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  • Des dinosaures aux portes de Genève !

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    Les plus âgés d’entre nous se souviennent de ces numéros de cirque, aujourd’hui disparus, dans lesquels un dompteur d’éléphant passait sa tête entre le pied de l’animal et un support dur, au risque, si le dressage avait été imparfait, d’avoir le crâne aplati par une partie seulement des quatre tonnes du pachyderme. Avec un pied atteignant un mètre de diamètre, « Odysseus », au moins trente mètres de long et dix fois plus lourd, aurait pu jouer au même jeu avec la tête de l’éléphant ! Il y a cent cinquante millions d’années, Plagne, un peu au-delà de Bellegarde, était une zone de marécages tropicaux en bord de mers coralliennes. Les terrains et les roches de la région ont livré de très nombreux fossiles de plantes et d’animaux de l’époque qui permettent de reconstituer un paysage des mers du sud, bien différent de l’actuel. Des dinosaures aussi impressionnants et herbivores qu’Odysseus y broutaient lourdement, en croisant parfois d’autres, plus petits et bipèdes, relativement légers et rapides comme « Maxime », probablement carnivore et prédateur. Comment le sait-on ? Tout simplement en étudiant les extraordinaires empreintes qu’Odysseus et Maxime ont laissées dans le sol et que les temps géologiques ont consolidées et protégées. Jusqu’à ce que des spécialistes les retrouvent, il y a une douzaine d’années. Si des traces de tels géants sont connues dans le Jura franco-helvète et ailleurs, celles de Plagne battent le record du monde par la longueur de la piste laissée par Odysseus : 155 mètres pour 115 empreintes, mises à jour et étudiées au cours de trois saisons de fouilles universitaires, de 2010 à 2012. Pour conserver cet extraordinaire patrimoine scientifique, le valoriser et en faire profiter le grand public, les autorités locales de la terre Valserine, sous l’impulsion, entre autres, de Jean-Pierre Fillion, ont créé Dinoplagne, avec de multiples soutiens locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Dans cet espace naturel sensible remarquable, vous êtes invités à une promenade qui, dans un premier temps, vous fait découvrir la nature actuelle de l’endroit, en utilisant la réalité augmentée sur une série de postes d’observation. Ensuite, vous arrivez dans une belle construction en bois du pays, qui protège les plus remarquables empreintes d’Odysseus et Maxime, tout en vous expliquant qui ils étaient, où ils vivaient et l’histoire de la région et de ses paysages. Là, une expérience impressionnante de réalité virtuelle vous fait frôler par de redoutables reptiles volants, qui animaient les cieux de l’époque, puis entendre et voir nos dinosaures qui arrivent droit sur vous. Hurlements des plus impressionnables garantis ! Plus loin, un autre moment passionne les visiteurs quand un film reconstitue l’évolution du paysage local au cours des 150 derniers millions d’années. On assiste à sa transformation et son bouleversement sous les effets des événements géologiques et des changements climatiques. La formation  « soudaine » des Alpes est aussi spectaculaire qu’intéressante !

    Dinoplagne se situe à proximité d’autres beaux sites naturels, forestiers et lacustres, à une heure de Genève où ces grands reptiles sont, sans aucun doute, passés, à l’époque. Passionnant pour les jeunes amateurs de dinosaures, bien conçu, agréable et instructif pour tous, c’est une destination d’excursion ou de week-end idéale jusqu’à sa fermeture saisonnière le dimanche 29 Août prochain. Mais il est nécessaire de réserver et les places sont limitées (pas plus de dix mille pour cette saison), afin que tous les visiteurs puissent profiter au mieux de ces nouvelles technologies à capacité d’accueil définies. Toutes infos et réservations sur www.dinoplagne.fr .

                                                                                 Dédé-la-science

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  • Les plantes, les femmes et le grand bazar(..de l’évolution!)

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    Quand on parle de l’histoire de la vie, la plupart des gens ne pensent qu’aux animaux, alors que les plantes ont nécessairement commencé avant et continué avec. Quand on parle de vie, d’histoire ou de sciences, les mâles accaparent souvent tout l’espace, même quand les femmes font l’essentiel. L’exposition actuelle du Conservatoire et Jardin Botanique de Genève (CJB) a le mérite de remettre un certain nombre de pendules à l’heure à ces sujets en racontant l’histoire de la vie par les plantes et en confiant le récit à une chercheuse de grand talent, Yamama Naciri. Et ce récit est bien plus scientifique et convaincant que tant d’expositions, de livres ou d’émissions, qui surfent sur le sensationnalisme à propos des poissons cuirassés, des dinosaures ou des pithécanthropes, mais oublient les plantes dont ces derniers  dépendaient et expliquent peu des mécanismes de mieux en mieux compris. Pour préparer votre visite, vous trouverez, sur le site du CJB, une brochure rédigée et illustrée avec humour. Elle fait une présentation à la fois rigoureuse, équilibrée et accessible des mécanismes de transformation du vivant, en utilisant surtout des exemples végétaux, sauf quand des exemples animaux (parfois humains) simplifient ou complètent la narration. On y rappelle en particulier que vie en commun et coopération sont aussi importants dans cette histoire que la compétition et la sélection extrême que prêchent le monde néo-libéral anglo-saxon et certains bigots ultra-darwiniens de chez nous, qui ont bien mal lu leur « prophète ».

    A mettre entre toutes les mains, en commençant par les enseignants !

    https://www.ville-ge.ch/cjb/expo_bazar_evolution.php

    Le grand bazar de l'évolution.png