Général

  • Des dinosaures aux portes de Genève !

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    Les plus âgés d’entre nous se souviennent de ces numéros de cirque, aujourd’hui disparus, dans lesquels un dompteur d’éléphant passait sa tête entre le pied de l’animal et un support dur, au risque, si le dressage avait été imparfait, d’avoir le crâne aplati par une partie seulement des quatre tonnes du pachyderme. Avec un pied atteignant un mètre de diamètre, « Odysseus », au moins trente mètres de long et dix fois plus lourd, aurait pu jouer au même jeu avec la tête de l’éléphant ! Il y a cent cinquante millions d’années, Plagne, un peu au-delà de Bellegarde, était une zone de marécages tropicaux en bord de mers coralliennes. Les terrains et les roches de la région ont livré de très nombreux fossiles de plantes et d’animaux de l’époque qui permettent de reconstituer un paysage des mers du sud, bien différent de l’actuel. Des dinosaures aussi impressionnants et herbivores qu’Odysseus y broutaient lourdement, en croisant parfois d’autres, plus petits et bipèdes, relativement légers et rapides comme « Maxime », probablement carnivore et prédateur. Comment le sait-on ? Tout simplement en étudiant les extraordinaires empreintes qu’Odysseus et Maxime ont laissées dans le sol et que les temps géologiques ont consolidées et protégées. Jusqu’à ce que des spécialistes les retrouvent, il y a une douzaine d’années. Si des traces de tels géants sont connues dans le Jura franco-helvète et ailleurs, celles de Plagne battent le record du monde par la longueur de la piste laissée par Odysseus : 155 mètres pour 115 empreintes, mises à jour et étudiées au cours de trois saisons de fouilles universitaires, de 2010 à 2012. Pour conserver cet extraordinaire patrimoine scientifique, le valoriser et en faire profiter le grand public, les autorités locales de la terre Valserine, sous l’impulsion, entre autres, de Jean-Pierre Fillion, ont créé Dinoplagne, avec de multiples soutiens locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Dans cet espace naturel sensible remarquable, vous êtes invités à une promenade qui, dans un premier temps, vous fait découvrir la nature actuelle de l’endroit, en utilisant la réalité augmentée sur une série de postes d’observation. Ensuite, vous arrivez dans une belle construction en bois du pays, qui protège les plus remarquables empreintes d’Odysseus et Maxime, tout en vous expliquant qui ils étaient, où ils vivaient et l’histoire de la région et de ses paysages. Là, une expérience impressionnante de réalité virtuelle vous fait frôler par de redoutables reptiles volants, qui animaient les cieux de l’époque, puis entendre et voir nos dinosaures qui arrivent droit sur vous. Hurlements des plus impressionnables garantis ! Plus loin, un autre moment passionne les visiteurs quand un film reconstitue l’évolution du paysage local au cours des 150 derniers millions d’années. On assiste à sa transformation et son bouleversement sous les effets des événements géologiques et des changements climatiques. La formation  « soudaine » des Alpes est aussi spectaculaire qu’intéressante !

    Dinoplagne se situe à proximité d’autres beaux sites naturels, forestiers et lacustres, à une heure de Genève où ces grands reptiles sont, sans aucun doute, passés, à l’époque. Passionnant pour les jeunes amateurs de dinosaures, bien conçu, agréable et instructif pour tous, c’est une destination d’excursion ou de week-end idéale jusqu’à sa fermeture saisonnière le dimanche 29 Août prochain. Mais il est nécessaire de réserver et les places sont limitées (pas plus de dix mille pour cette saison), afin que tous les visiteurs puissent profiter au mieux de ces nouvelles technologies à capacité d’accueil définies. Toutes infos et réservations sur www.dinoplagne.fr .

                                                                                 Dédé-la-science

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  • Les plantes, les femmes et le grand bazar(..de l’évolution!)

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    Quand on parle de l’histoire de la vie, la plupart des gens ne pensent qu’aux animaux, alors que les plantes ont nécessairement commencé avant et continué avec. Quand on parle de vie, d’histoire ou de sciences, les mâles accaparent souvent tout l’espace, même quand les femmes font l’essentiel. L’exposition actuelle du Conservatoire et Jardin Botanique de Genève (CJB) a le mérite de remettre un certain nombre de pendules à l’heure à ces sujets en racontant l’histoire de la vie par les plantes et en confiant le récit à une chercheuse de grand talent, Yamama Naciri. Et ce récit est bien plus scientifique et convaincant que tant d’expositions, de livres ou d’émissions, qui surfent sur le sensationnalisme à propos des poissons cuirassés, des dinosaures ou des pithécanthropes, mais oublient les plantes dont ces derniers  dépendaient et expliquent peu des mécanismes de mieux en mieux compris. Pour préparer votre visite, vous trouverez, sur le site du CJB, une brochure rédigée et illustrée avec humour. Elle fait une présentation à la fois rigoureuse, équilibrée et accessible des mécanismes de transformation du vivant, en utilisant surtout des exemples végétaux, sauf quand des exemples animaux (parfois humains) simplifient ou complètent la narration. On y rappelle en particulier que vie en commun et coopération sont aussi importants dans cette histoire que la compétition et la sélection extrême que prêchent le monde néo-libéral anglo-saxon et certains bigots ultra-darwiniens de chez nous, qui ont bien mal lu leur « prophète ».

    A mettre entre toutes les mains, en commençant par les enseignants !

    https://www.ville-ge.ch/cjb/expo_bazar_evolution.php

    Le grand bazar de l'évolution.png

  • RETOUR et COMMENTAIRES ANONYMES

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    Aucun doute, cela fait un certain temps que je n’ai pas alimenté ce blog ! A l’origine, une sombre affaire, que je vous fais brève.

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  • CONTRE L'EFFONDREMENT: LA SOLUTION VIRALE !

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    Il faut parfois rappeler des réalités simples. Deux facteurs principaux nous menaient droit à une catastrophe écologique et humanitaire globale imminente. Le premier c’est l’expansion démographique exponentielle des populations humaines, qui nous a fait passer de quelques centaines de millions à bientôt huit milliards depuis le début de l’ère industrielle. Le second, c’est la surconsommation, qui s’accélère, de ces humains, avec pour conséquences la destruction des milieux naturels et l’extinction des espèces par l’urbanisation, l’agriculture, la pêche industrielle, les pollutions, les désertifications et les autres conséquences du réchauffement climatique.

    La transition démographique ralentit l’expansion démographique humaine et une stabilisation des effectifs vers dix ou douze milliards d’humains n’est pas exclue au cours du siècle à venir. Par contre, la généralisation de la surconsommation et son aggravation incessante du fait des politiques de croissance indéfinie des économies capitalistes et néolibérales ne cesse d’accélérer et d’aggraver les effets de la surconsommation en matière de destruction environnementales et de gaspillage de ressources limitées. Au premier rang desquelles les sols, l’eau douce et les espèces vivantes consommées, marines en particulier.

    En matière d’évolution climatique les modèles angéliques du GIEC présentent toujours trois évolutions prétendues possibles. Une favorable, si on limite le réchauffement par des mesures draconiennes, une moyenne correspondant à une politique déterminée, mais moins efficace, et une catastrophique correspondant à la poursuite des politiques actuelles. Le tout en ignorant les réalités politiques déterminantes au nom de la « neutralité scientifique » et les facteurs imprévisibles, comme les conflits armés. Il est pourtant évident que, dans le monde néolibéral actuel, focalisé sur la croissance économique et l’aggravation de la surconsommation, seule la dernière hypothèse – la catastrophe – est possible, puisque aucune mesure ayant un effet appréciable n’est prise, ni même envisagée, au-delà de l’écologie quotidienne « mesquine » pratiquée par de sympathiques militants bobos et babas. Et puis surtout, les conséquences les plus prévisibles des conflits graves pour les ressources, qui ont déjà commencé, sont ignorées, alors que la course aux armements de destruction massive s’aggrave. La destruction de populations entières, par des armes nucléaires de puissance limitée dans un premier temps, devient de plus en plus probable dans un avenir proche.

    C’est dans ce contexte d’effondrement à venir, décrit avec complaisance par des « collapsologues » autoproclamés, que la biodiversité en déclin nous rappelle ses ressources cachées, en particulier en matière de maladies émergentes. Les coronavirus, ebola et leurs variantes pourraient bien, un jour, faire autant ou plus de dégâts que la peste noire qui liquida plus du tiers de la population européenne  de 1347 à 1352. L’effet spectaculaire du confinement à coronavirus, qui a nettoyé en quelques semaines l’atmosphère de Pékin d’une pollution permanente calamiteuse, est là pour nous raconter qu’une telle catastrophe humaine peut-être, en même temps, une grande amélioration collatérale pour l’environnement. Bien plus efficace que les mesurettes politiques antérieures…

    La biosphère sera-t-elle sauvée des malfaisances humaines par des virus qui nous détruiraient totalement ? A moins, s’ils ne  nous détruisent que partiellement, que les survivants comprennent enfin que l’humanité ne sera durable à long terme qu’en renonçant au capitalisme financier, à la croissance indéfinie et en instaurant un système économique rationnel, bien plus respectueux de l’environnement et des nécessaires solidarités humaines ? Les virus couronnés, sauveurs de l’humanité ?

     

                                                                           Dédé-la-science

     

  • Derniers jours !

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    Vous n'avez plus que jusqu'à dimanche compris pour aller voir au Muséum d'histoire naturelle de Genève, à Malagnou, l'exposition qui vous explique pourquoi vous êtes tou(te)s d'origine africaine et comprendre que les sociétés qui vous vendent des recherches d'origines ou d'ancestralité sur le net se moquent de vous et vous escroquent. Sinon, il vous restera à chercher son catalogue:

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  • TOUS 100% AFRICAINS !

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    Ainsi que le rappelle l’exposition  « Afrique : 300 000 ans de diversité humaine »* qui vient de s’ouvrir au Muséum d’Histoire Naturelle de Genève, après avoir été présentée cet été à la salle d’exposition de l’Université, toutes les origines des sept milliards d’humains actuels remontent à des premiers ancêtres exclusivement africains. Toutes nos généalogies d’humains, si l’on remonte assez dans le temps, convergent vers quelque part entre le Maghreb et l’Afrique du Sud, entre l’Ethiopie et le Maroc. Même celles de Trump, Xi-Jinping, Le Pen ou Blöcher ! En effet, nos plus proches parents animaux sont des grands singes exclusivement africains : Chimpanzés, Bonobos et Gorilles. Nous savons aujourd’hui que nous partageons presque tout notre matériel génétique et l’essentiel de nos caractères biologiques avec eux. Ce qui prouve que nous descendons d’ancêtres communs que la recherche situe, en Afrique, il y a six à neuf millions d’années. Une fourchette de temps confirmée par les plus anciens fossiles de notre famille zoologique. Charles Darwin faisait déjà remarquer que, comme nos cousins grands singes africains ne sont jamais sortis de leur continent, il était sûr que nos premiers ancêtres humains y étaient apparus. Tous nos cousins fossiles, Australopithèques et premiers Homo non sapiens y vivaient, jusqu’à ce que certains de ces Homo partent à la conquête du monde, en Géorgie il y a 1,8 millions d'années, puis en Chine, en Indonésie et en Europe. Il y a sans doute eu toute une série de « sorties d’Afrique ». Certaines, non datées, ont engendré en Europe et en Asie des populations de « néandertaliens » et, en Sibérie et en Asie du sud des populations de « dénisoviens », identifiées par des fossiles, et qui ont transmis un peu de leurs gènes aux populations actuelles des mêmes continents. L’émigration hors d’Afrique de leurs ancêtres a précédé celle des Homo sapiens que nous sommes. Les Homo sapiens apparaissent tardivement, vers -300 000 ans au Maroc, vers -200 000 en Ethiopie, puis en Afrique du Sud. Ce n’est qu’à partir de -120 000 ans qu’ils sortiront à leur tour d’Afrique, en plusieurs vagues, passant par l’Arabie et la Palestine pour rejoindre l’Asie du sud et l’Australie, où ils arrivent vers -50 000 ans, puis l’Europe vers – 40 000 ans. En Eurasie, certains rencontreront des néandertaliens ou des dénisoviens, avec lesquels ils se métisseront un peu. Nos patrimoines génétiques d’Homo sapiens actuels descendent donc, pour l’essentiel, des dernières vagues d‘émigrés sapiens africains avec, pour certains d’entre nous, en Eurasie, en Orient et en Océanie, des traces d’émigrations antérieures. On ne sait pas grand chose de celles-ci, sinon que leurs descendants sont allés jusqu’en Dordogne et en Iran pour les néandertaliens, jusqu’en Sibérie et en Papouasie pour les dénisoviens.

    Toutes nos origines sont donc 100% africaines et l’on est en droit de s’interroger sur la signification des « tests d’ancestralité » que des sociétés américaines, anglaises et israéliennes vendent sur internet contre un frottis buccal (pour extraire de l’ADN) et plus ou moins d’argent. Avec un culot monstre et sans préciser aucune datation, ces entreprises fondées à la périphérie de grandes universités, vous raconteront que vos ancêtres venaient pour X% de Pologne, Y% du Valais, Z% du Cameroun et 1% de Laponie ou du Mexique! Dans les meilleurs cas, on vous raconte même une histoire sur leur mode de vie, leur religion ou je ne sais quoi. Dans les pires et les plus chers des cas, on vous annonce un futur médical, non garanti puisqu’il ne peut s’agir que de probabilités calculées n’importe comment. En négligeant ce genre de commentaires astrologiques, il convient de remarquer que les résultats fournis sont calculés d’après les fréquences des gènes et séquences d’ADN dans les populations actuelles, souvent très mal connues, alors qu’il faudrait, pour bien mesurer quoi que ce soit, connaître, aux dates successives de la préhistoire et de l'histoire, les fréquences des gènes dans les populations ancestrales du passé. Comme nos ancêtres n’ont cessé de se déplacer, de se métisser et de se séparer, tant pendant la préhistoire que pendant l’histoire, on ne les connaît, bien sûr, pas du tout ! Ces calculs prétendus d’ancestralité, si populaires sur internet aujourd’hui, sont donc une pure et lucrative escroquerie dont les résultats rejoindront, dans les poubelles de la science, les mesures de "typologie raciale" qu’un polonais, Czekanowski, prétendait faire, il y a près d'un siècle, à partir de mesures anthropométriques telles que la longueur du crâne ou la largeur du nez.

    Si vous ne me croyez pas, allez donc voir l’exposition au Muséum, qui vous présente ce que les sciences nous disent vraiment de nos lointains ancêtres, tous 100% africains !

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    *« Afrique : 300 000 ans de diversité humaine » Muséum d’histoire naturelle, 1 route de Malagnou, jusqu’en janvier 2020

  • Pas d’immunité religieuse !

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    La magnifique saillie (« pas d’immunité ouvrière ! ») du camarade Philippe Poutou, représentant du Nouveau Parti Anticapitaliste dans la consternante élection présidentielle française, a fait mouche. La preuve, c’est quasiment la seule chose que le site de la Julie – qui, jusqu’à ce jour, ne brillait pas dans la lutte anticapitaliste…- a retenue de plus de trois heures de débats entre une demi douzaine de psychopathes graves de l’ambition politique et quelques personnages de la vie réelle. Parmi ces derniers, deux militants sans illusions ni ambition, poussés par leur base à faire semblant pour diffuser des idées occultées par les médias. Si la formule de Poutou a fait mouche, c’est parce qu’elle dénonce, en trois mots, les privilèges, la corruption et l’impunité, totale ou relative, non seulement des gouvernants et des parlementaires, mais aussi des riches, des puissants et des paranoïaques de l’argent qui s’approprient tout ce qui passe, que ce soit les ressources naturelles ou l’argent des contribuables.

    Mais, pire encore que l’appropriation impunie du bien commun, la confiscation permanente de l’information et de « la vérité » par les médias soumis à l’argent et/ou au politique n’est exposée à aucun contrôle, ni aucune sanction. Qu’il s’agisse du financement des partis libéraux par les complexes industriels ou financiers, du rachat de la presse, de l’audiovisuel et d’internet par des milliardaires fraudeurs fiscaux, ou bien des vérités Trumpeuses sur le climat. Qui paye la pub, la propagande, et leur diffusion, bricole sa vérité qui écrasera les autres au rouleau compresseur !

    Le problème est qu’en journalisme, comme en science, la définition de la vérité ne va pas de soi. En science, le problème théorique est à peu près résolu parce que la partie éclairée des professionnels admet qu’il n’existe de « vérités » et de théories que réfutables et provisoires, destinées à être remplacées un jour par d’autres, plus efficaces pour représenter l’état du monde ou pour agir sur lui. Mais cette philosophie des sciences est inconnue ou incomprise hors des milieux concernés, et même de nombreux scientifiques qui continuent à chercher des vérités définitives et absolues.

    Le phénomène n’est pas nouveau puisque, depuis plus de six millénaires, des prêtres imposent des « vérités alternatives » - contradictoires et incompatibles entre les différents cultes - basées sur des « faits alternatifs » d’origine douteuse, souvent réfutables ou réfutés. Que chacun ait le droit de croire aux miracles des évangiles, du coran ou du talmud est une chose. Que des gens puissent vouloir imposer aux autres, fût-ce leurs enfants, ce genre de « vérités révélées », non réfutables, est un crime contre l’intelligence humaine ! La plupart des prêtres en sont coupables depuis les débuts de leurs cultes et ils bénéficient d’une immunité scandaleuse ! Le problème n’est pas seulement la transformation de l’eau en pinard (à laquelle on aimerait croire !) ou l’ascension balistique du grand Jésus ressuscité. Il survient quand les illuminés qui croient à ces stupidités ou les diffusent veulent faire la loi et imposer leurs lubies aux autres. Quand des islamistes, au nom de ce qui est écrit dans leur coran, tuent les « apostats » ou les « coupables » d’adultère. Quand des barbares sionistes volent les terres et réinventent l’apartheid. Quand des cinglés évangélistes ou « manif pour tous » sont prêts à tuer des personnels de santé et veulent faire changer la loi, pour empêcher des femmes de faire ce qu’elles veulent de leur ventre et son contenu. Ou quand un pape, prétendu progressiste par abus, dit parler au nom d’un milliard de paroissiens pour imposer à toute l’humanité et à sa majorité féminine une vision de l’embryon humain précoce qui ne correspond en rien à l’état des connaissances scientifiques actuelles. Mais le même pape n’a toujours rien contre le racket des paroissiens pauvres et ne refuse pas plus les dons des riches que DAESH les pétro- dollars… Il faut bien vivre bien, on est infaillible et pourquoi mettre fin à deux millénaires d’immunité papale !

    Le lien que je faisais ci-dessus entre science et journalisme est que les deux professions ont pour ambition de faire émerger et diffuser un état évolutif des connaissances, indépendant des faits alternatifs assénés par les religieux, les publicitaires et les propagandistes de tout poil. Les deux professions ont fait et font encore l’objet des pires persécutions depuis qu’elles existent. L’actuel répit relatif dont ont bénéficié les scientifiques en occident prend fin avec l’arrivée au pouvoir d’énergumènes amateurs de faits alternatifs comme Trump, Poutine, Netanyahu ou Erdogan, pour n'en citer que quelques uns. Qu’il s’agisse de religion ou de politique, l’immunité des puissants est la source des pires atteintes aux droits humains et aux libertés de tous…

    PS : plus dans Le Courrier mardi prochain.

  • Le petit homard qui bou-hout dans la marmite !

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    Ce refrain très daté des Frères Jacques me revient à la lecture de cette annonce selon laquelle notre parlement fédéral envisage, sérieusement, d’interdire de cuire par ébullition des homards vivants sur le territoire national ! D’autant plus qu’une de mes cultures ancestrales me prescrit de le faire, dans le respect du talent de cuisinière de ma grand’mère restauratrice cauchoise… Alors, j’avoue avoir ébouillanté un homard, pas plus tard qu’hier soir, et l’avoir consommé, tiède, avec délice, pain frais et beurre salé, dans l’heure qui suivait.

    Certes, mon empathie pour les animaux m’avait mis mal à l’aise, comme toujours, au moment de l’introduire dans la marmite. J’avais même utilisé le truc empirique qui consiste à lui passer la tête sous l’eau chaude avant le plongeon dans l’eau bouillante. Il s’était recroquevillé, comme anesthésié et n’avait pas donné, dans l’eau de cuisson, les grands coups de queue qu’ils donnent autrement en projetant le bouillon.

    Mais, pour en revenir à nos législateurs et aux « anti-spécistes » qui les harcèlent, je pense qu’il est temps de remettre à l’heure leurs pendules scientifiques et rationnelles, car leur projet de loi risque d’être absurde et inappliqué, sinon inapplicable !

    D’abord une telle condescendance pour des animaux jusqu’à nouvel ordre importés fait preuve d’un respect bien inhabituel de l’immigration. Ira-t-on jusqu’à interdire l’importation de tout homard ou langouste qui n’aurait pas été achevé selon un complexe rituel helvétique empathique, à côté duquel casher et halal ne sont que pets de sansonnets intégristes ? Va-t-on vers le développement de fermes à crustacés marins en Valais, avec abattoirs Swiss-Concept ?

    Et puis je n’ai pas entendu dire que le projet législatif concerne NOS écrevisses, que la loi nous autorise, à nouveau, à pêcher. Favoriser ainsi des crustacés étrangers par rapport à ceux de nos lacs et rivières me semble intolérable : mon sang à croix blanche ne fait qu’un tour ! Et puis encore, pourquoi ne parler que des gros homards alors que les petites crevettes subissent le même zoocide au quotidien, dans de bien plus fortes proportions : des millions, ou bien plus, contre quelques milliers. C’est un inadmissible racisme en faveur des gros, contre les petits !

    Pour en venir au fondamental, il convient de rappeler des banalités sur la douleur, sa fonction, sa perception chez soi et chez les autres animaux, humains ou pas. La douleur est un signal vital des perturbations de notre organisme, et l’on ne peut pas vivre sans. Les très rares enfants qui naissent incapables d’en éprouver ne cessent de se blesser et mutiler gravement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Cela dit, c’est pour les autres une expérience assez négative pour que l’on apprenne vite à l’éviter, ou à l’interrompre une fois qu’elle a joué son rôle d’avertisseur. Les circuits nerveux de la douleur remontent de la périphérie du corps vers le cerveau, à travers la moelle épinière. Ils sont communs à tous les vertébrés et ont des équivalents chez les crustacés ou insectes. Mais une différence fondamentale vient de leur interconnexion, chez les grands mammifères avec les centres nerveux qui gèrent notre pensée consciente. Des centres qui sont bien plus réduits chez les autres vertébrés, et ce d’autant plus qu’ils sont zoologiquement plus éloignés de nous. On n’en connaît pas d’équivalents chez les invertébrés. Il ne nous est donc pas possible d’imaginer la douleur subjective du homard qui bout, ni la conscience ou la représentation qu’il en a. Est-ce à dire qu’il faut y être insensible ? Sûrement pas ! Est-ce à dire qu’il faut légiférer ? Si oui, comment et jusqu’où ?

    Presque tout le monde sera d’accord pour interdire l’exécution des humains par le bouillon ou les barbecues religieux, style Michel Servet, Giordano Bruno ou Jeanne d’Arc. Nos lois qui interdisent de donner la mort sous des formes non suicidaires consentantes y suffisent. Nous nous identifions à la victime et refusons sa torture que nos neurones miroirs nous font appréhender, comme si elle nous était destinée. Nous éprouvons des empathies de même type pour des mammifères supérieurs, singes et animaux familiers en particulier, dotés de centres nerveux comparables aux nôtres et auxquels nous nous identifions facilement. Mais les rats qui, cognitivement, sont souvent bien plus performants et plus proches de nous que, par exemple les chevaux, ne bénéficient en général pas de la même empathie. A cause de leur petite taille ? De leur mauvaise réputation ? Parce que ce sont des concurrents pour les ressources ?? Pourtant, il n'y a aucun doute : leur sensibilité et leur intelligence sont bien plus proches des nôtres que de celles, éventuelles, du homard. On ne peut donc pas envisager une loi rationnelle de protection du homard de la souffrance sans envisager, AVANT, une loi de protection comparable des rats et autres mammifères de tortures équivalentes. Certains veulent, depuis longtemps, faire une loi générale contre la souffrance de tous les animaux, sans considérations zoologiques, sans se rendre compte de l’absurdité de la proposition. Pour les remettre à leur place, j’avais écrit autrefois une chronique dans Charlie Hebdo, où je dénonçais « l’inadmissible génocide des charmants collemboles ». Une étude très scientifique du piétinement des tapis de feuilles dans les forêts tempérées froides humides avait en effet montré que chaque pas humain y tuait, en moyenne, huit cent de ces minuscules et mignons insectes, et en blessait sans doute encore bien plus. Pour les collemboles, chaque pas humain, c’est Alep ou Raqqa, sinon Hiroshima ! Et interdire de marcher en forêt n’est pas vraiment à notre portée…

    Et puis encore, serait-il sain de légiférer contre une souffrance animale que la nature n’est pas près d’éviter ? Quand on voit la façon dont un chimpanzé, un faucon ou un simple chat traite ses proies, beaucoup d’entre nous préféreraient sans doute une courte ébullition ou une brève combustion à une longue consommation chirurgicale tranquille, à vif, sans anesthésie, digne des pires supplices ecclésiastiques moyenâgeux ! Le seul sort comparable est celui que nous infligeons aux huîtres et autres mollusques dévorés crûs, que le projet de loi ne semble pas devoir protéger. Sans doute parce qu’ils n’ont pas, comme le homard et nous, un long corps segmenté, des pattes pour marcher, et surtout deux grands yeux de part et d’autre de la face.

    Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’éthique qui consiste, dans la mesure du possible, à éviter toutes les souffrances humaines et animales inutiles. Mais autant des lois – aujourd’hui si peu respectées – s’imposent quand il s’agit des humains ou d’espèces menacées par la stupidité humaine, autant une loi générale de prévention de la souffrance animale ne pourrait être cohérente. Il est là question d’éthique individuelle, sûrement aussi d’éducation, mais la loi reviendrait à imposer, à tous, des choix individuels que l’état du monde ne justifie pas. En d’autres termes, il s’agirait de choix religieux et intolérants. En ce qui me concerne, j’ai choisi d’assumer mes choix. Consommant des crustacés, je n’hésite pas à les faire bouillir moi-même. De même qu’il m’est arrivé d’égorger les poulets que je devais manger. Les bœufs, pas encore, puisque la loi l’interdit ! Mais, quelque part, déléguer cette mission de mort me dérange un peu. Pas autant toutefois que laisser des militaires tuer en mon nom, ou bien laisser des financiers et des commerçants sans scrupules ruiner délibérément les pauvres de tous les pays…

  • THE WORST IS ALWAYS POSSIBLE …

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    TRUMPETTES DE LA RENOMMEE …

    US’KIM JUNG UN !

    C’EST EN FAISANT N’IMPORTE QUOI…

    L’AMERIQUE RASE POUTINE GRATIS !

    THE WORST IS ALWAYS POSSIBLE …

     ...

    Difficile de choisir un titre parmi l’infini des possibles après le non événement de la nuit dernière. Il se confirme en effet que les Etats-Unis sont un pays sexiste, raciste, violent, manipulé par l’argent et le lobby des armes. Et que leur autoproclamée démocratie électorale, par la prétendue volonté d’un peuple manipulé par les propagandes, n’arrête pas de tirer sur ce peuple au fusil d’assaut… en vente libre bien sûr !

    Le premier titre, copié sur le si regretté Brassens et en même temps – paradoxe ! – sur les Claudettes de Claude François, évoque d’éventuelles « Trumpettes » qui, comme dans Brassens, sont sûrement « bien mal embouchées » aujourd’hui. Ce qui est certain, même si je ne connais pas les dernières statistiques sur le sexe des votants là-bas, c’est qu’il a fallu un énorme soutien de femmes, sinon une majorité d’entre les électrices pour parvenir à ce résultat. Les machos y verront l’efficacité de leur soumission et le rejet du modèle féministe ; la presse people l’effet de la jalousie ! Je pense plutôt qu’il s’agit d’un effet pervers de ce type d’élection : les multiples conséquences impliquées par le choix d’une personne ne constituent pas un programme et masquent aux électrices, comme aux électeurs en général, ce qui va contre leurs intérêts. C’est ainsi que l’on fait voter les femmes contre les féministes, les immigrés contre les étrangers, les travailleurs pour les actionnaires ou les pauvres pour les lois en faveur des riches.

    Le deuxième titre est un constat d’échec de la « démocratie ». Il ne fait aucun doute qu’il existe, aux Etats-Unis, des milliers de citoyen-ne-s, plus intelligent-e-s, plus compétent-e-s, plus cultivé-e-s, plus empathiques, plus sincères, plus efficaces et en meilleure forme physique que l’énergumène élu et la mère Clinton. Comment a-t-il pu s’établir un système d’élection, dans un des plus grands pays du monde, qui ne retient, comme choix possible, que ces deux zouaves ? Les monarchies Kim, Assad & Cie ne font guère pire…

    Le troisième titre, que l’on pourrait compléter en « c’est en faisant n’importe quoi que l’on élit n’importe qui ! » est évidemment une paraphrase de Rémi Gaillard – www.nimportequi.com - « c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ! ». Je vous conseille de le visiter pour vous remonter le moral, si jamais il est atteint. Il vous reste alors un petit espoir : souvenez-vous avec quelle discrétion le très totalitaire Vatican avait rattrapé son erreur électorale, le pape Jean-Paul 1er, paraît-il empathique vis-à-vis de la théologie de la libération, rappelé au ciel après un mois de règne, ou comment Kennedy y a rejoint Marilyn… Trump peut encore démissionner quand il s’apercevra que président étasunien, c’est un boulot de m….! Ou bien être liquidé, plus ou moins proprement, par un drone du lobby militaro- commercial, après ses premières décisions économiques…

    Le quatrième titre interroge le fait que Poutine et son « amie » Marine Le Pen ont, de loin, gagné cette élection contre Wall Street, l’Europe et les autres lobbies criminels de la finance et du commerce, mais avec celui de l’armement. Ce serait trop long et pas de ma compétence d’analyser tout ça ici, mais c’est une piste. En fait, ce titre était surtout une magnifique occasion de calembour douteux…

    Le dernier titre n’est que la traduction de la première partie de ma devise favorite, qui se termine, en français, par… « ..., MAIS JAMAIS CERTAIN ! ». L’occasion de considérer les quelques avantages improbables de l’élection d’un malade mental archaïque à la présidence d’un des pays voyous surarmés de cette planète. Cette élection ne fait que confirmer la proposition du sinistre mais clairvoyant Goebbels, propagandiste en chef d’Hitler, qui avait à peu près écrit (traduction non garantie), avant la seconde guerre mondiale : « Donnez moi la propagande, et quelque soit le régime <…>, j’emmènerai le peuple où vous voudrez ! ». Le peuple américain a effectivement été mené n’importe où en croyant que choisir entre deux nazes, soutenus par des masses d’argent et des lobbies, lui permettait d’agir sur son sort, alors que, comme l’exprimait si bien un clown politicien disparu (Georges Marchais, longtemps secrétaire général du parti communiste français), les étasuniens n’avaient à choisir qu’entre « blanc bonnet et bonnet blanc ». Peut-être réaliseront-elles et ils que, comme les trumpettes, ils se font emboucher ! Certes, après W Bush, on n’imaginais pas pire, parce qu’on oubliait Amin Dada, Bokassa et Jules César. On avait tort, puisque le pire est toujours possible ! Mais, maintenant que l’on va avoir Trump, on ne peut plus avoir que de bonnes surprises, si l’on pratique le pessimisme heuristique que je recommande : LE PIRE N’EST JAMAIS CERTAIN !

    PS qui me vient à la relecture : avez-vous remarqué l'amusante symétrie entre :

    "nine/eleven" et "eleven/nine"?

  • RIONS AVEC LES PAPES : Le deuxième François 1er !

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     La plupart des papes se sont répétés dans le choix de leur prénom de fonction, ce qui obligeait à les numéroter, même lorsqu’ils choisissaient des prénoms aussi folkloriques que Pie ou Urbain. Aussi, je me demandais l’autre jour pourquoi le rebaptisé François actuel n’était pas numéroté et quel était son numéro. Le Seigneur, le Vatican et Internet m’ont rapidement donné la réponse aux deux questions via Wikipédia. D’abord c’est bien le premier pape François et, ensuite, comme il veut expressément être François tout court, on ne le numérotera que quand il y en aura un deuxième. Ce qui paraît logique, le numéro étant destiné à résoudre une ambiguïté qui n’existe pas encore ! Et puis, de son vivant, en visite en France, fille-mère de l’église – pardon, fille ainée de l’église ! –, être le deuxième François 1er serait sans doute lourd à porter ! J’en étais là de mes réflexions papales quand la même source me rappela que le Vatican appelait un autre pape Jean-Paul 1er, dès sa nomination et de son très court vivant…

    Peut-être parce qu’ils anticipaient déjà sa mort subite et avaient choisi le nom d’artiste de son successeur !

  • Petite correspondance

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    Reçue depuis peu :

     « Votre article paru le 20 juillet dans la Tribune de Genève sous "Lu sur les blog" m'a inspiré les lignes suivantes:

    Votre manière de banaliser le terrorisme islamisme en la comparant aux morts de la route n'est ni plus moins qu'une manœuvre pour rendre acceptable ces assassinats de masse aux yeux des débiles qui ne font pas la différence entre un attentat et un accident.  Est-ce à dessein que vous contribuez par votre prose à grossir leur rangs? En un mot comme un cent vous êtes en première ligne dans l'armée des idiots utiles de l'Islam le plus rétrograde.

    Que diriez-vous d'un groupe ou d'une personne qui utiliserait une dialectique comparable à la votre pour mettre en relation le nombre des migrants morts dans des naufrages en Méditerranée (10 000) à la surmortalité des personnes âgées attribuée à la grippe l'hiver 2015 en France (10 000 ?!)... Par exemple en citant Chateaubriand qui a dit que la vieillesse est un naufrage?

    Vous y êtes?!  C'est exactement ce que je pense de vous.

    Jean Marc Berthoud »

     En résumé, avec délicatesse, mon correspondant parle, à mon sujet, de :

     « Votre manière de banaliser le terrorisme islamisme (sic)…

     …rendre acceptable ces assassinats de masse…

     …vous êtes en première ligne dans l'armée des idiots utiles de l'Islam le plus rétrograde. »

     Me traite de "débile" et conclue :

     « …la vieillesse est un naufrage?

    Vous y êtes?!  C'est exactement ce que je pense de vous. »

     

    Ma réponse aux trois premières accusations est simple : relisez-donc ci-dessous, je n’ai jamais écrit cela !

    Le refus de la banalisation des morts routières évitables n’implique, en rien, la banalisation du terrorisme que je dénonce sans ambigüité du début à la fin. Par ailleurs, j’accepte volontiers ma débilité comme mon idiotie – le handicap n’est pas un crime !

    Mais me prêter une complaisance vis-à-vis de l’Islam radical est faire peu de cas de ce que je ne cesse d’écrire contre toutes les religions et leurs prosélytismes, médiatiques et militaires, passés ou présents.

    Cela dit, répondre au dernier point m’est difficile : il y a, au moins, entre 3 et 8 Jean-Marc Berthoud en Suisse !

    Le plus folklorique et le plus bruyant est un hurluberlu créationniste, porte parole des fous de Dieu étasuniens, croisé un jour à Lausanne. Il a rencontré Dieu à la gare de Neuchâtel et le recycle jusque dans les radios de l’extrême droite française…

    Si c’est lui qui m’écrit, il est bien placé pour parler de naufrage sénile : il a trois ans de plus que moi !

     

  • BONNES VACANCES QUAND MEME !

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    Nous avions pris de mauvaises habitudes dans notre oasis bienheureux, au milieu d'un monde violent : penser que notre vie était presque éternelle, tant que nous n'étions pas très vieux, qu'il était normal de manger à sa faim, et même bien plus, et de n'avoir de choix difficiles à faire que pour notre confort et nos cadeaux d'anniversaires ou de fin d'année.

    Les grands pédagogues des armées islamistes, chrétiennes, sionistes et autres bouddhistes nous rappellent, tout près de chez nous, que notre vie, parmi 7 milliards d'humains est fragile et ne vaut pas grand' chose. Que notre richesse, parfois indécente et qui repose en partie sur le malheur de beaucoup d'autres, sera remise en cause, que cela nous plaise ou non. Que nos têtes mêmes ne sont pas à l'abri d'une lame tranchante comme les français en ont utilisé allègrement pendant deux siècles !

    Nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours à la Disney, ou encore plus soft - Disney, c'est parfois très violent ! Nous vivons cernés de militaires et de policiers surarmés dont beaucoup rêvent de jouer avec leur matériel, comme dans les jeux vidéos, de prêtres qui, au niveau mondial, prêchent plus souvent l'intolérance que le respect des autres, et de marchands d'armes prospères qui voudraient nous faire croire qu'elles ne seront jamais utilisées qu'à l'autre bout du monde.

    Notre monde est dangereux, violent, injuste et nous n'avons pas d'autre choix que de vivre avec et de le faire accepter, tel qu'il est, à nos descendants, en essayant de ne pas le leur pourrir encore davantage. Pour ça, pas d'autre solution que d'équilibrer, par autant de bonheur et de plaisirs, les agressions et le tapage d'un monde hostile. Comme les vacances rééquilibrent un peu le moral de tous ceux dont le travail n'est guère heureux...

    Alors, pour les vacances, des jeux, de l'humour, de la science et de l'amour, comme on vous en propose dans deux numéros d'été de haute tenue de Siné Mensuel et du Psikopat :

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  • Les « bons » et les mauvais terrorismes

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    Nul doute que l’attaque au camion de Nice est l’un des actes les plus cruels et « inhumains » qui puisse se concevoir. Rien n’excuse celui qui l’a commis et ses éventuels commanditaires, quelques soient leurs raisons. Cela dit, la comparaison s’impose avec d’autres sources de malheurs, comparables par leurs victimes et peut-être évitables. Pour rester dans le pays atteint, j’ai pensé tout de suite au nombre de victimes d’accidents de la route, en France, pour les longs week-ends, comme celui de la Pentecôte. Le bilan en morts est du même ordre de grandeur que l’horreur niçoise et il est plus élevé par le nombre des blessés. Les conditions de souffrance et de survie sont comparables, les enfants et autres victimes innocentes sont aussi présents. Et chacun admet que ces violences routières et autoroutières insupportables reviennent plusieurs fois chaque année, avec la régularité du Père Noël et de l’Escalade ! Aggravées parfois par l’alcoolisation illégale, mais chronique, des conducteurs, que ce soit pour cause de tradition locale vigneronne ou de rituels de restaurants ou de boîtes de nuit. Pourtant, les responsables du « terrorisme routier » sont bien mieux connus que ceux des attentats djihadistes. Les fabricants et vendeurs de véhicules construits pour des circuits, ou manifestement pour violer les lois de la circulation en vigueur, leur marketing agressif pour la puissance et la sur-motorisation, ainsi que les « clubs » de promotion routière viennent en tête. Aidés par les spectacles « sportifs » motorisés qui n’hésitent pas à faire la promotion conjointe de l’alcoolisme. Ce type de terroristes, qui fait bien plus de victimes chez nous que le djihadisme, bénéficie d’une indulgence totale, grâce à un lobby puissant du patronat, auquel aucun politique ne s’attaquera, à moins d’être suicidaire.

    Et puis, dans un autre genre, les marchands d’avions, de tanks et d’armes variées, qui alimentent des guerres inefficaces en Irak et en Syrie, tuent des centaines de milliers d’innocents et en jettent des millions sur les routes. Ils restent néanmoins des commerçants aussi « respectables » que ceux qui affament des pays entiers, en spéculant à Chicago sur les récoltes, ou à Genève sur le pétrole. Tandis que, dans notre indifférence, les polices et armées maritimes de méditerranée ou de Mayotte laissent se noyer bien plus de pauvres gens sur leurs bateaux de la mort que le maudit camion n’a fait de victimes. Bien sûr, ce n’est pas sous les caméras et les projecteurs de la Promenade des anglais !

    Le vieil économiste réactionnaire qu’était Alfred Sauvy avait, il y a très longtemps, fait une « étude sur le coût de la vie humaine ». En fait, celui de la mort pour les assurances. Il était déjà évident que cette « valeur » était très hétérogène, dans un seul pays, selon les régions et les catégories sociales. A l’échelle mondiale, elle varie, comme les revenus, de rien à infiniment trop. Et l’inégalité la plus scandaleuse est celle qui n’attribue ni émotion, ni intérêt à l’enfant qui meurt en Syrie, au Sud Soudan ou en Méditerranée, alors que l’on éprouve l’émotion et l’indignation qui conviennent pour les victimes innocentes médiatisées.

  • Leçon de désinformation sur Radio France - FIP

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    FIP, France Inter Paris est une radio nationale française sans publicité, avec une quantité encore supportable de promotions, qui diffuse beaucoup de bonne musique et limite l'information, très répétitive, à quelques minutes par heure. Bref une rareté culturelle à 85% ! Je l'écoutais ce week-end et, n'ayant pour une fois pas baissé le son pour les infos, j'entends à peu près (de mémoire) : "Baisse de popularité des trois protagonistes principaux du conflit sur la loi travail. Le premier ministre Manuel Valls descend à 24% d'opinions favorables, ... le président François Hollande n'en a, lui, que 19%,... quand à Philippe Martinez, patron de la CGT, il compte 67% d'opinions défavorables...". Emballé ! Tous ces gens sont donc également impopulaires ! Mais pourquoi, faisant une comparaison, parle-t-on de popularité dans deux cas et d'impopularité dans le troisième ? Une présentation statistique honnête aurait donné comme résultat, pour les opinions favorables :

    Valls 24, Hollande 19, Martinez 33

    et pour les opinions défavorables :

    Valls 76, Hollande 81, Martinez 67

    Ce qui aurait souligné que le leader syndical est bien plus populaire et aussi moins impopulaire dans l'opinion que le président et son premier ministre, laquais inconditionnels du patronat et accoucheurs de ses projets de lois scélérates contre les droits des travailleurs !

    Et ceci malgré une propagande odieuse contre les syndicats et leurs leaders sur tous les médias nationaux et privés.

    Même sur une petite radio musicale nationale, qui n'est pas censée faire de propagande, mais dont l'information malhonnête cire, bien maladroitement, les bottes du pouvoir !

  • Siné massacré

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    Regardez bien cette couverture, dernière oeuvre de notre ami et maître en humour, Bob Siné. Il nous a quittés la semaine passée, après  avoir anticipé et raconté, jusqu'à la dernière heure, sa triste fin hospitalière, après 87 ans de fureur de vivre.

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    Siné le révolté, parce qu'il ne supportait pas les injustices, le cynisme des riches, la misère des pauvres, ni les mensonges des prêtres, des politiques, des militaires, des flics ou des juges corrompus.

    Siné ami de ceux qui voulaient changer le monde, Malcom X, Fidel, Ben Bella, Mao,... jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'ils n'allaient plus dans le bon sens.

    Siné affectueux, sincère, généreux, conscient de ses erreurs, mais pourfendeur des lamentables imposteurs qui colonisent les médias et ne cessent de courir après les privilèges et l'argent.

    Siné, dessinateur de presse et graphiste hors pair, affichiste inspiré et grand maître de l'humour, de l'humour tendre des chats à celui, noir et féroce, de son trait politique.

    Siné qui laisse derrière lui une centaine d'amis et collaborateurs bien décidés à continuer le journal mal élevé qui fait mal où ça fait du bien, et des dizaines de milliers de fans décidés, de nuit et de jour, à faire des doigts d'honneur à tous les pouvoirs abusifs, aux patrons félons et aux philosophes de pacotille, à tous les nantis, à tous les racistes, populistes et papistes de tous les pays et de toutes les religions-pièges-à-cons !

    En attendant, pour peu de jours avant de se remettre au boulot, on est un peu comme la couverture du dernier Psikopat, avec son dossier sur le cinéma...

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