements sexuels, hors peut-être de rares cas, et leur détermination par l’éducation, la culture, l’histoire de la vie de chacun –chacune et ses contingences. Ce point de vue n’est pas l’opinion dominante dans le monde anglo-saxon, où tradition « héréditariste » et opportunisme judiciaire ont, en particulier, conduit à des publications contradictoires présentant de prétendues « preuves » d’une détermination innée – génétique pour les uns, physiologique pour les autres - de l’orientation sexuelle humaine.

     

     

    Les cultures

    L’absence de projet inné de l’espèce humaine et de ses proches parentes animales impose la régulation par l’apprentissage des comportements de survie et de procréation. Chez les humains parvenus jusqu’à nous, éducation et culture ont assuré ces conditions, ainsi que celle de la reproduction de la culture. Les sociétés traditionnelles assuraient, tant bien que mal, la survie jusqu’à la procréation et la procréation, en général en contrôlant la sexualité. En plus, elles assuraient la reproduction de leurs cultures. Les systèmes politiques et religieux les plus fréquents sont souvent basés sur un pari démographique et sur le prosélytisme, bienveillant, contraint ou guerrier, quitte à perdre une partie de la population.

    Les prescriptions culturelles, à travers leurs justifications mythologiques ou idéologiques, vont bien plus loin, dans le détail, qu’il n’est nécessaire au maintien de la population et à la poursuite de la civilisation. Elles manifestent souvent une intransigeance totale vis à vis de variantes équivalentes, qu’il s’agisse de traditions de déguisement improbables ou d’activités cultuelles insolites, dont l’effet sur la reproduction et la transmission n’a rien d’évident. Ce qui débouche, au mieux sur des compétitions permanentes, au pire sur des guerres. L’histoire et l’actualité nous saturent d’exemples ! Il en résulte, dans les cultures dominantes, un culte de l’hégémonie et de la compétition que leurs adhérents appliquent souvent en tout contexte, même inapproprié. A l’intérieur de la même population on oppose, on classe, on hiérarchise les sexes, les genres, les classes sociales, les élèves, les professions, les régions, les villes, les artistes, les clubs sportifs, les écoles, les hôpitaux,… comme si tout problème, tout choix relevait de la compétition. Partout, on veut des « meilleurs », décrétés meilleurs parce que proclamés tels. Bref, on reprend la version Spencer de la théorie de la sélection naturelle : la survie des plus aptes, qui sont les plus aptes parce qu’ils ont survécu, et l’élimination des autres… Imparable tautologie qui néglige ce que l’on sait de la sélection naturelle : la condition de survie est une condition de seuil minimal d’aptitude, pas d’optimisation de celle-ci ; la condition de procréation l’emporte sur elle, le plus souvent ; et les meilleurs reproducteurs, « gagnants » de la fécondité différentielle, ne sont pas une élite (parfois le contraire, comme le notait Malthus !). Surtout, d’autres facteurs que la sélection sont plus importants dans l’évolution des populations peu nombreuses de grands primates, humaines ou non (migrations, dérive génétique, hasards de la recombinaison génétique, contingences de l’histoire et de l’évolution culturelle).

     

    Un peu d’histoire des sciences et de politique

    La théorie de la sélection « naturelle » fût prise comme argument en faveur de doctrines politiques à la fin du 19ème siècle. Le marxisme stalinien en fit, comme de la génétique, une « science bourgeoise », un épouvantail ; mais Engels et Marx y avaient cherché la justification de la lutte des classes. Dans l’entourage de Charles Darwin, outre son ami Herbert Spencer, Francis Galton, son cousin, et Léonard Darwin, son fils, furent les promoteurs du « darwinisme social », qui voulait améliorer l’espèce humaine par la sélection et donna naissance au mouvement eugéniste. Pour son bien-être futur, ce mouvement voulait changer l’humanité, comme les espèces domestiques, par le choix des reproducteurs et, dans ses formes dures, par l’élimination des prétendus inaptes ou peu performants. La génétique, balbutiante et mal comprise par la plupart, était aux premières loges du projet. Les laboratoires anglo-saxons et allemands s’intitulaient indifféremment laboratoire d’eugénique ou de génétique, si ce n’était les deux à la fois, comme le célèbre laboratoire de Cold Spring Harbor, fondé par Charles Davenport à New York. Un fondateur qui, avec la fondation Rockefeller, fût plus tard l’inspirateur du Kaiser Wilhelm Institut d’anthropologie et eugénique nazi, où s’illustrèrent Eugen Fischer, Otmar von Verschuer et Josef Mengele. Soixante mille personnes furent stérilisées aux Etats Unis sur des critères allant jusqu’à la misère sociale ou l’alcoolisme des parents, autant dans la petite Suède, « état-providence » ! Bien sûr, ce n’était que de l’eugénisme tiède : ces bienfaiteurs de l’humanité laissaient l’eugénisme fort – génocide, solution finale et choix des reproducteurs - à leurs amis nazis.

     

    Les idéologies d’aujourd’hui : un lourd passé

    La fin de la deuxième guerre mondiale fit classer l’eugénisme dans le camp du mal, sans extirper ses présupposés idéologiques, ni surtout les idées qu’il véhiculait. Ce n’est pas un hasard si James Watson, prix Nobel un peu usurpé pour la double hélice, et un temps successeur de Davenport à la direction de Cold Spring Harbor, s’est illustré par des déclarations sur les noirs rappelant la ségrégation raciale ou les écrits de Murray et Herrnstein, conseillers de Reagan. Ces derniers réactualisèrent les études falsifiées de Jensen sur les « comparaisons raciales d’intelligence ». Un beau monde qui fit partie du Pioneer Fund (qui, depuis l’entre deux guerres « promeut le développement de la race blanche » aux USA) et/ou de l’extrême droite du parti républicain.

     

    L’héréditarisme

    L’idéologie héréditariste, qui sous tendait l’eugénisme, vient de loin : elle veut que qualités et défauts humains soient transmis inflexiblement des parents aux enfants. Elle a produit les théories du « sang bleu » et de l’élitisme aristocratique, encore en vogue aujourd’hui. C’était un alibi imparable pour justifier les ségrégations sociales et l’endogamie des élites, le refus des « mésalliances ». La découverte par Weismann, en 1896, des conséquences de la recombinaison génétique, qui casse la transmission des parents aux enfants de manière aléatoire, aurait dû y mettre fin. Mais les élites concernées se crispèrent sur le succès de la reproduction sociale par la création d’un système éducatif à plusieurs vitesses, dont les établissements les plus performants étaient inaccessibles aux autres. C’est dans ce système que nous vivons encore aujourd’hui, malgré la recomposition des élites et des coups médiatiques douteux, comme « les banlieues à Sciences Po », qui, avec l’ENA, aura du mal à pratiquer démocratie et promotion sociale. L’archicube Bourdieu n’est plus là, mais ses travaux restent d’actualité quand la ségrégation sociale va de la famille, la crèche, l’école maternelle à l’ENS.

    Le capitalisme sauvage a imposé l’héritage des biens fonciers et des outils de production, s’inspirant des castes de l’ancien régime où l’on héritait terres, locaux, techniques et savoirs -faire par voie généalogique. Ces pratiques ne sont plus à l’ordre du jour, hors cas marginaux, en période de révolutions technologiques. Mais nous vivons sous les lois qu’elles ont inspirées. Un héréditarisme culturel, tout aussi fallacieux, double donc l’héréditarisme biologique. Ce dernier se traduit dans le monde anglo-saxon, par la recherche de « causes génétiques » à tous les comportements animaux et humains. On invente les gènes de l’intelligence, le chromosome du crime ou des rabbins Cohen, les gènes de l’homosexualité ou de  l’infidélité conjugale. Rien ne nous est épargné dans les autoproclamées « meilleures revues scientifiques internationales », avec pour points communs des erreurs d’échantillonnage et des interprétations statistiques falsifiées. Ces résultats spectaculaires, souvent en couverture au mois de juillet, ne sont guère reproduits, mais courent dans la société, propulsés par des communiqués de presse et des pseudo sciences comme la « sociobiologie » et la « psychologie évolutionniste ». Pour faire court, celles-ci se résument à un principe « ultra darwiniste », aussi faux que simple : tout comportement observé dans la nature n’existe que parce qu’il maximise le succès reproducteur des gènes de son porteur, qui le déterminent. Allez donc rechercher l’optimisation du succès reproducteur dans l’insémination « en trolleybus » de petits insectes comme les machilis ou dans l’homosexualité humaine !

     

    Les systèmes éducatifs

    Le projet révolutionnaire de l’égalité des chances n’a cessé d’être remis en question et détourné, y compris par Jules Ferry ! Quand Alfred Binet, au début du siècle précédent, imagine un test pour détecter en deux heures, plutôt qu’en une année d’échec, les élèves incapables, dans l’état, de suivre l’instruction publique obligatoire, c’est pour leur apporter l’assistance qui leur fera rattraper le peloton. Mais les grands savants de Stanford s’en emparent peu après, le bricolent pour que les résultats se répartissent selon une courbe de Gauss et s’intéressent à l’autre queue de la distribution, artificiellement créée, où ils voient l’« élite ». Ou bien à la moyenne, qui permettra les comparaisons raciales que l’on sait, aux Etats Unis de la ségrégation raciale. Et la pratique confirme cette obsession : on investit presque tout dans la formation d’élites, le moins possible dans celle des masses et quasi rien dans celle des handicapés sociaux ou physiques. La science est derrière pour appuyer cela. Une interprétation aberrante de Malthus prétend qu’il faut limiter la reproduction du peuple et encourager celle des élites (dans la version intégrale de l’Essai sur le principe de population, Malthus veut comprendre les mécanismes par lesquels Dieu nous entraîne vers la catastrophe du Jugement dernier et la résurrection des morts. Loin de lui l’idée de s’opposer à la volonté du Seigneur pour le bien de ses paroissiens, comme le lui font dire, de façon absurde, les exégèses « malthusiennes » !).

    Les tests de QI sont basés sur des performances très dépendantes de la culture et de ses énormes variations, selon les classes sociales et le sexe en particulier. L’intelligence est proclamée « génétique à 80% », rumeur basée, à la fois sur une interprétation idiote de la notion d’héritabilité et sur une mesure de corrélations de QI dans un grand échantillon de jumeaux monozygotiques étudiés et publiés par Sir Cyril Burt et une collaboratrice. Une enquête minutieuse de Leon Kamin (réf 1) a montré que l’échantillon improbable en question n’a jamais existé, pas plus que la collaboratrice qui était censée avoir fait le travail ! Comme il est bien évident que l’intelligence ne peut bien se développer que dans un cerveau en bon état et dans un milieu favorable, je me rallie de longue date à la formule du regretté Jean-Michel Goux, pour qui il était évident que l’intelligence, pour peu que l’on puisse la définir, est « 100% génétique et 100% due au milieu ! ». Prétendre mesurer la part de ces « composantes » en interaction permanente est dépourvu de sens, même si une analyse de variance ou un coefficient de corrélation mal compris peuvent en donner l’illusion mathématique à des esprits déconnectés du réel…

     

    Excellence, élitisme, mérite et éducation

    L’alibi de l’élitisme est de reconnaître et former les meilleurs pour les mettre aux commandes pour le plus grand bien de tous. Comme si les compétences techniques se doublaient d’altruisme ! Dans le système  fermé et endogame que représente l’enseignement de qualité dans le monde néolibéral, on exclut le plus grand nombre, de fait ou en probabilité, des chances d’y être intégré. Ce ne sont pas de rares exceptions, quelques « partis de rien », qui masquent l’héritabilité accablante, en France, du passage par les « très grandes » écoles, en Angleterre ou aux Etats Unis par les universités les plus prestigieuses et les plus chères. On se prive de la plus grande partie du recrutement potentiel, donc de la possibilité de trouver « les plus aptes », en admettant que le concept ait un sens. Dans un système où l’argent conditionne tout, la monomanie de l’élite et de l’excellence conduit à tout classer, les humains comme les projets, selon des échelles linéaires uniques, en négligeant la complexité et les dimensions multiples des critères d’évaluation ; à déclarer excellents ceux que les relations, la médiatisation, la propagande et les magouilles ont placés sur le dessus de la pile. Et à ne pas recruter ou financer la masse des autres. Depuis Sarkozy et successeur, et leurs exigences d’excellence et de compétitivité partout, les recrutements et les budgets de la recherche fondamentale, hors quelques niches protégées et quelques projets « excellents » se sont effondrés, ou bien ont été réorientés vers la recherche en entreprise. Sur laquelle il serait vain de prendre une position générale, mais qui fonctionne parfois de bien étrange façon, eu égard à ses objectifs déclarés.

    Il en résulte que les promus de notre système d’éducation et de recherche n’ont pas souvent mérité leurs promotions et que la plupart des méritants sont tenus à la porte, pour cause de ségrégation sociale, dès le plus jeune âge.

    Le plus étonnant, c’est que ce système marche encore un peu, mais au prix fort et pour des résultats médiocres !

     

    Références

     

    Leon Kamin (1974) The Science and Politics of IQ, LEA, Potomac.

    André Langaney (2012) Ainsi va la vie, éd Sang de la terre, Paris.

    Edward O. Wilson (1979 ) On Human Nature, Harvard Univ. Press.

     

    in L'archicube n°14 - 01-06-2013   "Mérite et excellence"

  • Le roman des races de Nancy Huston et Michel Raymond*

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    Dans un article du Monde** qui provoque quelques remous dans le Landernau parisien, la romancière Nancy Huston et Michel Raymond, grand prêtre de la sélection naturelle à l’Institut des sciences de l’évolution à Montpellier, renvoient à leurs études, avec un même mépris et pour cause de déviations idéologiques, aussi bien les généticiens des populations qui ont démontré depuis un demi siècle que le concept de race n’est pas opérationnel dans les populations humaines que les chercheurs en sciences humaines qui refusent les approches biologiques des comportements humains. Et ceci au moment où le parlement français vote des textes éliminant le terme race des textes juridiques.

    L’article est bien écrit, mais son argumentation relève plus de la fiction, dont la romancière est spécialiste, que des sciences de l’évolution et de la biologie des populations humaines dont Raymond se voudrait le nouveau prophète en réhabilitant de vieux errements. On matraque que des faits sont incontournables, mais ils ne correspondent en rien aux paradigmes actuels des sciences concernées. On utilise l’analogie comme preuve dans l’argumentation, sans se demander si elle est pertinente. Enfin et surtout, on passe sous silence des connaissances bien établies qui cassent le réquisitoire. Reprenons donc les principales failles d’un raisonnement dont l’objectif clair et unique est de démontrer que « oui, les races humaines existent », comme les sexes, et que les généticiens et anthropologues qui prétendent le contraire sont aussi stupides et bornés idéologiquement que les imbéciles de parlementaires français qui ne veulent plus que les juges parlent de races en condamnant le racisme et qui autorisent en même temps un mariage homosexuel contre nature.

    L’article passe totalement sous silence les trois plus grandes découvertes de la génétique évolutive et de la génétique des populations humaines au cours du siècle passé :

    1)   dans toute espèce se maintenant uniquement par voie sexuée, tout individu est génétiquement unique, ce qui rend toutes les populations concernées très hétérogènes et lie toute subdivision de ces espèces au choix de critères plus ou moins arbitraires, selon leurs subdivisions et leur diversité génétique

    2)   dans l’évolution des espèces, le hasard et les contingences de l’histoire jouent très souvent un rôle qui l’emporte à court terme sur les déterminismes à long terme de la sélection naturelle. Si celle-ci a un rôle majeur en éliminant le non viable et le non fécond, des gènes potentiellement avantageux sont éliminés par le hasard ou la dérive génétique, en particulier dans le cas des populations de relativement faible effectif, ce qui est le cas de tous les grands mammifères, dont les humains. Ceci ne permet donc pas à la sélection naturelle d’ « adapter » parfaitement les populations et d’ « optimiser » les caractères concernés comme les « sociobiologistes » et les « psychologues évolutionnistes » prétendent qu’elle le fait

    3)   les modèles théoriques de Gustave Malécot et les études empiriques de la génétique des populations humaines (Morton, Cavalli-Sforza, etc…) ont établi que les migrations sont de beaucoup le facteur essentiel – le plus rapide et le plus intense – de l’évolution des fréquences des gènes et de la structure des populations. Il est démontré que les migrations, chez les humains préhistoriques comme chez la plupart des espèces, ont été conditionnées pour l’essentiel par la distance géographique des lieux de résidence, produisant une répartition continue des gènes et des populations en « gradients » de variation à travers les continents. Plus on vivait proches, plus on se ressemblait par les fréquences des gènes et des caractères quand on ne se déplaçait qu’à pied. Ces répartitions ont bien sûr été perturbées par l’hétérogénéité géographique et écologique des milieux, par la sélection relativement rapide de quelques caractères comme la couleur de peau, la stature, la morphologie, par la réponse aux pathogènes locaux, ainsi que par les nombreuses contingences de l’histoire.

    D’un bout à l’autre de l’article du Monde, on parle de « groupes humains », dont on veut faire des races, des variétés ou des sous-espèces par analogie avec – je cite – les chiens, les girafes, les chimpanzés, les mésanges bleues et les … ratons laveurs ! On peut être surpris de voir un biologiste universitaire cosigner cet inventaire de Prévert où l’on mélange les races de chien créées artificiellement par les humains avec des variétés mal définies d’oiseaux et des sous espèces de girafes ou de chimpanzés bien séparées depuis longtemps dans l’espace et qui représentent des espèces en formation. Contrairement à ce que prétendent les auteurs, rien de tel n’existe chez les humains actuels dont aucune population n’a été isolée assez longtemps pour parvenir à de tels stades de différenciation. Il est aussi démontré, depuis peu, que les néandertaliens, dont on voulait autrefois faire au moins une race séparée, sinon une espèce distincte n’étaient qu’un maillon un peu isolé du réseau génétique humain. Le séquençage des génomes a même démontré que, depuis leurs derniers ancêtres communs d’il y a sept à neuf millions d’années, les ancêtres des gorilles, chimpanzés et humains ont continué à s’hybrider en Afrique pendant sans doute plusieurs millions d’années. Prétendre dans ces conditions, comme le font les auteurs, que les « races humaines » actuelles vont devenir des espèces différentes est donc une pure aberration !

    Les auteurs jouent donc sur la complexité de la diversité biologique des humains qui, bien que considérable, ne se prête pas à des classifications raciales parce qu’il n’y a pas de frontières biologiques entre les populations. Ces dernières s’interpénètrent et varient de manière continue d’un bout à l’autre de la planète. On peut bien sûr faire des découpages en mettant des limites arbitraires aux populations et aux valeurs d’un ou plusieurs caractère physique ou génétique choisis tout aussi arbitrairement. Mais alors on n’obtient pas les mêmes classifications « raciales » selon les limites que l’on attribue aux populations et selon les caractères choisis. C’est ainsi que l’ «anthropologie physique » coloniale a décrit, dans des milliers d’articles et de livres, de deux à plus de quatre cent « races humaines », où les deux mêmes populations se retrouvaient réunies ou séparées selon les choix personnels du « savant ». Une situation évidemment très différente de celle des trois sous espèces de grands chimpanzés qui, séparées géographiquement et génétiquement depuis longtemps, font l’objet d’un consensus entre les primatologues : il n’y a pas d’ambiguïté dans l’attribution d’une population sauvage à l’une de ces sous espèces, même si ces dernières ont gardé la possibilité de s’hybrider entre elles si on les réunit.

    Je ne m’attarderai pas beaucoup ici sur la confusion que le verbiage populiste de l’article tente d’introduire par une analogie forcée proclamant que les races humaines seraient aussi factuelles que les sexes et leurs individus aussi irréductibles les uns aux autres. Cette analogie est dépourvue de sens et vise surtout à déconsidérer la notion de genre et l’introduction dans les programmes de l’éducation nationale française de son enseignement. Il s’agit donc de faire un coup double politique en attaquant deux mesures qui n’ont rien à voir, sinon d’arriver en même temps. Est-il encore nécessaire de rappeler ici que la notion de genre, qui correspond à la construction sociale et psychologique de l’identité sexuelle, n’est en rien une négation de sa construction génétique et physiologique, qui intervient avant et pendant, les deux s’influençant réciproquement ***. Les féministes de toute obédience politique apprécieront la justification de la poursuite des discriminations arbitraires que cette confusion appelle.

    Sur les races, comme sur le sexe, les auteurs ne font que tenter de recouvrir d’une caution scientifique les positions politiques de l’extrême droite ou d’une partie de l’establishment scientifique anglo-saxon. Un positionnement qui, en matière de races, a même été désavoué, voici une douzaine d’année, par la décision des juges de la très conservatrice cour suprême étasunienne lorsqu’ils ont décidé que désormais chaque citoyen déclarerait sa race et pourrait, éventuellement en déclarer plusieurs. Une manière élégante et discrète, pour des juges nommés en majorité par Reagan et les Bush père et fils, de confirmer que la « race » était affaire d’arbitraire social et non de réalité biologique !

     

    *qui « n’a pas inventé la roue » mais n’hésite pas à inventer des faits

    ** http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/17/oui-les-races-existent_3296359_3232.html

    *** cf par exemple mon bouquin « Le sexe et l’innovation » éd. Du Seuil 1979/1987

     

     

     

     

  • François Jacob : souvenirs personnels

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    Pour l’étudiant que j’étais du temps de son prix Nobel, François Jacob était un monstre sacré que l’on pouvait apercevoir de loin, noyé dans la foule, lors d’une conférence prestigieuse. C’était surtout l’auteur de La logique du vivant, l’un des livres qui m’ont le plus marqué dans ma quête sur l’histoire de la vie et la nature humaine. J’y retrouvais le hasard et la contingence, rencontrés lors de mes études de biologie, qui relativisent le rôle de la sélection naturelle, mais surtout l’idée du « bricolage évolutif » qui fait que les êtres vivants ne sont pas des prototypes parfaits issus des dernières technologies apparues dans l’histoire de la vie, mais sont des assemblages de bric et de broc de caractères nouveaux et de vieilles combines archaïques, conservées indéfiniment parce qu’elles permettent aux lignées qui les portent de satisfaire les deux conditions de la sélection naturelle : survivre assez pour procréer et procréer assez pour survivre.

    Et puis, après pas mal de recherches et une grande exposition réalisée grâce à de nombreux collègues du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, je publie un essai*. Quels ne furent pas mon bonheur et ma stupéfaction de découvrir, en première page du Monde une recension élogieuse de mon livre signé du prix Nobel ! Ce fût aussi l’occasion de le rencontrer, moins dans ses bureaux à l’Institut Pasteur ou au Collège de France, que dans les médias, puis à titre privé, longtemps après, par suite de contingences. La plus passionnante de nos interactions fût la préparation et l’enregistrement d’un débat télévisé d’une heure sur l’évolution, pour une chaîne de télévision de qualité mais relativement confidentielle. La préparation avait été minutieuse, de son fait, mais deux différences de sensibilités apparaissaient. D’une part, suite à un long combat gagné contre les vieux biologistes de l’université, il se battait encore pour la reconnaissance de la biologie moléculaire. Pour moi, elle avait, à juste titre mais parfois excessivement, conquis le devant de la scène. D’autre part lui, le « bricoleur de l’évolution », était encore très « sélectionniste », bien que moins que feu son compère Monod. Bien qu’amoureux des colibacilles, puis des souris, François Jacob connaissait bien mieux la génétique humaine que la plupart de ses collègues médecins et maîtrisait la biologie évolutive qu’ils ignorent souvent. Sinon, nous étions d’accord sur les conséquences philosophiques de l’état de la biologie, ainsi que sur de nombreuses issues idéologiques et politiques qui nous firent nous rencontrer souvent dans des instances et débats discutant d’éthique biomédicale ou de lutte contre le racisme. Il est vrai que nous n’avons jamais parlé d’armées et de guerres ensemble, des thèmes sur lesquels nous ne risquions pas de tomber d’accord…

     

    Vous trouverez ailleurs de nombreux éloges et historiques de sa vie et de sa carrière remarquable. Ils portent sans doute moins que ces souvenirs personnels sur certaines de ses qualités, rares à ce niveau et à l’âge qu’il a atteint : un sens de l’écoute  et une attention très critique, la rigueur intellectuelle, bien sûr, mais aussi un grand sens de l’humour, souvent féroce. J’ai peut-être eu de la chance, mais je me souviens de lui presque toujours souriant ou riant. Même quand il me demandait, parfois avec une certaine insistance, comment il se faisait que sa fille, éditrice, « n’avait pas encore réussi à m’arracher un bouquin », contrairement à la plupart de ses collègues et amis. La réponse était évidente : les affinités et empathies ne sont pas plus héréditaires que les talents, selon un thème qui nous était cher et commun ! Mais la courtoisie, tant vers elle que vers lui, ne me permettait guère de le préciser… Il faut dire aussi qu’être enfant d’un personnage aussi prestigieux, célèbre et énergique n’est pas facile et que la médiatisation et les responsabilités aussi lourdes que celles qu’il a assumées pendant sa longue carrière ne facilitent pas les vies familiales…

     

    *Le sexe et l’innovation, éd. du Seuil.

     

  • L’horreur coloniale française s’aggrave encore à Mayotte

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    Un nouveau pas dans l’horreur vient d’être franchi dans les atteintes aux droits humains, en particulier à ceux des enfants, dans l’île de Mayotte, soustraite illégalement à la République des Comores pour être « départementalisée » à la frouze malgré les condamnations de l’ONU. Contre toutes les lois françaises et européennes – mais Mayotte ne connaît que des dérogations sous le système « Balladur-Sarkozy-Hollande-Valls » - la sous-préfecture prend désormais en compte les dénonciations de mahorais-collaborateurs visant à faire expulser les enfants comoriens « non français » scolarisés, et si possible leurs parents « en situation irrégulière ». Ceci pour avoir voulu continuer à vivre dans une île où ils s’étaient souvent installés du temps de la libre circulation dans les Comores et où parfois ils étaient eux-mêmes nés. L’arrestation dans les classes d’enfants « en situation irrégulière » sur dénonciations « citoyennes » ne manque pas de rappeler des souvenirs sinistres de la seconde guerre mondiale. Au delà des milliers de morts des transits « clandestins » entre Anjouan et Mayotte, il est incroyable que cette situation insupportable et ces exactions administratives d’un autre âge ne soient pas dénoncées depuis des années dans les médias français et européens. Plus d’informations dans le document joint.

    Mayotte, 1er département vichyste.docx