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  • Dépistage Bachelot du SIDA : une idiotie… sauf pour les pharmas !

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    Réveillé à point d'heure pour Couleur 3 où Nicolae Schiau me demande d'expliquer en 5 minutes pourquoi je suis hostile au projet Bachelot de dépister « tout le monde » pour juguler l'épidémie de SIDA. On en avait déjà parlé plus posément dans Forum, sur la Une, avec le bon Docteur Jean-Charles Rielle. Comme la matière est hypersensible, délicate et compliquée, je préfère préciser en long et par écrit pour ne pas risquer d'être mal compris.

    L'objectif d'enrayer l'épidémie est simple et ne peut que faire l'unanimité !

    Savoir comment on s'y prend est une autre affaire...

    Au plan mondial d'abord, l'épidémie est catastrophique dans certains pays, certaines ethnies, certains milieux d'Afrique, d'Amérique, d'Europe - de l'Est en particulier, d'Asie du Sud Est. Inexistante ou très marginale ailleurs, avec toutes les complexités possibles selon les moeurs locales.

    Des proportions de séropositifs, parfois de malades, à deux chiffres ont été avancées et toute la population semble parfois à risque en Afrique Australe.

    En Europe Occidentale, la catastrophe annoncée après les malheurs des homosexuels californiens et de personnalités médiatisées qui les fréquentaient, directement ou indirectement, n'a pas eu lieu.

    En France, dont il s'agit concernant le « dépistage systématique », l'épidémie, qui régresse, reste concentrée dans les populations à risque aggravé : multipartenaires homo et hétéro - sexuels, immigrants et voyageurs de populations très touchées, client-e-s et prostitué-e-s peu vigilant-e-s. Rien d'étonnant si l'on se rapporte à l'enquête d'Alfred Spira et ses collaborateurs démographes sur la sexualité des français et au fait que beaucoup de sujets à risques ont radicalement changé leurs comportements dès le début de l'épidémie. Contrairement à leurs prétentions gauloises, l'immense majorité des français n'ont de rapports sexuels qu'avec un, parfois deux partenaires réguliers. Ce après une jeunesse plus mobile, mais qui se protège beaucoup plus. Sans parler de la fraction importante de la population qui n'a pas du tout ou qui n'a plus de relations sexuelles !

    La séropositivité concerne sans doute moins de 500 000 personnes, dont sans doute plus de la moitié connaissent leur état. Beaucoup des autres ne veulent pas le connaître et ne seront pas volontaires pour le dépistage, comme le voudrait le plan Bachelot. Celui-ci espère dépister « environ cinq millions » de volontaires sur 60 millions, soit un sondage d'un français sur douze en demandant aux généralistes de proposer le test à tous leurs patients. On ne risque pas d'arrêter la propagation de l'épidémie en repérant moins d'un séropositif qui s'ignore sur dix ! En plus la ministre aux tailleurs roses limite l'âge de prescription à 70 ans alors que les enquêtes européennes montrent qu'une forte proportion de personnes plus âgées ont des rapports au-delà, souvent avec des prostituées. Souvent aussi sans protection, parce qu'à ces âges, à moins de se bourrer de pilules bleues, il peut devenir difficile de tendre le latex et l'on n'a pas l'habitude de se couvrir ! De plus, quand on a une espérance de vie en bonne santé inférieure à la durée de latence de la maladie, il faut vraiment penser aux autres plus qu'à soi, ce qui devient rare...

    Le projet Bachelot est donc typique de la politique Sarkozy. C'est une grande opération mensongère, médiatique et coûteuse. On n'arrêtera pas l'épidémie qui ralentit d'elle-même. On n'atteindra pas les séropositifs multipartenaires qui s'ignorent, ou pas, et qui continueront à contaminer leurs semblables et la frontière du reste de la population. Et, après le Tamiflu et les vaccins anti - grippe, la pharmacienne Bachelot continuera à régaler les entreprises amies qui fabriquent comprimés et vaccins en creusant, toujours plus le trou de la sécurité sociale et en dé - remboursant de plus en plus des médicaments indispensables. Bref, les anxieux à risque faible ou nul se paieront des crises d'angoisse en attendant le résultat et les malades d'autre chose paieront pour ce cinéma. Dix millions de doses pour en placer cinq et jeter les autres périmées, ça fait déjà quelques  yachts, des super - montres et autres gadgets de classe !

    Le seul point positif du projet est de permettre à des non - médecins de faire passer le test s'ils en sont capables, ce qui peut stimuler le volontariat dans les milieux concernés. Mais, là - encore, pourquoi se cantonner à des responsables d'associations - je les respecte et ils sont parfois très bien placés mais n'offrent aucune garantie de compétence ni d'éthique. Pourquoi ne pas viser un test que les concernés appliqueraient eux - mêmes, après un achat anonyme, ce qui les placerait seuls devant leurs responsabilités ? On me répondra tout de suite que c'est parce que le résultat doit être bien interprété et accompagné psychologiquement s'il est positif. Mais on ne prend pas de telles précautions pour les tests de grossesse qui sont en vente libre et dont la positivité peut être aussi dramatique pour des personnes souvent très jeunes et fragiles !

    Vous me trouvez très négatif : la maladie est là, elle est atroce, on aimerait la voir disparaître comme la variole. Que faudrait-il faire ?

    Il y a deux différences fondamentales : pour la variole on avait un vaccin et la vaccination était obligatoire. Comme le dit un de mes bons amis épidémiologistes, toute médecine préventive est une médecine totalitaire où le pouvoir médical ne demande pas leur avis aux patients, non - malades, traités dans l'intérêt général ! Et même Sarkozy n'est pas prêt à cibler les populations à risques et à leur imposer le dépistage et la responsabilité en cas de séropositivité. Imaginez qu'au lieu d'envoyer les CRS expulser les Roms et les Maliens, on les envoie cerner les boîtes échangistes mondaines, le bois de Boulogne, les lieux de drague et de prostitution de province, au jour le jour, pour imposer le test à tout le monde. Quitte à rafler un jour des ministres, secrétaires d'état, journalistes - stars, philosophes mondains, un très haut fonctionnaire du FMI et une flopée de membres du patronat !

    L'image me réjouit, mais ce n'est pas demain la veille !

    Ce sont l'information et l'éducation des citoyens et les comportements individuels qui provoqueront la décroissance de l'épidémie en Europe, aidées par un accès plus facile à un dépistage anonyme ciblé sur les populations à risques. Pas des méthodes dont l'application ne serait concevable qu'en Chine, en Iran, en Israël ou en Corée du Nord. Les alternatives qui ont court ont été jusqu'à présent propagées en France par de remarquables et courageuses associations qui ont pallié les défaillances de tous les gouvernements français jusqu'à l'actuel dans la gestion de l'épidémie.

    En Suisse où, localement, la situation initiale était parfois pire, nos autorités ont en général réagit beaucoup mieux et plus vite - une fois n'est pas coutume ! Mais là comme ailleurs, la mondialisation exclut toute solution locale définitive quand des millions de gens meurent sur d'autres continents.

     

     

  • Mourir ? Plutôt crever !

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    afficheMPc.jpg A partir de mercredi , dans plus d'une vingtaine de villes en France (Paris, mais aussi Montreuil, Saint Ouen l'Aumone, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Amiens, Nancy, Nantes, Saint Etienne, Lyon, Strasbourg, Caen, Brest, Clermont Ferrand, Marseille, Rennes, Rouen, Villefontaine, Vitrolles), allez découvrir MOURIR ? PLUTOT CREVER ! portrait drôlatique et tendre de Siné par sa fille Stéphane Mercurio.  Avec des rencontres débats avec Stéphane, Siné et les anciens de Siné Hebdo, ou simplement ceux qui ont bien connu le bonhomme dans ses combats (programme détaillé sur www.mourirplutotcrever.com)
    Les belges aussi vont le voir bientot, et nous les suisses, on crèverait idiots ? Alors, distributeurs de mes deux, vous le bougez, votre gros cul, pour qu'on puisse le voir partout en Romandie et au Tessin, voire outre-Sarine après une traduction impossible ???
    Décidément, faut tout faire ici !

    http://www.mourirplutotcrever.com/

    Un film de Stéphane Mercurio:

    Enfin un portrait au cinéma du furieux dessinateur Siné celui qui avec un crayon trempé dans l'acide s'est attaqué indifféremment depuis la fin des années 50 aux curés, rabbins et mollahs, bourgeois et militaires, moralistes de tout poils. Un gars qui au-delà de son image de provocateur à grande gueule, a traversé la grande Histoire avec ses aventures dans la presse : contempteur de l'Algérie française, d'abord dans l'Express avant de monter Siné-Massacre, acteur engagé de Mai 68 et pourfendeur du Général dans l'Enragé, compagnon très critique des révolutions cubaines ou chinoises ( une séquence à mourir de rire vous prouvera le sens limité de l'humour de ces régimes face à Siné ), ami de Malcolm X qui fut le parrain d'une de ses filles et dont le souvenir de sa disparition lui arrache encore des larmes. Probablement que pour faire ce film, il fallait attendre que quelqu'un de très intime s'y colle tant le bougre ne se livre pas facilement. Ca tombe bien il se trouve que Stéphane Mercurio sa fille est cinéaste. Même si la talentueuse réalisatrice a su toujours garder la parfaite distance sans nier le lien, ce sera donc une plongée très personnelle dans l'univers d'un gaillard pour qui la famille au sens large et l'amitié sont aussi importantes que l'engagement politique. Côté famille, vous comprendrez en l'entendant évoquer son père ancien bagnard antimilitariste, que parfois les gênes se transmettent. Côté amis, se mêle le souvenir des disparus comme Prévert et aujourd'hui sa bande d'irréductibles, sans qui Siné Hebdo né de son éviction de Charlie Hebdo pour cause de lèse-Sarkozy junior, ne serait pas né. Une bande avec outre des dessinateurs historiques des aventures Charlie ou Hara Kiri, des vieux amis comme Guy Bedos et Gérard Filoche ou des plus nouveaux comme Benoït Delépine, Isabelle Alonso, tout ça sous la surveillance de Catherine madame Sinet à la ville, et grande ordonnatrice de ce joyeux et salvateur bordel que fut l'aventure Siné Hebdo.

    Avec une devise envoyé comme un défi à ceux qui voyaient le bonhomme déjà enterré : Mourir ? Plutôt Crever !

    Contact distribution

    Antoine Bast

    antoinebast@gmail.com

    0659935284


    JJ RUE

    jjrue@hotmail.fr

    0616552857

    groupe facebook: http://www.facebook.com/home.php?#!/group.php?gid=119849163342&v=wall&ref=ts

  • Pour mettre le feu le 11, allumez La Mèche le 10 !

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    Vous aimez Vigousse, vous pleurez Siné Hebdo ? Vous allez adorer La Mèche, nouveau journal satyrique francophone, en kiosque partout en France et, on l'espère, en Francophonie...

    Allez Naville, on est pas de votre bord, mais il y a du pognon à gagner sur notre dos et celui de nos futurs nombreux lecteurs. Alors un petit effort pour la Romandie : sortez-nous bien le vendredi, comme Vigousse. Les sarkozystes Figaro ou Charlie Hebdo sortent bien à temps le mercredi...

    Et puis pour les lecteurs qui veulent vraiment nous soutenir, abonnez-vous pour nous aider à faire péter de rire le désenchantement du monde néo-libéral et de la morbide société de consommation !

    http://www.lameche.org    abonnement.pdf

    A bientôt, partout où l'on pourra, Dédé-la-science

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  • Un monde sans génétique ?

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    C’est une question venue du public à laquelle je chercherai à répondre, ce Mercredi 28 avril à 18h30, Sciences II, auditoire Tingry (A150, rez-de-chaussée, 30 Quai Ansermet, Genève), dans le cadre des « Journées du Gène 2010 », une initiative confédérale pour informer les citoyens des progrès et problèmes de la génétique.

    Sans qu’il ait valeur de programme, puisqu’il s’agira surtout de présenter et lancer un débat, je vous livre la dernière version du résumé de la séance :

    La peur de l’incompris et la science fiction font croire à certains que les nouvelles technologies créent un monde nouveau, hors des « lois de la nature » et prêt à échapper au contrôle humain.

    Qu’elles créent de l’artificiel dangereux et préparent le pire à nos descendants.

    Or ces techniques ne font que reproduire, amplifier et guider des mécanismes brutaux et parfois plus incontrôlables dans la nature.

    Rappelons que l’artificiel a commencé avec les domestications animales et végétales, par lesquelles nos ancêtres ont transformé des espèces sauvages en troupeaux et en champs d’êtres que la nature n’aurait jamais produits.

    Par des méthodes empiriques, parfois inconscientes, nos ancêtres néolithiques ont détourné la nature à leur profit, pour notre bien-être d’aujourd’hui.

    Nos connaissances nous permettent de faire bien plus, avec des méthodes plus puissantes, mais sans ruptures dans les objectifs recherchés.

    Comme toutes les technologies, les méthodes biologiques peuvent produire le meilleur, mais aussi le pire, si elles sont détournées à des fins malveillantes.

    Elles posent donc deux problèmes majeurs :

    - décider ce qui est souhaitable et ce qui doit être interdit

    - faire expertiser les projets de recherche et d’applications massives par des autorités compétentes et indépendantes des lobbies commerciaux, industriels, idéologiques et politiques

    Sur ces deux points rien n’est simple dans un monde où l’argent l’emporte sur l’humain.

    Journées du gène 2010, conférence du 28-04-2010,

    (A 150, Sciences II, Genève)

  • Je sens, donc je suis…( du verbe suivre !)

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    Géraldine Coppin, du Pôle de recherche sur les émotions de l’Université de Genève, nous apporte des résultats passionnants dans sa thèse sous la direction de David Sander.

    Des sujets doivent choisir entre des odeurs qu’ils jugeaient indifférentes, ni agréables, ni désagréables.

    Plus tard, alors qu’ils ont oublié ces odeurs et leurs choix, on les remet à la même épreuve.

    L’expérience montre qu’ils choisissent alors les odeurs qu’ils avaient préférées la première fois et rejettent les autres.

    Ils passent ainsi de l’arbitraire conscient à un choix émotionnel inconscient dont ils ne connaissent plus la cause.

    Cette expérience applique aux odeurs le « paradigme du libre choix » proposé, voici cinquante ans, par le psychologue Brehm.

    Nos « libres choix » sont conditionnés par nos émotions et par une mémoire qui peut être masquée, et d’autant plus efficace.

    Devant des choix du présent, le poids d’expériences oubliées du passé ou de manipulations non perçues peut outrepasser toute raison.

    Quand les matraquages publicitaires et les manipulations médiatiques sont ce qu’ils sont de nos jours, que sont nos choix ?

    Choix de consommateurs enchaînés par des heures d’images, de sons et d’odeurs non désirés ?

    Choix de citoyens abrutis par des médias verrouillés par l’argent et la cupidité des marchands ?

    Quelle liberté reste-t-il dans le choix de nos achats, de nos loisirs ou de nos élus ?

    Il faut savoir qu’après avoir préféré, à une élection, le très nul de droite ou l’aussi nul prétendu de gauche, on tend à recommencer.

    Même si l’on a oublié son choix précédent…

    Voici comment des caricatures de démocratie mènent à Berlusconi, Merkel ou Sarkozy, quand ce n’est pas pire…

    RSR1 31-03-2010 bis

  • Science et politique, de Darwin à nos jours

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    Les scientifiques d’une société propagent ses idéologies et participent à leur construction.

    Charles Darwin était un riche bourgeois.

    Il fréquentait Adam Smith et Herbert Spencer, prophètes du capitalisme.

    Ces derniers lui ont sans doute fait exagérer, un temps au moins, le rôle de la compétition dans l’histoire de la vie.

    A l’opposé, des communistes prenaient la sélection naturelle comme argument pour la lutte des classes !

    Pourtant, Darwin n’a pas rencontré Karl Marx, comme l’imagine une excellente fiction théâtrale romande !

    Il évitait les récupérations politiques, religieuses et les conflits, même si sa théorie ruinait le fondamentalisme chrétien.

    La science occidentale idolâtre Darwin, mais s’inspire plus de Spencer que de la prudence du grand naturaliste.

    Elle fait l’apologie de la compétition et du court terme, provoquant un énorme gâchis de moyens et de talents.

    Elle pratique le culte de l’argent et même la spéculation : l’université de Lausanne a perdu ses économies en bourse l’an passé !

    Cette science néo - libérale recourt à la propagande, quand ce n’est pas à la publicité mensongère.

    Elle méprise souvent les subalternes, les femmes et les étudiants, considérés comme de la « chair à canon ».

    De jeunes docteurs, aujourd’hui, se font détruire leur vie privée par de courts contrats qui les baladent à travers le monde…

    Ils passent par la case chômage, selon les moyens et les besoins temporaires des laboratoires.

    Comme ils doivent envier Charles Darwin qui a travaillé à son goût, chez lui, pendant des décennies, grâce à la fortune familiale !

    RSR1 18-11-2009

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  • Quand elles pètent les plombs…

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    J’ai parfois eu de l’admiration pour l’habileté ou le courage de nos conseillères fédérales.

    Raison de plus pour ne pas les épargner quand elles disjonctent !

    Un coup d’œil à droite d’abord :

    Madame Leuthard pleure les 5000 emplois que ferait perdre, selon elle, l’abandon de l’exportation d’armes de guerre suisses.

    Qu’est-ce que 5000 emplois à côté des centaines de milliers perdus par les délocalisations des patrons et les banquiers ?

    Qui n’ont pas l’air de la bouleverser…

    Comment son parti, prétendu chrétien, soutient-il ce commerce de mort, anecdotique pour notre économie ?

    Vous me direz que les prêtres bénissent les armées et les canons ?

    Eh bien, c’est votre problème, à vous les croyants !

    Un regard vers la pseudo – gauche, ensuite :

    Madame Calmy – Rey nous relance le projet d’un mandat présidentiel de quatre ans ?

    Regretterait-elle de ne pas avoir l’époustouflant Mr Merz trois ans de plus, comme image fulgurante de la confédération ?

    Ou bien que l’inénarrable Monsieur Couchepin ne l’ait pas fait rire quatre fois plus longtemps ?

    A moins que le retour à l’hypermonarchie héréditaire en France voisine ne lui donne des envies ?

    La personnalisation du pouvoir est le plus grand échec des démocraties bourgeoises.

    Elles ont ainsi porté au pouvoir les pires dictateurs et les plus grands falsificateurs de la politique.

    Il est plus facile de choisir des dirigeants à leur bonne tête, souvent relookée, plutôt qu’en choisissant parmi leurs projets.

    Mais ne nous étonnons pas quand la tête du politicien conduit à n’importe quoi, sans rapport avec son étiquette et ses promesses.

    C’est une excellente chose que ce pays ne soit pas représenté par une seule tête durable…

    RSR1 21-10-2009

  • La propagande coule le débat politique !

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    Les campagnes électorales et leurs résultats, à Genève comme ailleurs, deviennent inquiétants.

    Les votes se font de plus en plus à la tête du client.

    Une propagande et des slogans simplistes remplacent les débats d’idées et les choix politiques.

    Des leaders dotés d’images personnelles fortes, sinon franchement machos, semblent essentiels.

    Usurper le drapeau national pour un usage partisan fonctionne bien, à Genève comme en France.

    A condition, toutefois, de ne pas le souiller, comme l’a fait bêtement l’UDC.

    La politique rejoint le nationalisme sportif, ses drapeaux et la pipolisation de ses stars.

    Faire peur avec les frontaliers, le climat ou l’apocalypse écologique marche fort.

    Communiquer avec de bonnes têtes et des slogans naïfs a souri aux Verts.

    Par contre, avoir des programmes détaillés ou des idées à débattre est très contre productif et a pénalisé les vieux partis.

    Bref, on reconnaît l’influence des médias de masse qui ne cessent de zapper, de saucissonner tout message de pubs, d’annonces et autres coupures.

    Et qui rejettent souvent tout ce qui appelle une pensée cohérente.

    L’incapacité à se concentrer et à réfléchir ou bien leurs tendances grégaires sont souvent reprochées aux jeunes.

    Ici, elles frappent des adultes qui, il est vrai, sont d’anciens jeunes !

    Ont-ils oublié de grandir en vieillissant, ou bien sont-ils aussi des victimes de la décérébration médiatique ?

    Avec du recul, on a l’impression que la propagande a battu l’intelligence : Pavlov 5 buts, Piaget zéro !

    RSR1 14-10-2009

  • La gueule de l’autre

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    Nous commençons seulement à décoder les mécanismes par lesquels notre cerveau perçoit et interprète les traits physiques et les expressions  du visage de nos interlocuteurs. Ou comment il les traduit en termes d’émotions et de fiabilité des messages transmis et construit la réaction qu’ils suscitent.
    Il serait temps, quand tout le commerce et toute la politique passent par une personnalisation et une communication non – verbale qui éloignent chacun de toute prise de décision rationnelle et conforme à ses intérêts et choix personnels !
    Obao ou Obama, même combat ! Il n’est plus question de choisir entre des alternatives politiques ou des programmes, dont, de toute façon, aucun politicien ne maîtrise plus la complexité. La politique médiatisée d’aujourd’hui consiste à choisir une option par la confiance aveugle que l’on fait au visage qui vend le produit, en fonction d’un jugement esthétique, d’une identification plus ou moins fallacieuse, d’obscurs objets de désirs et d’évaluations intuitives de la fiabilité des messages. Le marketing politique, comme la pub, fait tout pour détourner l’intérêt du consommateur des propriétés réelles du produit. On affronte le compétiteur – il ne s’agit même plus d’un ennemi ou d’un adversaire ! – à coup de messages subliminaires de connivence, de stimulations esthétiques et sexuelles et d’emballage médiatique.
    Dans ces affrontements, toute vision politique est perdue et le résultat est aléatoire en termes techniques ou moraux. Plus rien n’a d’importance : un bon maquillage dissimule aussi bien les rictus déments de Sarko et son néo- lepénisme que le mysticisme prophétique de Bernadette Ségo ou ce que fera vraiment Obaobama, s’il en a l’occasion …

    In Siné Hebdo N° 10

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